‹ Le philosophe DamasciusChapitre 23 sur 29 · TEXTE DE KOPP. VARIANTES DE GALE · texte numérisé non relu

TEXTE DE KOPP. VARIANTES DE GALE

.…. Τὰς δὲ δύο ἀρχὰς ὕδωρ nai om. δὲ ut monac. cod. ψάμμον, ὡς Ἡράϊσχος" ὡς δὲ post ‘Ho. add. ἱστορεῖ, recte. ὁ πρεσδύτερος αὐτὸς ᾿Ασχληπιάδης, αὐτοῦ melius. Ψάμμον χαὶ ὕδωρ, ἐξ ὧν καὶ μεθ᾽ | ἃς γεννηθῆναι τὸν πρῶτον Kaunoiv, Κνῆφιν, mon. cod. : Κνήφ.

Damascius, dans la Vie d’Isidore (Photius, Myriobibl., cod. 242), parle du dieu Gennæus, représenté à Héliopolis sous la figure d’un lion. Ce passage de notre philosophe a été rapporté par un hébraïsant du dix-septième siècle : « Joannes Croius, » dans un petit livre très-rare : Specimen conjecturarum, etc. (p. 8). Nous devons la communication de ce volume à la bienveillance de M. Vincent, dont la bibliothèque, si riche en ouvrages relatifs à l’histoire des religions et des philosophies antiques, a singulièrement facilité nosrecherches. Le titre seul de cet opuscule suffira pour en faire voir l’intérêt au point de vue qui nous occupe dans cette étude :

« Joannis Croii Specimen conjecturarum et observationum in quædam loca Origeais, Irenæi, Tertulliani et Epiphanii, in quo varia Scripturæ sacræ et auctorum græcorum et latinorum loca exponuntur, emendantur et illustrantur : Ægyptiorum quoque, Chaldæorum, Phænicum, Pythagoræorum et Rabbinorum theologiæ et philosophiæ arcana indicantur et aperiuntur. » S. /., 1632, p. in-80, 140 pages.

Un compatriote de Hyde, Rodolphe Cudworth, a rapporté plusieurs assertions de Damascius, pour les condamner, dans son Système intellectuel.

Fidèle interprète de la pensée philosophique ou plutôt religieuse qui domine tout le System de Cudworth, Mosheim, qui traduisit cel ouvrage en latin, s'associe à la prévention hostile dont Cudworth élait animé contre la philosophie orientale et contre ses plus anciens historiens. « Quæ Theodorus, écrivait Mosheim (System. intell., t. [, p. 997) qui de Persarum magia commentatus est apud Photium (cod. 81, p. 199) et Eudemus apud Damascius de ecrum disciplina perhibent, tam ab omni ratione relicta et aversa sunt, ut verear ne in lectorum peccem patientiam si ea retulero. » Les scrupules du savant théologien protestant l'ont empèché d'apprécier la valeur historique de ces mêmes doctrines.

Cudworth ἃ lu sans doute le texte des Premiers principes dans l'exemplaire du collége Corpus-Christi; il dirigeait ce collége en 1654.

Jablonski, dans son Panthéon égyptien, ἃ cité (p. 19), d’après le Systema intellectuale (t. T, Ὁ. 327), un passage de Damascius compris dans les Anecdota de Wolf (t. IV, p. 260), et un second passage de notre auteur, rapporté déjà par Steuchus et, d’après ce dernier, par Cudworth (System., t. I, Ὁ. 354). — Il ἃ fait remarquer aussi, contrairement à la protestation de Mosheim, que certaines assertions énoncées dans l'ouvrage de Damascius trouvaient leur confirmation sur les monuments hiéroglyphiques de l'Égypte.

Parmi les philologues auxquels les écrits damasciens n’ont pas été inutiles, nous devons citer encore l’auteur d’Aglaophamus. M. Lobeck, dont la perte récente est si regrettable, ἃ rapporté plusieurs fois le témoignage de notre philosophe sur les doctrines orphiques, dans cette savante histoire de Ja théologie mystique des Grecs, où l'exposition de ces doctrines occupe les deux tiers au moins de l'ouvrage. M. Lobeck propose même plusieurs corrections du texte publié par Kopp (40). Il est fâächeux, pour le direen passant, que M. Lobeck

(40) Voici la plupart des corrections proposées par M. Lobeck ou citées par lui :

Édition Kopp, page 147,1. 21, Κρόνος. — Aglaophamus, p. 475 : Χρόνος.

Éd. K., p. 186, 1. 2 en montant : ἀγχυλομήτης τὴν νύχτα. — Aglaoph., p. 506 : ἀγχυλομήτης. Kai (hoc addendum) τὴν νύχτα.

Éd. K., p. 187, 1. 1 : πεποιηχέναι. — Aglaoph., p. 506 : πεποίηχε.

n'ait pas consulté la partie restée inédite des Premiers principes. La mention d'Orphée y revient deux fois plus souvent que dans le texte de l'édition Kopp, et eût augmenté sensiblement la riche collection de fragments orphiques insérée dans l'Agluophamus.

Trois philologues, plusieurs fois mentionnés dans les pages qui précèdent, ont publié des fragments étendus de Damascius : [riarte, Wolf et M. Kopp.

En 1769, Iriarte mit en lumière la partie finale des Extraits divers, intitulée Περὶ γεννητοῦ, sur la génération du monde. Cet extrait, inséré par Iriarte dans son catalogue de la Bibliothèque de Madrid, et emprunté au manuscrit n° 84 de cette bibliothèque, occupe, dans le catalogue, les pages 330 à 335. [riarte le premier, puis, sur son témoignage, Fabricius et Harles (t. III, p. 484 et 485), ont, nous l'avons dit plus haut, commis une erreur assez grave en présentant cet extrait comme emprunté au livre des Premiers principes. Du reste, Harles fail observer avec raison que l’ouvrage d’Iriarte est très-rare. La publi-

Éd. K. p. 198, 1. 11 : Χρόνον. — Fortasse scribendum Κρόνον, disait Kopp; correction repoussée par M. Lobeck, Aglaoph., p. 470.

Éd. K, p. 580, 1. 19: τὴν δὲ τρίτην τὸν Μῆτιν τὸν Ἠριχαπαῖον ὡς δύναμιν.--- Aglaoph. p. 483: εἰς δὲ τὴν τρίτην τὸν M. ὡς νοῦν, τὸν ἮἨ. ὡς δύναμιν.

Éd. K., mème page, 1. 15 : τὸν ἀργῆτα χιτῶνα. — Correction de Bentley (Opuscul. p. 455.), rapportée par M. Lobeck (Aglaoph., ibid.) : τὸν ῥαγέντα y.

Éd. Καὶ, p. 381, 1. 4: 6 αὗτος. Correction de Tiedemann (De prim. Græc. philosoph., p. 63), citée par M. Lobeck (Aglaoph., p. 484) : ἡ αὐτὴ.

Éd. K., mème page, 1. 13 : ἀγήρατον. — M. Lobeck (Aglaoph., p. 485), préfère ἀγήραον.

Éd. K., m. p., 1. 6 en montant: τῆς σιγῆς παραδοθείσης. — Lobeck (Aglaoph., ibid.) : τῆς τῇ σιγῇ παραδ.. leçon du ms. de Hambourg, adoptée aussi par Wolf.

Éd. K., m. p., ligne dernière : γεννᾶται τριπλήγονην (sic). En note : ms. de Munich, τριπλῆν γονὴν, etc. — Lobeck (Aglaoph., p. 486) : γεννᾷ τὴν τριπλῆν γονὴν.

Éd. K., ibid., φησὶ νοερὸν. ---- Lobeck (Aylaoph., ibid.), fort. scribend. φημὶ νοτερόν. Plus bas le ms. de Munich donne νοτερός au lieu de νοερῶς qui se lit dans le ms. de Hambourg.

Éd. K., p. 382, 1. 11. Θεὸν ἀσώματον ἔχοντα (cod. Hamburg. : ἔχων. --- M. Lobeck (Aglaoph., ibid.) préférerait θεὸς ἀσώματος. ἔχον. Il soupçonne la leçon δισώματος.

Éd. K., m. p.,l. 13 : après ταυρῶν, M. Lobeck (Aglaoph., ibid.) suppose l’omission de plusieurs noms d'animaux.

Ce texte de Damascius, rapproché par Zoega (Comment., p. 239), et d’après lui par M. Lobeck, d’un passage d’Athénagoras (XVII, p. 18), permet de restituer deux mots importants qui manquent évidemment dans ce passage.

Éd. K., 883, 1. 7: τὴν δὲ τὴν. — Lobeck (Ag/aoph., p. 489) : τὴν δὲ γὴν.

a tatced Te AE

ΤΡ a M SL

cation qu'il a faite du morceau Περὶ γεννητοῦ ne saurait donc diminuer l'utilité d’une publication complète et annotée du recueil des Extraits divers auquel Iriarte emprunta ce morceau.

Le philologue allemand Christophe Wolf ἃ fait entrer quelques pages des Premiers principes dans son recueil d'Anecdota sacra et profana (41); son premier extrait correspond aux pages 4 à 3 de l’édition Kopp et le deuxième aux pages 344 à 385 de cette édition, Wolf suivit, nous l'avons vu plus haut, le manuscrit de Hambourg et connut aussi l'exemplaire oxonien du collége Corpus-Christi. L'importance des morceaux damasciens qu'il publiait ne lui avait pas échappé; loin de là, 11 les considérait eomme ses principaux Anecdota (t. IT, præf. p.8). Malheureusement sa publication est remplie de graves omissions et de corrections hasardées.

Il nous reste à parler de l'édition partielle des Premiers principes, que Joseph Kopp fit paraître à Francfort. L'idée de publier ce grand ouvrage n'était pas nouvelle, on va le voir, à l'époque où elle reçut par les soins de Kopp un commencement d'exécution.

Un Anglais du dix-septième siècle, Henry Dodwell, qui a publié plusieurs textes grecs, eut l'intention de donner une édition des Premiers principes. Dans une lettre adressée à un autre érudit, Gœtzius, on voit les vœux qu'il faisait pour que Damascius trouvât un éditeur et un interprète. Cette lettre parut en 4711, l'année même de sa mort, en tête du livre intitulé Epitaphium Jul. Vitalis cum notis H. Dodwellii, Iscæ et Londini, in-8&.

Nous avons dit plus haut que l'évêque d'Oxford, J. Fell, au dixseptième siècle également, avait fait exécuter une belle copie de l’ouvrage tout exprès pour le publier; mais la mort le surprit avant qu'il eût réalisé ce dessein.

Morelli nous apprend (Catalog. mss. ven., p. 139) qu’un éditeur anglais du Parménide, J. ἃ. Thomson, voulait publier toute la seconde partie des Premiers principes, qu’il considérait sans doute, et ce n'était pas à tort, comme un excellent commentaire sur le dialogue de Platon. Il eût fait son travail sur le grand exemplaire d'Oxford.

(41) Anecdota sacra et profana ex codd. manu exaratis nunc primum in lucem edita et notis 1llustrata, versione latina donata (pas toujours); Hamburg, 1722-1724. — ἡ vol., p. in-8°. Tome IV, p. 195-262 (et non pas tome III, comme l'ont écrit Cudworth, Iriarte, Lambécius, Jablonski, Fabricius, et comme on l’a toujours répété depuis).

Jean Christophe Wolf, qu’il ne faut pas confondre avec le célèbre auteur des Prolegomena in Homerum, vécut de 1683 à 1737; il voyagea beaucoup en explorateur de bibliothèques, Vers 1715, il était recteur de l’Académie de Hamboure,

On ignore quel obstacle est venu l'arrêter. Il a seulement inséré, paraît-il, quelques passages des Premiers principes dans son Parménide (Oxford, 1728).

Morelli rapporte aussi que Thomas Burges avait annoncé qu'il publicrait une grande partie des Premiers principes d’après le manuscrit d'Oxford. — Enfin le philologue Fr. G. Sturz, c'est encore Morelli qui nous l’apprend, avait entrepris une publication du livre entier de notre auteur.

Un philologue français du siècle dernier, d’Ansse de Villoison, dans ses Anecdota græca (Venise, 1784. t. II, p.253), déclare que les écrits de Damascius contiennent « des morceaux extrêmement précieux pour l'histoire de la philosophie et de la métaphysique chez les anciens ». Il ajoute « qu'il aurait voulu exhumer des bibliothèques de Paris et de Venise et donner au public le livre de Damascius intitulé Doutes et solutions sur les premiers principes ».

D'autres érudits, sans aller jusque-là, ont exprimé le désir de voir entreprendre cette publication. Iriarte (p. 330) l'appelle un travail « tot doctorum hominum votis expelilum >.

En 4843, Clavier, dans sa biographie de Damascius (Biogr. univ. de Michaud), était loin de contester l'utilité d’une édition du Περὶ ἀρχῶν; au contraire, «il faut espérer, dit-il, qu'on exhumera l'ouvrage de Damascius, etc. »

Treize ans plus tard, le vœu de Clavier s’accomplissait en partie. M. Kopp publiait un texte grec auquel il donnait ce titre : Damasci philosophi platonici quæstiones de primis principüs; Francofurti ad Mœnum, 1826; 4 vol. in-8° de xvi-408 pages. Son livre est dédié à Fr. Creuzer, qui, par ses conseils (hortatus) l'avaient déterminé à faire cette publication.

M. Kopp adopta l'opinion d’après laquelle on distingue deux ouvrages dans le texte total, où l’on ne doit voir, selon nous, que le traité des Premiers principes. Il croyait publier en entier ce Traité des premiers principes, comme on le voit facilement par le titre même de son livre. Dans sa préface (p. xur) et à la fin du volume (p. 389), il annonce qu'il fera bientôt paraitre « le Commentaire sur le Parménide » ; mais il n’a pu tenir cette promesse. Peut-être le lecteur s’estil déjà demandé pourquoi M. Kopp crut devoir se ranger à l'opinion de Morelli et de divers autres bibliographes, plutôt que d'admettre, avec la plupart des philologues, l'existence d’un traité damascien unique Sur les premiers principes et sur le Parménide. Comment a-t-il jugé plus compétents, sur ce point, les savants qui s'occupent surtout de l’état extérieur et, en quelque sorte, du costume des textes an-

ciens, que ceux dont l'investigation porte sur les malièrcs mêmes traitées dans ces textes ? On ἃ le droit de s'étonner que, se proposant de publier un texte aussi étendu, M. Kopp n'ait pas donné son appréciation personnelle sur la disposition la plus vraisemblabie de ce texte, et l'on ἃ peine à comprendre qu’il ait pu préférer aux conclusions qui seraient résultées de son propre examen, l’avis non motivé qu'il recueillait dans une notice paléographique. Morelli était un bibliographe éminent; mais il ne pouvait donner aux trois ou quatre cents manuscrits de son catalogue toute l'attention que devait au seul texte de Damascius le philologue qui se proposait de le publier (42).

Kopp a établi son édition sur le manuscrit de Hambourg et consulté accessoirement celui de Munich et les trois vénitiens. Il n’a pas ignoré que plusieurs autres manuscrits élaient conservés en Espagne et en Angleterre. Qu'il ne s'en soit pas servi, nous trouvons la chose regrettable, mais, après tout, bien admissible; ce qui nous paraît plus étrange, c'est qu’il semble n'avoir pas même soupçonné l'existence des trois exemplaires conservés à Paris, ni d’aucun manuscrit français (43).

(42) Pour être juste, il faut ajouter que l’adhésion de Kopp n'est pas absolue. Dans sa préface, il a soin de faire cette remarque, en parlant du secondlivre, suivant la disposition du manuscrit de Munich : « Hic liber ut ipsa inscriptio declarat, arctissime cum priore cohæret nisi forte adeo pars ejus posterior sit. » Au moment de terminer la publication du texte partiel, il est, pour la seconde fois, comme saisi d'une espèce de remords et, tout en invoquant l’autorité de Morelli et des autres maitres, renouvelle ainsi sa prudente restriction (p. 389) : « Commentarium in Parmenidem subsequens arctissime cum his dubitationibus cohærere judico. »

| (43) Cette singularité nous rappelle que l’éditeur allemand du Commentaire de Proclus sur le Timée de Platon, G. E. Schneider, a négligé de faire collationner le texte de Proclus sur les quatre manuscrits de Paris (Biblioth. imp., Nos 1838, 1839, 4840 et 1841), qui pourtant avaient été signalés par M. J. Simon, en 1839, huit ans avant la publication de ce texte. M. Vincent, dès 1847, a fait remarquer cette négligence (Revue de philologie, t. 11. p. 347 et suiv.) et reconnu, dans les manuscrits 1838 et 1841, un texte plus ancien et plus correct que celui des deux éditions de Proclus données jusqu'alors. Cette importante révélation, dans la notice de M. Vincent, est appuyée d'un double relevé : 1° Leçons nouvelles ; 2° Lacunes remplies. Voilà des faits qui devraient attirer l’attention de la philologie allemande, placée si haut et, le plus souvent, à si juste titre, dans l’estime de l’Europe savante

Pour revenir à J, Kopp, nous exprimerons le vœu que l’on recherche la trace de ses travaux inédits sur Damascius. La bibliothèque de l’Université d’Erlangen, où M. Kopp professa la philologie, possède quelques manuscrits grecs et actres dont il avait fait des copies, sans doute avec le dessein de les publier (Handschriften Katalog., etc., von Irmischer, 1852, in-8°, Nos 164-148). Ce sont : 10 Lexicon græcum; 20 Excerpta ex Aristotele; 30 Collectanea plhilosopluica (recueil fait sans doute par lui-même) ; 4° Lexicon Aristotelicum, et 5° Lexicon philosophicum græcum; en tout

La publication de Kopp s'ouvre par une savante notice de quinze ou seize pages, dont la lecture, nous le répétons, ne nous ἃ pas été inutile pour écrire la biographie de notre philosophe.

Le texte grec, paginé d’après le manuscrit de Hambourg, a été divisé en centseize chapitres. On voudrait voir chacun de ces chapitres précédé d’un court argument.

Des notes placées au bas de chaque page présentent les diverses leçons des manuscrits consultés, les annotations ou les indications marginales de ces manuscrits, les corrections que propose l'éditeur. ou bien encore l'explication, rédigée en latin, des passages les plus difficiles.

A la suite du texte et des notes viennent une quinzaine de pages qui, sous le titre d'Adnotationes, contiennent de nouveaux éclaircissements plus développés et quelques citations textuelles du philosophe Hérennius; M. Kopp, d'après-ces citations mêmes, le considère comme élant postérieur à l’auteur des Premiers principes. Ajoutons que Luc Holstein, en 1631, émettait la même opinion (Epist. ad. div. ed. Boissonade, p. 228).

Le volume se termine par trois pages entièrement consacrées aux corrigenda et aux addenda. Une grande partie de ces reclfications ont été rendues nécessaires par la négligence des copistes qui ont préparé le travail de M. Kopp; voilà du moins ce que nous apprend son Introduction.

Une lacune des plus fâcheuses, c’est l’absence de tout index, de tout lexique, pour faciliter les recherches, à travers les 390 pages de texte grec et de notes. Il est inutile d'insister sur le prix de ces indications, si faciles à recueillir pour un éditeur, et dont le secours épargue une grande perte de temps à ceux qui travaillent.

Ainsi donc, le docteur Joseph Kopp a donné une édition partielle des Premiers principes, comprenant moins de la-meitié de ce grand ouvrage. Son travail n’a pas été fait dans toutes les conditions nécessaires: peu de manuscrits consultés, une étude peu approfondie du texte, une disposition extérieure qui aurait pu être plus avantageuse, pas un seul index : voilà des imperfections qui justifieraient faci-

quinze volumes, qui furent acquis à sa mort, en 1842, par un riche personnage, et donné par lui à l’Université d’Erlangen. Nous sommes heureux de pouvoir signaler ces travaux aux futurs éditeurs du philosophe Damascius. Il n’est pas douteux que les recherches de M. Kopp contiennent une foule de notions précieuses, surtout au point de vue lexicographique.

ΣΧ τὰ OT ἪΝ

re it

De Vin dr τ Si Pt

Pin,

SE νου

lement l'idée d'entreprendre un nouveau travail sur cette portion du Traité des premiers principes (44).

Quant à la partie encore inédite, nous avons essayé d'expliquer, et même de faire voir par quelques emprunts, tout l'intérêt qui peut s'attacher à sa publication. Nos Morceaux inédits ne sauraient donner sur ce point qu'une idée imparfaite; on ne doit pas y chercher autre chose qu'un simple aperçu. C’est dans le Traité entier des Premiers principes qu on étudierail avec fruit l’état de la philosophie grecque et orientale au siècle de Justinien. IF faudrait pour cela posséder une édition complète de l'ouvrage, soit que l’on continue le travail de Kopp, soit qu'on le reprenne à son origine. L'idée de continuer Kopp et de suivre son plan ne nous semble pas mériter une grande attention; le lecteur a pu comme nous reconnaitre les imperfections les plus graves de son travail; on nous permettra donc de ne pas nous arrêter à cette idée et de nous expliquer immédiatement sur là méthode à suivre, selon nous, pour donner une bonne et utile édition du Trailé des premiers principes.

Puisse l’auteur de cette entreprise trouver quelque profit dans les observations suivantes, par lesquelles se terminera notre Étude (45)!

Il faudrait commencer par la récension de tous [65 manuscrits dont la trace pourrait se retrouver. Tel exemplaire insignifiant au premier aspect récompensera par une trouvaille imprévue, et peut-être trèsimportante, la patience du collationneur. Qui sait d’ailleurs si le manuscrit dédaigné ne contient pas une restitution, une remarque, une heureuse correction marginale dont pourrait s'enrichir l'édition du texte? La leçon jugée la meilleure sera toujours adoptée, qu’elle -oit empruntée à la récension des manuscrits, ou bien à l'examen de leursnotesmarginales, ou bien encore qu’elle soit proposée par l'éditeur avec une parfaite conviction et des motifs incontestables. Cette double condition préservera encore le texte de ces modifications intrépides qui abondent en certaines éditions allemandes. Après tout, si l’authenticité du texte n'était pas encore assez gagantie, les variantes,

(44) ἢ faut compter aussi parmi les écrits de Damascius qui ont été publiés, le fragment de la Vie d'Isidore inséré dans la Bibliothèque de Photius et imprimé avec ce grand ouvrage. On sait que la Bibliothèque fut tirée des manuscrits par Hoeschel en 4601, mise en latin par Schott cinq ans après. Une édition grecque-latine parut en 1611. De nos jours, une nouvelle édition du texte grec seul ἃ été donnée par Em. Bekker (Berlin, 1824, 2 vol. in-4°).

(45) Nous croyons savoir qu’il se prépare en ce moment une publication du Περὶ ἀρχῶν. Le zèle du jeune sayant qui veut se vouer à cette entreprise nous fait espérer qu'elle s’accomplira.

cortège inséparable d’une édition première, seraient toujours là pour assurer la forme chirographique de ce texte. Mais l'éditeur des écrits antiques, si nous comprenons bien sa belle et délicate mission, doit s'efforcer de reproduire la forme sous laquelle ces écrits sont sorlis des mains de leur auteur, et non pas celle que leur ἃ donnée la manière ou le degré d’habilelé propre à chacun des copistes dont la plume nous les ἃ transmis.

Nous avons vu que le manuscrit de Hambourg et son analogue de Paris présentent un grand nombre d'indications marginales. Leur véritable place, à notre avis, n’est pas, comme dans l'édition Kopp, au bas de chaque page, à titre d’éclaircissements; c'est plutôt audessus ou bien à la marge du texte dont elles font connaître la matière.

Les autres annotations devront figurer parmi celles de l’éditeur, facilement séparées de ces dernières par une indication abrégée de leur source.

Un index des chapitres, un index alphabétique des noms propres et des noms de choses, enfin le relevé complet de tous les mots employëés dans l'ouvrage, tel serait le digne couronnement d’une édition de Damascius.

Nos vœux ne-s'arrêteraient pas là; une traduction fidèle vaut un long commentaire : il serait méritoire et utile de traduire Damascius. Serait-il nécessaire de le traduire en français ou bien en toute autre langue moderne? Une traduction latine, à la fois littérale et intelligente, nous paraîtrait préférable. N'oublions pas que notre époque, essentiellement investigatrice, cherche avant tout des données historiques dans les textes peu explorés du néoplatonisme. L'érudit considère ces textes comme des monuments archéologiques, et ce qu'il réclame de celui qui veut bien les traduire, ce n’est pas autant un dessin artistique, une élégante représentation qu'un estampage exact, disons le mot, une reproduction. Pour ces deux objets si différents, on voit combien seraient différents le rôle de la langue française, ou d'une autre langue moderne, et le rôle de la langue latine. On ne saurait alléguer ici l'exemple de M. Bouillet traduisant les Œuvres de Plotin en français. Les Ennéades, où la morale tient une place trèsimportante, s'adressent, pour cetle raison, à toutes les classes de lecteurs. Au contraire, la théologie hellénique et orientale, la physique, la méthaphysique, tels sont les seuls sujets dont il soit question chez ie philosophe Damascius. Il faut donc que l'interprétation soit très-proche de l'original. Les révolutions linguistiques accomplies en douze ou treize siècles meltraient entre les deux textes antique et

Ne

moderne une trop grande distance. « Traduire, a dit M. Cousin (Métaphys. d'Arist., 1838, p. 17), traduire, c’est reproduire un auteur, non pas tel que nous aurions voulu qu'il fût, soit pour notre goût particulier, soit pour celui de notre siècle, mais rigoureusement tel qu'il a été dans son pays et dans son siècle, sous ses formes réelles telles que l'histoire les ἃ conservées. » (Cp. N. Bouillet, Ennéades, t. [, p. xix). Peut-on se flatter, en ce qui touche Damascius, de remplir ces diverses conditions, de manière à devenir séricusement utile aux historiens du néoplatonisme ?

Mais admettons un instant la possibilité de réaliser cet idéal. Une autre considération s'ajoute à celle que nous venons d'exposer en faveur d’une traduction latine des Premiers principes. Le latin est, pour ainsi dire, une langue universelle. Supposé qu'un helléaiste consommé parvienne à traduire dans sa langue maternelle un auteur tel que Damascius, il en résultera un inconvénient grave. Cette interprétation qui aura demandé autant, sinon plus de peine que la version latine, ne pourra servir qu'à un nombre limité de lecteurs. Il faudra donc, si l’on veut augmenter ce nombre, ou retraduire cette traduction primilive dans une autre langue moderne, méthode qui n’est pas sans danger, ou reprendre le pénible travail d'interprétation.

La traduction des Premiers principes étant ainsi réduite aux proportions d’une traduction intelligente et savante, mais toujours littérale, il devient évident qu'elle laisse dans le texte grec presque toute l'obscurité des pensées qu'il exprime. Aussi jugeons-nous que cette traduction doit être accompagnée d’un solide commentaire. Au moyen d’études antérieures, on portera la lumière sur les passages les plus obscurs. Mettez en présence de notre philosophe tantôt les Platon, les Aristote, les Proclus, les Porphyre, les Jamblique, ses principaux maîtres; tantôt ses disciples, tels que Simplicius ou le second Olympiodore : tous concourront à éclaircir le sens de son discours. Ces rapprechements, en outre, feront bientôt voir quelle part d'originalité revient au dernier successeur de Plotin.

Le même intérêt s’altachcra, selon nous, aux excursions que l’on pourra faire dans les travaux relatifs au néoplatonisme qui se sont produits en France depuis la publication de Kopp. Ces travaux, que firent naître et se développer partout les tendances critiques de la littérature moderne, et. chez nous particulièrement, les concours ouverts, il y ἃ quinze ans, par jl'Institut, fourniraient aujourd'hui à l'éditeur de Damascius une foule d'explications précises, de rappro-

δῆ LE PHILOSOPHE DAMAS£IUS.

chements lumineux, de remarques neuves, dont il ne faut pas chercher l'ombre même dans le volume de Francfort. On aimerait sans doute à voir le dernier philosophe de la chaîne platonique interprété par les Cousin, les Vacherot, les J. Simon et les Barthélemy Saint- Hilaire.

Quant à l'utilité que peut offrir à son tour le Traité des premiers principes ainsi publié, traduit, commenté, nous avons essayé de la rendre sensible à l’aide de nos Extraits et de nos Tableaux, et par la citation des témoignages les plus décisifs.

La publication des Premiers principes, reprise et poursuivie jusqu’au bout, serait donc un nouveau monument élevé par la philologie à la critique philosophique. La première, tout en ayant pour objet l’histoire de la parole, se tient au service de l’autre, qui a pour tâche d'écrire l'histoire de la pensée; mais on voit d’ici combien la critique philosophique peut seconder à son tour la philologie. L’édition du philosophe Damascius, telle que nous l'avons conçue, offrirait un nouvel exemple de ces mutuelles relations :

Alterius sic Alteræ poscit opem.

Page 1