‹ Le phénomène spirite: témoignages des savants ... Nombreuses figures dans le texteChapitre 23 sur 32 · ET AUX EXPERIMENTATEURS · texte numérisé non relu

ET AUX EXPERIMENTATEURS

Recueillement. — Homogeneity de pens^es. — Regular! te. — Patience. — Girconspection vis-a-vis des Esprits qui se manifestent. — Identity des Esprits. — Se defier des grands noms . — Raisons pour lesqueiles les Esprits appel6s ne se manifestentpas.

Le spiritismen'estpasunereligionril n'ani dogmes, ni mystferes, nirituel. G*est une science d*exp6rimentation de laquelle d^coulent des consequences naorales et philosophiques dont importance est considerable. L'etude de I'ame apres la mort, des conditions de sa vie dans Tespace, peut 6tre faite rigoureusement, m6lliodiquementcomme uneenqufite sur un pays inconnu. Allan Kardec s*est livr^ patiemment a ce travail, et ses muvres renferment les donn6e les plus completes que nous ayons sur le moade de Tau-dela. Depuis bientot trenle-cinq ans que Ton v^rifie chaque jour ses enseignements, on a pu juger de leur valeur, car ils n*ont pas 6i6 conlredits. Nous ne pouvons mieux faire que d'engager les chercheurs h se bien p^n^trer de ses oeuvres : ils y trouveront la r6ponse a toutes les questions embarrassantes et,

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quei que soil le sujut, ils le trouveront ^lucid§ d'une manifere claire et precise.

Noire r6le ici est cie r^soraer brifevement las instrucLiotis relatives i I'l^vocation des Esprits; nou3 la t

feronsdonc le plussiiccincteinentpossil}le, renvoyant »

les lecteurs au Livre ties MMiiims pour les d^veloppe-

ments que le cadre de ce petit ouvrage ne nous per- X.

met pns de donner.

Une dea premieres conditions, lorsque Ton veut 6voquer lesmorts, est !e reciieillement. II faut, autanl que possible, que les assistants 6vitent les dis- *

cussions brnyantes on futiles qui d(5rangent les m^ diums et troublent I'liarmonie du groupe. Sans doute 3^

il u'est pas besoin de se mettrn en priere. car noua 1

6voquons des fitres comme nous, qui ne different des '

humains que parce qu'ils sont invisibles; mais la .

communion des pens^es, le d^sir sincfere de s'instruire, doivent guider les exp^rimentateurs et leur inspirer lo mflmc respect qu'ils auraient devant une assembl^e dont leurs parents di5c6d^s feraientpartie. *

Les plaisanteries, les propos le^^^ers n'atlirent pas g&n^ralement des esprits d'un ordre intellectuel bien relev6, et les communications que Ton revolt se ressentent de la vulgarity de leurs anteurs. Nous conseillerons done aux clierclieurs le calme el le recueillement comme une des conditions indispensahles pour I'obtenlion de s^rieux pliiinomi;nes spirites.

La pratique a fait remarquer aussi que la r^gularil6 dans les stances est une des causes de leur r^uasite. Autant que possible, il est nScessaire de so r^u- I

nir dans le mdme local, aux mSmes jours et aux

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m6mes heures. Sans doule, cette recommandation n'a pas une valeur absolae; lorsqu'un medium est tr^s d^velopp^, il peut obtenir des effets physiques ou des communications a toute heure du jouret de lanuit; mais, lorsque Ton cherche a d6velopper les facult6s m6dianimiques, la melleure mani^re de proc<5derestsanseontreditdes*assemblerr6guli^rement. Les personnes qui d^butent dans ces recherches croient, la plupart du temps, que les stances spirites exigent un appareil special ou des preparations particuliires; rien n'est plus faux. Lorsque vous voudrez vous assurer de la rt'ialite des ph^nom^nes spirites, r6unissez-vous en famille ou avec quelques amis, at li, dans votre int^rieur, prenez la premiere table venue et posez vos mains sur le plateau. Au bout d'un temps plus ou moins long, vous obser verez des tressailloments dans le bois, des craquements se feront entendre, et de petits coups sees dans le bois, ou des ddplacements du meuble vous indiqueront la presence des Esprits. Nous avons cite les experiences de M™' de Girardin chez Victor Hugo, afin de montrer combien il faut de patience, de tenacite, souvent, pour arriver k I'obtention d'un r^sultat. Nous rappellerons aussi que le D' Gyriax n'eprouva Taction des Esprits qu'k la vingtieme stance. Dans les experiences d*Aksakof, en compagnie d'Eglinton, un grand nombre d*exp6riencos furent infructueuses ; il en est le plus souvent ainsi, car il ne faut pas se dissimuler que nous ignorons encore les lois qui dirigent ces phenom^nes. Notre seule ressource est de recommencer n.vec une infatigable perseverance jusqu a ce qu'un ^'enno nous recompenser de nos efforts.

CCNSEILS AUX MilDIUMS ET AUX EXi'EBIMENTATElJRS 275

Noiis avons vu que les plus puissatits mediums peuvent rester fort tongtemps sans ^mettre cetle indispensable force psychique sans laquelle rien ne se produit. Crookes raconte que la mSdiumnit^ du c6l&bre Home 6tait sujelte a des Eclipses qui duraient plus ou moins longlemps; pendant cet intervalle, il n'6tait pas possibled'obtenir quoi que ce fut. Ceci bien compris, il est facile de se rendre compte que, lorsqu'on exp^rimetite, le cercle peut ne pas pr(5senler les conditions voulues pour I'ext^i'iorisation de la force psychique, et les esprits, qui ne peuvent agir sur la matiSre que par rinterm^diaire de ceUe force, sont dans I'impossibilil^ absolue de se manil'esler. lis sont dans la position d'un homme dont le bras est momentan^ment paralys6. MalgrS toule la volont6 que cet homme d6ploiera, il lui sera impossible da faire agir ce membre.

II arrive aussi que les esprits que Ton Svoque ne peuvent pas r^pondre a I'appel qui leur est fail, el ceci pour plusieurs raisons. En supposant que ces Esprits ne soient pas r^inearnSs , c'est-&-dire ne soient pas revenus sur ta terre, ils peuvent fitre occup6s' dans I'espace a des rechorches ou a des travaux qu'ii ne leur est pas possible d'abandonner sur-le-champ ; ils sont, comme ici-bas, pen disposi5s k se dSranger pourle premier venu, surlout si V&vocation n'a pas un motif tres s^rieux. Eo second lieu, tons les esprils qui vivent dans I'erpaticit^ ne sont pas au m6me degr6 d'avancement moral. II y en a un trfes grand nombre qui ne se rendent pas compte de leur Slat. lis ont une vie analogue h

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celle du rfive. lis vont et viennent, ont conscience qu'ils existent, mais les (5v6nements d^dlent devant eux sans qu'il leursoit possible de les classer m^thodiquement. lis 6prouvent des sensations, souvent trt'S vives, sans se les expliquer. Les causes qui les suscitent leur sont 6trangeres, et leur volont6 est tout k fait impuissante h modifier leur vie psychique. Les uns ne so croient pas morts et vivent de notre existence, en s'^tonnant qu'on ne r^ponde plus a leurs questions ou que ceux qu'ils ont aim6s semblent ne plus les voir ou les entendre. D'autres sont dans une obsciirit6 prol'onde et cherchent vainement dans quel lieu ils se trouvent; ils errent dans un silence et des t6n^bres ^paisses que nul bruit et nuUe lueur ne viennent dissi[3er. Pour ceux-li, revocation est un bienfait, car la pens6e vient les sortir de cet 6tat malheureux et leur ouvrir la porte du tombeau spiritueldans lequel ils sont emprisonn^s, mais leur 6tat leur interdit le plus souvent de r^pondre, malgT6 I'envie qu'ils en ont. .

Enfin beaucoup d'esprits ne savent pas se manifester; il leur faut faire un apprentissage qui pent 6tre assez long et qui exige de leur part autant de patience que de la notre. Si a toutes ces raisons nous joignons les conditions ext6rieures, comme la chaleur, la lumi^re, T^tat 61ectrique ou jnagn6tique, dont le role doit 6tre tr^s important, nous comprendrons qu'il faut beaucoup de t6'nacit6 et de pers6v6rance pour obtenir un r^sultat.

Un 6cueil contre lequel il faut se tenir en garde, c'est d'attacher trop d'importancc aux communica-

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lions des Esprits, et de croire aveugl^ment k tout ce qu'il ieiir pfiiU de raconter, II ne Taul jamais abandonner sa raison ni son libre arfaitre, et soigneusetnent diacuter avec les d(?sincarnes ce qui paralt douteux on contraireala jusltceoti a la raison. Beaucoup de spirites i^taipnt, avarit da se convaincre, de parfaits matSriaiistes. lis ne croyaient k aucune r6alit6 ppiritiielle, et le monde se born;ul ponr eux a ce qui existe stir la ierre; Icnr convif lion 6lait si profondi qu'iis ne pouvaient mfime comprendre une a fau-dela. Mais, lorsque les Tails vinrent dSlruire radlcalement celte croyance,ils lombferent dansl'excfis oppos6et crurentaveugl^menlque les Esprits ^(aient des fifres dou6s de verlus spiSciales el qu'on devait suivre tous leurs conseila sans discussion. Les id^es religieuses, qui forment encore le fond de notre espril, nous liabiluent iuvolontnirement a douer les etres qui sont ilans I'espiice de pouvoirs supSrieurs ;~i ceux de I'hutnanite; ii semble qu'iis doiventnous surpasser beaucoup en science et en morality et que rien de ce qui esl inconnu ne doit leur 6lre cach(5.

La r^alil^ est loin de ressembler a cet idSal. Le nionde spiriluel est comme Ic notre : il y a des intelligences & tous les degr&s d'avancement. Les esprits ne sont pas autre cliose que les hommes qui ont v^cu sur la Ierre ; la mort n'a d6termin6 on eux d'autrea changements que de leur cr^er des condilions pliysiologiques diflerenles, mais leur science ou leur moralit(5 ne s'est pas accrue d"un iota. Uo fitre bestial et grassier reste le tnSmedans i'erraticit^ ; un savant a conserve sa science, un litlSrateur ou un musicien

le sentiment de son art, mais ils n'ont pnsdesfacult^s autres que colles qu'ils ont acquises ici-bas. 11 existe done des ignorants parmi les Esprits, des 6tres syst^maliques et paradoxaux, des Esprits religieux ou ath(5es;en un mot, le monde spirituel est la reproduction du ndtre, et les communications n'ont de valour que celle qui r6sulte d^. I'^l^vation des id^es et de la beauts des enseignements.

Plus que jamais le mot de.Buffon est applicable; c'estbien ici que : Le style, c'est Thorame. Ne pouvant voirnotreinterlocuteur, nous en sommes r^duits Jl le juger par ses discours, et, si nous devons recevoir avec reconnaissance les bons conseils, les exhortations au bien, les theories scientifiquos qui nous semblent rationnelles et bien stabiles, autant nous devons rejeter les coramunrcations niaises, banales, insipides quine proviennentqued'Espritspeu 61ev6s.

Dans la vie ordinaire, nous recherchons les gens instruits et bien 61ev6s; faisons de mdme pour nos correspondants de Tespace et n'acceptons pas le premier venu a Thonneur d'etre re^u parmi nous.

Geci nous amene k Tidentit^ des Esprits. Vous qui e.vpc^rimentez, ne craignez jamais de demander trop de renseignements aux Esprits qui se manifpstent. Exigez qu'ils vous donnent leurs noms et pr^noms, Tage qu'ils avaient quand iis ont quitte la terre, le lieu ou ilsont v6cu, les circonstances dans lesquelles ils ont 6i6 en rapport avec vous ; en un mot, assurez-vous par tous les moyens possibles que celui qui se manifeste est bien Tindividualit^ que vous avez connue pendant savie. Si TEsprit r^pond qu'il lui est d^fendu de

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donner ces renseignements, soyez bien convaincus qu'il ne dil pas la v6rit6 et qu'il cherche ii vous tromper ; dans ce cas, cessez de I'interroger, et il ne reviendra plus, voyant qu'il ne peul vous duper.

Une des causes du discredit du spiritisme dans certains milieux est que, trop souvent, les communications spirites' sonl sign^es de noms ronflants bien Taitpour ^bahir lesignoranis ou attirerta consideration des badauds. II est malhenreusement exact que, dans certains centres spirites, Napoleon I" voU sineavec Marie Stuart;S6mi ramis,Zoroaslre,Socrate, J^sus, ddlllent a tour de rdle en dictant des platitudes navrantes ; cliez d'autres, ce sontles orateurs de la Revolution clamant par la voix de vieilles feramea des radotages seniles; chez d'autres enfln, des savants comme Lavoisier ou Berthollet, Laplace ou Mesmor, formulent des syst^mes qui feraient sourire da pitifi le pluspi&tre des cancres de coll&ge.

II fautsoigneusement r^agir contrecette facility k croire aux signatures. N'^voquez que des Esprits que vous avez connus, avec lesquels vous avez^te en rapport. L'esprit de Grosjean, du moment qu'il se manifeste, est Lout aussi int^ressant que ce^ui de Confucius, plus mSme, car vous avezconnu Grosjean, tandis quele pliilosoptie chinoisaura touteslesoeinea du monde h ^tablir son identity.

II est bien Evident, cependant, que les Esprita 61ev6s peuvent aussi se manifester: nous n'allons pas jusqu'A leur contester ce pouvoir, qui appartiimt an premier venu de I'espace, mais ils le font bien moins souvent que Ton ne le croirait si Ton acceptait

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leur signature comme valable dans tons ]es cas ou elleestdonn^e. Dans un milieu instruit, intelligent, artiste, on aura probablement des pontes, des litterateurs et mfeme des savants, mais, encore une fois, leur personnalit6 devra se d6c6ler bien nettement pour que le doute ne soit plus permis.

Combienil est pr(5f(§rable, pour tous ceux que la perte d'un 6tre aim6 a bris6s, de converser avec le cher disparu I Avec quel bonheur une mfere retrouvera son enfant, un amant sa*bien-aim6e, ou une veuve son epoux ! Au lieu de fllandreuses pages de philosophie, ce seront des dialogues 6nius, attendrissants, de deux 6tres qui s'aiment, se retrouvent, se causent ci travers la tombe! Evoquez done les v6tres, ceux dont la vie vousa 6t6 chhre et familifere, dont toutes les circonstances vous sont connues, et, quand vous serez bien surs qu*ils ne sont pas morts, qu'ils vivent comme vous, que seul le corps a disparu h vos yeux, demandez-leur des details sur leur situation, leur mode d'existence, leurs occupations. Instruisez-vous sur le monde spiritueldans lequel nous irons tous, et alors vous constaterez par vous-m6me que lespiritismeest unegrande v^ritd; une immense consolation, et qu'il se base sur la science la plus haute, la plus int^ressante : celle de Tfetre humain dans toutes ses manifestations animiques, c'est-adire sur la terre et dans I'espace.

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