‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation;Chapitre 139 sur 158 · MALAIS · texte numérisé non relu

MALAIS

Les traditions malaises du Déluge sont en général trèspeu précises. Elles supposent bien qu'une grande inondation a jadis détruit la race humaine*; mais les traits distinct ifs du cataclysme de Noë y sont à peine reconnaissables. Il est toutefois impossible d'admettre que leur unique déluge soit autre que le seul dont toutes les autres races ont gardé le souvenir.

A Tahiti on raconte que Taaroa, irrité des péchés des hommes, jeta la terre dans la mer, au-dessus de laquelle ne se voyaient plus que les cimes des plus hauts monts, qui sont les îles actuelles, il n'y eut de sauvé que quelques hommes, qui étaient montés avec beaucoup d'animaux sur un grand canot (ii, 183). A Eiméo, l'on dit qu'après l'inondation un homme, monté sur un canot, débarqua dans cette île, et construisit un autel en l'honneur de son dieu (comp. ii, 202).

D'après une autre tradition de ces mêmes Tahitiens, Rouahatou, le dieu de la mer, reposait au fond de l'Océan dans ses bocages de corail, quand un pêcheur vint, sans respect pour la sainteté du lieu, y plonger ses hameçons, qui se prirent dans la chevelure du dieu. L'homme fit longtemps tous ses efforts pour les retirer ; enfin, Rouabatou , réveillé de son sommeil , parut à la surface des eaux , reprocha j^^^évèrement au pêcheur son irrévérence sacrilège, et lui déclara qu'à cause de son crime il allait détruire tout le pays. Le pêcheur effrayé le supplia de lui pardonner, et le dieu, se laissant toucher par ses prières, lui ordonna de se rendre, avec sa femme et ses enfants, sur une petite île à Test de Baiatéa où il trouverait un asile assuré. Le pêcheur obéit, et arriva avant la fin du jour à l'endroit indiqué. Les eaux s'élevèrent pendant la nuit, chassant devant elles tous les habitants; au matin, on n'apercevait plus que les cimes des monts, qui furont bientôt aussi recouvertes, et tout le peuple périt.

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