LES RADIATIONS
DUS savez qu’en photographie, soit que déplaçant les lentilles nous mettions au point le sujet à reproduire, soit que tout étant disposé, nous découvrions durant quelques secondes la plaque sensible, à chaque instant nous travaillons avec les radiations lumineuses. Quelle est la nature de ces radiations provoquant en nous la sensation de lumière? De quelle façon se transmettent-elles?
Tel est le sujet de la présente causerie.
Plusieurs expériences simples suffisent pour exposer les caractères principaux de la marche de la lumière; dans une pièce close, percevons-nous un trou dans un volet, vers le soleil, un mince filet lumineux illumine sur son passage les poussières de l’air, semblant leur faire exécuter quelque valse fantastique; regardons-nous au travers d’un long tube, au préalable bouché par deux écrans percés d’une petite ouverture au centre, regardons-nous, dis-je, une étoile scintillant au firmament, la sensation lumineuse n’a lieu qu’à l’instant précis où notre œil et l’étoile se trouvent dans l’axe des ouvertures.
De ces faits, il faut conclure à la transmission rectiligne de la lumière.
Les Anciens connaissaient cette marche directe du rayon lumineux, sans toutefois en avoir déduit les règles les plus élémentaires de l’optique.
Il fallait le génie de Newton, le grand mathématicien anglais, pour établir une théorie de la propagation, la théorie de l’émission.
Cette conception, aujourd’hui reconnue fausse et remplacée par celle des ondes, a néanmoins, durant près de deux siècles, servi à établir les données des combinaisons optiques (télescopes, microscopes), employées par nos pères et présidé au développement de l’industrie optique; cette théorie, en discordance avec certains faits, en expliquait beaucoup avec tant de clarté qu’elle peut être employée encore à l’exposé mathématique de la marche des rayons à travers les lentilles ou de leur réflexion sur les surfaces polies.
Pour Newton, un corps dit lumineux émet, avec une vitesse foudroyante, une grande quantité de particules très ténues, douées d’élasticité, bombardant littéralement les zones environnantes; chaque particule se propage en ligne droite, traverse les corps transparents, mais s’arrête contre les substances opaques. Comme une particule, lancée comme un boulet est immédiatement suivie d’une autre, à un intervalle infiniment court, la sensation pour l’œil est l’arrivée d’une ligne lumineuse, d’un rayon formé d’une suite de ces particules.
A la rencontre d’une surface réfléchissante, notre boulet-doué d’élasticité est assimilable dans la circonstance à la bille de billard lancée contre la bande du jeu; en vertu des lois mécaniques de l’élasticité, la bille est renvoyée en formant un angle de réflexion égal à l’angle d’incidence, ou en conséquence : l’angle fait par la bande avec la direction d’arrivée se trouve égal à celui que prend la direction de départ par rapport à la bande; la particule lumineuse, par suite, le rayon subit la même règle.
La particule se déplace avec une vitesse énorme; mesurée par d’habiles physiciens, cette vitesse est évaluée à 400.000 kilomètres par seconde, quantité dont nous nous faisons mal une idée;
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