CHAPITRE
^^écromaiicSe.
Lancée dans la voie de l'erreur par Texcos do sa foi en l'immortalité, l'humanité ne s'arrêta pas au culte des morts et poussa jusqu'à la nécromancie. Comment, en effet, les âmesqui accourent des enfers à la voix des vivants ou qui errent sans relâche auprès d'eux, à qui Ton donne à manger et à boire, qui reviennent et apparaissent , qui , Invisibles , veillent sur nous avec amour ou nous causent, dans leur colère, toute espèce de maux, se refuseraient-elles à se mettre en relation directe avec npus, à ^ montrer à nous quand nous les en ptions, à répondre i nos questions ? Esprits délivrés de leurs corps , ne voient-elles pas le présent -mieux que nous? Ne reçoivent-elles pas des dieux, auprès desquels elles vivent, la connaissance des choses futures ? De quel prix inestima-* Ue ne seraient pas leurs conseils dans toutes les circon-^ stances critiques de la vie ? Ces questions, qui se présen-^ laient d'elles-mêmes à l'esprit, ne pouvaient. recevoir qu'une réponse affirmative dans ces temps reculés où l'homme , ignorant et les bornes étroites de ses facultés et l'existence des lois immuables du monde physique , croyait pouvoir, par la seule parole, obliger et les dieux ^l la nature à devenir les dociles in3truments de ses vo- 'ontés ? Quand une certaine prière guérit ou Aoww^. vwav^
T. IL
'Sitt NÉCROMANCIE.
maladie, t'ait tomber la grêle, retient la pluie dans la nuée ou rappelle vei-s la contrée que désole la sécheresse, l»ourquoi Fànie, qui peut tout, ne pourrait-elle pas faire venir des enfei-s vers elle les ombres des ancêtres ? Et si les gi-ands dieux du ciel Thonorent ici-bas de leurs inspirations fatidiques, quelle puissance pourrait lui interdire au delà du tombeau de dire, à ceux qu'elle a laissés dans ce monde , ce que dans sa nouvelle existence elle apprend de l'avenir ? On évoqua donc les nianes, et Ton vit ou crut voir, on entendit ou crut entendre. Qui de nous connaît assez exactement la vie et la mort, rhorome corps et àme , et Thomme ame sans corps , pour déterminer ce qu'une foi enthousiaste et une volonté témélaire ont pu développer dans Tame de forces inconnues, produire dans Tesprit d'hallucinations mensongères, exe^ cer sur les ombres d'action réelle? Ou qui de nous, pour peu qu'il admette la possibilité d'Anges déchus et d'esprits malins, affirmera que les puissances infernales n'ont point fait irruption dans l'humanité par la porte qu'elle leur ouvrait a demi en fraternisant avec les ombres qui ptîuplent les enfers? Quoi qu'il en soit, on ne peut nier que la magie noire ne remonte , comme la magie blanche, a une très-haute antiquité, et que les peuples n'aient cherché de tout temps des lumières et des forces surnaturelles en haut auprès des dieux , en bas auprès des mânes. Ainsi, en Grèce, l'antique Orphée passait pour avoir inventé la nécromancie; la Thessalie avait été de tout temps la patrie de redoutables magiciennes ; dans rodysséo, Ulysse évoque les ombres, et l'un des plus célèbres et des plus antiques oracles était celui de Trophonius, où les morts répondaient des entrailles de la terre aux vivants. Les Scandinaves rapportaient l'origine de /.'i n<H*ronu\ncie i\ Odin lui-même. En Canaan , au temps (/(' AloîvSe, tous \es gewv^^ ^Ci^^'^ ^'^ divination et de