‹ Le phénomène de l'agglutination des microbes et ses applications à la pathologie (le sérodiagnostic)Chapitre 18 sur 79 · SW · texte numérisé non relu

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Pendant ces 12 jours, la séro-réaction a été recherchée 5 fois : elle a toujours été négative.

Elle n'apparut qu'au 4® jour de la convalescence pour ne durer que 6 jours et disparaître ensuite d'une façon définitive.

La convalescence fut du reste régulière, le malade le premier jour de son apyrexie, eut une crise urinaire (2 litres 1/2) et sudorale-

A la suite de ces sueurs, toute sa surface cutanée se recouvrit de sudamina qui durèrent k jours.

A part cette éruption, aucune complication ne troubla sa convalescence et le malade put partir pour Vincennes le 28 avril, complètement g-uéri.

La séro-réaction faite plusieurs fois entre le 8 et le 28 avril, fut toujours négative.

« C'est en somme un cas classique de pneumo-typhoïde que nous avons observé chez notre malade et nous ne iious arrêterions pas davantage à cette observation si deux points principaux ne nous semblaient dignes d'être mis en relief: d'une part, le retard de la séro-réaction, d'autre part, la présence du bacille d'Eberth dans le sang retiré du poumon par la ponction ».

« Au point de vue du sérodiagnostic, cette observation a été communiquée à la Société médicale des hôpitaux par M. Achard avec quelques autres cas de sérodiagnostif retardé. Rappelons donc simplement que la ponction de la rate et celle du poumon faites le 10° et le 12° jour de l'apyrexie avaient donné toutes les deux le bacille d'Eberth; la séro-réaction fut négative les 7'^, ii'^, 10'= et 15*^ jour; elle était encore négative le 17" jour alors que le malade devenait apyrétique, et ce ne fut que le 21*^ jour, c'est-àdire le 4'^ jour de l'apyrexie, que la séro-réaction de mouton, d'abord peu intense (i pour 12) devint ensuite plus manifeste (i pour 20 au 12^ jour), puis diminua (i pour 10 le 24^ et le 26^ jour) pour être absolument nulle à partir du aS"^ jour. »

FIEVRE typhoïde CHEZ LE VIEILLARD.

Observation XV.

Fièvre typhoïde chez un sujet de 56 ans, reconnue par le sérodiagnostic. Ponction de la rate. Persistance de la réaction agglutinante [118'^ jour de l'apyrexie).

(Publiée en résumé par M. AGHARD, à la Société médicale des Hôpitaux,

24 juillet 1896).

Besn... Henri, 56 ans, serrurier, entre le 17 juillet 1896, salle Sandras, n° 8 (hôpital Beaujon), dans le service de M. Achard. Il n'a jamais eu la fièvre typhoïde ; la seule maladie dont il se rappelle avoir été atteint est la rouoeole à l'âore de 5 ans. Son affection actuelle a débuté, il y a 6 semaines, par des maux de tête, de la courbature g'énérale et de la diarrhée.

Pendant ces six semaines le malade est soigné chez lui par des purgations, des tisanes, mais continue à se lever tous les jours un peu.

i"] juillet. — Le malade entre à l'hôpital, il répond parfaitement aux questions qu'on lui pose et n'a pas de stupeur. Il a la trémulation des lèvres et surtout de la langue qui est blanchâtre et fendillée, mais pas sèche. Il accuse aussi de violents maux de tête. La température est à 40°. Le pouls est régulier et bon. L'auscultation ne révèle rien d'anormal au cœur. Au poumon, quelques râles sibilants disséminés et fugaces. Le foie est normal. La rate est un peu grosse. Le ventre est souple, non douloureux. Les selles du malade sont liquides, jaunâtres, non fétides. Les urines sont albumineuses.

Cet état dure pendant trois jours, la température atteig'nant lio° le soir pour descendre à 39°2 le matin.

21 juillet. — L'état du malade est sensiblement le même.

Il a la parole et la langue un peu tremblantes, mais n'a pas de prostration puisqu'on le trouve assis près de son lit. La température se maintient élevée. La recherche de la réaction agglutinante donne un résultat positif.

22 JLiillei: T. R., s., Sg^/j ; m., 38''5. — Ce matin le malade a de la prostration, il est somnolent et répond avec peine aux questions qu'on lui pose. Rien d'anormal à l'auscultalion. Pouls régulier. Selles toujours liquides et jaunâtres.

Dosage de l'albumine de l'urine, o,6o centigrammes par litre.

25 juillet. — Adynamie plus prononcée depuis 2 jours. Le malade répond moins facilement. Il dort bien.

26 juillet. — Il n'y a plus de diarrhée. Langue sèche couverte d'enduit noir fuligineux. On trouve deux taches rosées sur le ventre à droite. Rate toujours grosse. Quelques râles sibilants.

27 juillet. — Pas de diarrhée. Langue nettoyée. Urine, demilitre, un gramme d'albumine par litre.

4 août. — Le malade se sent très bien, mais est toujours très affaissé. Il existe toujours un peu de tremblement des lèvres et de la langue qui est blanche et pâteuse, mais humide.

La diarrhée n'a pas reparu et on est même obligé de donner au malade des lavements. Pas de maux de tête. Somnolence pendant presque toute la journée. Uinne, o,5o centigrammes par litre d'albumine.

6 août. — Depuis 2 jours la température est tombée progressivement; ce matin elle atteint la normale. La langue se nettoie tout en restant encore blanchâtre à sa base. Il existe encore du tremblement des lèvres et de la langue, mais peu accentué. La diarrhée ne s'est pas reproduite. Le malade lui-même se sent très bien.

Les urines sont peu abondantes, elles n'atteignent pas un litre et laissent au fond du bocal un dépôt abondant.

9 août. — Le malade est apyrétique depuis 2 jours.

Cinse polyurique. Etat général excellent.

II août. — 0,25 centigrammes d'albumine par litre clans l'urine.

23 août. — I litre 1/2 d'urine claire ambrée, belle couleur.

24 août. — Le malade va de mieux en mieux.

25 août. — Jambes faibles. Le malade se plaint un peu de l'estomac, a eu dans la nuit des sueurs abondantes et de l'insomnie.

Se plaint de picotements et de fourmillements dans la jambe droite.

Tuméfaction de la grosseur d'une noisette sur le bord antérieur du tibia droit. La peau devient rouge. En un point, douleur \ïxe, exaspérée par la pression, par la marche; diminuant mais ne disparaissant pas complètement par le repos.

Dans la jambe gauche seulement quelques fourmillements, en même temps reparaît la fièvre et un peu d'insomnie.

11-12 septembre. — Le malade ressent une douleur dans l'intérieur de la poitrine. La respiration en est gênée, le malade tousse beaucoup, a une expectoration abondante, des sueurs; l'auscultation fait entendre dans la moitié inférieure du poumon gauche des râles fins de congestion pulmonaire.

Le malade qui se levait est obligé de garderie lit.

2 2-23 septembre. — Les points de côté variables dans leur siège et leur intensité ont duré jusqu'aujourd'hui.

Le malade garde le lit depuis une douzaine de jours. Les râles ont beaucoup diminué et le repos a guéri la jambe.

25 septembre. — Aujourd'hui la peau de la jambe est normale, on sent sous le doigt deux très petites élevures espacées d'un centimètre ; une pression forte y réveille de la douleur.

Le malade, dont l'état général est très bon, tousse encore un peu, crache très peu.

3o septembre. — L'amélioration se maintient. Plus de toux ni d'expectoration. Plus de diarrhée. Le malade mange très bien, se plaint toujours de ce qu'une pression un peu forte réveille la douleur sur la crête du tibia.

Plus de douleurs, même par fortes pressions.

Parti pour Vincennes le i3 octobre.

Recherches bactériologiques .

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