‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation; (volume 3)Chapitre 52 sur 120 · LES MYTHKS DU PREMIER MONDE · texte numérisé non relu

LES MYTHKS DU PREMIER MONDE

i70). « Le Chang-ti, jetant les yeux sur les peuples, ne ressentit aucune odeur de vertu ^ ; il n'existait que l'odeur de ceux qui étaient nouvellement morts dans les tourments. > Pleins de compassion pour tant d'innocentes victimes, il détruisit les Miao. Le King ne nous dit pfis par quel châtiment? Mais immédiatement après il est question des maux de l'inondation auxquels Yu remédie. Les commentateurs ajoutent que les Miao descendaient des Neufs Noirs, qu'ils renouvelèrent leurs crimes, et qu'ils vivaient au temps d'Yao. Les Miao-tsé des temps historiques, toujours rebelles aux sages empereurs de h Chine, auront donné leur nom aux dernières générations du monde primitif qui s'insurgeaient contre Dieu, et ils auront passé pour la postérité des Neufs Démons qui vivaient au temps de Chao-hao=Caïn.

3. Kong-kong est le Tchi-yéou du déluge, de même que Tchi-yéou est le Kong-kong du fléau du feu, . Comme le chef des Miao, Kong-kong faisait périr nii- - sérablement le peuple. 11 le chargeait d'impôts, et les exigeait à force de supplices. Comme Tchi-yéou, il employa le fer à faire des coutelas et des haches, et se plongea dans toutes sortes de débauches, qui le perdirent. Il avait, non pas Neuf Noirs, mais bien comme l'Hydre de 1 Leme, neuf têtes, et avec ces têtes il dévorait les neuf i montagnes.

Comme Typhon-apophis, il avait le visage d'homme, le

corps de serpent et le poil roux. Superbe comme Luci-

^ fer, il se vantait d'avoir la sagesse du sage et disait qu'un

\ prince tel que lui ne devail point avoir de maître. Eni-

^ On dirait que Tauteur du Ghou-klng a combiné Gen. vi, là : ^'eu regarda la terre ^ etc., et viii, 21 : LÊt&nMi respira utv« ^r, etc.

vré de sa prétendue prudence, il se regardait comme un esprit pur. Son nom en chinois offre la même idée que Panourgos en grec : Thabileté jointe à la méchanceté.

C'est lui qui est Fauteur du déluge. Génie hostile aux rois pieux, il leur disputa Tempire, et dans sa colère il donna un coup de corne contre le mont céleste Poutchéou ; les colonnes du ciel en furent brisées, les liens de la terre rompus ; le ciel tomba vers le nord-ouest, et la terre eut une brèche au sud-est (HT. 189).

Ses adversaires sont : Niu-va, la déesse de Tordre physique que bouleversait le déluge; Kao-sin|, qui est Noé; le roi de Kong-sang, Yu-vang, autre Noé ; Yao, Chun et Yu, personnages des temps qui ont suivi immédiatement le déluge. Quand on lui donne pour ennemi Tchouenhio, on oublie que ce patriarche est le fils de Seth, pour ne voir en lui que le seigneur de l'hiver, de la pluie et de Teau, et de même que Tchi-yéou avait enlevé à Chinnong son titre de Maître du feu, ainsi Kong-kong se fit appeler la vertu de Veau, nom qui appartenait de droit à Tchouen-hio. Un de ses fils, Huen-min, est une étoile qui préside à la pluie ; un autre est mort au solstice dlii* ver et est devenu un esprit malin.

Kong-kong, comme Tchi-yéou, a été « précipité dans labîme, et envoyé dans la région des ténèbres • .»

Peut-être est-il le Saturne meurtrier des Sémites, et le Chauncaun des Chaldéens (P. I, 432).

A, Niu-va. Niu-va est la Neith , la Mylitta de la C^hine; la grande et bonne déesse de la nature; \2i souveraine Mère^ Hoang-mou ; la lumière pacifique , Ven^minç (P. I, 349).

' Choa-kingy Introd, cb. \\\. îîioxmet, ^. \ft.

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