CHAPITRE II
Le* tempii iptmtdlluwleas.
Si nous analysons la dernière partie du grand fragment de Philon, nous y distinguerons quatre faits principaux que confirment en plein et la Genèse et Thisloire profane :
1" L'introduction de rites nouveaux. L'holocauste de Noë a été le premier sacrifice d'expiation. Depuis le dé* hige Dieu ne fut plus pour les païens qu'un juge irrité ; le désir d'apaiser la colère divine aboutit au meurtre,* et le fils aîné fut immolé au lieu du taureau ou de l'agaeau (P. II, 412). C'est là ce que nous apprend Philon quand il nous dit que * Saturne, au milieu des ravages d'une peste, immola dans un holocauste son fils unique àsobipère le CieL » Cette peste résume en un mot énergique les mille causes physiques qui ont réduit en un taûps peu considérable la vie humaine de neuf cents à qaati*e*vingt-diK ans (id. 298 sq.). Mais ce mythe nous 6q>lique en outre comment Saturne, le dieu de Uâge d'or, était en même temps un monstre qui dévorait ses Dropres enfants. L'humanité primitive, qui était partie ie l'immortalité et du paradis, était arrivée à une exisence éphémère et aux sacrifices humains ; et le dieu lui l'avait longtemps comblée de biensi, non^-seulement 'araiti détruite par le déluge, mais. avait dévoré ohaque génération nouvelle pour ainsi dire à l'instant de sa
naissance, et avait fini par exiger de chaque famille le sang le plus précieux.
« Et il se circoncit, continue Philon, et força ses alliés à en faire autant. » Passage fort remarquable qui nous fait connaître la cause et la date de ce rite étrange. Les Noachides, effrayés de la rapide décroissance de la vie, ont compris que la source en était souillée, et ils ont exprimé par cet acte leur vif et sincère désir de la purifier. Cette coutume est certainement plus ancienne, au moins chez les Camites , que la dispersion des peuples (P. II , 421) ; car on la retrouve, sous des formes trèsdiverses, non-seulement , dans les temps anciens , cheK les Phéniciens, les Egyptiens, les Ethiopiens, mais, aujourd'hui encore, chez un grand nombre de peuples Nègres, dans le Pégu au delà du Gange, aux Philippines, et jusqu'en Amérique. Il est impossible de faire venir des Juifs une pratique aussi étendue. Si elle est devenue lè sceau de Talliance de TEternel avec Abraham , c'est qu'elle était de soi le symbole le plus propre à exprimer le sentiment de cette profonde corruption de la nature humaine qui se communique par la génération ellemême, et le poignant et inutile désir qu'éprouve l'âme repentante de rejeter loin d'elle ce qui la souille. I^ailleurs Abraham reçut l'ordre d'imprimer ce sceau àl'eih faut nouveau-né et à tous les enfants mâles, tandis qu'en Egypte les prêtres seuls se soumettaient à la circoncision , qu'elle ne paraît point non plus avoir été générale chez les Phéniciens, et qu'elle ne se pratiquait chez les païens que sur les adultes. Les Ai*abes nous paraissent avoir emporté ce rite de Sennaar plutôt que l'avoir reçu d'Ismaël.
* Cependant, de même que l'holocauste s'était dénaturé, par exagération, au point d'être un sacrifice humain, ainsi la circoncision, ue satislL^<&ant çais la conscience
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Dgoissée du païen , a fait place chez les Lydiens et les hr^giens à la mutilation. Le jeune homme, dans un loment d'enthousiasme fanatique, se dévouait tout enier au service de ses divinités en se mettant volontaiement hors d'état de transmettre à d'autres une vie le souillure, de misère et de mort.
2® L'excessif raccourcissement de la vie. Avant le démge la mort arrivait si tard qu'elle devait dissoudre IDS souffrance les liens de l'âme et du corps, et qu'elle le ressemblait point ù celle que nous connaissons. On lonçoit donc comment des païens ont pu dire que la dihité de la Moil n'est née qu'après le déluge. < Peu de pnps après que Saturne eut immolé son fils et institué I circoncision, l'enfant qu'il avait eu de Rhéa, et qui • nommait Mouth, mourut, et son père lui rendit un )|lte. Les Phéniciens appellent ainsi la Mort et Pluton. » ijiccord entre Philon et Moyse nous paraît ici tout pai*- Içttlièrement frappant ; le premier n'est explicable que ir le second , mais avec ce secours , il l'est compléte- |ent , et d'autres peuples païens corroborent en plein ÎDtre explication (P. H, 318 sq).
.3^ Voyages, formation des peuples distincts et fonda-
dles grandes villes. Ce sont bien là les traits prinmx de la période postdiluvienne, qui comprend la
ïrsion de l'humanité primitive, sa division en races l familles et nations , et leur établissement dans leiu*s Iftavelles patries.
;. • Du consentement de Saturne, régnèrent dans son ipupire , Astarté la Grande-Déesse , Jupiter Démaroon Ht Adodus. > Astarté était la divinité nationale des Phéliciens , et Adod, Uadad , celle des Syriens (P. 1 , 263, tt7). Démaroon est un iupïier pluvims, un dieu suprême Amt le principal bienfait est, dans les pays du Sud,
d'abondantes ploies. On croit que Démaroon ou roos était adoré par les Arabes *.
« Âstarté 9 qui est la Vénus des Phéniciens^ s sur le front une tête de taureau en guise d'insigne royauté (1^). En parcourant le monde, elle tro astre qui était tombé de l'air, le prend et le consac l'île sainte de Tyr. » Cet astre, qui est un aérolîtli sans doute, dans la pensée de Hiilon , donner 1' logie d'Astarté, à qui d'ailleurs la planète de Yen spécialement consacrée, et qu'on adorait sous Is d'une étoile*. L'expression â'ile sainte donnée à ( Tyr, rappelle un mythe diluvien de Nonnus ', < sens est que les fondements sur lesquels les Phé élevèrent leur édifice social, étaient ceux-là mé l'humanité primitive, t L'île de Tyr, rocher d'am (ou d'immortalité), porte l'olivier de Minerv» a remplacé l'arbre mystique du Paradis), et que le serpent de concert avec un aigle. Elle est cessible aux hommes nés de la terre (comme 1 tide et toutes ces îles occidentales perdues rOcéan , qui sont un reflet de la terre de l'agi P. Il, 247). Cette île de Tyr flotte sur les eaux (< l'arche, id. i88). Cependant (le dieu des Phéni Hercule, enseigne à son peuple l'art de constri vaisseau; ils arrivent à l'île, ils immolent l'aig s'offre de lui-même en sacrifice , et dès que son mouillé la terre, l'île devient immobile et l'on y la grande cité de Tyr. » L'aigle est le dieu suprêi consent, malgré ses précédents décrets, à ce c Phéniciens continuent le monde antédiluvien, expie par sa mort l'infraction que, dans son amou eux, il a faite à ses propres lois. Mais revenons à"!
« Moyen, p. 196, 661 .
' Id, p. 606, 'Id.p. 688.
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« Saturne, en parcourant le monde, donne à sa fille, iinerve, la royauté de TAttique. » Les Phéniciens réciamaient donc pour eux la gloire d'avoir donné à TAttique le culte d'Athéné avec les arts de l'industrie, folivier et les armes.
< Saturne donne la ville de Byblos à la déesse Baaltis (M Dioné, et Bérytus à Neptune et aux Cabires , aux lilM>ureurs et aux pêcheurs. Ils y consacrèrent les re- Ipes de Pontus. » Ces mythes concernent l'histoire ^téciale de la Phénicie, où nous ne devons pas nous É^fager. Mais nous noterons ce partage que Saturne Ibt de la Phénicie entre les dieux du pays. C'est ainsi
l'en Grèce Jupiter avait distribué aux autres dieux le londe entier ; c'est ainsi encore qu'on a inventé un
dté de partage conclu entre les trois fils de Noë au
)ment de leur dispersion. La vérité est que la terre réellement divisée en régions distinctes à mesure que Noachides se répandirent sur sa surface (P. II, 269). Ç^ Invention des lettres, au moins usage beaucoup m& fréquent de l'écriture ; érection dans les temples m colonnes chargées d'inscriptions ; transformation des éoyances religieuses du monde primitif qui étaient fort dÉpieSy en mythes symboliques très-compliqués ; enfin, iÉtîtution des mystères au temps d'Isiris le frère de Ca- Éûn et l'inventeur des trois lettres (sacrées du mot ibo).
• Nous n'avons rien à ajouter ici à ce que nous avons it au commencement de ce livre sur ces différents iloints.
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