‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation; (volume 3)Chapitre 17 sur 120 · V. Dispersion · texte numérisé non relu

V. Dispersion

(Gen. IX, 1-9.)

L'histoire des patriarches du peuple primitif nous a intraînés au delà de sa dispersion, à laquelle nous deons revenir.

Nous avons déterminé déjà la contrée où fut bâtie la OUI* de Babel, et l'époque approximative de sa destrucion. Nous traiterons plus tard de la langue universelle i originaire, ainsi que de la formation des idiomes pariculiers. Il nous reste peu de choses à dire sur la porion du texte biblique que nous avons maintenant devant es yeux.

D'après la chronologie que nous suivons, ^oë \\n^\\.

encore au temps de Péleg. Rien ne nous empêche d'admettre que le saint vieillard n'avait point quitté le Liban avec ses descendants, et qu'un certain nombre de ses fils y étaient restés auprès de lui. Nous supposons même que plusieurs familles s'étaient détachées du peuple primitif longtemps avant son départ pour les plaines de Sennaar. Nous y sommes autorisé par la Genèse ellemême ; car si, d'une part, elle déclare de la manière la plus formelle que tous les peuples qui existent aujourd'hui sur la terre descendent de Noë par Sem, Cam ou Japhet, et qu'il fût après le déluge un temps où tous les hommes, c'est-à-dire, tous les membres de cette seule et unique famille de Noë, parlaient une même langue, d'autre part le texte ne dit point qu'ils aient tous émigré à Sennaar, et qu'ils soient tous partis de là pour leurs nouvelles patries. Même parmi les peuples nommés au chapitre dixième, il y en a plusieurs qui n'existaient point encore lors de la dispersion : les treize fils de Joktan, frère de Péleg, ne pouvaient point avoir déjà formé autant de tribus arabes, et l'on serait en droit de contester qu'ils fussent nés à cette époque. Les onze tribus cananéennes ne datent pareillement que de l'établissement de leur souche dans la région du Liban, et les sept peuples issus de Mitsraïm ne se sont pareillement formés que sur le sol africain. Aussi l'écrivain sacré s'exprime-t-il avec beaucoup de circonspection: Toute la terre avait un même langage ; — voilà qui est aussi catégorique que possible; mais comment se poui*suit le récit? — Et il arnva quand ils partirent vers l'Orient... Ce pronom ils signifie sans doute les fils de l'homme; mais le sens en est vague, et laisse un libre champ aux inte^ prétations qui tendent à mettre les faits de la dispersion en harmonie avec les lois immuables de la nature humaine et du développement des naVVows. dftlle dîsper-

LE PEUPl£ PRIMITIF. 65

1, dirons*aous donc, a été la grande crise pai* la-

lie rhumanitë, une jusqu'alors, s'est divisée poui* la

mière fois en races et nations ; mais cette crise awa

annoncée et préparée longteini>s a l'avance par le

art de petites troupes de pionniers (P. II, 306 sq.)^ .

itres familles , au contraii*e , n'auront point quitté

' première patrie au pied du Liban. N'oublions pas

le travail de la formation des peuples ou l'ethnogo-

, qui a continué , dans toute son activité, pendant

ieurs générations encore après Péleg, a recommencé

. tard à de certaines époques dans la série des

les, et aiyourd'hui encore n'a point entièrement

u verset quatrième, nous traduisons : Faisons-mus igncy et non pas : Acqmrons-nous de la réputation. Le e permet le premier sens, qui est aussi simple et • que le second l'est peu. Dieu voulait que les hommes 3pandissent sur la terre en s'isolant les uns des au- ; mais ils prétendaient au contraire rester réunis, s se mirent à construire une tour immense qui leur irait de signal dans les vastes plaines de Sennaar, et serait le premier noyau autour duquel se bâtirait ville d'une énorme étendue, a descente de l'Eternel venant confondre le langage hommes est (d'après le commentaire, à nos yeux lentique, qu'en donne la tradition chaldéenne), un je peut-être unique dans les fastes de la terre, une

Je lis dans V Essai d*histoire universelle par Âug. Boulland : n leur enseignait à connaître le bien et le mal ; Japhet les maen les assemblant en hiérarchie, et Cham les chassait dehors ' quHls s*en allassent en colonie peupler le monde. • Ce dernier est-il une heureuse fiction de M. Boulland? ou une aatic^uft lt&n dont la source m'est inconnae î Je ne sais.

grande crise de la nature qu'on peut supposer avoir bouleversé de vastes régions.

Quant au nom de Babel que la Genèse dit avoir le sens de confusion, et dont on a prétendu que la vraie étymologie était bab bel, la porte, le palais, la demeure de Bélus, les inscriptions cunéiformes ont donné gain de cause à Moïse. Car la grande ville de l'Euphrate y est nommée Babil, Babirusch (Babilusch). Or, Balal en hébreu signifie confondre; balbal en chaldéen a le même sens ; babal en syriaque se dit d'un parler confus, et notre verbe balbutier vient du latin balbus. Notre babil témoigne ainsi à notre insu de la première confusion de langage qui a éclaté au pied de la tour du Babil ou de Babel.

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