CHAPITRE
Cvlte des morts.
Sf$ quatre formes, élraugères toutes quatre à la religion révélée d'Israël. Du culte des morts rhez les nations civilis(''es de rAncien monde ; ciii-z les Noirs de l'Afrique; chez les Malais; en Amérique. Conclusion.
Pour jeter quelque lumière sur un sujet que la polémique des catholiques contre les protestants a enveloppé de ténèbres, nous distinguerons le culte de simple commémoration , le culte que nous nommerons d'alimentation, le culte d'adoration et de propitiation , et enfin le culte d'intercession et d'expiation.
Le premier est inspiré par le respect et l'affection que les survivants ont pour ceux des leui*s qui les ont devancés dans le séjour des ombres. On célèbre leur mémoire, on exalte leurs vertus, leurs exploits, on institue des jeux, des combats simulés en leur honneur ; mais on ne leur fera aucune offrande, aucun sacrifice, on ne les nourrira point, on ne les invoquera point, on ne priera point pour eux. Nous ne croyons pas, toutefois, que jamais fête comniémorative des morts ait été pure de tout mélange. Partout celte forme de culte s'allie aux formes suivantes, qui la supposent et s'appuient sur elle comme sur leur fondement.
Les fêtes où l'on donne à manger et à boire aux âmes, procèdent d'une etvewt àowXwçw& avons déjà signalé la
haute antiquité et Tuniversalité, et sur laquelle nous ne reviendrons pas.
Si rame, bonne ou méchante , n'est pas enfermée en son lieu, et qu'elle puisse vivre invisible parmi les survivants ; si elle est censée avoir reçu par la mort des forces nouvelles, et être ainsi devenue l'égale des bons Anges ou des Dénions ; si même elle s'élève jusqu'au rang des dieux, sa famille ou son peuple s'efforcera par des sacrifices d'attirer sur soi ses faveurs ou de détourner de soi sa colère. Ici le culte des morts se change en un culte aux morts, et celui-ci se subdivise en un culte domestique des ancêtres, et en un culte public des héros. Les héros qu'on adore sont les umes des hommes qui se sont illustrés par leurs exploits ou par leurs vertus ou par leur génie.; leur gloire les désigne aux hommages de leur peuple reconnaissant, et des chapelles, des temples s'élèvent en leur honneur, sans qu'aucune des autorités constituées en ait donné l'ordre positif. Tel était en particulier Vhéroolâtrie des Grecs , qui rendaient des honneurs religieux à Aristogiton, Codrus, Académus, puis à Calchas, Agamemnon, Achille, à Amphiaraiis et à son fils Archilochus, à Amphictyon, à Trophonius, a Phrixus. 11 est bien vrai que, parmi les personnages que nous venons de nommer, il y en a plusieurs qui n'ont jamais vécu que dans l'imagination des Hellènes ; mais ce n'est point là une raison suffisante pour nier l'existence d'un culte rendu aux grands hommes, et nous rejetons ainsi la double erreur de ceux qui voient, soit dans tous les héros des dieux abaissés au rang de simples mortels, soit dans tous les dieux des héros apothéoses. Au Japon , ce n'est que par une canonisation formelle qu'un homme illustre peut après sa mort devenir, sous le nom de kamx^ l'objet d'un culte divin.
La quatrième et dernière forme du cuUe &^s tsvc^\\&
comprend les prières et les sacrifices qu*on fait auxgrands dieux en faveur des mânes. Ce culte n'a d'actualité que s'il peut être immédiatement utile aux âmes pour qui on le célèbre; il est donc impossible partout où leurs destinées futures sont décidées à leur mort par une sentence irrévocable, et il ne se développera pas chez les peuples qui croient que les âmes attendent dans un demi-sommeil un jugement qui n'aura lieu que dans quelques milliers d'années. Le seul terrain qui soit favorable aux prières pour les morts est celui des enfers-purgatoires et ce- Ini de la métempsycose; car il y a là jugement immédiat, souffrances actuelles et possibilité de grâce. Ces trois conditions étaient étrangères, nous l'avons vu, à la religion primitive, et elles ont pour dernière conséquence l'existence d'un sacerdoce qui, pour donner aux sunivants la certitude que leurs prières sont exaucées, se dit en possession des secrets de l'empire des morts.
Le culte des morts, sous ses différentes formes , s'est associé partout à celui des dieux, et l'a même supplanté dans quelques contrées. Néanmoins nous pensons qu'il ne faisait en aucune façon partie de la religion orthodoxe que professait le peuple Primitif.
Et d'abord, on ne voit point Abraham et les autres patriarches hébreux rendre quelque honneur à leurs ancêtres après l'inhumation. Moïse n'institue aucune fêtede cette nature, pas même de simples fêtes coromémoratives; les prophètes, longtemps après lui, ne comblent point la lacune qu'il semble avoir laissée dans sa Loi. Aussi, comparés aux païens, les Hébreux semblent-ils dépourvus de toute piété filiale ; leur cœur est de glace ; leur imagination ne sait pas s'élancer dans le monde de la mort et df l'autre vie ; on dirait que ceux qu'ils ne voient plus n'existent plus pour eux. Mais l'Auteur du Livre delà Sapience'
* XIV. lisq.
nous apprend que Tidolâtrie fut introduite dans le monde par l'ambre douleur d'un père qui avait fait Tirnage de son fils enlevé par une mort prématurée , et des tradi-^ tions, que nous transcrirons ailleurs , ajoutent que le culte des amis décédés date des temps de Réhu qui vivait cinq générations après Sem et quatre avant Abraham. Les patriarches hébreux, en ne rendant aucun culte aux morts, restaient donc fidèles à l'antique tradition des (foachides, et fuyaient une voie qui venait de conduire les hommes à l'adoration des idoles. Mais cette voie les a menés plus loin encore, jusqu'à la nécromancie , qui , comme nous le verrons bientôt» fut une des abominations pour lesquelles Dieu détruisit les Cananéens. Plus tard , lors du retour de la Captivité de Babylone , et au temps de la maturité du peuple Juif, on voit dans les Apocryphes se former lentement en Judée la doctrine d'un jugemeut des âmes, qui suit immédiatement la mort, ou d'un Enfer et d'un Paradis, et c'est alors que Judas Machabée fit une collecte de douze mille dragmes dans le but d'ofirir des sacrifices d'expiation pour plusieurs de ses soldats qui avaient péri chargés d'un très-grave péché. Ces sacrifices pour les morts et cette doctrine des deux séjours des âmes étaient des innovations qui nç reposaient sur aucune révélation divine. Mais la doctrine était la déduction plausible de prémisses antiques et véritables ; aussi reçut-elle sa pleine confirmation de la bouche de Jésus-Christ et de celle de ses Apôtres , tandis qu'ils n'ont point approuvé les sacrifices d'expiation pour les âmes criminelles. L'Église de Rome cherche donc en vain dans l'exemple de Judas une base biblique pour son purgatoire. On peut même dire que l'historien des Machabées , qui n'est rien moins qu'inspiré, en voulant démontrer la sainteté de la cérémonie ordonnée par son héros, donne suffisamment à connaître qa'^W^ ^\a\v hose nouvelle, insolite, inouïe.
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»,p. 410, ',-•/ «'-Ui*
Il serait fort important de connaître exactement le culte des morts pratiqué par les Chaldéens, ainsi que par les autres peuples sémitiques. 11 est question , dans Baruch, d'offrandes, et rÉcclésiastiqueparledemets posés sur les sépulcres *. Nul vestige de prières pour les morts.
Dans Tantique Egypte, point de culte privé des ancêtres, point de culte public des héros. D'après M. Lepsius, le grand Sésostris, qui serait celui de la douzième dynastie, et qui sur les monuments forme avec les dieux des triades, est le seul des Pharaons qui ait été vraiment adoré comme un dieu. Les Égyptiens, à la mort d'un des leurs, demandaient bien aux dieux qu'ils accueillissent avec bienveillance le défunt ; mais ils ne prétendaient point avoir la puissance de le soustraire à sa juste condamnation, ni d'obtenir plus tard la remise de sa peine. Ils priaient jusqu'au moment du jugement et non au ddi, si nous ne faisons erreur.
En Grèce, c est heurter de front la lettre et l'esprit de la religion nationale, que de prétendre avec M. Seppque les héros d'Homère, que les contemporains d'Eschyle, inquiets du salut de leurs proches, célébraient des sacrifices dans le but de hâter leur sortie du Tartare. Le calte des morts le plus ancien chez les Hellènes est certainement un culte d'alimentation. Us dressaient, à certains jours de l'année, des tables pour les âmes, à qui le diea des enfers permettait de passer quelques moments sur la terre. Les rites d'expiation pour les morts ont pris naissance dans la secte des Orphiques*, sans doute âo siècle d'Onomacrite ou de Pisistrate.
Les Romains invoquaient, dans leurs foyers, les Lares,
* Baruch, VI, 26; Ecoles, xxx, 18.
* Platon, Républ., liv. ii. C'«st sans doute aax Orphiques qoe œ philosophe aura emprunté sa doctrine des âmes mi-criminelleB, ïïàr innocentes, qm se puii^enoX eu %M\ÂsAUit leurs fautes, et passent d*a
ouïes âmes de leurs ancêtres, et célébraient en l'honneur de toutes les âmes la f<^te nationale des Lémuries. Ils n'avaient d'ailleurs aucun rite d'expiation pour les morts. Quand Virgile décrit dans l'Enéide les diverses purifications auxquelles sont soumises les âmes, il est philosophe grec et non poëte latin. Cependant Arnobe parle de livres étrusques, du nom d'Achérontiens, où l'on enseignait comment on rend divines les âmes par le sang de certains animaux. Mais ces livres étaient sans aucun doute apocryphes et récents comme ceux d'Orphée et de Musée.
Les Scandinaves et les Slaves, ainsi que les Romains, les Grecs, les Persans, offraient aux morts des mets dans certaines fêtes annuelles.
Les disciples de Zoroastre croient que les cinq derniers jours de l'année le Douzakh ouvre ses portes à tous les morts , et que les plus repentants montent au ciel avec l'aide spirituelle de leurs parents. Cette croyance ne s'appuie sur aucun texte du Zend-Avesta. Le Vendidad contient bien un chapitre (le douzième) dont l'authenticité parait assez bien établie , et qui détermine le nombre des prières que l'on doit dire à la mort d'un de ses proches. Mais ces prières précèdent, comme dans l'antique Egypte, le jugement de l'âme, et ne peuvent être assimilées aux expiations des Orphiques ^ lieadetoarments dans celui des récompenses. Mais comment se fait-il qii*Eiisèbe , en citant (Prœp. Évang. xi, 38) le morceau entier du Phédon , mette en relief l'accord de Platon et de la Bible sur les peines étemelles des méchants et sur le bonheur ineffable des bons, tandis qu'il ne dit pas un seul mot de la ressemblance non moins frappante du purgatoire du philosophe grec avec celui de l'Église romaine?
t Contre Popinion de Rhode, Religion des Perses, ip. 410, qui était d'ailleurs induit en erreur par la traduction fautive d'Ânquetil J'ai luivi celle de Spiegel.
Le culte pour les morts s'offre pour la première fois à nous, comme partie intégrante d'une religion nationale, dans les Lois de Manou , qui ordonnent avec les détails les plus minutieux comment on doit offrir aux mânes le repas funèbre, nommé Sraddha, pour les nourrir et en même temps pour les faire parvenir au séjour céleste. Mais ce code est postérieur aux Védas, et appartient précisément à l'un des deux peuples qui admettaient la métempsycose.
En Chine, le culte des ancêtres formait» avec celui de Chang-ti, toute la religion nationale. Il était sous sa forme la plus ancienne d'une très-grande simplicité. Chaque famille célébrait la mémoire de ses aïeux dans une salle réservée h cet usage ; leurs ombres, qu'on supposait arriver à la fête, étaient figurées par un enfant * qui recevait en leur place les offrandes des vivants ; ces offrandes consistaient surtout en aliments dont les âmes étaient censées se nourrir. Je ne sais si l'on adressait quelques prières aux morts; mais plus tard on s'est rois à adorer comme des dieux certains sages, tout spécialement Confucius. Nulles traces, d'ailleurs, de sacrifices pour les mânes.
Les Chinois de la secte de Lao-tseu , qui pensent que l'atmosphère est la demeure des âmes, ont imaginé une théorie très-compliquée sur les fonctions des esprits, et l'on a vu l'empereur créer des morts comtes et ducs, même leur conférer le rang des dieux, ou les punir de leur négligence par la dégradation. Au Tunquin, le culte des morts repose pareillement sur la croyance que les âmes deviennent des génies capables de faire du bien et • du mal ; mais à côté de ce culte existe celui de Xaca oi
* Cette coutume remonte aux temps de Chun, et- elle a rabcûlé jusqvCà ceux de Ch\-\ioa'tt|[-\\.
Bouddha dont les prêtres , par leurs instautes prières, délivrent les âmes qui languissent dans les cachots souterrains.
Les Japonais, quand ils brûlent un mort, Tadoreut auprès du brasier, pai'ce qu'il est envisagé comme étant entré en commerce avec les dieux, et ils croient que toutes les âmes sont eu rapport direct avec les vivants. Les âmes très-bonnes, que le grand pontife canonise, deviennent des kamis ou des génies protecteurs des hommes. Les âmes bonnes accourent aux fêtes des morts; mais dans la crainte qu'elles ne veuillent rester dans les maisons, oa les chasse à coups de pierres. Les âmes mauvaises, qu'où redoute, errent avec douleur dans les airs. Les âmes très-mauvaises descendent dans le royaume des raeinesy entrent dans des corps de renards, ou s'introduisent dans ceux des hommes , qu'ils rendent malades et dévorent. Avec de telles croyances, la vie se mêle avec la mort, l'Adès avec la terre ; la crainte salutaire de Dieu fiât place à la terreur des revenants ; l'imagination, qui est vraiment ici la folle du logis, tient lieu de la foi et de ta conscience, et le principal devoir de l'homme est de 86 défendre contre les ombres, ses invisibles et insaisissables ennemis. Qui ne connsdt pas le vrai Dieu, a peur des puissances malfaisantes, et les bons génies ne protègent avec efficace que s'ils agissent par les ordres de rÉternel.
Après avoir passé rapidement en revue les grandes nations civilisées de l'Ancien monde, nous ne nous arrête- ' roms pas à examiner quelle part ont les âmes, quelle les tiiges, quelle les génies dans le culte que rendent aux «prits les tribus à demi sauvages du nord de l'Asie , et poursuivant notre marche vers Test , nous arriverons chez les Malais de la Notasie et de l'Océanie. Ils adorent ies ancêtres sous Je uom de Hunialugar aux VYv\V\v^\\\fes>
de Tahutup aux Carolines, d'Âniti aux îles des Larrons. Dans l'Archipel des Amis et dans celui de la Société, les grands forment à leur mort une classe spéciale de divinités. Les moraïs, pyramides à larges degrés, sont toutù la fois des cimetières et des temples. Le culte des morts semble prêt i\ éclipser, chez les Malais, celui des dieux*.
En Afrique prévaut aussi généralement l'adoration des ancêtres et des héros.
Strabon a écrit quelques lignes fort remarquables sur la religion des Éthiopiens : c Us adorent un dieu immortel, principe de toutes choses (un théothée), et un dieu mortel sans nom (un dieu protévangélique), dont ils ne se font pas même une idée bien nette, et ils mettent en général au nombre des dieux tous les bienfaiteurs, tant les rois, que les simples particuliers, avec cette différence que les premiers sont censés veiller à la garde et à la conservation de tous ensemble , tandis que les seconds ne protègent que ceux auxquels ils ont fait du bien. » Aux Éthiopiens ont succédé les Nubas, qui, au Darfour, au Kordofan, au Bertat, non-seulement adorent les grands personnages, les saints, mais aussi célèbrent des fêtes en l'honneur de tous les aïeux. Des fêtes pareilles ont lieu à Tombouctou.
Nous n'avons su découvrir aucun indice d'un culte des morts chez les Abyssins, les Gallas, les Affar, les Bischariens. Mais le peuple caffre des Bassoutos semble avoir
I Les Battas de Sumatra ont une coutume qui existait en Grèce. A leur mort, le prêtre fait couler le sang d'une volaille sur le corps, et frappe Pair avec force d'un fiiisceau de branches de cocotier, comme pour chasser quelque mauvais esprit, et Tempêcher d^emporter l'âme. Cette coutume ne doit pas être confondue avec ceDe des Nègres, des Japonais et des Péruviens, de chasser i coups de bàtonê ou de pierres les àmet des défunts qui pourraient importoner Uê Tiyantt.
emprunté le sien aux Romains : ils donnent le nom de Lirites à toutes les ombres bonnes et mauvaises, ou aux Mânes; celui de Litoutséla aux âmes qui reviennent, ou aux Larves, et les aïeux qui reçoivent un culte régulier sont ou des génies tutélaires, des Lares, ou des génies malfaisants, en petit nombre. Quand un mort s*est montré aux vivants , le prêtre se rend sur sa tombe et lui dit : « Oh ! laissez-nous dormir, ne nous visitez pas. »
Les Jaggas immolent même à leurs ancêtres des victimes humaines, et chaque famille célèbre tous les mois la fiête de ses aïeux. Au Congo, cette fête, nommée Malala, se renouvelle d'année en année, et il y a de plus dans toutes les maisons, comme à Rome, des Lares mâles et femelles, qu'on adore en toute occasion. Ici les âmes paraissent être des divinités bienfaisantes dont on se concilie la faveur, plutôt que d'anciens membres de la famille dont on célèbre la mémoire et soutient par un festin les forces physiques.
La plupart des Nègres de la Guinée, confondant génies, dànons et mânes, qu'ils supposent vivre sous la terre, à sa sur&ce et dans les airs, et qu'ils croient uniquement occupés à leur nuire, tremblent constamment à leur pensée et leur attribuent tous leurs maux. Ils cherchent soit à les apaiser par des sacrifices où le sang coule en abondance , soit à les chasser à coups de bâton , soit à les contenir et lier par l'intermédiaire des sorciers, qui passent pour des êtres privilégiés dont la volonté a une puissance surnaturelle.
En Amérique , tant au Mexique et au Pérou, que chez les Peaux-Rouges et les Caraïbes, on fête la mémoire des ancêtres 9 on leur rend un culte régulier comme à des génies tutélaires; mais nulle part on ne prie pour eux.
Si les mythes eschatologiques nous ont démontré l'universalité et Tantiquité de la foi en l'immortalilé de rame et eu la résurrection des corps, le culte des morts nous apprend que dès les siècles les plus reculés cette foi était si puissante qu'elle péchait par excès, et qu'elle établissait ou imaginait des relations beaucoup trop intimes entre les vivants et les morts. Elle fut maintenue chez les Hébreux dans ses justes limites par Tinterveution directe de TÉternel. ftlais à partir de ce point ceuiml, elle se développe avec toujours moins de mesure jusqu'aux extrémités de l'Ancien monde. En Egypte, elle dépasse de peu encore les limites du vrai ; elle crée un culte erroné en Ethiopie et en Nubie ; elle constitue pour ainsi dire à elle seule la religion du Congo et de la Guinée. De même le culte des morts est bien plus important en Grèce qu'en Asie Mineure, en Italie qu'eu Grèce, et peut-être chez les Celtes qu'en Italie. Même progression toujours croissante de la Syrie à la Perse, de la Perse i l'Inde, de l'Inde à la Chine, de la Chine au Japon et cbei les Malais. Mais au milieu de toutes les différentes formes que revêt la religion des mânes, celle des sacrifices et des prières pour les morts est trop rare et trop récente pour qu'il nous soit possible d'y reconnaître un des éléments constitutifs de la religion primitive. Le témoignage négatif de l'Amérique est en particulier d'un gi*and poids, venant de peuples que nous savons être au nombre des plus fidèles dépositaires de la tradition primitive.