‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation; (volume 3)Chapitre 65 sur 120 · MER, MERE · texte numérisé non relu

MER, MERE

Hérodote nomme ensuite le grand conquérant Sésostris , qui fit le partage des terres entre ses sujets. A ce (leniier trait on a reconnu depuis fort longtemps le Pharaon dont Joseph fut le ministre.

Son fils Phéron est le Pharaon de FExode, dont Thistoire a été dénaturée par l'orgueil national, sans cesser toutefois d'être reconnaissable. < Le Nil qui , sous son règne, submerge toutes les campagnes, > c'est la mer Rouge submergeant toute l'armée égyi)tienne. Le vent < qui agita les flots du Nil avec violence, » est c(îlui qui sépara pendant la nuit les eaux du golfe devant Ic^s pas (les Hébreux. L'endurcissement de Pharaon, qui, du rivage , assiste à la ruine de ses guerriers , (îst bien rendu par t ce javelot que Phéron , dans sa folle ténu'îrité, lance au milieu du tourbillon des eaux.» La céc^ité dont il est alors subitement frappé, est un souvenir de la neuvième plaie qui plongea l'Egypte dans d'épaisses ténèbres. L'honneur de l'Egypte exigeait que son roi ne mourût pas aveugle et qu'il fut guéri par quelque moyen extraordinaire.

* Lepsias, Chronoloffie^ p. 2ô3.

Phéron eut pour successeur un citoyen de Mempbis, Protée, qui fit arrêter Paris, retint Hellène et la rendit à Ménélas. Avec ce roi, Thistoire des rois d'Egypte prend un caractère tout nouveau et se mêle à celle de la Grèce. Ce n'est pas seulement une nouvelle dynastie qui monte sur le trône , comme le disaient à Hérodote des prêtres plus jaloux de la gloire de leur patrie que fidèles à la vérité; c'est un peuple étranger qui prévaut dans la basse Egypte; et ce peuple, Diodore nous le fait connaître en donnant à Protée le nom de Kétès : ce sont les Héthiens ou Chittim de la Bible, les Cananéens, les Phéniciens*.

L'histoire de l'Egypte ne se débrouillera complètement que lorsqu'on aura reconnu l'existence dans le Delta et l'importance historique de peuplades et de colonies de langue sémitique, qui tenaient par leurs racines au Liban, et qui ont couvert de leurs rameaux la Grèce.

Rhampsinite, le successeur (et non le fils) de Protée est égyptien par son nom, qui rappelle celui de Rhamscs, et par sa vénération pour Phtha. Mais il est phénicien par l'architecture de son fameux Trésor, qui n'a rien de commun avec les monuments du Nil, tandis que Trophonius en a construit un tout pareil en Grèce (128. 132); phénicien par la prostitution de sa fille, qui est une allusion (comme les dérèglements des mères de Samemroumiis et d'Hypsuranius, 116) aux fêtes infâmes des Phéniciens, et peut-être même par sa descente aux enfers , qui est toute semblable à celles de Bacchus , de Thésée, d'Hercule et d'Orphée.

« Avec Rhampsinite finissent les beaux temps de l'Egypte, > et commence la dynastie des fondateurs des pyramides, qui furent construites f au temps que le

i Movers, len Phéniciens j t. III, p. 190 et suiv.

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