‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation;Chapitre 5 sur 158 · PRIMITIVE · texte numérisé non relu

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gine relativement si récente, que nous pourrions fort bien les passer sous silence. Que peut-on dire, en effet, de divinités telles que celles qui président au culte dans les Védas : Saraswati, la Prière ; Ilâ, le Vase sacré ; Bharati, l'Offrande; Hotra, l'Invocation ; Rita, le Sacrifice ; Soma, la Libation ? Que dire des enfants de la Discorde, dans Hésiode: la Fatigue, la Faim, les Douleurs, les Meurtres, les Batailles, etc. ? Quel intérêt ont même pour nous la Concorde, la Piété, TEspérance, la Foi, auxquelles les Romains avaient cependant érigé des temples ?

Les êtres fictifs, au contraire, qui personnifient Thumanité Primitive ou Tune des portions de son histoire, ont pour nous une extrême importance, aussi bien ceux qui sont des divinités véritables, comme Iduna ou Proserpine, que les simples mortels, Orion, Tantale, Ixion, ou que des Titans tels que Prométhée et ses frères.

Quant aux héros protévangéliques, leurs mythes jettent un tel jour sur les religions comme sur l'histoire du premier monde et de la haute Antiquité, qu'après y avoir consacré ici un chapitre assez détaillé , nous expliquerons au long ceux d'Hercule et de Bacchus dans la suite de cet ouvrage.

D'ailleurs, point de personnages historiques élevés au rang des grands dieux. Ceux qui tels que Seth, Tubalcain, Nahéma , ont reçu les honneurs de l'apothéose, se sont confondus avec les divinités dont ils avaient été icibas les représentants, et se sont pour ainsi dire perdus en elles.

Cependant, depuis le Paradis à la Dispersion , tous les sentiments religieux qui gisent au cœur de l'homme, s'étaient successivement épanouis sous la triple action de Dieu, de la nature et de l'histoire. L'homme avait appris à rechercher et à reconnaître en lui-même l'image du Dieu qui l'avait créé ; il se sentait doué de raison et de li-

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berté, plein d'une vie impérissable, fait pour le bonheur et la joie. Il ne pouvait d'ailleurs se méprendre sur sa complète dépendance de Dieu, et c'était à ses yeux chose juste et raisonnable de rendre un culte d'actions de grâces et de supplications à l'Être tout-puissant qui le comblait de ses bienfaits et qui réglait ses destinées. Il sentait de plus en lui un secret besoin de fortifier sa faiblesse par une certaine participation à la vie divine, et de trouver quelque substance mystique et sacramentelle qui pût, tel que l'arbre de vie du Paradis, lui assurer une éternelle jeunesse. Mais à l'infirmité de la nature humaine s'étaitajoutée la désorganisation du péché: les conséquences successives de la chute, et surtout le Déluge, ouvrirent les yeux à l'homme sur la gravité du mal moral, sur la sainteté de la loi et la culpabilité de qui la transgresse, sur la redoutable justice de Dieu et la nécessite de l'apaiser par le sacrifice. Toutefois , l'homme n'oubliait point la promesse d'un sauveur faite à Adam ; elle était sa grande consolation et l'objet de ses plus chères espérances.

Nous devrions, semble-t-il, traiter séparément cet élément subjectif de la religion Primitive. Mais ce que la spéculation isole est dans la vie réelle intimement uni, et dans le cas présent nous sommes d'autant moins disposé à séparer des dogmes les sentiments religieux, que nous pouvons indiquer successivement de quels dogmes nouveaux tel événement historique enrichissait la religion du premier monde, et quels nouveaux sentiments ce même fait développait dans le cœur de l'homme.

Des quatre livres consacrés à déterminer ce que l'histoire a fourni de croyances au peuple Primitif et à la haute Antiquité, le premier aura pour objet le Paradis, le second les temps antédiluviens, le troisième le Déluge, le dernier les temps qui se sont écoulés de ce cataclysme à la Dispersion.

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