LA TAILLE DES LENTILLES
4° Le DOUCISSAGE. II se pratique comme l’ébauchage mais avec plus de soin encore. On emploie cette fois non des outils de fonte, mais des outils de cuivre, balle ou bassin, sur lesquels tombe de l’émeri. On enlève l’émeri resté sur le verre avec de l’acide sulfurique dilué.
Notons, en passant, que l’émeri use aussi le cuivre et qu’il faut assez souvent « remettre à la courbe » les outils en travail.
5” Le polissage. Cette dernière opération est le fin du fin. Elle n’exige que des ombres de frottements, si j’ose ainsi dire.
Sur les outils de cuivre qui ont servi au doucissage est collée, à l’empois d’amidon, une sorte de papier buvard sans défauts. 11 ne doit y avoir aucun pli, ce qui exige un tour de main spécial. Ce papier, séché près d’un poêle, est égalisé à la pierre ponce, frotté avec une brosse douce et enfin avec un morceau de tripoli blanc de Venise absolument pur. Le verre fixé sur sa molette de
Flottille Berckoise
liège, est usé sur ce papier jusqu’à éclaircissement complet. Puis on le rend brillant en le passant légèrement sur l’outil frotté de colcolar ou rouge d’Jlngleterre, poudre de sesquioxyde de fer.
Le travail est alors achevé. On examine la lentille à la loupe et sî aucun défaut n’est aperçu, on la sépare de sa molette et on la lave à l’essence de térébenthine pour enlever la poix qui y adhère encore.
II est presque inutile de dire que seuls les objectifs de marque sont traités avec ces soins délicats; les verres inférieurs étant taillés simplement à l’aide de machines.
Pour terminer l’objectif, il reste encore à assembler les lentilles et à les monter.
FERDINAND FaIDEAU.
les dessous D'UNE ^
photographie