‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation;Chapitre 68 sur 158 · III. Renaissance · texte numérisé non relu

III. Renaissance

Abeilles. Si l'abeille symbolise la renaissance de la nature après le Déluge, c'est que l'Arche, nous l'avons vu, est la ruche dont est sorti l'essaim qui a peuplé la terre renouvelée, et que cet insecte semble dans ses métamorphoses périr sous une forme et renaître sous une autre. Peut-être même, l'abeille n'a-t-elle été créée qu'à l'époque du Déluge, ainsi que la plupart des autres insectes.

Un des Glaucus se noie dans un tonneau de miel, c'est-à-dire périt dans les flots du Déluge, mais pour renaître ; et aussi recouvre-t-il la vie par une plante miraculeuse.

Dans le mythe diluvien des pasteui*s des Alpes, ce sont des abeilles qui ferment de leurs rayons la caverne où

ï'on a déposé le corps du jeune berger qui s'est noyé dans

Qn étang de lait, ou de l'homme antédiluvien qui a péri

dî^ns l'excès de son bonheur matériel.

Le plus ancien roi des Cunètes au sud-ouest de la pé-

'^sule Ibérique, Gargoris, qui le premier découvrit l'2j:t

de recueillir le miel, est simplement une pers<)nnification mythique de la palingénésie diluvienne *.

Un des grands héros du Kalévala, Lemminkâinen, qui est un Hercule par les travaux qui lui sont imposés, et qui est, comme Osiris, tué par une trahison, jeté dans le fleuve, mis en pièces, cherché de toute part par une femme (sa mère), retrouvé par elle et recueilli membres après membres, ne revient à la vie que par l'efficace du miel que l'abeille avait été butiner sur le soleil, la lune, les étoiles et jusque dans les celliers du Dieu créateur*.

L'abeille, qu^ symbolise la mort et la renaissance da premier monde, est censée avoir traversé elle-même cette grande catastrophe.

Chez les Grecs, toutes les abeilles d'Aristée ont péri pendant une peste, mais de nouveaux essaims sortent des taureaux et des génisses qu'il a immolés. Aristée est le dieu trh-bon, le dieu suprême du monde Primitif. Les animaux égorgés sont les emblèmes du monde que le Déluge avait comme tué et déchiré, et qui fait sortir de son sein entr 'ouvert une nouvelle race de mouches'.

* Justin, XLiv, 4.

« Rune, XV.

5 La vache ou la génisse du mythe d' Aristée s'ofifre à nous stw le même sens dans un symbole remarquable des Hindous. Le strpent a une tête de lion à cornes de taureau, dans la gueule oaverte duquel est une vache, et devant celle-ci se tiennent des abeilles qoi partent d'elle. Ce qui signifie que l'Éternel ( le serpent) s'est fût lumière (le lion), et, par sa force de production (le taureau), a &»< apparaître la terre (la vache), qui a subi une destruction et une renaissance (les abeilles). (Muller, Foi,, sciences et arts des and»» Hindous ^ fig. 12, en allem.) — Mais, me dira-t-on, vous deTCf» d'après votre méthode, confesser que l'essaim de miel dans lagneole du lion qu'avait tué Samson, signifie la renaissance du monde psf 7a puhsance de la lumière, et comparer Samson déchirant le lion* Mithras immolant le taureau Kbou^^, — ks»\^Vi ^^Y^ndrai q""'

les Circassiens, le dieu du tonnerre s'étant irrité les abeilles, Mérimé, la mère de Dieu (une Grandeue put les protéger, et elles périrent toutes, sauf le qui s'était cachée dans sa manche, et de qui nies toutes celles qui existent maintenant, ée a une fille , la nymphe Macris, qui nourrit de élève Bacchus enfant, Bacchus qui naît au milieu dres du Déluge. De même, dans Tile de Glaucus, li préside aux temps postdiiuviens, a été nourri i première enfance par des abeilles, ou a grandi période palingonésiaque de la terre, ^rpine, que le Déluge a entraînée dans les enfers, prétresse des Abeilles. Gérés, sa mère, qui préfé- )ut autre victime le verrat et la laie, et à qui Ton ussi du miel, avait eu une pi*étresse du nom d'A- [ui fut mise en pièces par des femmes pour n'avoir lu leur révéler les mystères de la déesse, et dont i produisit des abeilles.

et Proserpine étaient adorées par les Celtes de la Bretagne, et cette île est désignée, dans leur lanétaphorique, sous le nom dHle du miel.

lythes des abeilles nous donnent [rhistoire de la ie chez les Grecs, de la poésie chez les Scandi-

la méthode du mythologue et autre celle de l'historien, core celles des poètes, des philosophes, des naturalistes, etc. pent-aheille des Hindous est un symbole, recherchons les ils ont revêtues du manteau des emblèmes, et si l'histoire m est authentique, étudions sa vie comme nous disons lapoléon. Que si vous faites de Samson un mythe parce que trois événements de sa vie peuvent, à la rigueur, se traiter Déthode usitée en mythologie, je ferai immédiatement la •ération sur Napoléon, que je transformerai en un dieu

Le temple de Delphes, construit par des abeilles, et qu'Apollon envoya dans le pays des Hyperboréens, slgaiiîe qu'au temps de la destruction et de la renaissance du monde (au temps des abeilles) , le don de prophétie (le temple du dieu fatidique) existait déjà parmi les hommes, mais que cette primitive prophétie, qui était celle des Sethites, a disparu de la terre par la volonté de Dieu (d'Apollon), et que pour la retrouver il faudrait se rendre, si possible, chez les Antédiluviens (les Hyperboréens) ^

Dans l'Edda , nous l'avons déjà dit, la poésie profime naît , sous le nom de Quasur, de la fusion de la sagesse des Ases=Sethites avec celle des Yanes^Caïnites. Quasur est égorgé par deux nains, qui mêlent son sang avec du miel, et préparent ainsi une boisson d'une vertu si merveilleuse que nul n'en buvait sans devenir poète. Ce qui signifie que de la sagesse du premier monde qui a péri dans le Déluge, est sortie la poésie postdiluvienne, qui était formée de deux éléments : le sang , ou l'insoodable douleur qu'a produite chez les Noachides l'anéantissement de l'humanité Primitive, et le miel, ou les sentiments tout aussi profonds de crainte et de joie que faisait naître la renaissance du monde. Cette boisson des poètes a passé des mains des deux nains, par le meurtre d'un géant (l'Antédiluvien), entre celles de son fils (le géant postdiluvien), à qui Ta dérobée Odin (le dieu des temps historiques).

Le miel de la poésie Scandinave ne nous explique-t-0 point les abeilles d'Apollon et des Muses , qui marqueraient ainsi non pas tant la douceur (meli) des chantt

* Quand le Scholiaste de Pindare explique les abeilles de Delphff par des prêtres de Déméter qui les premiers euseignèreut aux hommes à cultiver la terre, il ne fait pas complètement erreor; car la renaissance de Tagriculture a suivi de près le Déluge ou h Dispersion,

MELOS) des poètes, que Torigine de la poésie grecque au emps de la palingénésie du monde?

Le miel de l'abeille, signifiant renaissance, symbolise I la fois la vie et la mort. Toute vie procède, d'après la Jiéologie de l'Antiquité, de l'eau, des eaux du chaos, qui iont les mêmes que celles du Déluge. L'eau a pour gariienne la lune, qui préside spécialement à la génération, et la lune, à ce titre-là, dît Porphyre, était appelée abeille. Ce symbole lui convient parfaitement, s'il est vrai que l'Antiquité entière inclinait à voir dans toute génération me renaissance, un acie par lequel l'âme se métamorphose, et meurt à une première existence pour faire son entrée dans une existence nouvelle.

La déesse lunaire de la nature entière , la Diane d'Éphèse, comptait l'abeille parmi ses attributs, et ses prétresses portaient le nom d'abeilles.

Les grandes déesses de la nature président aux accouchements. Dans les couches difficiles, on invoquait Diane sons la désignation d'Abeille, et chez les Hindous, comme chez les Lithuaniens , on oint de miel l'épouse soit à la bouche soit ailleurs.

Mais si la vie est une mort, la mort est une vie. C'était donc dans le vif sentiment de l'immortalité que les Babyloniens et les Assyriens mettaient leurs morts dans du miel, que les Perses enduisaient les leurs de cire , que les Scythes oignaient de la même substance le corps de leurs rois.

C'était la même foi qui présidait, chez les Grecs, à leurs werifices funèbres où l'on offrait le miel de la palingé nésieà Pluton, le dieu des morts. Aujourd'hui encore, ^^ Russes déposent auprès du tombeau un mets dans ^uel entre le miel, et les Ësthoniens un vase d'argile plein d'une boisson miellée.

Cependant chaque hiver et chaque printemps ycçvo- T. u. \0*

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