‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation;Chapitre 43 sur 158 · DU PREMIER MONDE · texte numérisé non relu

DU PREMIER MONDE

Les mariages des fils des dieux avec les filles des hom- 3S ont laissé peu de traces dans le souvenir des nations, ms ne citons qu'avec hésitation la Hervarra Saga des andinaves, qui parle de certains mariages extraordiires« qui ont eu lieu avant le Déluge, entre les Géants jd>stitués aux Sethites) et les filles de Mannaheim ou de demeure des hommes.

Au reste, ces filles des hommes, dont la Genèse fait condtre l'existence et non les titres de gloire, ont peut-être é amenées par des circonstances inconnues à s'illustrer ur leur courage, par leurs exploits militaires, par leurs )mbats contre les hommes. Au moins n'est-ce qu'à elles ae nous pouvons rapporter les confuses traditions des obémes, des Grecs, des Chinois et des Hindous sur une ace antédiluvienne d'Amazones, qu'il ne faut pas confon- Ire avec celles des temps postérieurs au Déluge. De nos ours, encore, si l'on en croyait les traditions populaires lui ont cours dans les pays arrosés par l'Amazone, il existerait des républiques indépendantes de femmes sur les bords du Solimoës*. Au moins est-il certain que plusieurs rois nègres ont pour gardes un nombre plus ou moins grand de femmes armées. Il nous est donc permis de supposer que, déjà avant le Déluge, un certain nombre de femmes, oubliant les vertus de leur sexe, s'étaient revêtues de l'armure du guerrier.

Les Néphilim.

Au milieu des Antédiluviens à la haute stature, se dis- ^Qguaient par leur taille colossale les Néphilim, t héros de grand renom. »

* D« Castelnaa, t. v, p. 72. Guyon, Histoire det Amazones^ t. n^ P' 180 sq.

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Leur nom signifie se jeter sur une proie. Il se retrouve dans celui des plus illustres et des plus anciens héros de la Scandinavie, les Nibelungen.

Mais la même racine sémitique naphal, nabel, tomber^ a produit en grec néphélé , en latin nebula, nijbes, en allemand Nebel, nuée, et les Nibel-ungen semblent ainsi provenir en droite ligne du chaos Nifl-heim. Il n'en ert cependant rien : la parenté n'existe que dans les mots.

La gloire des Néphilim a peut-être été pour beaucoif dans le choix qu'on a fait de Néphélé pour la mèro des Centaures.

La violence et la tyrannie de ces mêmes Néphilin s'est personnifiée dans le roi d'Egypte Ochthoès=Soâ:ounios.

Leur stature gigantesque a été agrandie hors de tonte mesure par la vive imagination des peuples postdiluviens , et l'on distingue dans leurs mythes , à côté des Réphaïm» dont la taille rappelle encore celle de rhomme, de vrais monstres qui déracinent les chênes et jettent dans les airs des montagnes.

Mythes des Néphilim, des Élohim et des Adamiens,

Ces trois classes d'hommes ont subi , dans l'imagutttion des peuples, les altérations les plus diverses.

En Egypte, l'histoire antédiluvienne, dépouillée de tout ce qu'elle a d'étrange , devient la première partie des annales de l'Egypte : les grandes inventions de Setb et des Lémécides sont attribuées à des dieux ; les Néphi* lim sont des démons qui accompagnent Typhon, et ils perdent leur forme humaine soit à demi , soit complètement pour revêtir celle du Serpent ou de Satan ; les Ûo* him disparaissent ; les Sethites et les Caïnites se confondent, et les temps antédiluviens sont remplis par des

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listes soit de neuf, soit de dix-neuf rois, selon le nombre les neuf célébrités caïnites et celui des dix patriarches se- Mtes. Les habitants de TÉgyple, dans cette période mylique, sont des soi-disant Éthiopiens, d'après Hérodote. Ces Éthiopiens ou Antédiluviens sont ceux que visitent fréquemment les dieux d'Homère, ceux qu'on voit Hnts sur la coupe que Némésis tient d'une main tandis l'elle a dans l'autre une branche du pommier du Paras, ceux à qui Lucien attribue la découverte de l'astro- »mie, ceux qui habitaient l'île des Phlégyens, qui a disru dans les flots. Ils sont les Hyperboréens du sud et ! l'est , comme les Hyperboréens mythiques et aiitédiviens sont les Éthiopiens du nord et de l'ouest. La Chine place de même, avant le Déluge, des Miaoi, qui sont ses ennemis depuis la plus haute antiquité, qu'elle se plaît à charger de tous les crimes des Caïtes. Ici, comme en Egypte, les Néphilim sont métamorlosés en de génies malfaisants qui entourent Tchi- H>u= Typhon. Ces génies sont au nombre soit de neuf, »mme les neuf Caïnites de la Genèse, soit de 9x9, ou 1, qui est le chiflre du mal multiplié par lui-même, soit î 8x9, ou 72, et ce dernier nombre est précisément ilui des conjurés de Typhon. D'ailleurs, l'histoire des itriarches bibliques changés en empereurs chinois est élée de plusieurs fables qui ne déparent pas le preier livre de Manéthon.

Le Rig-Véda a, comme la Genèse, ses Déwas, ses homes et ses Asouras. Seulement on dirait que ces derers sont de mauvais anges qui n'ont rien de commun rec l'homme. Mais, compagnons du Serpent comme les lauvais génies de la Chine et de l'Inde, ils sont, comme m, des Néphilim déguisés, et c'est aussi ce que prouve i cosmogonie contenue dans le premier livre des Lois tUanou.

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Zoroastre parait avoir négligé les traditions at viennes pour développer les dogmes et détermine morale.

£n Phénicie, les Néphiiim ont gardé à demi leui tère historique et humain, tout en devenant, sem des génies des montagnes.

Les Scandinaves distinguaient les Ases, les Vai Géants et les Nains. Chacun de ces quatre myt formé d'un triple élément : la tradition antédiluvi humanitaire , les événements de la primitive hist* tionale, et le travail d'une imagination puissante (\ lise toutes choses selon les lois de l'analogie. A Ases sont proprement les Forts^ la race (kenaz, des forts (^az), les Askénazites, descendants de G aïeux des Scandinaves. Mais leur postérité a vu les héritiers de la piété, de la sagesse, de la pi des Sethites, les Élohim, les Déwas, les dieux ; a identifiés et confondus avec ses théothées et s siothées, et les Ases sont ainsi devenus les objets culte. Les Yanes ont peut-être été un peuple coi rain des Askénasites, rival, ennemi d'abord, puis s quel ils auront emprunté une partie de leurs diei ces Vanes passaient pour être les héritiers et les re tants, dans le monde actuel, des antiques Caïnit particulier des voluptueux et industrieux ^ Lén Les Géants partagent, avec les Vanes et les hom sur&ce de la terre ; et Ton croit reconnaître en < race d'une grande force physique qui , tels que philim *, aurait fait de fréquentes invasions sur k des Scandinaves. Mais il est hors de tout doute

1 Heimdall est sage comme un des Vanes, est-il dit Thrymskvidha, st. 17.

s La Bible a aosti ses Néphiiim d'avant le Déluge et ses d'après : Gen. vi, 4, et Nomb. xiii, 33.

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îants ont habité le premier inonde, puisque c'est leur Dg qui a inondé la terre lors du Déluge, et ces mêmes iants sont les génies de la gelée^ des glaciers et de Thir, contre lesquels Thor soutient chaque printemps du ides combats avec son marteau. Enfin, les Nains sont ut à la fois les Finnois, habiles ouvriers en métallure, les Mineurs de Tubalcaïn, et les Êtres invisibles qui vent dans les cavernes et les sombres entrailles de la rre.

En Grèce, où plusieurs religions se sont mêlées, la race ►lossale des Antédiluviens est représentée par les Titans is Orphiques et par les Géants. Ces derniers se sont imsformés, dans les traditions, en monstres anguipèdes en démons, entassant, comme les Asouras, montagnes ir montagnes, pour escalader TOlympe. Les plus célèbres entre eux sont les deux Aloides, Otus et Éphialtès. Les itans, qui ont toujours la forme humaine , et qui sont ntôt une troupe fort peu nombreuse de dieux anciens, ntôt de vraies phalanges de guerriers gigantesques, at attaqué Zeus après le Déluge. Mais l'antiquité greciie n'était point d'accord avec elle-même sur ces comits des Titans et des Géants contre l'Olympe, et les ré- )lutions de la nature s'y confondent avec celles des iltes qui se sont succédé dans cette contrée.

IL Profonde corruption.

La Genèse nous fait connaître les progrès de la coruption dans les derniers temps du monde antédiluvien, n appelant notre attention , d'abord , sur les passions oupables des fils des Élohim, ensuite, sur les exactions ^ Néphilim, et enfin, sur l'entière corruption de toute ^v. Ce tableau se complète par les traditions profanes.

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Plusieurs auteurs ont conclu de la défense feite à Noè de manger la chair avec le sang, qu'avant le Déluge il y avait déjà des anthropophages. Eusèbe était de cet avis. Le livre d'Hénoc rapporte que les géants antédiluvien* se livrèrent à un tel appétit pour la chair humaine, que les hommes, désolés, crièrent à Dieu, qui envoya quatre anges pour voir les crimes de la terre. Ces géants, dont la faim était proportionnée à la taille, après avoir consommé le fruit du travail des hommes, les mangèrent â leur tour et finirent par se dévorer les uns les autres. Dans Ovide, le cannibale Lycaon est antérieur au Déluge. Ce dernier mythe s'est peut-être reproduit dans celui de Pélops et dans celui d'Atrée. Peut-être aussi le lydien Camblétès appartient-il à cette même période de Thistoire.

A l'anthropophagie s'ajoutait, d'après les écrivains orientaux, une impudicité qui avait rompu toutes les barrières. C'est aussi ce que nous disent, en Phénicie, Memroumos et sa mère, à Rhode les Telchines et leur mère, en Syrie Atergatis que la honte de sa faute ta se jeter dans l'eau, en Egypte les rois Rathourès et Pétéathurès, l'homme d'Hathor ou Vénus, en Scandinavie les Vanes ou le peuple de Vénus.

Les Chinois, les Perses et le livre d'Hénoc insistent spécialement sur le culte des démons et les pratiques de is magie auxquels on se livrait avant le Déluge, et ces traditions concordent trop bien avec nos idées sur l'état psj* chologîque de l'humanité Primitive, pour ne pas trouver créance auprès de nous. Nous avons vu, d'ailleurs, que les Telchines passaient pour des magiciens. U en était de même des Dactyles en Phrygie, d'après Phérécyde, et en Chine la magie des Tao-ssé postdiluviens fait suite à celle du monde antérieur. Sanchoniaton parle de discours nur gigues dans la lutte de Saturne contre le Ciel au tempe de la grande sécheresse.

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.u reste, nous avons déjà vu, par les mythes de Divo- I et de Maire Monan, que Tathéisme prévalait chez les édiluvîens, par ceux de Kururuman, d'Oyot, de Kalio, que rhumauité était, au temps du Déluge, si dévée qu'elle aurait mis à mort Dieu , si Dieu se fût homme, et d'autres mythes diluviens nous apprennt que l'orgueil qui s'élève au-dessus même de Dieu, ible avoir été le trait le plus saillant de l'affreuse cortion qui régnait alors dans le monde.

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