‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation; (volume 3)Chapitre 81 sur 120 · ZA. 1,425; 11,183. BD · texte numérisé non relu

ZA. 1,425; 11,183. BD

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sortir de moi) : j'ordonne qu'on les préserve du mal. » Taureau renferme bien aussi en lui la race humaine, il sent confusément que c'est d'elle que dépendra le *t des animaux, mais sa sollicitude ne s'étend que sur ix-ci. Cependant « son corps est reçu au Gorotman, is le séjour des esprits célestes. Son essence vitale confiée à la Lune (qui remplit bien ici les fonctions ne Grande-Mèrè veillant sur tous les germes des êtres, |ai était sans doute une déesse puissante dans la reon antémazdéienne). Du bras droit du Taureau sort bmorts (l'homme androgyne) ; de son bras gauche, I âme, Goschéroun, qui est le roi des animaux, tout ticulièrement des troupeaux. Â la vue de la faiblesse, l'infirmité du premier homme, Goschéroun, planant ant Ormuzd, lui dit : < Qui me défendra contre les tews? Qui défendra mes troupeaux? C'est aux homles à le faire ; mais ils n'ont pas d'intelligence, ils ne ont pas stables dans la vérité ; aussi les troupeaux ne eront-ils pas sans maux. > Ou, suivant un autre pase^ < Goschéroun, étant sorti du Taureau , se tint det son corps et jeta un cri aussi fort que pourraient e dix mille hommes. Il s'approcha d'Ormuzd et lui : f Quel chef avez-vous établi sur le monde? Ahriman a briser la terre et blesser les arbres, les faire sécher ▼ec une eau brûlante (aux temps de Gen=Caïn). le Kajomorts est-il donc l'homme dont vous avez dit : û le donnerai pour qu'il apprenne à se garantir du lal? > Ormuzd lui répondit : « Le Taureau est tombé lalade, ô Goschéroun, de la maladie que cet Ahriman portée sur lui. Mais cet homme (Ksgomorts) est réervé pour une terre (future), pour un temps (avenir), à Ahriman ne pourra plus exercer sa violence (après I résurrection). » Goschéroun partit, il s'approcha du des étoiles, et d^ celui de la lune, et de celui du se-

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leil. (Là) Ormiizd lui montra le férouer, Fidée vi\'ante de Zoroastre, en disant: « Je le donnerai au monde et il lui « apprendra à se préserver du mal. » Goschéroun fut alors dans la joie. 11 consentit à prendre soin des créatures*. »

Ce mythe renferme de grandes et profondes pensées. De même qu*Adam avait reçu Tordre de garder le jardin contre les ennemis invisibles qui s'apprêtaient à l'envahir; de même, d'après Zoroastre « lintelligence qui sait tout, Ormuzd, a donné aux férouers des hommes d'être dans des corps, afin qu'ils combattent, qu'ils fassent disparaître les Dews. » Mais les hommes des premiers temps (nous dirions: les hommes psychiques) ne rempliront pas leur mission. Au commencement du monde céleste, Ahriman avait (déjà) dit à Ormuzd : t 0 vous « qui êtes l'excellence, je suis le crime. L'homme ne t sera pas pur dans ses pensées, dans ses paroles; il « n'y aura ni intelligence ni exécution (de vos com- < mandements), ni parole ni action, ni loi ni âme. » Ormuzd ne contredit point Ahriman, mais il lui montre après les temps de souillure un homme, Zoroastre, i vraiment pur dans ses pensées, dans ses paroles, et qui exécutera ses ordres ; sans lui le monde serait à sa fin. » Il y a là l'attente de Jésus-Christ, second Adam, Esprit vivifiant, qui sera le fondateur du royaume des cieux, le père d'une humanité spirituelle et sainte, le destructeur des œuvres de Satan. Toutefois Zoroastre sait qu'il ne triomphera que très-imparfaitement des Dews : il annonce pour la fin des temps l'apparition du vrai Vainqueur du Serpent, du Fils de la Vierge, Sosioscb.

« ZA, I, 160 sq. (Gahan Jetsch). BD. 354. 3.^6. — Compareidans Nounus (Dionys. VII, 1 sq.) la scène d'^on ou le Siècle, se refusant à prendre soin de Thumanité postdiluvienne à cause des maux dont elle est accablée.

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f Celui-ci convertira la terre entière à Ormuzd, fera revivre les morts et les jugera. Alors Thomme juste sera rétabli dans sa félicité première, il sera immortel, sans vieillesse *.»

La vie des Mazdéiens est un rude et perpétuel combat livré au nom d'Ormuzd contre Ahriman, ses Dews invisibles, ses animaux auisibles et ses déserts. Pour eux la terre est c un monde mauvais, un monde de maux, un séjour de crainte » ; elle est de plus la voie apx deux destins (à l'enfer et au ciel) *. Mais ils sont assurés de la victoire : Zoroastre a terrassé Tennemi, Sosiosch le détruira complètement. C'est lu l'idée fondamentale de la religion bactrienne. Je ne prétends point que cette lutte contre les démons soit celle du vrai Israélite contre le péché, que la pureté plus ou moins extérieure du Mazdéien soit la justice tout intérieure des David et des Esaïe, qu'Ormuzd soit Jéhova et Sosiosch le Messie. Mais il y a certainement dans cette tradition d'un sauveur né d'une vierge, dans cette pleine certitude qu'il existe des anges mauvais , dans ce quasi-monothéisme, dans ce vif sentiment de l'infirmité humaine, dans cette foi parfaite a l'immortalité et à la résurrection, dans cette intuition si sérieuse de la vie, des échos de la révélation primitive que nous savons avoir constitué la religion des Noachides.

Revenons au Taureau et à Kajomorts. « De la queue du premier sortirent les céréales et les arbres fruitiers ; de ses cornes, les fruits; de son sang, le raisin..; de lui tous les animaux'.» Quant à Kajomorts, il a été « formé brillant, ayant des yeux avec lesquels il regardait en

» ZA. lî, 193. BD. 350. 41 1 sq.

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