L’ARGENT ET LA PLAQUE PHOTOGRAP TIQUE
Coulé bas
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Un bout de proue, un soupçon de beaupré, et de maigres squelettes de mat, se détachant en noir sur les ors du couchant, étincelant dans la déchirure des nuages sombres, c’est infime, ce n’est rien et pourtant combien cela en dit long sur les angoisses subies, sur les drames ignorés, sur l’éternelle misère des uns opposée à l’infinie richesse des autres! oooooooo
révélateurs) complètent seulement le travail moléculaire commencé pour faire apparaître l’image jusqu’alors demeurée invisible, latente.
Malheureusement , et c’est là le défaut du collodion, l’iodure seul est assez sensible pour s’insoler sous une faible radiation, quoique la pose était alors assez longue, il faut l’employer humide, comme si les traces encore fraîches de l’azotate d’argent non éliminé étaient nécessaires à la réduction.
Avec les autres éléments
du groupe de l’iode, le chlore et le brome, le nitrate d’argent donne des composés analogues à l’iodure d’argent — le chlore précipite en blanc un chlorure (Ag Cl), l’argent corné des vieux alchimistes, sous cet état il est insoluble dans l’eau mais disparaît immédiatement par addition d’ammoniaque — le brome fournit aussi un dépôt blanc de bromure (Ag Br), peu soluble dans l’ammoniaque.
La sensibilité à la lumière de tous ces précipités est en raison inverse de leur solubilité ammoniacale ; tandis que l’iodure se détruit très rapidement, le bromure et encore plus le chlorure, demandent un temps de plus en plus long.
Les savants, après avoir constaté l’altération des composés argentiques, furent frappés de l’accélération provoquée sous l’influence des matières organiques. Les sels oxygénés d’argent, le nitrate en premier, inaltérables à l’air, deviennent noirs en peu d’instants si les poussières organiques de l’atmosphère viennent les souiller; les iodure, chlorure, bromure, déjà sensibles purs, atteignent alors une très grande sensibilité.
Le problème de la plaque sèche, préparée à l’avance, était résolu par l’usage des combinaisons d’argent et des corps organiques; la photographie devenait accessible à tous, un immense progrès était réalisé.
L’emploi delà gélatine, comme support d’émulsion en place de collodion, devait contribuer à la vulgarisation de l’art photographique, flattant le public par la facilité des manipulations. La gélatine est, chacun le sait, la gelée des bouillons de viande. Dans l’industrie seulement, même pour les plus belles sortes, les matières employées ne sont pas aussi fines : les débris de peaux, les cartilages pour les meilleures qualités, les os pour les gélatines impures pour colles ; c’est une matière organique complète ayant la faculté de se gonfler à l’eau où elle est insoluble à froid, de fondre à température peu élevée dans cette eau, ainsi liquéfiée elle peut aisément s’étendre sur une glace.
Dans une solution chaude de gélatine, on forme le précipité du sel d’argent par simple mélange du nitrate d’argent et d’un sel de sodium (chlorure ou bromure); par refroidissement l’émulsion se solidifie, on la découpe en filets vermi formes pour mieux la laver à l’eau froide et entraîner les sels secondaires de la réaction; il suffit de fondre au bain-marie, d’étendre sur verre et de sécher pour avoir la plaque photographique prête à l’emploi.
Il est bien évident que dès la formation du mélange sensible, les manipulations doivent s’effectuer dans l’obscurité.
L’émulsion est dite au gélatino-bromure ou au gélatino-chlorure selon l’état de l’argent contenu ; comparées à l’iodure, ou chlorure ou au bromure, ces compositions, à base de gélatine, se comportent comme de nouveaux corps de sensibilité différente considérablement plus grande. Un dérivé stable de composition, peut-être très complexe, s’est produit par la combinaison entre la gélatine et l’haloïde d’argent. Fait prouvé par l’utilité même de la maturation des émulsions, celles-ci ne deve-
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