‹ Le philosophe DamasciusChapitre 24 sur 29 · NOTICE PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

NOTICE PRÉLIMINAIRE

Ces morceaux, au nombre de neuf, sont pris tous dans la partie inédite du Traité des premiers principes. où la bibliographie ἃ souvent cru voir un ouvrage distinet intitulé : Commentaire sur le Parménide de Platon. Nous avons montré plus haut la fausseté de cette hypothèse,

Nous avons eu sous les yeux. pour établir notre texte, deux maauscrits qui appartiennent à la Bibliothèque impériale :

Les n°° 1987 et 1988. 2 volumes in-4°, — Ms. A.

Le n° 1989, 1 volume in-fe. — Ms. B.

La partie bibliographique du présent travail offre une deseription détaillée de ces deux exemplaires: nous nous bornerons ici à quelques nouvelles observations.

Le manuserit A est rempli d'omissions et d'incorrections: maisson collationnement nous à fourni plusieurs leçons qui sont entrées dans les textes que nous publions ci-après ; nous lui devons même la restitution d’un court passage omis dans l’autre manuscrit. Bien qu'il ne soit pas trés-ancien (seizième ou dix-septième siècle? }, il contient à peine, çà et là, deux ou trois signes de ponctuation.

Le manuscrit B, magnifique volume doré sur tranche, d'une excellente écriture, est beaucoup plus correct que le précédent; mais sa ponctuation est encore assez défectueuse. Du reste, il ne faut attacher, selon nous, qu'une très-mince importance à ce détail de paléographie. La ponctuation ne saurait jamais être la base d’une discussion de texte vraiment sérieuse ; toutce qu'elle peut faire, c'est d'y prêter quelques éléments.

Le texte grec est accompagné d'une version latine, qui, autant que possible, ne s’écarte pas du vocabulaire classique.

Cicéron, comme on sait. ἃ traduit quelques pages du Timée de Platon ; plusieurs fois 1l s'est vu contraint de forger des mots. C’est ainsi qu'il hasarde (Timæus, ὃ 7) le pluriel de medietas. mais non

sans précautions oratoires : « Ut in singulis essent bina media; vix enim audeo dicere MEDIETATES, quas Græci μεσότητας appellant; sed quasi ita dixerim, intelligatur ; erit enim planius. »

Cet essai de Cicéron nous a été d’un grand secours.

On connaît aussi la lettre de Sénèque à Lucile (Epist. ad Lucil. 011). où le philosophe déplore la pauvreté, il dit plus, l’indigence de la langue latine. Il-écrit sa lettre à l'issue d’un entretien auquel il avait pris part, et qui avait roulé sur la philosophie de Platon. « Quanta verborum nobis paupertas, dit-il, tmo egestas sit, nunquam magis quam hodierno die intellexi. » Dans cette lettre se rencontre encore la traduction latine de plus d’un mot grec emprunté à la métaphysique. — Lucrèce regrette aussi, en divers passages de son poëme, la pénurie d'expressions latines correspondantes à celles de Démocrite et d'Épicure.

Malgré cette difficulté, plus grande encore pour le latiniste moderne, nous avons exclu presque absolument le néologisme, et pris le parti, lorsque le mot latin manquait, de recourir à la périphrase ; ainsi ont fait souvent les trois écrivains de Rome que nous venons de rappeler.

Chaque morceau est accompagné des annotations auxquelles il nous à paru donner lieu. Quelques personnes jugeront peut-être superflu le soin que nous avons pris de reproduire, comme variantes, toutes les fautes que nous avons relevées dans le manuscrit A, plutôt que üe nous borner à l'insertion des leçons qui présentaient un certain sens; mais d’autres lecteurs trouveront là, nous n'en doutons pas, un fonds d’utiles renseignements. Il est bon d’avoir sous les veux le plus d'exemples possible de l’inadvertance des copistes; ce n’est point peine perdue que de suivre jusque dans leurs moindres écarts ces dépositaires obscurs de la littérature antique ; on parvient ainsi quelquefois à surprendre le secret de certaines altérations, graves ou légères, que leur travail devait imposer aux textes qu'ils nous ont transmis.

“Nous devons remercier ici un jeune helléniste, M. J. Larocque, qui a bien voulu revoir avec soin les épreuves de nos Morceaux inédits.

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