L'ARGENT ET LA PLAQUE PHOTOGRAPHIQUE
nant parfaitement sensibles qu’après un temps assez long, après leur formation, surtout en les maintenant chaudes ou en leur incorporant quelques gouttes d’ammoniaque, de 'plus le gélatino-bromure noircit moins que le bromure à la lumière.
Toutes ces réactions réductrices ont lieu sous l’influence des radiations lumineuses, mais cellesci ne sont pas seules à provoquer ces phénomènes; les chocs peuvent voiler les plaques, des traits dessinés avec une pointe mousse se marquent en argent réduit. Si nous ne craignions point de soulever des polémiques, le fluide humain, dit-on, attaquerait l’émulsion — un doigt appuyé sur une plaque dans le bain révélateur produirait une auréole de voile, le même fait se reproduisant par un doigt de caoutchouc rempli de sable, venant détruire les illusions des partisans du fluide radiant.
Le fait chimique delà réduction, par l’onde lumineuse, s’explique par deux méthodes. Pour les uns, attribuant ce travail à une influence mécanique, les rayons établissent une variation dans l’édifice moléculaire du gélatino-bromure; sans le détruire ils le placent dans un état d’équilibre tel que le moindre réactif réducteur fait apparaître l’image.
Pour d’autres, l’action est purement d’ordre chimique, le bromure d’argent est détruit, transformé en produits nouveaux (sous-bromure plus riche en argent que le bromure normal) aisément réductibles.
Chaque théorie a ses défenseurs et ses détracteurs; en réalité, nous en sommes encore aux hypothèses pour expliquer les manifestations de l’énergie lumineuse.
Il en est ainsi dans la science; tel fait aujourd’hui expliqué par une théorie doit le lendemain, dans l’écroulement des hypothèses jusqu’alors édifiées, être interprété autrement d’une façon jadis jugée toute contradictoire. Il faut s’habituer à ces voltes; la science n’est pas faite par les hommes; elle les soumet à son joug, les amenant d’eux-mêmes avec le temps à trouver la vérité, souvent après de longs détours,
MARCEL MOLINIÉ.
Meme pensée — gaston roux
St