LES MYTHES DU PREMIER MONDE
asqu a tomber enfin dans Tidoiàtrie. 11 y a d'ailleurs dans :e mythe de Niu-va, tout comme dans ceux de Kong- Long, de Tchi-yéou et de Chin-nong quelque chose qui ait disparate avec le génie positif des anciens Chinois, l'ils ne repoussent pas les symboles, ils n'éprouvent nillement le besoin de peupler le ciel d'êtres imaginaies. Or Chin-nong, Niu-va et Tchi-yéou sont précisément es personnages par lesquels la Chine se rattache de la lanière la plus intime au paganisme du monde occiden- U, et il faut admettre qu'ils appartenaient originairesent soit à des races indigènes que les Cent Familles les vrais Chinois auraient déjà trouvées établies dans le pys et avec lesquelles elles se seraient mêlées, soit au peuple primitif des Noachides chez qui le polythéisme nrait été en voie de formation au moment de la grande Sspersion. Dans cette dernière hypothèse, ces germes de polythéisme et de mythologie que les Cent- Familles auraient emportés avec elles du Sennaar au Chen-si, s'y ■craient conservés, mais sans se développer (sauf peutêtre dans la secte des Tao-ssé), étouffés qu'ils étaient par faction puissante de l'antique monothéisme qui prévalut en plein chez ce peuple privilégié.
Niu-va nous conduit au temps d'Kao, Chun et Vu, ou
de la grande inondation. Cette inondation, sans être le
déluge même de Noë, n'en est pas fort éloignée; au
■Boins dit-on d'Yu que les eaux du déluge s'étant écou-
Kes, il découvrit le vin, et qu'en ayant goûté, il le trouva
doux et bon ; mais il le rejeta néanmoins, en disant :
* Un temps viendra où le vin causera la ruine du pays
(Ml, 205)». »
Le déluge a été suivi en Chine de plusieurs révolutions
' yieàhurst. China, Us Sta(e and Prospects, 185B, p. Ô.
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locales. Nous avons vu que ce pays compte des chaînes de montagnes de Tépoque quaternaire, et que deux lacs immenses situés sur le plateau se sont épanchés sur les bas-pays pendant cette même période géologique (HT., 190). Il faut donc restituer à la nature la msgeure partie des changements, dans le cours des fleuves, que le Choiiking rapporte au fondateur de la dynastie des Hia, et ne point chercher dans ses pages un tableau exact de l'état réel du pays. L'imagination du peuple et des sages a certainement remanié les souvenirs qui s'étaient conservés, du désordre dans lequel les Cent-Familles avaient trouvé la nature à leur arrivée de l'occident, et des angoisses des aborigènes qui ne savaient pas se défendre contre les continuels débordements des fleuves. Nous noterons seulement que c'était un temps de vents violents^ de tempêtes et de pluies (P. II, 281) ; que Chun fut envoyé au pied des fjrandes montagnes, qui supportent le haut plateau de la Mongolie, et d'où le Hoang-ho et FYang-tsé-kiang descendent vers les immenses plaines qui s'étendent au loin vers l'est jusqu'à la mer ; que les eaux débordées de toutes parts ne faisaient que menacer de tout envahir, et que si leurs flots dans certaines vallées fermées enveloppaient les montagnes, montaient jusqu'à leurs sommets élevés, et setnhlaient toucher le ciel, les bas-pays, dont le peuple imploml le secours d'Yao, étaient, malgré l'inondation, couverts d'une population plus ou moins nombreuse. Ailleurs sans doute il est dit que le peuple fut submergé ; mais ces paroles doivent évidemment s'entendre dans le sens restreint que comporte un cataclysme local, et non dans le sens absolu d'un déluge universel; car on ne remédie pas à un tel déluge en creusant quelques canaux, et immédiatement après il est question des peuples qii'Yu Sciiiva de la mort par les aliments qu'il leur pro-