IV. Purifications
Le péché , qui irrite Dieu, souille Vtime. Le sacrifice mglant exprime l'ardent désir qu'a le coupable d'apaiîp la Divinité ; mais il ne lui suffît pas de savoir qu'elle li pardonne et le tient pour juste : il veut l'être en efît, il veut être saint, pur, et la purification du corps mbolisera celle de l'âme.
Cet acte symbolique se fait par le moyen de l'eau, qui ilève les souillures superficielles, ou du feu qui conime les souillures intérieures, ou du sang des victimes ; uis aussi par le soufre, par l'air, par certaines plantes, ar les cendres, même par l'urine d'un animal sacré, orame le taureau chez les Perses \
rant la Dispersion il n'y avait point encore de prêtres, mais la foi était point assez intime pour que l'homme eût déjà pénétré fort rant dans la connaissance de son cœur, et qu'il éprouvât le besoin analyser, d'énumérer toutes ses fautes, d'en décharger sa coniience en les avouant toutes au représentant visible de son Dieu, et e recevoir de sa bouche l'assurance de son pardon. La confession idividnelle, inconnue aux Hébreux comme aux Chinois, aux indous comme aux Phéniciens et même aux Egyptiens , n'a été ratiqnée avant Tère chrétienne en Grèce que dans les mystères, t les seules religions populaires dont elle fait partie intégrante mt de date comparativement récente : le mazdéisme (celui des iaèbres); le bouddhisme et l'incasisme, avec les religions de l'Yuatan et du Nicaragua. — (Dans le culte d'isis, le fidèle disait à oix basse aux prêtres non point ses péchés, mais l'objet de ses œux.)
* Dans les mystères de Mithras, le sang du taureau coulait sur 'initié. Chez les Béchouanas, le malade est arrosé du sang d'un bouc lu'égorge le prêtre présent. On a compté chez ce peuple six sacriiees ordinaires et huit extraordinaires où le sang purifie, apaise, icoDcilie, etc. Voyez Journal des Missions évang,., xix« année, ^ livraison.
T. II. W
il8 LES ACTES
La purification lient trop intimement à la doctrine de l'expiation, pour n'avoir pas existé, du moins à l'état rudimentaire, chez le peuple Primitif, dont nous connaissons d'ailleurs le génie éminemment symbolique. Nous savons que longtemps déjà avant Moïse les patriarches hébreux ordonnaient à leurs familles de se purifier dans certaines circonstances extraordinaires*. L'ablution, ou le baptême, qui est la forme la plus simple, est sans doute aussi la plus ancienne.
La Genèse nous apprend même que l'idée de souillure, que toute purification suppose, était très-familière aux Selhites dès avant le Déluge. On distinguait alors déjà les animaux en purs et en impurs *. Quand bien même il ne faudrait entendre (comme nous le pensons), par les premiers, que les animaux domestiques, et par les seconds, que les bêtes sauvages qui ne devaient pas être offertes à Dieu en holocauste, encore serait-il fort surprenant que déjà du vivant de Noë l'opposition du monde et de l'immonde, du saint et du profane, du bien et du mal, ait été étendue du domaine de la liberté à celui du monde physique qui est tout entier l'ouvrage de Dieu. Il faut |>our cela que la première humanité fût assez préoccupée de l'existence et de la puissance du péché pour en retrouver, si ce n'est les traces, au moins les analogues, les emblèmes jusque dans la nature.
Telles étant les préoccupations du peuple Primiiif. nous pouvons supposer sans crainte d'erreur qu'il sentait vivement la vérité et l'importance des grandes doc-
* Gen. XXXV, 2.
« Gen. vu, 2, 8; viii, 20. C'est là la base sur laquelle reposent le?
lois postmeures des Hébreux, des Hindous brahmaniques, dtf
Égyptiens, des Perses^ sur les animaux impurs dont il faut s'abstenir.
On doit se garder de confondre ces animaux avec ceux dont oo ue
mange pas parce qu*\\s soul \e% s^iE^iQ\ft% ^«^ ^\^^<ix.«
DU CULTE. il 9
trines qui seules expliquent d'une manière naturelle les purifications les plus remarquables de la haute Antiquité. Le péché souille, parce qu'il est non une simple infirmité de notre nature , mais une transgression réfléchie de la loi. Or le péché aboutit à la mort. Le corps mort est donc tout particulièrement souillé. Aussi , tous les peuples anciens, Israélites, Égyptiens, Hindous, Persans, Grecs, Romains, Japonais, Béchouanas, etc., ont-ils institué certaines purifications pour tous ceux qui avaient touché un mort ou pris part à ses funérailles^
Le péché tue, parce qu'il introduit le désordre dans notre nature. Notre nature corrompue se transmet du père au fils par la génération. L'enfant naît donc vsouillé, et la naissance exige des cérémonies lustrales aussi bien que la mort ! Telle est la consécjuence logique du fait de la déchéance. Le sourire de Tenfant au berceau et la tendresse de la mère ont beau s'inscrire en faux contre l'inexorable vérité , elle a prévalu partout et toujours. L'accouchée était ou est astreinte à certaines purifications chez l'Israélite comme chez les Grecs ou chez les Hindous, comme chez les Peaux-Rouges ou chez les Caffres et les Hotlentots , et le nouveau-né n'était ou n'est tenu pour monde, chez les Grecs et les Romains, et chez les Hindous, qu'à dater du dixième jour, où les premiers le faisaient passer entre les feux des autels et les derniers le plongent dans l'eau.
Quant au baptême des enfants, il n'a été prati(jué, à notre connaissance, en dehors de l'Église chrétienne, qu'en Inde , chez les Nouveaux-Zélandais, chez les Péruviens et chez les Guanches. Nous ne saurions donc le ranger parmi les actes du culte primitif*.
i Pas de baptême chez les Peaux-Ronges , ni de circoncision (Schoolcraft, t. w, p. 6i.)
-i20 LES ACTES
Le baptême esl parfois associé et subordonné à des purifications d'un autre genre. Ainsi, à Célèbes, la mère présente son enfant nouveau-né au prêtre, qui lui lave la tête, et qui oint sa main droite avec le sang d'un porc qu'il vient d'égorger. Si le premier-né est un fils, nonseulement la mère va laver l'enfant dans le fleuve voisin, mais le père s'y baigne aussi ; il trouve en revenant cher, lui des hommes qui le repoussent, et il ne rentre dans sa maison qu'après avoir tiré sur le toit trois flèches pour écarter tout malheur'. On ne peut nier que, accompagnées de telles cérémonies, ces diverses ablutions n'aient un sens religieux et ne soient de vraies purifications.
Mais ce n'est pas à Célèbes seulement que la souillure de l'enfant et de la mère s'étend sur le père lui-même. A chaque naissance , le père se mettait au lit quand sa femme avait accouché, non-seulement en Asie Mineure, chez les Tibaréniens, mais aussi chez les Cantabres on Ibères , et chez les Corses , qui étaient des Ibères. l>es Cantabres étaient frères des Vascons, qui sont les aïeux des Basques, et cette coutume existe aujourd'hui encore dans la Biscaie, peut-être même dans le Béarn. Au moins, du temps de Lafitau, on faisait couvade dans certaines provinces de la France voisines de l'Espagne. Les voyageurs modernes ont retrouvé cette bizaiTC pratique chen les Cassangues au Congo, chez les Tartares, et en Amérique chez les Brésiliens , les Galibis, les Caraïbes. Cher ces derniers, le père, à la naissance de son premier enfant, est soumis pendant quarante jours à un jeûne excessivement rigoureux ; le quarantième jour, on lui déchire tout le corps avec des dents d'agouti, et il est ensuite astreint à six mois d'une continence stricte, lies
' Rôttger, LvUres «ur l'Inde ultérieure, p. ilO tq. Berlin 1844 (en allemand).
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aguas de rAmazone sont moins sévères : la femme est peine accouchée que son man prend sa place dans le imac en poussant des cris déchirants jusqu'à ce que )us ses amis lui aient offert des présents. Mais si c'est par la génération que se transmet notre iture corrompue, l'organe de la génération sera le plus >uillé de tous nos membres , et l'on inventera pour le urifier quelque moyen spécial, plus efficace que tous les itres. On r.oupera, on retranchera, on circoncira. La rconcîsion, comme nous le prouverons au livre des ^œurs 9 est une coutume propre aux Garnîtes et antéeure à leur dispersion. Elle peut donc, en quelque maière, prendre rang dans le nombre fort restreint des ctes religieux du peuple Primitif, qui nous soient [)nnus.