HIÉRAPOLIS
le prouvent, d'abord, les différents mythes relatifs fondateurs de ce culte.
Ivant les uns, le temple avait été bâti par Deu(^a- Sisythès (le Sisithrus de Bérose). Et ici Lucien fait éluge un récit tout conforme à ceux des Chaldéens s Israélites : les hommes de la première race^ super- 3t iniques, parjures, inhospitaliers, sans misériî ; ces crimes attirant sur eux une grande cala- ; la teiTC subitement couverte d'une grande quantité , des pluies torrentielles tombant du ciel, les fleuébordant, et la mer montant beaucoup; tous les homdétruits, sauf le sage et pieux Deucalion, qui dele père de la race nouvelle; et une grande arche laquelle il entra avec ses enfants et leurs femmes, i servit en même temps d'asile aux sangliers, aux lux, aux diverses espèces de lions, aux serpents, s les animaux terrestres qui y entrèrent par couet qui y vécurent en paix par l'intervention de Ju- . Les eaux du déluge, disaient les Hiérapolitains, nièrent par un gouffre qui se forma dans leur contrée^ V lequel Deucalion construisit le temple. Lucien a e trou, qui lui a paru fort petit. Nous savons que les mythesoù il est question d'un gouffre, ont trait îluge (P. II, 200).
lutres rapportaient l'origine du temple à Sémiraqui l'avait élevé en l'honneur de sa mère Dercéto. Sémiramis est la déesse de la colombe diluvienne, em, le Sublime, des Sémites, de l'humanité non-
le troisième opinion faisait du temple l'œuvre du n Attis. Attis est lydien ou phrygien, et les Lydiens venus en Asie Mineure depuis les contrées de ;>brate. Il n'est donc pas surprenant que leur grande se, CybèJe;, eût, comme la déesse d'HiérapoW^, \mfe
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couronne tourellée, des cymbales, des lions et, à côté de ses vrais prêtres, des Galles vêtus comme des femmes. Mais les Galles, qui sont autant d*Attis, datent précisément des temps du Saturne phénicien immolant son fils et instituant la circoncision; des temps où Isis pleurait Osiris en poussant des cris mortels ; des temps de Sémiramls et de Deucalion (P. II, 432). Quand, après le déluge, les hommes virent leur existence terrestre accablée de mille maux et réduite à peu d'années, les uns voulurent purifier les sources de la vie par de douloureuses pratiques, les autres, saisis par le délire de la tristesse et du désespoir, se mutilèrent pour ne pas transmettre leurs douleurs a d'autres (P. xxvi). Ils se vouèrent en sacrifices vivants, non point à Baal, qui est le Dieu de la sainteté, qui ne veut que Tobéissance à ses lois, et qui n'a point ordonné le renoncement aux joies légitimes, mais à la riante déesse de la nature qui excite à l'amour tout en préparant d'amères douleurs à qui suit ses impulsions. Le mythe a exprimé ces sentiments étranges en disant que la déesse aimait le jeune Attis, que celnici se mutila pour se mettre à l'abri de ses poursuites, et que loin de s'irriter contre lui qui avait été plus chaste qu'elle-même, elle avait fait de lui son prêtre.
L'histoire de Gombabus et de Stratonice, que Lucien nous raconte fort au long, est un mythe ancien transformé en une anecdote des temps modernes *. Gombabus
* Lucien lui-même nous le donne à entendre quand il ajoute en terminant que les amis de Gombabus, pour le consoler, se mutilèrent à son exemple, et que, suivant d'autres, il avait été aimé non d*ane mortelle, mais de Junon. Voyez d'ailleurs Peuple Primitifs H, 434, le passage d'Eusèbe sur les mutilés de Syrie. — Comment la £ible de Gombabus se retrouve-telle en Inde, à Bedjapoar, oh l'on voit un bassin magnifique et entouré de portiques , construit par Malik, favori du sultan Mabomed, et victime volontaire de son dévouement pour son prince? (Goleman, Hythologie hindoue^ p. 10, en anglais.)
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le Blême personnage fictif qa'Attis. Il fournit d'ails une nouvelle preuve de Taffinité du culte d'Hié- >lis avec celui de Lydie et de F^hrygie ; car ce nom e même que Cybébus, qui est un des sei'viteurs de île, et Combé était à Pleuron en Etolie, la mère des Gurètes, qui font partie du cycles mythologique de i=Cybèle.
le quatrième opinion, à laquelle se range Lucien, it de la déesse d'Hiérapolis une Junon, et du temple fvsige du Bacchus indien. Mais les raisons que Técriavance à Tappui, n'ont aucune valeur, comme nous irons bientôt. C'est bien Cybèle=Dercéto, et non m, qu'on adorait dans cette ville, et son culte ne
avoir pour fondateur que l'un ou l'autre des perlages diluviens, Deucalion, Sémiramis, Attis ou babus.
tout ce culte repose sur les souvenirs du déluge» sndra aisément compte « de ce lac, peu distant du >le, où l'on nourrissait des poissons sacrés dont ques-uns étaient parvenus à une grandeur extraordiî (P. I, 325). La profondeur du lac était, disait-on, lus de huit cents coudées. Au milieu était un autel ierre qui semblait flotter sur les eaux, et qui reit sans doute sur quelque immense colonne. L'en-
y fumait sans cesse. Chaque jour un grand nomde personnes venaient à la nage, et des couronnes la tête, y faire leurs prières. > Cet autel flottant telle l'arche, comme le font les îles flottantes de
de Chemmis, de Délos (P. II, 188) ; le lac, les abîsans fond des eaux diluviennes, et la traversée à la 3 vers l'arche du salut, les dangers auxquels avaient ippé les ancêtres de la race actuelle.
Chaque année se célébrait une grande fête qu'on nomi la descente ati lac (P. 11^ 252). Les prêtres appov\;a\^w\.