CHAPITRE II
EthDogénle.
g 1" - Données relatives a la popuhtion
ABOIllGËXE DU SlAM.
On rapporte, dans les annales du pays, que la civilisalion fut introduite par des religieux de l'Inde cis-gangé tique sur le territoire du royaume de Siam, où ils vinrent s'établir et enseigner les préceptes de leur religion, une cinquantaine d'années avant le début de l'ère chrétienne. Ces missionnaires du brahmanisme étaient très probablement peu nombreux, et rien n'autorise à croire qu'ils aient amené à leur suite une grande émigration hindoue. Leur influence sur l'esprit des aborigènes dut être considérable au point de vue de l'étal moral el intellectuel; mais elle fut très probablement insignifiante en ce qui concerne les modilicalions ethniques qui peuvenlrésulterdu métissage. Et comme l'histoire ne nous çatVe ^o\ftV Ka.\sNxe^^ ^^X. graillons indienuea a ceséçoîv^e'-'î^^'^^-^'*'"'"'
18 ETIlSOGRAPHrE DU SFAM
y a loul lieu de croire que la nation thaï s'est constituée avec des éléments étrangers au grand courant du inonde aryen.
Les missionnaires hindous trouvèrent le pays occupé par des tribus aborigènes qui les reçurent avec empressement et construisirent bientôt sous leur direction les premières villes du royaume de Siam : Sangkhâlok, Haripmitchai, Kamphôtcha-nakhan et Petchabrtn .
Quels pouvaient être ces autochtones?
Les anciens chroniqueurs nous fournissent bien les indications nécessaires pour dresser la généalogie réelle ou supposée des princes qui ont régné sur leur pays, mais ils sont absolument muets sur les éléments conslitulifs de leur nation. II faut donc se résoudre à chercher, dans le contingent actuel de la population indigène, ce qui peut rester de traces des premiers ancêtres des Siamois.
Les régions montagneuses et difficilement accessibles du haut Siam, les versants des montagnes qui séparent ce pays de l'Annam à l'est, de la Chine au nord et de la Barmanio à l'ouest, sont occupés par des tribus en grande partie belliqueuses et indépendantes qui présentent entre elles, au dire des voyaffeurs, aae grande ressemblance extérieure, ojaj's qui paiieni. des langues qvîOïi.TLa.'Ç^'i
Score pu réunir en un même groupe. Parmi ces tribus, il en est deux surtout qui apparaisspnt fréqucmmenl dans le commerce des Siamois, et dont l'importance numérique a frappé depuis long'temps l'altenlion des Européens. Ce sont les Kariemj el les Loo.
Suivant l'évéque PaUegoix, les Karieng seraient les habilanls primitifs du Siam, iMallieureusemenl, le savant prêtai oublie de nous faire connaître les motifs qui l'ont amené à formuler cette doctrine etlinogénîque, qu'ii énonce d'ailleurs de la façon la plus affirmative; et, un peu plus loin, il nous rapporte que ces aborigènes, refoulés par les conquérants Siamois, leur auraient cédé le pays et se seraient réfugiés dans les montagnes de l'est et de l'ouesl, où on les rencontre encore aujourd'hui. Mais alors que faut-il entendre par ces mots « les conquérants Siamois? •> Il est asseK probable qu'u ne partie de la population autochtone avait consenli à accepter le joug du dominateur u venu de l'Inde », et que cette partie , transformée avec le temps en peuple siamois, se chargea de détruire l'autre partie, ou tout au moins de l'obliger à quitter te territoire de la nouvelle monarchie et à aller se réfugier dans ka TîHi\ï.\a?,-B.t^^^VûKs-"^ au-delà, de ses fi-oall^c&a. ^
ETHNOGRAPHIE OC SIAM
Iln'est même pas nécessaire, pour accepter cette théorifi cthnogénique, de supposer une lutte des Kariengs entre eux, A côté de ces indigènes, existait dès la haute antiquité une foule d'autres peuplades avec lesquelles ils entretenaient probablement une lutte de tribu k tribu, comme nous en voyons de continuels oxemples partout où vivent des populations sauvages. On retrouve d'ailleurs des traces de ces peuplades peu ou point civilisées dans toute la région des montagnes située au nord et à l'est du royaume de Siara,et elles ont su y conserver une véritable indépendance, bienquelapluparl d'entre elles aient à diverses ^^^ reprises reconnu les droits de souveraineté ^^^L des États au milieu desquels elles sont en- ^^^K clavées.
^^^ Par la suite des temps, il s'est opéré au 1 Siam de fréquents mélanges avec les popula-
I tiens voisines, et le peuple Thaï actuel peut
j^H^ être considéré comme le résultat de toutes ^^B- sortes de métissages. Les Chinois, les Cam- ^^P bodgiens, les Annamites, les Lao, les Barli mans, les Pégouans et les Malays paraissent
I être les peuples dont le sang s'est le plus fu-
I sîonné avec celui des Siamois ; mais ils ne sont
/5a.s /es 5(7u/5 é/éments ethniques (\\iîont contri- I Auéà leur formation. Les Jaçona\se\K.-mfemeï,
entrelenaient jadis des relalîuns suivies avec le Siam, et formaient, dit-on, un contingent d'une certaine importance dans son armée royale. Plusieurs familles de Bangkok passent pour avoir compté des insulaires du Nippon parmi leurs ancêtres.
S 2. — A.\T10lilTKS,
ILe royaume de Siam n'est guère connu ue dans la partie voisine de la capitale aclelle ; les rares voyageurs qui en ont exloré la partie septentrionale ont fait peu de îcherches au point de vue des anliquilés. Los lines de la ville désignée par les Européens Sus le nom de Julhia sont très intéressantes, >ion seulement au poltil de vue de l'art, mais encore pour Fetlinographie proprement dite.
Je les considère comme l'œuvre de l'ancienne population du Foii-nnn, à laquelle on doit les étonnants monuments de l'arl Khmer, dont on a retrouvé de si mrrveilleus restes sur le territoire actuel du Cambodge. Parmi les débris des anciens palais de .lulhia, on découvre encore des statues gigantesques dont quelques-unes ne mesureut ^as. «vwsn.'ï. ^'a dix-huh k vingt mUres àe \\a,-ùV. Ça^^v^*--*»^
33 ETnWOGRApniE DÛ SUM
conslruîlC'S en briques, sonlrecouvertes d'un revêtement li'airain d'une épaisseur d'environ un pouce. L'une d'elles, suivant les annales indigènes, aurait été fondue avec un mélange de vingt-cinq mille livres de cuivre, deux mille livres d'argent et quatre cents livres d'or. A une lieue au nord de la ville, s'élève une pyramide carrée d'environ cent trente mètres de hauteur et qui renferme une grande statue dorée du Bouddha.
Les ruines de Jutljianesont cependant pas
Stouim bouddhique.
les plus anciennes qu'on puisse étudier au Siam : elies ne remontent guère qu'au xiv* siècle. Celles de Satchanalai et Ae\p\Qîl\e\w's<
autres vieilles 'villes du^Nord dalenl d'u époque plus reculée; et il y a loul lieu de penser que des inveslîgations dans le royaume de Tchieng-maï, tributaire do la cour du Bangkok, amèneraient à des découvertes d'uid intérêt e<£ceptionnel pour la counaissaucd dos origines siamoises.
On n'a point encore fait de recherches su les âges prchiatoriquos du Siam; mais oi prétend que dans la région du iVord, au seii des pays montagneux et notamment dans le royaume de Tchieng-maï, les armes do pierre éclatée étaient en usago jusqu'à la fin du .
siècle dernier. Aujourd'hui, le siiex parait! avoir tout â fait disparu. Il y a là néanmoins] une question qui n'a pas encore été étudiée!
d'une façon scientifique et qui nous réserve! peut-èlro des révélations intéressantes.
ETHNOGRAPHIE DO S