‹ Le phénomène de l'agglutination des microbes et ses applications à la pathologie (le sérodiagnostic)Chapitre 24 sur 79 · V. de Finkler o · texte numérisé non relu

V. de Finkler o

On voit parce tableau que les bacilles qui n'appartiennent pas au vibrion cholérique, le vibrion de MetchnikofF et celui

(i) Wyatt Johnston etE.-W. Hammond. New-York médical Journal, 38 novembre i8q6.

de Finkler, n'ont pas subi l'agglutination par le sérum des malades. Il en a été de même pour le vibrion de Massaouah, qui est bien un Adbrion cholérique, mais qui diffère néanmoins des vibrions ordinaires précisément parce qu'il ne subit pas le phénomène de Pfeiffer sous l'influence du sérum des animaux immunisés contre les vibrions ordinaires, et qui pour cela est considéré comme un type tout à fait à part (i). En somme, les résultats que nous a donnés le sérum des malades sont tout à fait superposables à ceux qu'avaient obtenus les expérimentateurs avec le sérum des animaux vaccinés. Le fait important qui en ressort, c'est que les échantillons appartenant au type ordinaire du vibrion de Koch, tel que Pfeiffer l'a défini au moyen de son phénomène, et qui pour cet auteur aurait seul le pouvoir d'engendrer le choléra épidémique, se sont tous laissés agglutiner par le sérum des malades.

Suivant les échantillons, l'agglutination peut présenter des degrés différents d'intensité. Elle était plus intense avec un vibrion isolé des selles d'un malade de M. Trékaki (vibrion d'Alexandrie, 1 896) qu'avec le vibrion de la Prusse orientale. M. Bordet, dans ses expériences sur la transformation granuleuse par le sérum d'animaux infectés avait fait des constatations analogues. C'est là un fait qui paraît, d'ailleurs, assez général. Nous avons déjà signalé des différences lé-

(i) Ajoutons cependant que le vibrion de Massaouah nous a donné quelques rares et petits amas avec un de nos échantillons de sang (n° IX), ainsi qu'avec le sérum d'un cobaye inoculé avec le vibrion de la Prusse orientale et possédant à un haut degré le pouvoir agglutinant. Le sérum d'un cobaye inoculé avec le vibrion de Massaouah et agglutinant fortement ce vibrion, ne nous a donné que des amas insignifiants avec les autres échantillons.

gères pour les divers échantillons du bacille d'Eberth et nous verrons plus loin qu'on en retrouve d'assez grandes pour les divers échantillons du Proteus, du coli-bacille, du pneumocoque.

Ce sont là des faits intéressants en théorie ; dans la pratique, l'importance de ces variations, en pathologie humaine, est minime pour la fièvre typhoïde ; elle ne semble pas non plus très grande pour le choléra ; mais il n'en est peut-être pas de même pour d'autres infections à microbes agglutinables, comme les infections coli-bacillaires et protéo-bacillaires , pneumococciques .

On avait cru pouvoir remplacer pour la différenciation des divers échantillons des vibrions cholériques le cholérasérum par une substance chimique, la chrysoïdine.

Blachstein (i) a fait connaître la propriété curieuse que possède la chrysoïdine, de produire sur le bacille virgule un phénomène d'agglutination comparable à celui que provoque le sérum cholérique. Lorsqu'on ajoute à 3 centimètres cubes d'une émulsion de vibrions, lo gouttes d'une solution de chrysoïdine à o,25 pour loo, on voit se former au bout de quelque temps des flocons qui se précipitent au fond de l'éprouvette, et, au bout d'une heure ou deux, la clarification est produite, surtout si le mélange est placé à l'étuve à 37°. Nous avons pu vérifier les résultats obtenus par Blachstein pour divers vibrions cholériques et le vibrio Metchnikovi.

Mais l'action de la chrvsoïdine est infidèle et ne saurait

(i) Blachstein. Munch. med. JVochenschrift, 3 et 10 novembre 1896, nos 44 et 45.

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nullement remplacer le choléra -sérum dans la reconnaissance du vibrion cholérique.

Engels (i) a fait voir qu'il existe des variations notables dans cette action suivant la provenance de la chrysoïdine, les proportions employées, les divers vibrions, etc. Il a vu entre autres, le vibrion de Finkler qui n'est sûrement pas de nature cholérique subir d'une façon intense l'agglutination par la chrysoïdine.

On sait que la méthode des réensemencements (2) sur des milieux ayant déjà servi à la culture d'autres microbes, donne parfois des résultats d'une grande sensibilité pour la distinction de types fort voisins par l'ensemble de leurs caractères. Or, nous avons pu constater (voir le tableau IV) que le bacille de Finkler, distinct des vibrions cholériques ordinaires et du vibrion de Massaouah par son défaut d'agglutination en présence des sérums actifs pour ces microbes, s'en différencie également par sa faculté de se développer sur leurs anciennes cultures. Quant au vibrion de Massaouah, il nous a donné un développement, très faible à la vérité, sur les cultures de quelques échantillons de vibrions ordinaires ; ceux-ci, réensemencés les uns sur les autres, n'ont fourni que des résultats négatifs.

Ainsi, l'agglutination parle sérum, comme la méthode des réensemencements, concorde pour distinguer le vi-

(i) W. Engels. Centralblatt f. Bakteriol., 3o janvier 1897, vol. XXI, p. 82.

(2) V. la technique de cette méthode au chapitre Infections par le bacille de Nocard.

brion de Massaouah des autres échantillons de bacille virgule (i).

Tableau IV. — Différenciation des divers échantillons de vibrion cholérique par le procédé des réenseniencemenis sur de vieilles cultures.

g sa S =

P. Orient. . .

Massaouah. .

Ivanoff. .

Metchnikoff. .

Finkler. .

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