Scène
Les mêmes, THYRA
M"* DE Marliew. — Tu es folle de monter ainsi en courant!
Thyra, essouflée, s'assied. ■ — Je voulais couper quelques fleurs d'amandier pour rapporter et mettre
dans les cabines... Ouf!... (Elle parle à la petite esclave
qui tient les branches.) Donne-moi le sécateur.
M"* DE Marliew. — Tu les as laissés en route?
Thyra. — Ils arrivent, ils sont derrière moi... j'ai pris par le sentier le plus court pour parvenir aux amandiers. Ah! j'en peux plus! Sam, mon petit Sam, il est heureux de courir et de se dégourdir un peu... C'est donc ici les tombeaux? C'est joli! C'est impressionnant!
La Comtesse. — Le conducteur nous a expliqué que le point de vue était plus beau sur ce rocher. Allons-y !
Thyra, à la petite Meryem. — Oh ! la jolie branche î Tiens, abaisse-la avec l'ombrelle...
A ce moment, du sentier, on voit apparaître Lignières.
M"* DE Marliew. — Monsieur Lignières ! Ils sont avec vous, je pense?
Lignières. — Ils me suivent à quelques pas.
Thyra. — Vous avez pris le chemin de traverse?
Lignières, à voix basse. — Je me suis échappé comme j'ai pu. Il faut absolument que nous causions, ne fut-ce qu'une minute! Depuis hier soir, j'essaie en vain de vous joindre, on dirait que vous le faites exprès.
Thyra. — Vous allez m'aider à ficeler ces fleurs, le paquet est trop lourd... Meryem est écrasée. (M™* de
Marliew se rapproche de Thyra.) Monte SUr le rOchcr,
mère, je me repose une seconde... tu me diras si cela
vaut la peine. (M"** de Marliew monte et disparait dans les rochers avec la comtesse Stéphanie.) Le temps de souffler. Elle s'est assise. Iva petite esclave se met à ranger, à ses pieds, les fleurs.