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LE PHYSICIEN CHARLES

lEN de plus au sujet de Charles : mais dans une autre publication — La Daguerréotypie — parue en i85o, Arago déclare nettement : — La première idée de fixer les images de la chambre obscure ou du microscope solaire sur certaines substances chimiques n’appartient ni à Al. Daguerre ni à Al. Talbot. Al. Charles, de l’Académie des Sciences, qui faisait des silhouettes dans ses cours publics, a précédé Al. Wedgwood...

Il ajoute, d’ailleurs, qu’il s’attache à démontrer que la photographie est une invention complètement française, préoccupation qui l’amène à reculer l’expérience de Charles, d’abord fixée aux premières années du xix' siècle, à une date antérieure à 1802. 11 faut reconnaître que cette indication manque de précision. Du reste Arago, comme plus tard George Ville, dans son Traité de photographie sur papier, confond Tom Wedgwood avec son père, le Palissy de l’Angleterre.

Cette erreur est d’ailleurs, comme nous l’avons dit, répétée à =atiété.

Gaston Tissandier, dans son Histoire de la Photographie est très précis : il affirme que le professeur Charles, vers 1780, se servait de sa chambre noire pour essayer la production de photographies rudimentaires. Au moyen d’un fort rayon solaire, il projetait l’ombre de la tête d’un de ses élèves sur une feuille de papier blanc, préalablement plongée dans une préparation de chlorure d’argent. Sous l’influence de la lumière, elle ne tardait pas à noircir dans les parties exposées et donnait ainsi une fidèle silhouette de la tête, en blanc sur fond noir.

Une illustration essaie même de reconstituer la scène : elle représente une chambre : dans un des murs se trouve un trou circulaire d’environ 3o centimètres de diamètre : par ce trou passe un faisceau de lumière en forme de cylindre du même diamètre. Une partie de la lumière est interceptée par la tête d’un homme assis, dont l’ombre se projette sur le disque de papier illuminé. Toujours d’après M.. Tissandier, la feuille de papier passait de main en main; mais bientôt la lumière la noircissait et le profil disparaissait, comme s’il eût été frotté d’encre. Enfin le professeur Charles reproduisait — difficilement, il est vrai — des gravures qu’il plaçait sur du papier sensibilisé.

« De tous ces détails, ajoute M. Tissandier, il en est peu qui existent dans les documents originaux, relatifs aux travaux du professeur Charles. En vérité, "Wedgwood fit la même expérience en projetant sur du papier sensibilisé une image qui ne pouvait ensuite être conservée que dans l’obscurité. »

Evidemment cet exposé a grand air de sincérité : il semble que l’auteur ait assisté aux expériences de Charles ou tout au moins ait été renseigné par un assistant. A\ais on cherche en vain sur quels documents ce compte rendu a été rédigé. Où trouve-t-on cette indication que Charles se servait d’une chambre noire. 11 semble qu’il y a confusion entre — • la chambre noire — et une chambre où on a fait l’obscurité.

En réalité, il n’y a là qu’une tradition, recueillie, commentée et disons le mot, considérablement augmentée.

Or, la mention relative à Wedgwood et à l’emploi de la chambre noire est absolument inexacte, puisque Wedgwood lui-même a reconnu qu’il n’était pas parvenu à en faire usage. 11 en est malheureusement de même des détails trop précis relatifs aux expériences de Charles.

(1) Voir le n® 8 du Photographiste.

LE PHOTOGT{JlT>mSTB

NOTES POUR SERVIR A L'HISTOIRE DE LA PHOTOGRAPHIE

En bonne conscience, nous ignorons même s’il se servait de papier sensibilisé par les sels d’argent, puisque, de l’aveu d’Arago, il n’a jamais révélé la substance employée : or, Arago l’avait connu et ne mourut que seize ans après lui.

Les renseignements que nous possédons sur Charles sont tellement vagues qu’il est impossible de les prendre pour base d’un récit meme approximatif.

Ce qui reste acquis, c’est que ce physicien connaissait et démontrait l’action de la lumière sur certaines substances, mais sans rechercher les moyens de fixage. Quand il fut parlé de la découverte de Niepce et Daguerre, on se rappela le physicien Charles et avec la prestesse d’imagination ordinaire à ceux qui croient se souvenir, on le bombarda inventeur premier de la photographie. Seulement, personne n’a jamais possédé ni montré une de ces silhouettes, ce qui tend à prouver qu’elles étaient plus qu’éphémères.

JULES LERMINA

La Yeillee normandd à Carteret

(Epreuve soumise à la critique)

CEMSUTiB BT CRJTJQllB

L est convenu que, parmi les épreuves soumises à la censure, nous retenons, pour le corps du journal, celles dont la critique peut présenter, ne serait-ce qu à 1 état embryonnaire, un intérêt général . La Veillée normar, de à Carteret rentre dans cette catégorie.

Elle s’offre critiquable à bien des points : composition, rendu, valeur du sujet défini par le titre, éclairage, etc.

Tout d’abord ce qui saute aux yeux dans cette composition c’est la titubation de tout le décor. 11 a bu jusqu’à plus soif, si jamais il a eu soif, et à pleins pichets, tout le cidre de Carteret et des alentours. Titubante la table, titubante la cheminée, titubantes les portes de l’armoire du fond. Evidemment, l’axe principal de l’objectif n’était pas rigoureusement perpendiculaire à la ligne du fil à plomb. Pourtant, c’est la première chose qu un auteur, soucieux des conseils qu’il donne, recommande au débutant. « Avant toutes choses, commencez par mettre votre appareil nettement d’aplomb. Cela, dans tous les cas et quel que soit le sujet a photographier. »

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LE PTiOTOGT^JlPTUSTE

CENSURE ET CRITIQUE

Faute de suivre ce conseil, toutes les verticales du motif titubent. Les verticales parallèles, convergeant toujours théoriquement à l’infini, ont leur point de convergence au zénith, si l’axe principal de l’objectif s’élève au-dessus de l’horizon et, au nadir, s’il s’abaisse, au contraire, au-dessous de ce même horizon.

En second lieu, ce qui frappe, c’est que cette veillée est un peu bien lumineuse pour une salle de veillée dans laquelle les ampoules électriques doivent être un peu bien inconnues. Les figures sont plutôt éclairées par un plein soleil que par un foyer lumineux d’une grande sobriété relative. Les crudités des clairs et les opacités des ombres relèvent de la crudité solaire mal interprétée. C’est le fait de l’emploi de la lumière magnésique, inhabilement mise en usage, avec foyer unique, à flamme libre, dans la plénitude de la chambre, et sans écran jaune sur l’objectif, pour arrêter, en partie au moins, l’abondance des radiations violettes émanant de cette lumière. Ce n’est pas au feu qu’ils se chauffent ces braves gens, mais à un soleil tropical !

La composition vaut-elle mieux? Non. Les personnages sont symétriquement répartis de chaque côté de la cheminée dont le trou noir fait, entre eux, un plus grand trou encore qu’il ne faudrait. La symétrie absolue est dangereuse dans un tableau. Elle empêche la centration du motif, sollicitant le regard de deux côtés à la fois. Si encore, entre ces points symétriques, il y avait un centre d’intérêt primordial, la symétrie pourrait, par équilibre, appuyer ce centre. Ce n’est pas le cas ici, puisque la cheminée, notre centre, est moins qu’un centre d’intérêt. D’ailleurs, dans tout tableau où les personnages existent en dominante, ce sont sur ces personnages mêmes que l’intérêt doit se concentrer. Comment pourrait-il y atteindre ici, puisque ce centre est divisé et symétriquement réparti?

De tels effets, pour être bien rendus, demandent, forcément et par leur nature même, une incidence de lumière limitée et très nettement déterminée. C’est l’effet de nuit dans toute la suggestion de son intimité et de sa poésie. Si l’on a des sujets susceptibles de tenir des poses, relativement très longues, il faut faire usage de la lumière même de l’appartement. Avec une bonne lampe double au pétrole, où une lampe à gaz, c’est possible. Sinon, on devra avoir recours à la combinaison de la lumière diurne et de la lumière magnésique en donnant à celle-ci l’incidence et le volume de la lumière de l’appartement. Il a été présenté ici-même, page 88, un exemple de cette combinaison bien exécutée. Tout ce que l’on fait autrement ne rend, en aucune façon, le sentiment x;ez7/ée. C’est untcharmant sujet. 11 faut le refaire en se mettant dans les bonnes conditions.

^ Vans le grand calme du soir, sous la lumière amie de la lampe, toujours est douce l'elude. Celle de la musique plus douce peut-être que toute autre encore. Taite à la fois de senlimeni et de science, la musique e'meul, réunissant les plaisirs sensuels de la satisfaction de l'ouie aux jouissances du cœur et de l'imagination . oooooooooooocooooooo

LA PHOTOGHROniE PGSSIBLE POUR TOUS

LA COJMSTJTUTJOJ^

D’Z/TVE EPHEIIYE DUIPOSJTJVE

EA/ COULEURS MATUT{ELLES o

iSE AU CHASSIS ET EXPOSITION. — La pclHcule est mise dans un châssis-presse i 8 X 24 a trois brisures, de façon à couvrir les négatifs vert-jaune et bleu-violet, tout comme s’il s’agissait d’un tirage ordinaire sur papier, avec cette différence primordiale, toutefois, c’est qu’au lieu de mettre gélatine contre gélatine, on metlra celluloïd contre gélatine. En un mot, on tirera les épreuves à l’envers.

La mise au châssis sera telle, qu’on pourra aisément rabattre deux brisures, pendant que la troisième, restant fermée, maintiendra suffisamment la pellicule.

L’exposition se fait au jour, à la lumière diffuse ou au soleil. Avec un bon négatif d’intensité normale, l’exposition au soleil peut durer une minute environ. Ce n’est qu’une indication pour calculer approximativement le temps de pose à l’ombre. Pour ma part, je préfère que cette exposition soit toujours ainsi faite: l’exposition au soleil amenant parfois, et sans qu’on s’en doute, des insolubilisations partielles ou totales de la pellicule.

(l) Voir le n“ 9 du Phctogri.7phisU' .

LE PnOTOGT^JlPBJSTE

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