‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation; (volume 3)Chapitre 55 sur 120 · LES MYTHES DÎT PREMIER MONDE · texte numérisé non relu

LES MYTHES DÎT PREMIER MONDE

cura *. Mencius est encore plus explicite sur la vraie nature de l'inondation d'Yao : « Dans le temps d'Yao Tempire n'était pas encore tranquille. D'immenses eaux, débordant de toutes parts, inondèrent l'empire; les plantes et les arbres croissaient avec surabondance ; les grains ne pouvaient mûrir; les oiseaux et les bétes fauves se multipliaient à l'infini et causaient les plus grands dommages aux hommes ; leurs vestiges se mêlaient à ceux des hommes jusqu'au milieu de l'empire. Le peuple n'avait aucun lieu pour fixer sa demeure : ceux qui demeuraient dans la plaine se construisaient des huttes comme des nids d'oiseaux ; ceux qui demeuraient dans les lieux élevés se creusaient des habitations souterraines. Yao, qui était seul à s'attrister de ces calamités... ûi incendier les montagnes et les fondrières (P. II, 290), etYu rétablit le cours des neuf fleuves •. » Enfin certains commentateurs déclarent expressément que l'inondation n'était pas arrivée au temps d'Yao, mais remontait jusqu'au commencement ; que c'était un mal si ancien qu'il n'y avait pas d'espoir que les eaux s'écoulassent d'elles-mêmes '.

Les personnages qui figurent dans l'histoire de l'inondation d'Yao, sont la plupart mythiques.

Rouen, le père d'Yu et le fils de Tchouen-hio (Enos), est la personnification de la génération criminelle qui fut détruite par le déluge. < A cause de lui, les cinq éléments furent entièrement dérangés; le Seigneur, courroucé contre lui, ne lui donna pas les neuf grandes lois qui gouvernent le monde ; Kouen abandonna la doctrine fondamen-

* Chou-king, édition de M. Pauthier, qui a traduit littéraleincut ^<^s passages les plus importants, p. 48, 49, 58. Comp. Chi-king, % 1, 10; IV, 3, 4 et 5.

* Mémoires, t. l, p. 159.

taie, fut mis en prison (dans l'Orcus, le Schéol, TAmenthès) et périt misérablement. Yu, qui lui succéda» reçut du ciel ces neuf règles, et alors (sous les Noachides) les lois universelles et invariables qui constituent les rapports des êtres, furent mises en vigueur *. »

Les Quatre Scélérats queChun a exilés, sontKong-koDg, le génie qui a détruit la terre par le déluge; Kouen, que nous venons de voir attirer par ses crimes la colère de Dieu sur l'humanité primitive ; le chef des Miao, qui est un autre Kouen (220) , et Houan-téou, qui est un personnage inconnu *.

Les ministres d'Yao, Hi, Hi-tchong et Hi-chou, Ho, Ho-tchong et Ho-chou, sont pareillement des êtres mythiques, ainsi que l'indique la symétrie de leurs noms.

Nous avons déjà parlé d'Yao et de Chun, dieux abaissés au rang d'empereurs.

Aussi ne sont-ils ni l'un ni l'auti^e la souche d'une dynastie royale.

Les fils d'Yao se signalent par leurs vices ; et peutêtre y a-t-il là quelque allusion aux races des Noachides qui, dès l'origine, s'écartèrent de la droite voie, telles (jue celles de Cam et de Canaan. L'un des fils d'Yao est Yn-tsé-tchou, qui manquait de droiture et aimait à disputer, et que son père écarta du gouvernement. L'autre est Tan-tchou, superbe, dissolu, cruel et toujours agité '.

Chun a pour ministres les deux frères d'Yao : Sie, qu'il charge de veiller sur les mœurs; Héou-tsi, qui doit faire semer toutes sortes de grains. Mais ces deux prétendus

« Chou-King, P. IV, ch. iv.

s Chou-king, P. I, ch. i et u. Mencîus, II, 3, 3. ^ Cbou-kingf P. I, ch. l et v. Ces deux personnages ne sont-iis j>is ideatiquea?

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