CHAPITRE n
Les Troyeiis«
llion, dont la gloire a rempli le monde, a fleuri, a péri dans ces temps pour lesquels il n'y a point encore d*histoirc. Sa religion , ses traditions , ses destinées ne nous sont connues que par les Grecs, qui Tavaient réduite en cendres, et déjà dans Homère la fable a étendu sur les ruines de Troie son épais manteau. Les antiques dieux sont devenus de simples rois, ces rois forment une généalogie régulière, et les faits des derniers siècles se confondent avec ceux des temps antédiluviens.
Homère nous dit «que Jupiter fut le père de Dardanus, qui fonda Dardonie au pied de Tlda , car la ville sacrée d'ilion n*avait pas encore été bâtie dans la plaine. De tous les fils mortels de Jupiter, ce fut lui qui fut le plus aimé du dieu. De ce héros naquit llus, qui est peu connu, etErichthonius, le plus riche des mortels; il possédait trois mille cavales; Borée, sous la forme d'un coursier, eu aima plusieurs, qui enfantèrent douze poulains. Erichthonius fut le père de Tros, le roi des Troyens. Tros eut trois fils ; Uns II, le père de Laomédon ; Assaracus, le père de Capys, père d'Anchise, père d'Enée; Ganymède , le plus beau de tous les hommes, que les dieux enlevèrent pour qu'il devînt réchanson de Jupiter, tros reçut de Jupiter, pour rançon de son fils, des cheraux excellents! ou une vigne d'or, ouvrage de Vulcain,
qui Tavait donnée à son père '. — Suivant l'hymne à Vénus, tc'est Jupiter lui-même qui aurait enlevé Ganymède dans une tempête; Tros était inconsolable : touché de compassion, le dieu lui donna ses coursiers immortels et lui lit annoncer par Mercure que son fils était exempt du trépas et de la vieillesse. A cette nouvelle, Tros ne gémit pluset se réjouit dans son cœur.» — iSousLaomédon, Neptune et Apollon, seuls de tous les dieux, furent envoyés par Jupiter pour servir pendant une année entière chez Tastucieux Laomédon. Le dieu des mers entoura Uion . d'une belle et large muraille, tandis que l'autre dieu faisait paître sur Tlda les bœufs du roi. Ils avaient enduré ainsi bien des maux. Mais Laomédon leur refusa le salaire convenu ; il eut même la pensée de leur couper de son glaive les oreilles , et il voulut lier Apollon pour le vendre dans une île lointaine'. ^
Homère ne parle pas de la peste et du monstre marin envoyés par ces deux divinités irritées contre Troie, ni de l'exposition d'Hésîone,la fille de Laomédon. Mais on voit daps rUiade Hercule offrir a ce prince de sauver la victime au prix des coursiers de Tros ; Minerve et le peuple d'ilion élever un mur qui protégeât le héros .contre le monstre qui le poursuivait du rivage dans la plaine; le roi lui refuser sa juste récompense, et plus tard. Hercule, abordant avec six vaisseaux seulement, ravager la ville '.
Laomédon est le père deTithon, de Priam, de Lampus, deClytlus etd'Hicétaon. Nous ne rappellerons pas ici l'histoire trop connue de Priam avec ses cinquante fils et
* llias parva, 3. Ici c'est Laomédon qui est le père de Gaoymède (Homère de Dubner, p. 595).
< //. XX, 200 et suiv.; XXII, 504; XI, 105; V, 266; VII, 453; XXi, 443 et suiv.