I. Sérodiagnostic
■I" essai, 21 juillet (7*^ jour), réaction agglutinante immédiate à
I pour 10.
n" essai, t3 août (7'' jour de l'apyrexie).
3'' essai, 19 août (i3' jour de l'apyrexie), réaction lente à apparaître à I pour 10.
4" essai, 22 août (16'' jour), réaction immédiate à i pour 10.
5*^ essai, 28 août (22^ jour), la réaction n'est nette qu'au bout
d'une heure.
6^ essai, 16 septembre (41*^ jour), la réaction est beaucoup plus marquée avec l'échantillon de bacille d'Eberth retiré de la rate du malade qu'avec les autres échantillons.
Dernier essai, 3 décembre (i 18'^ jour de l'apyrexie), réaction immédiate à i pour 10.
2. Ponction de la rate. — L'ensemencement du suc splénique fournit des cultures pures du bacille d'Eberth (21 juillet 1896).
(( Devant la persistance de la fièvre à type continu, écrit M. Achard, et qu'aucune lésion d'organe ne justifiait, en raison aussi de la diarrhée jaunâtre, malgré l'absence de taches rosées, je songeais alors à la possibilité d'une fièvre typhoïde et j'examinai le sang, ne comptant guère, je l'avoue, y trouver la confirmation de cette hypothèse. Or, le sérum provoqua d'une façon très marquée l'agglutination du bacille d'Eberth. C'est là certes un cas difficile. Le diagnostic de la fièvre typhoïde chez un sujet de cet âge est toujours chose délicate. On a coutume, d'ajDrès les descriptions classiques de se représenter la fièvre typhoïde des sujets âgés comme caractérisée par la prédominance des complications respiratoires et de l'adynamie. Or, ici, les symptômes thoraciques étaient assez légers ; il n'y avait pas
- 1^9 trace d'udynamic ; il y en avait môme si peu que, le jour où, la visite terminée, je retournai auprès du malade pour recueillir son sang, ce malade, qui ne s'attendait pas à ma venue, s'était levé, habillé et assis sur une chaise près de son lit.
(( Affirmer en présence de tels symptômes le diagnostic de fièvre typhoïde me paraîtrait assez aventuré. Bien souvent, d'ailleurs, lorsque ce diagnostic est fait chez des sujets âgés, ce n'est pas sans laisser quelques doutes dans l'esprit du clinicien. Cette observation montre le parti qu'on peut tirer du sérodiagnostic pour lever ces doutes » .
Observation XXX.
Fièvre typhoïde chez un homme de 56 ans. Sérodiagnostic tardif (entre le 16'^ jour de la maladie et le 6^ de Uapyrexie).
(Publiée en résumé par MM. ACHARD et BENSAUDE. Société médicale des hôpitaux, 7 mai 1897.)
Auc..., Honoré, 56 ans, maçon, entre le 24 mars 1896 dans le service de M. le professeur Debove, à l'hôpital Beaujon (salle Monneret, n° 25).
Le père et la mère sont morts à un âge avancé.
Sa femme, morte en couches, lui a laissé quatre enfants actuellement bien portants.
Le malade lui-même a eu une fluxion de poitrine ayant duré plusieurs mois à l'âge de 20 ans, et à l'âge de 27 ans un chancre de la verge suivi d'accidents secondaires. Depuis cette époque sa santé était délicate ; il soutirait fréquemment de maux de tête disparaissant, paraît-il, sous l'influence du traitement antisyphilitique.
d'empâtement mais pas de gargouillement. Il n'y a ni nausées, ni Bensaude. 9
Il y a une douzaine d'années il a eu des douleurs vagues dans les jointures des mains et des membres inférieurs. Enfin, il y a 5 ans, il a été repris par une nouvelle fluxion de poitrine accompagnée d'une dyspnée très vive et de deux hémoptysies abondantes. Il entre dans le service de M. Gaucher à l'hôpital Saint-Antoine et y est soigné comme tuberculeux pendant i mois et demi (créosote, etc.). Après la sortie de l'hôpital il tousse encore pendant quelque temps, mais peut reprendre son métier de maçon qu'il a exercé d'une façon continue jusque dans ces derniers temps. On ne relève ni fièvre typhoïde ni autre fièvre aiguë dans ses antécédents pathologiques. Adonné à la boisson depuis fort longtemps, il lui arrivait parfois de boire 3 litres de vin et 3 à 4 petits verres d'alcool dans la journée.
Le début de son affection actuelle remonte à 3 semaines. Il a été pris assez brusquement de frissons, de céphalalgie, de vomissements, de douleurs dans les reins et d'une violente courbature.
Il travaille avec peine pendant 8 jours, puis, son mal faisant des progrès, il se décide à rester chez lui le 9 mars. Il reste d'abord couché à l'hôtel, mais ensuite à bout de ressources il se voit obligé à passer les nuits dans un asile de nuit et les journées sur des bancs dans les endroits publics. Le 24 mars, il est envoyé à l'hôpital par le commissaire de police.
A son entrée il dit se sentir plus malade depuis une semaine environ et avoir à plusieurs reprises essayé de venir à pied à la consultation de l'hôpital ; mais les forces lui manquaient.
Etat actuel (26 mars). — Le malade se trouve dans un état de stupeur et d'abattement extrême. Son corps est amaigri, la teinte cachectique. Il se plaint de violents maux de tête. Il a des bourdonnements dans les oreilles. Dès qu'on le fait asseoir il voit des mouches volantes et est pris de vertiges. L'insomnie est persistante. La langue est sèche, rouge sur les bords, l'appétit nul. Le jour de son entrée et la veille il a eu de la diarrhée. Actuellement il souffre de constipation qui n'a pas cédé à un purgatif (i verre d'eau de Sedlitz). Le ventre est ballonné et douloureux, dans la fosse iliaque droite la sensibilité est plus vive et il existe un peu
vomissemenls, La rate est hypertrophiée. On ne découvre pas de taches rosées.
Les artères sont sinueuses, athéromateuses; le pouls est mou et rapide (io8 pulsations). L'impulsion cardiaque est faible ; on entend à peine les battements du cœur. Pas d'épistaxis.
Le malade est un peu gêné pour respirer. Il tousse surtout quand on le fait changer de position, mais n'a pas d'expectoration. L'auscultation de la poitrine fait entendre en avant des deux côtés des râles ronflants et sibilants. En arrière et à gauche il existe également des râles sibilants et quelques gros râles sous-crépitants ; à droite la respiration est affaiblie dans la moitié inférieure du poumon ; à ce niveau on note aussi de la submatité et de la diminution des vibrations thoraciques. Vers le hile du poumon droit (en arrière) il existe un souffle aigu et un peu d'égophonie, mais des ponctions exploratrices faites à plusieurs reprises à l'aide de la seringue de Pravaz ne ramènent pas de liquide.
Les urines contiennent un nuage d'albumine.
Le diagnostic est hésitant entre une congestion pleuro-pulmonaire chez un tuberculeux et une fièvre typhoïde avec phénomènes pulmonaires.
Régime lacté, Todd, julep diacode.
27 mars. — T. R., hier soir 4o°3, ce matin 89°. Prise de sang au niveau du lobule de l'oreille (ce procédé, non douloureux, est recommandable chez des manœuvres dont la peau des doigts est cornée). La réaction agglutinante essayée avec une culture de 24 heures fait défaut par le procédé instantané à I goutte pour X et à I goutte pour V.
28 mars. — T. R., hier soir 4o°6, ce matin 39°2, même état. La ponction du poumon droit en arrière à l'aide d'une seringue de Pravaz amène une petite quantité de sang qui ne donne aucune culture microbienne après ensemencement sur gélose et dans du bouillon ordinaire.
29 mars. — T. R., hier soir 4o°3, ce matin 89". Délire nocturne La séro-réaction essayée dans les mêmes proportions que l'avantveille est négative.
3o mars. — T. R,, 39°7 hier soir, 89° ce matin. On ponctionne la i^ate. Le malade ayant fait un mouvement brusque au moment de l'introduction de l'aiguille, il n'est pas certain que cet organe fut atteint. L'ensemencement de la petite quantité de sang ramenée par la seringue reste stérile.
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