CHAPITRE IV
Action des E<priU. — D^»a^regation de la matiere. — Experiences de Crookes et de Zoi'llner. '— Le phenom^ne d€s apports. — Apparitions lumineuscs dans Tobscurite. — Apparitions de mains lumineuses par olles-mcmcs ou visibles a la lumiere ordinaire. — Formes et figrurcs de fantonaes. Les materialisations. — Experiences de Crookes avec Katie King. -^ Formation hente d'une maierialisalion. — La photoprrapliie 9pirite. — Photographies d'Esprits rcconnus par les parents. — Medlumnite voyante et photograpliies d'Esprits. — Les experi<»ncr8 d'AkRakof. — Photographies iranscendantes en pleiiie obscurile. — Photographies transcendantes en plein jour. — Photograph ie dii medium el d'nne forme materialisce a la lumiere du ma.qfnpsium. — Remarques de M. Aksakof. — Empreinles et moulages de formes materialisees. — Experiences h Naples, en Am^rique, en Angleterrc. — Le spiritisme el la paychiatrie. — Experiences de Lombroso a Naples. — L'explication du celebre professeur. — Refutation. - Resume.
Nous allons assisler maintenant k des experiences qui 6tablissent posilivement que les Esprits ontune existence r6elle, objective, et que Ton peut, dans certaines circonslances d6termin6es, constaler leur presence avec autant de rigueur, et par les mfimes proc6d^s, que pour une personne vivante : on peut les voir, les toucher, les photographier, les entendre parler, en un mi)t, s*assurer par tons les moyens possibles que, temporairement, ils sont aussi vivants que les observateurs. Ge sont ces ph6nomfenes que ippelle : les mat Malisat ions.
Pour que les r^cits de ces experiences perdent un peu de leur caractere par trop surprenant, il faut d'abord que nous montrions jusqu'ou peut aller Taction des Esprits sur la matiere : que nous fassions voir qu'ils ont le pouvoir, dans certains cas, de Tagr^ger et de ia d^sagr^ger, par des proc6d6s qui nous sont encore inconnus et avec une rapidity presque 61ec- Irique.
Desagregation de la matiere.
Nous laissons la parole siux fails ; ils sont plus ^loquents et plus persuasifs que notre humble prose.
Voici une s6ance chez M. Crookes. (1)
« M"« Fox m*avait promis de medonner une stance chez moi, un soir du printemps de Tann^e dernifere.(2) Pendant que je Tattendais, une dame denos parentes et mes deux fils a!n6s, Tun Sig6 de quatorze ans, et Tautre de onze^ se trouvaientdans lasalle h manger, ou les stances avaienttou jours lieu ; et moi-m6me je me trouvais dans ma biblioth^que occupy b, 6crire. Entendant un cab s'arrdter et la sonnette retentir. •j'ouvris la porte a M"* Fox et la conduisis aussitdt dans la salle h manger» parce qu'elle me dit que» ne pouvant rester longtemps, elle ne monterait pas; elle d6posa sur une chaise son chapeau et son ch&le. Je me dirigeai alors vers la porte de la salle & manger, je dis a mes deux flls d'aller dans la biblioth^que
(1) Crookes, loc. cU,, pp. 164, 165, 166, 167. (^)Ann6e 1873,
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6ludier leurs lemons ; je poussai laporte sur eux, la fermai k clef, et, selon mon habitude pendant les s(§ances, je mis la clef dans ma poche.
« Nous nous asslmes : M^^* Fox ^tait a ma droite et Tautre dame a ma gauche. Nous rcQiimes bientotun message alphab^tique nous engageant a ^teindre le gaz ; nous T^leignlmes, nous nous trouvdmes dans une obscurity complete, et, pendant tout le temps qu'elle dura, je tins dans une des miennes les mains de M''* Fox. Presque aussitot une communication nous fut donn^e en ces termes : a Nous allons vous produire une manifestation qui vous donnera la preuve de notre pouvoir. » Et, presque imm^diatement apr6s, nous entendlmes tous le tintement d'une clochelte, non pas slalionnaire, maisqui alJait etvenait de tous cot^s dans la chambre ; tantot prfes du mur, une autre fois dans un coin 61oign6 de Tappartement; tantot me touchant a la tftte, puis frappant sur le plancher. Apres avoir ainsi sonn6 dans la chambre pendant au moins cinq minutes, cette sonnette tomba sur la table tout prfes de mes mains.
« Pendant tout le temps que ce ph6nomfene dura, personne ne bougea, et les mains de M'^' Fox demeurerent parfaitement tranquilles. Je pensais que ce ne pouvait pas 6tre ma petite clochette qui sonnait, car je Tavais laiss6e dans la biblioth^que.
(Peu de temps avant que M^^* Fox arrivat, j'avais eu besoin d'un livre qui se trouvait au coin d*une ^ta^ g^re ; la sonnette dtait sur le livre, et je I'avais mise de c6t6 pour le prendre. Ce petit incident m'assurait que la sonnette 6tait bien dans la bibliothfeque), Le
gaz dclairait vivement le corridor sur lequel donnait la porte de la salle a manger, de telle sorte que eette porte ne pouvait pas s'ouvrir sans laisser la lumiere p6n6trer dans la salle oti nous nous trouvions.
Du reste, pour Touvrir, 11 n'y avait qu*une clef, et je I'avais dans ma poche.
c( J'allumai une bougie. II n*y avait pas a en douter, c'^tait bien une clochette qui 6tait sur la table, devant moi. J'allai tout droit a la bibliotheque. D*un coup d'oeil je vis que la sonnette n'^tait plus la ou elle aurait du se trouver. Je dis a mon flls ain6 : « Savezvous ou est ma petite sonnette? — Oui, papa, la voici »; et il me montrait la place oil je I'avais laiss6e. En pron^ant ces mots^ il leva les yeux et continua ainsi : « Non; elle n'est pas la, mais elle y 6tait il n*y a qu'un moment. — Que voulez-vous dire? Quelqu'un est-il venu la prendre? — Non, dit-il, personne n'est entr6 ; mais je suis sur qu'eile 6tait la, parce que lorsque vous nous avez fait sortir de la salle a manger, pour venir ici, J. (le plus jeune de mes enfants) s'est inis k sonner si fort que je ne pouvais pas 6tudier mes lemons, et je lui ai dit de cesser, i^ J. confirma ces paroles et ajouta qu'apr^s avoir agit6 la clochette, il Tavait remise a Tendroit ou.il I'avait trouv6e. »
Nous voyons done quil a fallu que les Esprits fissent passer cette sonnette a travers le mur pour I'apporter de la bibliothfeque dans la salle a manger. Le ph6nom^ne ne pent gufere se comprendre qu'en supposant que la matifere pent passer a travers la mati^re; ce qui n'est pas impossible, quand on voit Tcau, sous
!<>♦) LK FHENOMENE SPIRITE
uue pression vioicnte, suiiitor par les pores d^une sphere en or, ou I'hydrogene passer paries parois d'un tube en for port6 au rouge, et plus usuellement, le pelrole a travers la porcelaiue; mais, ce qui est 6trangc, dans noire cas, c'est la d6sogr6gation et la reconslitution de la sonnette, sans qu'elle soit aucunement d(5l6rio]'ee.
Voici un autre recit de I'illustre chimiste qui met, en quelque sorte, le fait de la desagregation en Evidence :
« Le second cas que je vais rapporter eut lieu a la lumiere, un dimanclie soir, en presence de M. Home etde quelques membres de ma famille seulemeat. Mafemme et moi;, nous avions pass6 la journ6e a la campagne, et en avions rapporte quelques fleurs que nous avions cueillies. En arrivant a la maison, nous les remlnies a une servante pour les mettre dans I'eau. M. Home arriva bientdt apr^s, et tons ensemble nous nous rendlmes dans la salle h manger. Quand nous fumes assis, la servante apporta les fleursqu'elle avait arrang^es dans un vase. Je les plagaiau milieu de la table, dont la nappe etait enlev^e. G'6tait la premiere fois que M. Home voyait ces fleurs.
« Apros avoir obtenu plusieurs manifestations, la conversation vinl a tomber sur certains faits qui ne semblaient pouvoir s'expliquer qu'en admettant que la matiere pouvait reellement passer h travers une substance solide. A ce propos, le message qui suit nous fut donn(§alphab6tiquement : » Host impossible « a la mali^re de passer a travers la matiere, mais nous « aliens vous montrer ce que nous pouvonsfaire. »
« Nous alteiidimes en silence. Bientot une apparilion lumineuse fut apergue planant sur le bouquet de fleurs; puis, a la vue de tout 1q monde, une tige d'herbe de Chine, de 15 poucies de long-, qui faisait Tornement du centre du bouquet, s*61eva lentement du milieu des autres fleurs et ensuite descendit sur la table en face, du vase, entre ce vaseet M. Home. En arrivant sur la table, cette tige d'herbe ne s'y arrfita pas, mais elle passa droit a travers, et tons nous la vlmes bien jusqu'a ce qu'elle I'eut entierement travers|6e.
a Aussitot apres la disparition de I'herbe , ma femme, qui 6tait assise a c6t6 de M. Home, vit entre elle et lui une main qui venait de dessous la table et qui tenait la tige d'herbe^ dont elle la frappa deux ou trois fois sur Wpauleavec un bruit que tout le monde entendit, puis elle d^posa I'herbe sur le plancher et disparut. II n^ eut que deux personnes qui virent la main; mais tousles assistants apergurent le mouvement de I'herbe. Pendant que ceci se passait, tout le monde pouvait voir les mains de M. Home plac^es tranquillement sur la table en face de lui. L'endroit oCi I'herbe disparut dtait a 18 pouces de l'endroit ou ^taient ses mains. La table 6tait une table de salle a manger a coulisses, s'ouvrant avec une vis : elle n*6lait "pas Si rallonges, et la reunion des deux parties formaitune ^troite fente dans le milieu. G'est i travers cette fente que Therbe avait pass6. Je lamesurai et je trouvai qu'elle avait a peine 1/8 de pouce de large. La tige de cette herbe 6tait beaucoup trop grosse pour qu'elle put passer a travers cette fente sans se
briser, ul cepoiiiluul louii uuus I'y avoDS vue passer san» peine, doucemenl, et, en rexaminant eosuite, ullu n'uiTrait pas l» plus I^gfere marque de pression ou li't'posion. ■.
L'arQrmalion de I'Ksprit, au sujet de la d^sagr^gation de ta mali^re, uc unna semble pus absolumcnt exacto, car void des expuriences de ZotiUner. daos lesiiuellea it semblc bien que cella dt5sagr6gation a eu ri^eUemenlliiju.
Les Experiences de Zoellner (1).
Uno expi^rieiice v^ritablcQient d^monsLralive euL lieu un jour. Dans uae cordu llsse, dont les deux bouts 6taieiit scelli^s sur la table avec de la cire porlant le cachet de M. Zutillner, des ncsuds Turent form6s au bout de quelques miuutes d'imposition des mains par Siade, lea cachets ^laient rest6s inlacts.
Puis deux baiides de cuifj joinLes sBulement par les bouts, ^galement scell6es avec de la cire, se trouvenl nouses ensemble quand M. Zogllaer soulove les mains qui les couvraienl :
« Je lenais mes mains sur les bandes de cuir, dit M. Zogllner: Slade, qui se trouvail a ma gauche, p\!iq.i sa main droits sur les micnues. Au bout de quelques miuutes, je senlis un mouvement des bandes sous mes mains. Trois coups furant (rapp^s dans la table, et, quaod jolai mes mains, les d&ox bandes de cuir se trouvaieut nouses ensemble, n
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Le"savant Allemand a fait varier les conditions de rexp6rience : s'^tant procure deux anneaux en bois tourn^, d'une seule pifece, — diamfetre int^rieur ; 74 millimetres, — il enfile ces anneaux dans une corde a violon, fixe le milieu sur la table avec de la cire dans laquelle il appose son cachet, et les laisse pendre le long de la table. Son d6sir 6tait de voir les anneaux s'entrelacer. II s'asseoit avec Slade, posant ses deux mains sur la corde cachetic. Un gu^ridon 6taitdevanteux.
« Aprfes quelques minutes d'attente, 6crit-il, nous entendlmes k la petite table ronde plac^e en face de nous un bruit comme si les pieces de bois tapotaient Tune centre Tautre. Nous nous levames pour nous rendre compte de ce bruit, et^ a notre grand 6tonnement, nous trouvslmes les deux anneaux de bois qui, environ six minutes auparavant, 6taient enfil6s dans la corde a violon, encerclant la jambe de la petite table et en par fait Stat. Ainsi, ajoute M. Zoeller, mon experience prepar6e ne r6ussit pas de la manifere pr6vue ; les anneaux ne furent pas entrelac6s ensemble, et, au lieu de cela, furent transf^r^s de la corde a violon cachetic au pied de la table ronde en bouleau. »
Experiences de Wallace