‹ Le peuple siamois ou ThaïChapitre 5 sur 23 · LE SOL ET LA NATCRÈ · texte numérisé non relu

LE SOL ET LA NATCRÈ

npuvi? , auquel les campagnes doivcnl en grande partie leur ferliiilé, semblable au Nil, inonde et submerge la plaine tous les ans à des époques déterminées: au mois de juin, les eaux commencent à prendre une couleur rougeàtre empruntée au limon du sol qu'elles entraînent dans leur impétuosité; et bientôt elles s'accroissent jusqu'fi ce qu'enfin, vers les derniers jours du mois d'août, elles débordent dans la plaine à ce momonl sillonnée d'innombrables petites embarcations qui vout et viennent en tous sens, <• C'est un spectacle bien agréable, dit Turpin, qu'une étendue de dix lieues qui offre en ra^me temps l'image d'une mer et celle d'nne campagne couronnée d'épis. On ne volt de terrains secs que quelques terrasses de distance en distance, sur lesquelles sont bdtis de grands temples d'idoles. Les épis, qui s'élèvent sur la superficie des eaus, s'abaissent avec docilité sous les barques et se relèvent sans avoir été endommagés. "

Facilement navigable dans presque toute sa longueur, le Mënam est la seule voie de communication par laquelle peut se faire actuellement le commercr intérieur et mi^me celui du Siam avec le sud de la CtLia.e.lia.

capitale du rcAieng-maï,Y\i'(v ^^s Y^vwàv^.'Kss^

10 ETHNOOHAPHIE DU SfAM

Etats tributaires du royaume de Siam, est située sur un des affluents de ce lleuve, La barre seule présente des difficultés à la navig'alion : à marée haute, elle offre tout au plus iiiie profondeur de douze pieds d'eau, ce qui force les navires à la passer avant de compléter leur chargement. Il faudrait de grands travaux pour remédier h cet obstacle qui est de nature à nuire au commerce étranger avec l'intérieur du Siam.

Bangkok, dont le nom signifie « le Village des OlivÎLTs Sauvages », et qu'on appelle aussi Kroung thep Maha-nakhon n la grande ville des bous génies », est la capitale du royaume et le siège du gouvernement. Do construction récente, elle renferme plus de 400,000 habitants, dont une forte partie est de provenance étrangère : les Chinois seuls forment à peu près la moitié de la population.

Le palais du Roi suprême, bâti sur les rives du fleuve Më-nam, est renfermé dans une enceinte de hautes murailles. Il est orné de nombreuses sculptures se terminant par des llèches élevées, pour la plupart resplendissantes de l'or dont on les a recouvertes, Lee parties inférieures des biliments ne sont pas mo'ms remarquables, grâce aux riches peinfures pour lesquelles, les màvgeïi.ea oiA lavv

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IgG de toutes les ressources de leur

1 maisons des particuliers, communéde bois, sont élevées sur des piliers, en

e des inondations. Il y en a aussi de bâties es, et ce sont les plus recherchées, ipar cela seul qu'elles sont moins exposées aux incendies qui ravagent fréquemment des centaiues d'habitations en un jour. Les demeures des pauvres sont construites en bambou et couvertes de feuilles de palmier; elles sont toujours entourées de jardins et disséminées çà et là sans ordre bien arrêté.

Les voies les plus fréquentées dans la ville sont le fleuve et les canaux : ils sont sans cesse sillonnés de jonques aux formes aussi bizarres que variées. Un certain nombre d'entre elles sont alignées de chaque côté du courant et remplies de marchandises, de telle sorte qu'elles forment un long bazar où les habilauls viennent acheter les articles nécessaires à leurs besoins.

Au nord de Bangkok, se trouve la nouvelle ville de Voul/iia elles ruines de l'auliqueciLé qui portait ce nom. Celte ville grandit de jour en jour : elle est peuplée d'indigènes pl d'émigrés Chinois c\. NVa-W-j-b. \iwîis. <:.*■■!derniers [cmpa, elle <ss\. ÔLeNauM-c \». cwe^^^^

13 £THKOGRAFHI£ DU SIAM

d'un trafic qui ne manque pas d'une certaine imporlance.

Après ies deux villes qui viennent d'èlre mentionnées, la plus importante pour le commerce européen, est Chantaboun ou Chantaboiiri, sur le golfedeSîam. Sa population est un mélange de Siamois, de Chinois et d'Annamites ou Cochinchinois. Les cultures des environs, et celles de toute la province, sont des plus norissantes. Elles fournissent en abondance du tabac, du sucre, du poivre, du riz, des patates, des ignames, des fruits tels que des cocos, des annandes nommées AeAoA, des noix d'arec, des dourions, des mangues, des cardamomes, etc.

§ 2. — Productions du i-avs.

De tous les animaux que l'on rencontre au Siam, l'éléphant est \m plus célèbre : il atteint assez souvent la hauteur de onze à douze pieds çt parfois il en dépasse treize. Les éléphants blancs sont très estimés, cl, dans ces derniers siècles, on pratiquait à leur égard des cérémonies analogues à celles des Égyptiens pour }b bœaî Apis. A peine \a ■nouNcWa 4%

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la découverle d'un éléphant blanc parvenaitelle aux oreilles royales que Sa Majesté Thaï ordonnait de lui ouvrir une route d'honneur au travers des forêts, jusqu'à la plus proche rivière qui communiquât avec le Më-nam. Là, il était reçu par des mandarins de rang élevé, installé dans une rieho jonque bigarrée de couleurs brillantes rehaussées d'or et d'argent; puis, escorté de cinquante à soixaute barques garnies de ranicurs et de musiciens, il entrait triomphalement dans la capitale où il était reçu parle Roi qui lui conférait alors un nom pompeux et le titre de mandarin de premier ordre.

Les chevaux sont très rares au Siam. En revanche, on y rencontre beaucoup de singes, d'orang-outans, d'écureuils, de chiens, de cerfs, de daims, de chevreuils, d'élans, de gazelles, des tigres, des rhinocéros, des cochons, des sangliers, des porcs-épics, des lièvi'cs, des chais et des rats.

Au nombre des oiseaux, il faut citer le paon, le coq et la poule sauvages, les perroquets de toutes sortes, le petit aigle, le vautour, l'ibis, le pélican, le corbeau, la chouette, la chauve-souris, le merle, le karien, oiseau aquatique dont la hauteur dépasse celles de J'homme, l'oie, les çoviVes Ô!ft8.uA''^'i%».'î'i.'^'*^^ ^

Ai ETBNOtJBAPniE DU SIAM '

les alcyous d'uu blou éclatant, et plusieurs espèces de colibris an plumage décoré des plus vives couleurs.

Les crocodiles se montrent fréquemment dans les rivières; il en est qui atteignent jusqu'à vingt-cinq pieds de long. Parmi les autres reptiles, il faut mentionner les caméléons, les lézards ailés ou dragons, le boa et diverses espèces de serpents, de vipères et do grenouilles.

Les insectes sont une véritable calamité au Siam: leur multitude infeste tous les lieux.

Aussi les maisons (celles du peuple surtout), dans lesquelles ils séjournent pour faire leurs dégâts, sont-elles généralement inhabitables pour les étrangers.

Les rivières du pays sont d'ordinaire très poissonneuses, et leurs produits assurent aux habitants une source inépuisable d'alimentation.

La Uore du royaume de Siam est extrêmement variée. Les chaleurs tropicales de ce pays y font naître la plus riche et la plus vigoureuse végétation; et le sol se couvre, à peu près sans culture, de tout ce que les indigènes ont besoin pour leur subsistance.

Les fruits et les légumes y sont à très bon marcbé, Lo viz est fort commuu eV a'y Neai^».

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