‹ Le photographisteChapitre 19 sur 92 · Y NOS CONNAISSANCES UTILES · texte numérisé non relu

Y NOS CONNAISSANCES UTILES

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ÉCOMPOSONS le mouvement du liquide au moment où la pierre a heurté sa surface : une dénivellation, centre de dépression, s’est aussitôt créée, mais en refoulant autour d’elle, sous forme d’un bourrelet, son volume liquide; le centre déprimé remonte à son niveau, mais, comme il est doué d’élasticité, il le dépasse et monte à une hauteur égale à la précédente dénivellation. Le bourrelet liquide est maintenant, par suite de cette attraction centrale, transformé en zone creuse. Ces oscillations continuent un certain temps, tout en se transmettant, de proche en proche, les cercles allant en s’agrandissant de plus en plus. Le même point ne se déplace pas latéralement, mais il est successivement enfoncé et relevé, fait vérifié en jetant un papier sur l’eau près du point où la pierre a frappé : la feuille se balance sans s’éloigner, seul le mouvement ondulatoire se transmet.

Faisons donner un son à un tuyau d’orgue, la languette d’anche, en vibrant, ébranle la couche d’air placée auprès d’elle en la comprimant, mais celle-ci, très élastique, réagit aussitôt en se dilatant, communiquant ce déplacement à la zone voisine et ainsi de suite : un mouvement ondulatoire s’établit, le tuyau rend un son, son variable en gravité, selon la grandeur de l’amplitude de l’oscillation. Dans cet ébranlement vibratoire, certains points restent immobiles, tandis que les intermédiaires sont, par alternative, exhaussés ou diminués ; les points immobiles sont dits des nœuds, les maxima d’amplitude des ventres' le physicien se fait une idée de cette ondulation par la mesure de l’écart entre deux nœuds ou demi-longueur d’onde.

La pierre sur la surface de l’eau, la vibration du tuyau, ont mis en marche un milieu pondérable soit solide, soit gazeux, ce milieu est indispensable : il est impossible d’entendre un grelot agité dans une cloche vide d’air, néanmoins la lumière se transmet dans le vide, nous voyons parfaitement les aurores boréales des régions raréfiées de l’atmosphère, la lumière de l’ampoule électrique produite dans le vide parfait. Pour admettre une transmission par ondes pour la lumière, il faut admettre, en même temps, la vibration d’un milieu impondérable, infiniment fluide, répandu partout, grâce auquel les ondes pourraient se propager, ce milieu est V éther universel.

La lumière se propage par ondes sphériques, non plus comme les ondes planes de la surface aqueuse, mais par des sphères allant en se gonflant et se dégonflant successivement avec une vitesse énorme, vitesse déjà signalée plus haut; quant à la grandeur de l’oscillation, la longueur d’onde est peu appréciable à nos instruments, elle est de l’ordre des millièmes de millimètre, quantité désignée sous le nom de micron.

La lumière, dans l’état actuel de nos connaissances, ne serait qu’un état particulier, une forme spéciale de Vénergie, tous les phénomènes physiques qui nous frappent étant des modifications de cette énergie : la chaleur, la lumière, l’électricité sont proches parentes et peuvent aisément se transformer entre elles. Le mouvement ondulatoire se rencontre dans chacune de ces manifestations

(i) Voir le n” 3 du Photographiste.

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