‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation; (volume 3)Chapitre 119 sur 120 · TROYENS. 5Î · texte numérisé non relu

TROYENS. 5Î

Les douze poulains issus de ces cavales et de Borée» et qui effleurent le sommet des épis sans les briser, ou qui, sur le large dos des mers , rasent la surface des ondes blanchissantes, ce sont les vents qui soufflent avec force pendant Tannée entière ; chacun des douze mois a le sien. Les trois mille cavales représentent ces légers mouvements de l'atmosphère qui se font sentir jusque dans les jours les plus calmes, et qui ne sont pas de vrais vents, mais qui les produisent.

Mais pourquoi les vents sont-ils le troupeau d'Erichthonius?

Ce personnage est censé, comme Agdestis, être né de la pluie qui a mis fin au fléau antédiluvien du feu (P. II, 440). Nous avons vu les Ariens faire de cotte pluie la première qui ait arrosé la terre, et dater môme de cette grande crise tellurique nos mers actuelles (364). Ne nous serait-il pas permis de supposer qu'en Troade les frères des Ariens fixaient à cette même époque Torigine des vents violents qui tourmentent et refroidissent •sans relâche l'atmosphère?

Toutefois ce mythe pourrait se rapporter au déluge; car Erichthonius embrasse dans sa vie la majeure partie des temps primitifs. Le cofl're dans lequel il fut enfermé à sa naissance est celui d'Osiris ou l'arche de Noë; car la vue de ce coffre rend furieuses les deux sœurs de Pandrose, qui l'avaient ouvert malgré la défense de Minerve, et cette fureur est un des traits les plus constants des mythes diluviens de la Phrygie, comme nous veaons de le voir en traitant d'Attis et de Cybèle.

Le coffre d'Erichthonius a Athènes est tout pareil à celui que Dardanus avait reçu de Jupiter, et qui contenait la statue de Bacchus .^symnète qu'Eurypyle ne put voir sans en devenir furieux '.

t paus. I, 18; VII, 19. 20.

Quant aux fameux murs de la Troie antédiluvienne, ils sont de nuages comme les forteresses des Asouras {AAO ; P. I, 489), et ici encore les mythes des Ariens nous donnent la clef de ceux des Phrygiens et des Grecs. Apollon faisant paître les bœufs de Laomédon sur rida, c'est Indra rassemblant dans les hauteurs des cieox rimmense troupeau des nuées. Ces nuées montent de la mer, et aussi est-ce le dieu de la mer, Neptune, qoi les amoncelle en immenses remparts. Mais ces murailles étaient, dans la tradition primitive, l'œuvre de mauvais génies qui voulaient faire périr les hommes et détrôner les dieux, et les Asouras, en faisant place aux deux grandes divinités grecques, leur ont transmis quelque peu de leur esprit d'insubordination. Apollon et Neptune ont commis dans l'Olympe une faute, que le mythe ne connaît pas, et le mythe aime mieux laisser ce point dans le vague que suppléer son ignorance par une fiction arbitraire. Jupiter a chassé du ciel son frère et son fils en punition de ce crime inconnu. C'est contraints par lui qu'ils ont entrepris ce rude travail et qu'ils se sont faits les ouvriers à gage de Laomédon. Ils mériteraient même, en vrais Asouras, qu'on les vendit comme esclaves et qu'on leur coupât les oreilles.

3° Mythes d'origine douteuse.

Dardanus passait chez les Grecs pour un Arcadien qui avait émigré à Samoihrace, et de cette île en Troade. Mais son nom semble assyrien : tartan signifiant, dans l'Ancien Testament et dans les inscriptions de Ninive, chef militaire, générale Sa sœur Harmonie est Fépousfrde Cadmus, qui est un Sémite, et son frère Jasion est, d'après l'hébreu, un sauveur, comme Jason. Dardanos a pour première femme une Chrysé, que je tiens pour h

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