‹ Le phalèneChapitre 34 sur 42 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

A Paris. La scène représente la salle à manger des de Marliew. Un grand dallage blanc, colonnes bleues, donnant sur une galerie. La salle à manger n'est séparée de cette galerie que par une large tapisserie noir et or qui glisse à l'antique, entre les colonnes bleues. Quand la tapisserie est tirée on voit la galerie jaune safran, avec sa fontaine et des orangers en caisses. A gauche une grande grille vénitienne, comme une grille de chapelle, sépare la salle à manger d'une sorte d'oratoire assez sombre où brûlent deux lampes de mosquée de couleur pourpre. De l'autre côté, à droite, une vasque, surmontant des dalles plates. Au milieu de la scène, la grande table de salle à manger, disposée comme celle de la scène de Léonard de Vinci : les convives sont vus face au public et de profil. L'espace libre compris entre les deux cotés de la table est rempli par une sorte de divan bas, tout d'argent, sur lequel Thyra a l'habitude de s'étendre après dîner. La table est recouverte d'une nappe violet et or sur laquelle sont jetées des guipures. Vaisselle d'argeut, hanaps. Tout cela au goût du jour, ultra moderne, avec en plus lui relent greco-byzantin qui sent nettement la métèque. Les convives sont Thyra, Allégra, Lepage, ArUicheff, Ostervvood, le poète Corneau et un jeune Danois d'une vingtaine d'années, M. Austersen. Ils sont assis sur des sièges d.» forme curule, Au centre est une cathèdre vide dominant tous les autres

sièges. Cette cathèdre, inoccupée, est toute parée de fleurs. Dos roses éparscs sont jetées sur le dallage ; des coussins de pieds et des peaux de panthère. A gauche de la table, un grand trépied brùle-parfum. Au fond, dans un coin, une biche en bronze pompéin. Au lever du rideau, les deux domestiques nègres, costumés, et un boy indien, tout de blanc vêtu, deux modèles aussi travestis en esclaves grecs et couronnés de cytises, se mêlent à des maîtres d'hôtel corrects et en habit. Sur les dalles, à droite, au pied de la vasque, les musiciens tchèques font entendre leurs musiques. Près de la grande grille, deux immenses flambeaux de cire jaune allumés. Allégra porte une dalmatique, Thyra une tunique turquoise et corail. Les hommes en habit.

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