CIIAPITRE PREMIER LA DOCTRINE SPIRITE
MalMalisme et spiritisme. — L'esprit dans I'eapace. — Les
vies siicceasives. — Preiives de la remcarnalion , — Conclusion.
Mat^rialisme et Spiritisme.
Le mouvement scientillque qui caract6rise le xix° sifccle est celui de la reclierclii; positive. Loin de s'attacher coinme jadisa Olablir deshypothfeses admises d priori, et a faire concoriJer ies phfnotn&nBS de la nature avec Jeurs vues pr^conQues, les savants ont cherchiJ dans I'filude mfiticuleuse (les faits leur ligne de conduite, et ils sont Firriv^s, en suivant celle ni6- Ihode, aux merveilloux r^sultats que nous constalons chiique jour. Mais si, quillant le domaine matfiriel, les homines de science veuleiit oppliquer le posilivisme aux r^ajilfis spirituelles, ils se lieurtent k des difficultfis insurmonlablcs, ou du moins qu'iJs pr^sentenl comme telies.
L'^cole ailemande, avec Buchner et Moleschott, ii&-
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Clare tout net que les vieilles conceptions de Dieu et de VSane onl fait leur temps etque la science a r^duit au n^ant ces fabuleuses croyances. Moleschott s'est appliqu6 surtout a demoiitrer que Tid^e est directement le prodait d'un travail moleculaire du cerveau, et Karl Vogt no craint pas de dire que le cerveau secrete la pens^e a peu pres de la m6me manifere que Turine est secr6l6e par les reins. A notre 6poque, Hajckel a d6velopp6 des theories analogues ; il n'y a de jeune dans son systfeme que ces mots : a le m^canisme » et « Tadaptation palhologique », qui signifient tons au fond : mat^rialisme.
Eh bien, nous, spirites, nous venons dire aux positivistes ceci ; « Nous sommesdevenusvos disciples, nous avons adopts votre m^thode, et nous n'acceptons pour vraies que les Veritas d6montr6es par Tanalyse, les sens et Tobservation. Loin de nous conduire aux r6sultats auxquels vous 6tes arrives, ces instruments de recherche nous ont fait d^couvrir un nouveau mode de vie et nous apportent la certitude sur les points les plus dlscut^s. »
Les grandes voix des Grookes , des Wallace, des Zoellner, proclament que de I'examen positif des ph^nomfenes spirites il ressort clairement que Tdme est immortelle et que, non seulementellenemeurtpas, mais encore qu^elle pent se manifester aux humains, aumoyen des lois, encore peu connues, qui r^gissent la mati6re imponderable. Tout effet a une cause, et tout effet intelligent suppose une" cause intelligente : tels sont les premiers principes, les axiomes in6bran-
^^l«« sur lesquels reposeiit nos demonstrations.
LA DOCTRINE SPIRTTE 283'
Les mal6rialistes pouvaient, il y a pen de temps encore, repousser les arguments des philosophes en leur disantqu'ils ne possSdaient pas la vraiera^thode qui conduit k la v6rit6 ; mais, avec les procSd^s spirites, rien de semblable n'est i craindre. Nous ne venons pas dire : II faut la foi pour comprendre noire r^v^lation. Nous n'interdisous pas la recherche libre, nous disons au conlraire ; Venez, instruisezvous, faites des experiences, cherchez a vous rendre compte de tous les ph^nom&nes, soyez de m^ticuleux observateurs, n'acceptez one experience que si vous avez pu Iar6p6ter souvent et dans les circanstances les plus varices, en un mot avancez prudemmont dans la recherche de I'inconnu, car en marchant k la d^couverte de nouveaux principes, les erreurs sont faciles a commettre. Une fois que vous aurez sul'flsamment ^tudi^, le ph^nomfene vous instruira luimfime sur sa nature et son pouvoir. N'est-M pas li uneconduite positive par excellence? Et que pourront r6pondre i Robert Hare, au professeur Mapos, k M. Oxon, les pins determines mat^rialistes i
Nous nousservons des armesdenos ennemis pour les vaincre ; c'est au nom de leur Di6thode que nous proclamons I'immortalit^ de Time apr&s la mort.
Toutes ies theories qui veuleot I'aire de 1 ho m me un automate, tous les savants qui sq sont fuit de la science une e^ide pour proclamer la raateriulit^ de retre huraain, se voient donner le plus formidable dementi par le t^raoignage des faits. Noii, il n'est pas vrai qu'en nous tout soit mati^re; non il n'est pas justede penser qu'i la mort du corps, les 6lf5ments
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qui le composaient 6tant r^duits en poussifere, il ne reslera rien de ce qui fut un fitrepensant; rexp6rience nousd^monlre qu'ainsi que le papillon sort de la chrysalide. Tame quitte son grossier vfitement de chair pour s'^lancer, radieuse, dans I'^ther, son 6ternelle palrie. Rien ne meurt ici-bas, car rien ne se perd. L'atomede mati^requi s'6chappe d'unecombinaison rentre dans le grand laboratoire de la nature, el rime qui devient libre par la dissolution de ses liens corporels relourne la d*ou elle 6tait venue. La froide nuit du tombeau n'est plus terrifiante pour nous, car nous avons la preuve certaine que les mausoldes ne renferment que des cendres inertes, et que rfitre aimant et pensant n'a pas disparu.
Ah I c'est surlout pour les mis(3rables, pour les d6sh6rit6s de ce monde, qu'est douce et consclante cette sublime preuve de rimmorlalit^. La certitude absolue d'une vie meilleure aide le travailleur dans la lutte acharn^e qu'il soutient chaque jour contre la n6cessit6. La mort ne lui apparatt plus morne et brutale comme Taneantissement supreme; c'est au contraire la porte qui s*ouvre sur un monde meilleur, Taurore 6clalante dun jour nouveau, plus r6mun6raleur de ses souffrances que cette triste terre sur laquelle il v6gete.
Que tons ceux que la perte d'un 6tre tendrement ch^ri a laissds las, decourag6s, reinvent la tSte, car les voix des esprits nous crieat que cette douleur les afflige, qu*ils vivent autour de nous, qu'ils nous entourent de leur tendresse et que des pri^res s'61^vent constamment de leur coeur pour demandera Tfiternel
LA DOCTHINE SPIRITE 2^
de nous protSger contre les perils de I'existence. Voil& les clart6s sublimes qui se d^gagent de l'exp6rience spirite, voili les certitudes bienheureuses que ne pouvaienl nous donner ni les religions ni les philosophies car leurs dogmes et leurs doctrines, n'^tant plus en harmonie avec les progr^s du siecle, laissent rhomme aux prises avec le doute, ce vers rongeur de lasoci^t^ moderne.
Ne cherchons pas a nous ledissimuler,le temps de la croyance aveugle estpass6; il est n4cessaire au- • jourd'hui, pourqu'une th^oriephilosophique, morale ou religieuse soit accept^e, qu'elle repose sur I'in^braniable fondeinentdelad^monstration scientiflque. Autres temps, autres mceurs : ie monde antique s'est appuy6 sur la r6v(51ation, maintenant il faut la certitude lentement conquise; la foi ne sufflt plus, il est indispensable que la raison sanclionne ce que Ion veut nous faire accepter comme des v4rit6s.
La grande puissance du spiritisme consiste dans la liberty d'examen qu'il laisse a ses adeptes. Tous ses principes peovent Sire discut^s el remis en question, mais chaque foisquecelte exp»5rience a 6t6 faite, il est sorti plus fort et plus robusle que jamais de cette redoutable dpreuve. Les religions, k I'heure actuelle, ressemblent a ces lisieres qui ont m indtspensables i I'enfant pour apprendre ^ marcher, mais qui lui devieiment iuutiles et mSme nuisibles lorsqu'il a pris assez de d^veloppement pour se diriger seul, Emprisonn6 dans un dogmatisme ^troit, I'homme du dixneuvifeme aibcle sent que cet enseignemont suraun^ n'est plus en harmonie avec ses connaissances, et,
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lorc6 de choisir entre les certitudes de la science et la foi impos^e. 11 se jetle a corps perdu dans le mat^rialisme. Mais, si cet homme rencontre une doctrine qui concllie a la fois les exigences de la science. et les besoins de son ft.me de croire a quelque chose, il n'liesite plus : il adopte cette foi nouvelle, qui salisfait si bien toutes ses aspirations. Ces considerations sommaires expliquent Timmense extension du spiritisme. II ne faut pas croire, n^anmoins, que le spiritisme soit oppos6 aux religions; il ne combat que leurs abus, il s'adresse plus particuli^rement aux mat^rialisles et a ceux qui, sans 6tre completement alli6es, sont dans Tind^cision au sujet de la vie future.
Au lieu d'etre raill6e et combattue, cette doctrine devrait se trouver a la base de tout enseignement moral ou religieux. En donnant a I'homme la prguve dvidente que son passage sur la terre n'est que ternporaire, qu'il aura k r^pondre plus tard du bien ou du mal quMl a fait, on imposeraitainsi une digue salutaire aux mauvais instincts, qui, de nos jours surtout, menacent de bouleverser la soci6t6. Le spiritisme fait connaltre,en eifet, les conditions dans lesquelles se trouve Tame apr^s lamort. Au lieu de considerer I'esprit d'une mani5re abstraite, noire doctrine d^montrequec'est, apres lamort, une veritable individuality, qui a non moins de r^alite que Thomme; seulement ia nature du corps a change quand les conditions d'existence n'ont plus 6t6 les mfimes.
. DOCTRINE SPIKITE
L'Esppit dans lespace.
L'esprit est revfitu d'une enveloppe que nous appe\ons p4risprit. Ce corps esl forni6 par le fluide universel terrestre, c'esL-^-dire par la matiere sous sa forme primordiale. L'union du corps et de Vtme peut fitre comparSe a une combinaison. Lorsque cetle combinaison se d^faii, ce qui arrive a la mort, I'ame sed6gage avec son eovelo{)pe spirituelte, qui est indecomposable, puisqu'elle est forniiSe par la matifere sous sa forme initials, et I'ame conserve ses propri6t6s, comme I'oxygfene sortant d'uiie combinaison n'a rien perdu tie ses allinit^s. Dans cet 6lat, le corps spirituel, suivant I'eKpj'ession dfi saint Paul, a des sensations qui nous sont inconnues sur la teire, mais qui doivent loi procurer des jouissances bien sup6rieures a cellos que nous ^prouvons ici-bas. La science nous apprend que nos sens ne noiis foot coonaltre qu'une infimu partit; de la nature, mais qu'en de^a et au-dela des limites impos(5es k nos sensations il existe des vibrations subtiles, en nombre inflni, qui constituent des modes d'exislence dont nous ne pouvons nous renilre compte, laule de mots pour exprimer les id^es qui y correspondent.
L'&me assisle done a des spectacles que nous sommes impuissants a d^crire, eutend des harmonies que nulie oreille liumaine n'a per^ues, et se meut dans un milieu en complete opposition avec les conditions de viability terrestre. L'esprit d6gag6 des entravesdu corps n'a plus besoln de sp sustenter, il ne
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rampe plus sur le sol, la mati^re imponderable dont il est form6 lui permet de se transporter dansles endroils les plus lointdins avec la rapidity deTdclair, et, suivant le degr6 de son avancement moral, ses occupations spirituelles s'^loignent plus ou moins des preoccupations qu'il avail sur la terre.
On ne pent nier aujourd'hui L' existence du corps spiriluel, car des experiences directes nous ont permis d'etudier sa nature et son mode de condensation.
Nous avons vu, dans les experiences de Crookes et d'Aksakof, ce corps spirituel revetir peu a peu les caract6res de la matifere, et les moulages nous montrent que ce corps estrigoureusement identique a celui que I'Esprit avait sur la terre.
Une simpleanalogie pent, sinon expliquer,du moins aider ^comprendre ce qui a lieu dans ce cas.
Le perisprit pent Stre assimiie a un eiectro-aimant, le corps au spectre magnetique, et la vie a reiectricite.
Tant que le fluide eiectrique ne circule pas, il n^y a pas de spectre, le fer de I'eiectro-aimant reste indifferent, c'est lo perisprit dans I'espace ; il contient virtuellement toutes les lois qui formeront I'organisme, mais il ne les exerce pas. Aussitot que le courant circule dans Telectro-aimant, la limaille de fer se range suivant un certain ordre et forme ce dessein que Ton nomme le spectre magnetique; de mSme le perisprit, sous i*influence du fluide vital emprunie au medium, range la matiere suivant le dessein de Torganisme, et reproduit le corps humain tel qu'il etait pendant la vie terrestre.
^e perisprit, bienque forme de la matiere primitive.
est pins oc moins pur d'aliiagp suivant le monrte hsbite par TEspril Cettf rema-']Uf nnus amene n signaler ia verhabif vibct- uue iinu^ occupons dans lunivers.
Cne TtTit-' out Vaslrnnomit- d reuduf ai.jourd'hui b&ii<>le. cesl que Dotre moiidt n est pins Ip pivot de ITJiiivers. rl que. ioiu de'.re ie cpnLre du mondp-. notre pauvre ji^tilc tt-iTf as; ntjedesplaniles ]es pins mal parlaf ees du syelime soiaire . Rien dans son ^ijlame ou dans la posiiion de son ecHptJque. de l&quelle ri-sultcrif les Baisons. ne lui dcDDp !p droit de B'eoor^ue!:!ir de la piiice qu'ellp occupe, el pas tres loin de nous, le mondf de Jupiler nous offre I'exemple decondilioriS dhaliitaljilite bien preferable aux notres. Ayec ees conDatssances. qui font des ^toiles des solfils comme le noire aulour dosquels circuienl des flant-les, soul lombees les erreurs s^culaires de no5 aieux qui avaient piac^ I'enfer au centre de la terre, et le troisi^'ine ciel, celui ofi ful ravi saiut Paul, aux confins de la citation. Ccs donates cosmologiques se basaienl sur rijriiorance dans laquelie se trouvaient les lli^ologieits des Vi?ritables proportions de i'Univers.
Lorsque la scicnct;, avec rinfxorablo Ingiquc des fails, a ouverl devant nos yeux ^toDut^s el ravis los perspectives sans homes de riiifltii. lorsqilH I'listronomie a port^ son flambeau dans les espaces sidiSraux, les vieilles ii5gendes se sont iWa:iouics au souitledela r^alit^.Lesmondes qui pouplunt I'univnrs sont des terres corame !a nfttre, sur tesquellon pftlpile la vie universelle. et I'liomme mndorno rit dos enfanLines prtStentions de nos piTfS, i\r iKiriicr ("i I'i'l
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imperceptible grain de sable qui s'appelle la terreles manifestations de la force infinie^ incr66e, 6ternelle, de Dieu.
Mais alors, si le ciel n'existe plus a Tendroit qu'on indiquail, ou done est-il transports I Dans quels parages de rimmense Univers devons-nous placer le lieu de dt^lices que Ton promet aux ^mes qui auront rempli dignement leur mission ici-bas ? C'est ce qu'aucune religion n'indique, et, seul, le spiritisme, en dSmontrant la veritable destinSe de I'homme, nous met k mSme de comprendre le progrfes indSfini de Tesprit, par des transmigrations successives. En prenant comme point de depart les atlributs de Dieu et la nature de Thomme, Allan Kardec a montrS quel devait 6tre notre avenir spirituel. Nous allons exposer sa th6orie en la rSsumant.
Khomme est compos6 du corps et de Tesprit; I'esprit est I'^tre principal, T^tre de raison, TStre intelligent ; le corps est Tenveloppe mat6rielle que rev6t temporairement Tesprit pour Taccomplissement de sa mission sur la terre, et TexScution du travail n^cessaire a son avancement. Le corps, us6, se d6truit, et Tame survit k cette destruction. En somme, Tesprit est tout, et la matifere n'est qu'un
accessoire, de sorte que I'ame dSgagSe des liens corporels rentredans I'espace^qui est sa veritable patrie. 11 y a done le mondecorporely compost des Esprits inearn6sf le monde spirituel, form6 par les Esprits dSsincarnSs. Les 6tres du monde corporel, par le fait m6me de leur enveloppe matSrielle, sont attaches a la terre ou a un globe quelconque ; le monde spirituel