CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES EFFETS DE NUIT
On doit employer, de préférence à tout autre, un objectif corrigé de l’astigmatisme, pour permettre de travailler avec des ouvertures utiles relativement assez grandes, ou d’excellents rectilinéaires pouvant travailler au moins à une ouverture maximum utile de F 8. On a dit, ici-même, comment on pouvait aisément mesurer l’ouverture utile, si elle n’est pas indiquée par le fabricant (i). Ceci est pour la commodité des opérations, car la durée du temps de pose se compte par minute et non par seconde. Récemment, M. Grün a établi un objectif nouveau à grande ouverture utile F 1, avec lequel on obtient des effets satisfaisants, avec une exposition de i 4 de seconde à 10 secondes. 11 n’a pas encore, s’il doit l’avoir jamais, toute la praticité suffisante pour être employé couramment.
On fera usage, de préférence, de plaques orthochromatiques munies d’anti-halo, quoique d’aucuns estiment, sans doute parce qu’ils n’ont pas travaillé la matière, que la plaque orthochromatique ne soit nullement nécessaire. Mieux vaut que ces plaques soient d’une sensibilité plutôt lente que rapide. Avec des plaques rapides, les lumières qui se trouvent dans le champ du sujet peuvent amener dans la chambre noire une diffusion susceptible de voiler l’image.
Ces lumières dans le champ de l’image, surtout celle de l’acétylène et des lampes à arc électrique, quand elles se trouvent au premier plan, produisent, par excès d’éclairage, un voile inévitable, même
en allongeant le parasoleil. On placera de préférence l’appareil dans un endroit où ces lumières seront masquées (par des arbres, des piliers, etc.). 11 faut à tout prix protéger l’objectif contre les rayons directs émanant de pareilles sources lumineuses artificielles. Au demeurant, il est toujours d’une bonne pratique générale d’éviter les lumières très intenses aux premiers plans, car, en dehors de l’excès de l’éclairage, elles offrent le désagrément de produire avec l’image du sujet plus ou moins atteinte elle-même de halo, une image secondaire produite par réverbération sur le côté opposé à celui où elle se trouve sur la plaque.
De minuscules points lumineux ajoutent toujours au pittoresque de l’épreuve. On peut les éviter, cependant, en opérant au demi-jour avec une exposition d’une 1 2 minute environ. Le dernier quart d’heure avant la chute du jour est plus favorable pour la prise de la vue.
Avec l’ouverture utile F/8 le temps de pose varie entre 1 /2 minute et une heure. Les scènes tout à fait sombres exigent une durée de pose plus longue encore. La pose la plus courte a lieu à l’heure du crépuscule, juste avant la chute du jour ; ^ Eghsede naïUham photographiée a la lumière ^ ^ minute à 5 minutes peuvent Suffire alors à F 8 tandis qu’il
a lune seule. oooooooo' * ^
faudrait une exposition de 20 à 100 minutes à la lune, même par pleine lune. Il faut tenir compte ici aussi de la hauteur de la lune. Elle a autant d’influence sur le résultat que la hauteur du soleil en a pour le photographe diurniste. De même que la lumière du jour est la plus active au moment où le soleil se tient au plus haut de sa course, de même la lumière la plus active est fournie par la lune quand elle arrive au zénith. 11 ne faut pas perdre de vue que, plus l’intervalle entre le lever et le coucher est long, plus la position de la lune est élevée au sud, et plus, aussi, le temps de pose nécessaire et suffisant se trouve abrégé. L’intervalle entre le lever et le coucher de la lune varie, suivant la saison, entre 7 1 2 et 1 5 heures.
Comme la lune change de position au cours de semblables durées de temps de pose, elle ne produit pas, si on la comprend sur l’image, un disque rond sur le négatif, mais une bande oblongue. 11 est donc préférable de l’exclure toujours du champ du tableau.
{JJ suivre.) FELIX HERVIEU.
(i) Voir le n" 2 du Phçlographisfe : Diaphragme utile cl utilité du diaphragme
L INDECISION DE SALOME
— Jierodiadc , sa mere, lui a dit : s Un récompense de tes danses lu demanderas a Hercde-Jlnttpas. Ion oncle, la tête de Jean i^vangéliste, qui me crache l’injure! i> Cette demande barbare sourit a iatavisme de Salomé. Son cœur de femme hésité cependani Jean est beau : Jean est éloquent : Jean séduit. . . 7^aut-il l'aimer?.. Tauf-il le haïr?... Fauf-il qu'il meure
ETONS-Nous un regard sur les produits utilisés par le photographe? Nous constatons qu’un des plus intéressants, par la consommation considérable dont il est fait usage, est l’hyposulfite de sodium — Vhypo en argot photographique. — Grâce à lui, nous débarrassons nos plaques et nos papiers de l’argent en excès, ne laissant que les seules particules de ce métal utiles à la constitution des images.
Considérons quelques instants le principe chimique de la formation de ces images : un sel d’argent, chlorure ou bromure, en présence d’une matière organique, gélatine ou colloïde quelconque, insolé, acquiert la propriété, au contact d’un réducteur — dans l’espèce nos révélateurs — de se décomposer en abandonnant son argent libre. Au sortir de la cuvette dans laquelle cette opération vient de s’accomplir, le sujet est apparent sur le cliché ou sur le papier, mais empâté dans une couche de sel argentique non réduit, parce qu’elle ne fut pas insolée lors de l’ouverture de l’objectif; ce sel intact ne demande qu’à se réduire sous l’influence de la plus faible radiation lumineuse. La lumière elle-même détruirait son oeuvre; aussi doit-on se hâter d’enlever les portions d’argent maintenant inutiles et, de plus, nuisibles.
Tel est le rôle du fixateur, et, parmi les nombreux corps proposés dans ce but, le rôle du plus recommandable de tous : l’hyposulfite.
Quelles sont les qualités d’un bon fixateur?
Son rôle, nous venons de l’exposer, est celui du balai faisant place nette, chassant l’argent parasite de notre épreuve; il doit donc bien balayer, c’est-à-dire, chimiquement, former avec notre précieux métal un composé très soluble et, comme tout bon balai, en continuant la comparaison, ne pas déchirer les tapis par des poils trop rudes, dans la circonstance ne pas attaquer la gélatine ou le papier, supports de nos émulsions, ni même les colorer, puis ne pas réagir sur l’argent réduit constitutif de l’image tout en s’éliminant ensuite aisément.
Cet ensemble de qualités ne se rencontre pas également parmi tous les fixateurs connus. Si presque tous sont d’excellents dissolvants des sels d’argent, beaucoup altèrent la gélatine, attaquent même l’image métallique en la dissolvant, d’autres s’éliminent avec peine et provoquent, par la suite, une destruction interne du phototype ou de la photocopie.
L’hyposulfite fut employé dès le début des travaux photographiques; son usage est universel comme éliminateur du sel sensible, aussi bien des négatifs sur verre que du positif sur papier.
Ce sel, tel qu’il se présente à l’acheteur, est en gros cristaux, translucides, parfois granulé en grains de la grosseur des pois, forme commode pour l’introduire dans le goulot des flacons; quel que soit leur aspect, ils contiennent du soufre, de l’oxygène et du sodium, S"O^Na% combinés à cinq molécules d’eau de cristallisation (cent grammes de ce sel contiennent 3o g. 3 d’eau); par une douce élévation de température, le sel fond et se déshydrate, chauffé plus encore, il se décompose perdant du soufre et laissant un résidu de sulfure et de sulfate sodiques.
Dans le laboratoire, la fabrication de l’hyposulfite, désigné encore sous le nom de thiosulfate, est facile; en faisant bouillir longtemps, avec de l’eau, du soufre et du sulfite de sodium, matière dont nous aurons un jour à nous occuper, peu à peu le soufre disparaît, entrant en solution; à cet instant la liqueur concentrée abandonne des cristaux volumineux; une faible quantité est ainsi préparée, car l’industrie nous livre des stocks importants provenant de la fabrication de la soude.
LE PftOTOGT^JlPmSTE
LHYPOSULFITE DE SODIUM
l’hyposulfite mélangé de sulfure, sulfite, sulfate, etc., reste dans les résidus. Par des traitements appropriés, chacune des matières est préparée dans un grand état de pureté.
Purs et propres à l’usage photographique, les cristaux doivent se dissoudre complètement dans l’eau, en donnant une solution incolore; la proportion de sel dissous pour atteindre la saturation est de 8o grammes pour i oo d’eau à 20°; mais, par suite de sursaturation, une plus grande quantité d’hyposulfite peut être retenue soluble jusqu’au moment où un choc, la chute d’un cristal tout formé, entraîne la précipitation de l’excès. En pratique, ces doses ne sont jamais atteintes; les liqueurs les plus convenables au fixage contiennent environ 20 pour 100 de sel.
Dans l’alcool, l’hyposulfite est insoluble. Inaltérable à l’air sec, il ne tarde pas à se couvrir d’efflorescences blanches, lorsqu’il contient du sulfate de soude; ses dissolutions sont moins stables; peu à peu, même en flacons, elles s’oxydent et déposent du soufre; cette action est combattue par addition dans les bains, d’une petite proportion de bi-sulfite de sodium.
Les cristaux et les solutions d’hyposulfite se reconnaissent aisément. Il suffit de jeter un cristal dans quelques gouttes d’eau, ajouter une ou deux gouttes d’acide chlorhydrique; aussitôt la liqueur laisse dégager des bulles gazeuses à odeur de soufre enflammé (anhydride sulfureux), tandis que le liquide forme un lait jaunâtre coloré par du soufre infiniment divisé, maintenu en suspension.
Tels sont les principaux caractères de cette matière. Rappelons, qu’en pratique, il ronge le zinc. 11 faut même, pour le conserver, le maintenir en bouteilles de verre, à l’air libre, la solution s’altérant trop rapidement.
(Jl suivre.) MARCEL MOLINIE.
Laveuses
^ Jl quatre de Granville, Saint-Pair est une station balnéaire rcputee. Les gens qui y fréquentent
ne sont point de ceux qui font blanchir leur linge à Londres. Dans la parfaite tranquillité de leur paisible existence, ils ignorent même ce snobisme d'un goût plutôt douteux. C'est au pays même que le linge se lave. Les laveuses attendent la marée basse pour profiter des courants d'eau douce creusant les sables de la grève. Le temps est limité par le fiux. E/ l’on se presse. Ttavarder n’est pas de saison. . c o o ce
Notes pour ser\)ir à
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