‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation;Chapitre 88 sur 158 · II. La TEMPÉRATURE ABAISSÉE · texte numérisé non relu

II. La TEMPÉRATURE ABAISSÉE

Le Kalévala parle de dix ans de nuit pendant lesquels le soleil, la lune, ni les étoiles, n'avaient paru. Ce chiffre de dix est symbolique, et quelle qu'ait été la durée réelle de cette espèce de nuit, la terre en avait assez souffert pour que le souvenir en soit resté profondément gravé dans Fesprit des peuples. En Perse, s'il n'est pas question des astres voilés par d'impénétrables nuages, on sait du moins que la neige est plus jeune que l'hoinme, et qu'il s'est opéré un grand et triste changement dans le climat au temps de Dchemcbid ou Yima, qui est un des représentants de la période postdiluvienne.

t Yima a reçu d'Ormuzd l'ordre d'élargir les mondes et de les rendre fertiles. 11 n'y avait encore ni vent froid, ni chaleur ardente, ni dissolution (des corps), ni mort. Le premier royaume est bientôt trop petit pour le nombre toujours croissant d'hommes, de bestiaux, d'oiseaux. Le second, le troisième, ne suffisent pas davantage. Cependant Yima et les hommes saints vivaient dans le commerce habituel d'Ormuzd et des Izeds. Alors le dieu dit à Yima : « Les maux de l'hiver voudraient venir dans « le monde doué de corps (d'êtres vivants) ; aussi naît-il « (se prépare-t-il ) un hiver violent, destructeur. Les « maux de l'hiver voudraient venir dans le monde doué de « corps ; aussi la neige va-t-elle tomber en grande abon- « dance sur les sommets des montagnes, sur les larges « collines. Que le bétail, ô Yima, s'éloigne donc de trois « endroits : des places les plus fertiles (les larges coi- « lines?), des sommets des montagnes, du fond de» valc lées; (qu'il aille) vers les demeures sûres (où la jï&s^ f ne l'atteindra pas). kvîiTii çi^\.\vvs«AàL (5^511 va venir) la

POSTDILUVIENNES. 2^1

< contrée a produit des pâturages. (Mais le voilà qui est € arrivé et déjà) coulent devant nous les eaux ; derrière

< fond la neige. Des nuages (chargés de neige) vont venir € vers le lieu doué de corps, qui voit maintenant les € pieds du grand et du petit bétail (le fouler, et dont la € neige va chasser les troupeaux). ' > Ce passage en explique un autre, qui dit « qu'après qu'Ormuzd eut créé le premier des pays, TAiryana-Vaédja de la création pure (ou le pays d'Eden en Médie et en Arménie), Ahriman, plein de mort, y créa une opposition : la grande couleuwe, et rhiver que les Dews ont créé. Il y a là dix mois d'hiver, deux mois d'été, et ceux-ci sont froids pour Teau, froids pour la terre, froids pour les arbres. Puis (après ces deux mois d'été) au milieu de la terre, au cœur de la terre (dans ce pays mythique d'Airyana- Taédja) arrive l'hiver, et alore arrivent aussi la plupart des maux'.»

D'accord avec leurs frères de l'Iran,' les Indiens disent que le feu actuel n'est que la quinzième partie du feu de la précédente période, et qu'il a fait pénitence pour tous ses ravages '.

Page 1