LES ACTES DU CULTE
sacrifiée. U» peuple qui en avait mangé se croyait sanctilié*.
1 La question des arbres, des sources et des boissons d'immortalité, du pain et du vin sacrés, des festins qui suivent les sacrifices sanglants, des idoles de pâte et de sang, et de Vomophagie (à Ténédos, dans le culte de Bacchus), mériterait une étude toute spéciale ; car elle touche d'une part aux mystères les plus grands de la révélation chrétienne, et de l'autre à l'anthropophagie. M. de Lasaulx n*a point épuisé le sujet dans son excellente dissertation sur le sacripct expiatoire des Grecs et des Romains et sa relati(m à celui de Golgotha, 1841 ; et M. Sepp a manqué de critique dans les nombreux chapitres qu'il consacre à cette question.
CHAPITIIE VI.
La sainteté.
Le but de tous les actes du culte, comme de tous les dogmes de la religion, c'est la sanctification, c'est l'accomplissement de moins en moins imparfaite de la loi morale, c'est la conformité de plus en plus grande de la vie pratique aux prescriptions de la conscience.
La loi morale est, comme les lois de la logique, la même chez tous les hommes. Elle fait partie intégrante de notre essence ; si elle venait à s'anéantir en notre cœur, nous ne serions plus nous-mêmes. Chez les tribus les plus abruties, la conscience qui se meurt n'est pas morte ; elle finit toujours par répondre aux appels persévérants des missionnaires. Chercher à prouver que dans les siècles qui ont produit Hénoc, Noé, Abraham, la conscience tenait à chacun le langage qu'elle parle à nous tous , serait perdre son temps et sa peine.
Cependant chaque âge conçoit à sa manière les vérités éternelles, et l'humanité, dans son enfance, saisissait sans doute la loi morale sous un aspect différent du nôtre. Mais ce sont là des nuances que la tradition ne peut conserver. Il faut les demander à la linguistique, qui finira bien par les découvrir. Ainsi nous avons vu <iue, d'apràs l'hébreu, longtemps déjà avant Abraham, ^^ saint était celui qui se prosternait devant le feu de l'autel , c'est-à-dire un homme religieux et non un stoïcien.