SCENE IX LE PRINCE, LIGNIÈRES
LE PRINCE
Ah ! quel joli moment de Paris que le mois de mai ! J'arrive d'une exposition à Bagatelle.
LIGNIÈRES Vous portez la joie en vous ! et sur vous !
LE PRINCE
Ma foi, oui! Je ne le dois qu'à ma fiancée ! Espérons que la femme continuera ce bienfait.
LIGNIÈRES Soyez-en sûr ! Vous avez raison d'épouser crânement cette jeune fille destinée à tous les bonheurs.
LE PRINCE Crânement, vous dites juste ! Car il se mêle à ce bonheur le sentiment de joie que Ton éprouve toujours quand on fait une niche à ceux qui vous agacent.
LIGNIÈRES C'est-à-dire?
LE PHALENE lH
LE PRLXCE
Si VOUS connaissiez la véhémence avec laquelle, en Italie, ce mariage est accueilli ! J'entends d'ici les cris de paon de ma famille. Toute l'aristocratie romaine vitupère... On me prédit les pires catastrophes. Vous n'avez pas idée, en France, de ce qu'est la cour romaine... Je suis neveu de cardinal !
LIGMÈRES
Oui, je sais.
LE PRLNCE Eh hien, le cardinalito est en train de se faire zitti {il siffle) comme une mauvaise pièce de théâtre. Mais tout cela n'est que réjouissant ; je respecte et j'adore ma fiancée. Elle vaut tous ces petits sacrifices d'amour-propre. Je suis un homme radieux et décidé à être heureux avec la dernière dos impertinences !
LIGMÈRES Vous serez comblé.
THYR.\, rentre avec une tasse à la luuin.
Voici ce*.te ridicule chose.
Elle donne la tasse au prince.
LE PRINCE
Merci...
THVUV, à Lignièrcs.
Pourquoi ètes-vous resté le dernier? Vous n a\ z rien dit, je i)ense !
Pour qui me prenez-vous ? Attendrai-je le coup de
téléphone?
THYRA
Attendez !... mais rien n'est moins certain.