‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation;Chapitre 39 sur 158 · Les dix patriarches · texte numérisé non relu

Les dix patriarches

La liste des dix patriarches, d'Adam par Seth à nous a été conservée dans toute son intégrité par rose, qui donne d'autres noms que la Genèse , mai noms qui ont la plupart un sens analogue.

Cette même liste existe, mais mutilée, en Chine Inde.

Ailleurs, il n'en reste plus que les patriarches le! célèbres, qui sont, outre Adam et Noé, Seth, Hén( sur l'arrière-plan Enos et Méthusçalah.

Quant au chififre de dix, il y a un vague souvei nombre réel des générations antédiluviennes dai dix Ki et les dix Gin-hoang de la Chine, dans les di: pies primitifs de l'espèce humaine d'après le Avesta, et dans les dix fils de Neptune qui, au d Platon, se partageaient l'Atlantide.

n. Seth.

Seth est, avec Tubalcaïn , celui de tous les pers ges antédiluviens dont le souvenir s'est le miew serve chez les peuples anciens.

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Seth, nom que les Araméens ont certainement promcé Teth, est le Tet, Atet, Athothis qui succède à lues = Adam dans les listes des rois égyptiens. Le second des patriarches chaldéens s'appelle VEcriin, et ce nom suffît à lui seul pour établir de la maêre la plus inébranlable que l'écriture a été inventée r Seth. C'est là aussi ce que nous enseigne à son insu aton, dans le Phèdre, quand il raconte l'entretien de leuth, au sujet de sa découverte, avec le roi de toute Igypte, Thamus (J/icrm-us, Mam). Si Ton voulait en oire Pline*, l'écriture aurait même commencé non par î hiéroglyphes, mais par les lettres, qui auraient été irentées soit par Thoth=Mercure, soit par un Ménos Egypte, qui est Menés = Adam. Cette dernière opinion, li attribue à Adam lui-même la connaissance des let- », était celle de saint Augustin*.

Le Seth historique des Chinois est Tchang-y, l'inveniir du calendrier, et les traditions juives font de Seth premier astronome.

Mais Athothis = Thoth montre comment le souver de Seth s'était identifié avec la divinité de la Sa- »se éternelle, ou comment Seth avait acquis dans Tesitdes hommes les colossales proportions d'un dieu. ï Egypte, le dieu avait presque entièrement éclipsé lomme ; l'homme a disparu en plein devant le Tliaut ; Phénicie, l'Hermès des Grecs, le Mercure des Latins, bez les Chaldéens, au contraire, à côté et au-dessus Alasparus, l'Écrivain, est le dieuOannès, qui est le Moiinus des Syriens. La Chine a deux Seth , l'un simple K)rtel, Tchang-y; l'autre, à demi divinisé, Chin-nong, i médecin et le laboureur. Le Mercure de l'Inde est

* Hist. naiur., viii, 56.

* Ouest. 9d snp* Exod.

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Bouddha ; c'est à peine si dans les Védas on distingue une faible trace du Selh historique.

Selh a inventé, nous venons de le voir, Tastronomie et récriture. 11 a certainement, comme le Thoth égyptien, réglé le culte des premiers hommes. Nous croyons, avec les Chinois, que la médecine remonte jusqu'à lui. En un mot, nous lui attribuons les découvertes et les institutions de Thoth, parce que nous plaçons au berceau même de l'humanité les origines de la religion et de la civilisation.

Rien, au reste, n'établit mieux l'identité de Seth et de Thoth = Hermès que les colonnes de l'un et de l'autre.

Joseph nous parle de deux colonnes inscriies^ élevées avant le Déluge par la postérité de Seth dans la terre de Sirîde ou Seîriade. Cette terre, pour le dire en passant, qu'on a cherchée partout, nous paraît être simplement celle des hommes qui ont échappé à la ruine générale an Déluge (SAWD, en hébreu). Après le cataclysme, les plus civilisés des peuples, tels que les Égyptiens et les Phéniciens, continuèrent, à l'instar desSethites, d'écrire leurs idées les plus précieuses sur la pierre, soit sur les parois des temples, soit sur des colonnes isolées et des obélisques. Diodore de Sicile parle d'une colonne inscrite, érigée en l'honneur d'Osiris et d'Isis. Sésostris, dans le cours de ses conquêtes, gravait ses exploits sur des colonnes. Dans l'île de Crète, on lisait sur des colonnes les rites des Corybantes d'après lesquels se célébraient les fêtes de Cybèle. Partout en Grèce c'était sur des colonnes qu'on inscrivait les traités et les lois. Nous pourrions donc suivre depuis Seth jusqu'à nos jours l'usage de confier à la pierre le souvenir des faits les plus mémorables de l'histoire.

Mais l'Egypte avait des colonnes spécialement consacrées à Thoth, et les Pélasges, qui avaient oublié depuis

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Dispersion l'art d'écrire, adoraient Hermès sous la ii- [ire d'une colonne muette^ à laquelle ils donnaient la ►rme carrée, parce que ce dieu est le Verbe ordonna- ^or du monde et que le monde a pour emblème le lifiRre quatre. Les Romains avaient aussi un Mercure irré.

Cependant ces Hermès carrés servirent, d'après Paumîas, de bornes, ou, en d'autres termes, on mit les entières sous la protection spéciale de celui des dieux ai, en sa qualité de messager de Zeus auprès des mordis, semblait le plus naturellement appelé à présider aux îlations du peuple avec ses voisins.

Mais, au lieu de colonnes, on pouvait se borner à faire n monceau de pierres que chaque voyageur augmentait D passant. Ces tas étaient consacrés au dieu-Verbe, omme le prouve leur nom de herm.«:on. Salomon, dans es Proverbes, y fait allusion sous la désignation de lARGÉMAH, que la Vulgate a rendu par acervus Mercurii,

Les Hermès carrés ont une grande ressemblance vec les pierres levées des Celtes. "Des rabbins du quinîème siècle décrivent le trilithe en l'appelant mercure n numument sacré de Mercure (fanum Mer colis). Des ynodes de la période des Francs, et des capitulaires , ont allusion à des pierres et à des fans consacrés soit à lercure , soit à Jupiter. Tite-Live déjà parle d'un tumuus situé près de Carthagène en Espagne et qu'on nomnait Tentâtes. Il paraîtrait donc que les Celtes érigeaient, omme les Romains, les Crées et les Égyptiens, des moneaux de pierres et des colonnes muettes en l'honneur lu dieu-Verbe.

Toutes ces associations d'idées et leur haute antiquité lODS semblent se confirmer par la linguistique.

Seth, Scheth vient d'un verbe hébreu schit, qui signiie pUiceff statuer j et sghàt, dans la même langue, a le

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sens de colonne. Nous avons dit que le Seth de I nèse est Tel, Atet, Atbothis de TÉgypte, que Mai dit (ils de Thoth , c'est-à-dire son image visib M. Schwenck a fait venir Thoth du verbe égyptîe (copte TÉSGH, TÔSGH, tut) tn«TiTM«r, ordonner^ aff Thoth étant l'ordonnateur du monde.

ScHATH signifie colonne. TouoT, tas en copt même sens.

Mais on a comparé à d'immenses colonnes les i gnes, qui se disent teth en gallois, theithe à 1 Ténériffe, toou, tau en copte, taou chez les Bad

Cependant les colonnes de Thoth=Hermès sont gnes auxquels on reconnaît les frontières. Or l'I dit THAV pour signe, le copte thôou pour un m de pierres, et thosch pour la limite. Puis, en aral RAS signifie division ; en persan, marz, borne ; le: çais disent marque et marge , les Allemands, m remarquer, et mark, limites-, les Bas Bretons, limite.

Enfin, chez tous les peuples peu civilisés qui vive une défiance continuelle les uns des autres, et p< un voisin est un ennemi , le commerce se fait au tières communes, terrain neutre consacré à He Mercure. Aussi la marge d'un pays est-elle son m et le nom de Mercure vient, d'après Festus, a me mot d'où dérivent ceux de mercerie et marge Mercure lui-même préside tout spécialement ai MERCE, ainsi que Hermès. En copte, le marchan schot, esghot, qui rappelle Thoth *.

* Pour les colonnes, monceaux et frontières, voyez S Dulanre. — L*hébren désigne bien le marché par le VAR'COLETH, qn'on dirait presque latin; mais la ressemb trompeuse, la radne étant ragal, négocier*

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