‹ Le photographisteChapitre 77 sur 92 · DE NOS AGENTS CONSERVATEURS · texte numérisé non relu

DE NOS AGENTS CONSERVATEURS

iLOMÉTRER UHc routc cst Certainement plus facile que de jalonner d’une façon précise les voies nous conduisant à une bonne pratique. Il y a quelque dix ans, je me complaisais à la recherche d’un mode de développement pouvant conduire à l’harmonie du négatif. Réfléchissant au travail merveilleux et à l’infinie souplesse de l’acide pyrogallique et ayant constaté que le nouveau révélateur d’alors, l’iconogène, fouillait d’incomparable façon les ombres les plus denses, je songeai à les marier, sans que je fusse le moins du monde officier de l’état civil. J’estimais cette union devoir être féconde en résultats heureux. L’expérience me donna raison. Le pyrogallo-iconogène, que je lançai, fut et reste encore, malgré certains menus défauts, inhérents à l’iconogène, un des meilleurs procédés développatoires que nous ayons. Pour combattre et anéantir ces menus défauts, qui se résument dans les risques d’une coloration jaunette que la gélatine peut encourir, je songeai à faire appel, comme agent conservateur, au bisulfite de sodium très chargé en acide sulfureux, je ne connaissais pas encore la, note que MM. Lumière frères firent paraître quelques temps après sur les révélateurs susceptibles de développer en liqueur acide (i). j’introduisis donc modérément du bisulfite

(i) Voir le Bulletin Jeta Société française de Photographie, année 1893, page 47.

LE PTiOTOGT{JlPTiJSTE

LE PLUS RADICAL DE NOS AGENTS CONSERVATEURS

dans les solutions séparées de pyrogallol et d’iconogène (i), craignant de le substituer complètement au sulfite de sodium, car j’avais cru remarquer, après essais préliminaires, que si le bisulfite ralentit sensiblement la venue de l’image — ce qui n’était pas fait pour me déplaire — il tendait à affaiblir l’intensité ^générale de l’image, ce qui pouvait avoir des inconvénients pour un négatif devant être tiré sur un papier à image directement visible. Or, à cette époque, on ne faisait guère que ce genre de tirage. Aujourd’hui que l’on est plus rompu au gélatino-bromure, par agrandissement surtout, que l’on tente, de toutes parts un peu, l’ozotypie et la gomme bichromatée, ce défaut devient une excellente qualité. Quoiqu’il en soit, à la longue, ou, pour mieux préciser, quand le sulfite de sodium anhydre parut, je finis par abandonner le bisulfite, pour n’employer exclusivement que ledit sulfite anhydre, à une dose sensiblement égale à celle requise pour une solution sat.urée. La conservation des bains était un peu moins énergique, mais moins énergique aussi était l’affaiblissement général de l’intensité que j’avais cru remarquer. Je regrettai néanmoins dans la suite cette modification, car avec de très fortes surexpositions — 20 et 5o fois la pose normale — je n’avais plus des négatifs aussi exempts de voile ni aussi utilisables qu’avec le bisulfite.

Or, voici qu’aujourd’hui, la question revient sur les verdures du tapis, j’avoue qu’elle me tente. Au fond de mon par dedans j’ai toujours regretté l’abandon voulu du bisulfite. Les travaux quotidiens m’empêchant de me rendre compte si j’avais eu vraiment raison et s’il n’y avait pas sagesse à faire machine arrière.

Cette question, c’est le professeur R. Namias qui la relance par des recherches méthodiquement menées sur la stabilité des sulfites et bisulfites alcalins. Je vous ferai grâce de ses méthodes d’analyse. Ce que vous désirez, ce que je recherche, ce que nous voulons tous, c’est le résultat pratique.

L’agent conservateur que nous employons est quasi exclusivement le sulfite de sodium. On nous le livre sous deux espèces : cristallisé ou anhydre. Or, si purs qu’ils soient, ces deux produits contiennent toujours, même à l’état frais, une certaine quantité de sulfate. Le sulfite anhydre qui, théoriquement, devrait en être dépourvu en contient cependant, attendu que pour l’avoir anhydre il faut chasser son eau de cristallisation par la chaleur, et que cette chaleur produit fatalement une oxydation partielle du composé. Evidemment on ne sait pas au juste quelle est la véritable action du sulfate dans les bains de développement, puisque presque toutes nos théories photographiques demeurent édifiées sur un pilotis d’hypothèses, mais à tout prendre elle ne vaut guère. Son moindre effet serait d’être nulle. Donc, le dosage de sulfite indiqué pour une formule, ne saurait être absolument exact, puisque ce sulfite contient du sulfate, corps, pour le moins inerte, et que la teneur en sulfate, suivant la nature des produits, ou leur ancienneté, peut varier de 10 à 5o pour 100. Cette formidable variation vous étonne? Elle est pourtant. Tel produit excellent, sortant de la fabrique, n’a que lo pour 100 de sulfate mais, par simple oxydation au contact de l’air, ou hydratation par absorption de la vapeur d’eau atmosphérique, la teneur en sulfate gagne progressivement et rapidement.

Pour pallier à cette détérioration dans une certaine mesure, il faudrait faire arriver dans les vases où l’on conserve le sulfite, et cela pendant quelques instants, un fort courant de gaz d’éclairage avant de les fermer. Quant aux solutions de sulfite elles se conservent bien moins bien que le sulfite solide, et d’autant moins bien encore qu’elles sont plus diluées. Par exemple, une solution à I O pour 100 de sulfite de sodium cristallisé, conservée dans un flacon à demi plein, n’est plus, au bout de cinq jours, qu’une modeste solution à 5 pour 100. Combien de nombreux insuccès en photographie proviennent de ce simple chef de la déperdition des forces actives d’une solution? Combien cette déperdition cause d’ahurissements! J’en sais quelque chose par les courriers que l’on m’adresse, et dans lesquels je retrouve incessamment répétée cette phrase : '< ... et je vous assure. Monsieur, que j’ai opéré de la même façon. » Je veux le croire. Seulement les solutions n’avaient plus la même valeur que la fois précédente.

Tout ce qui vient d’être dit sur les sulfites alcalins s’applique très sensiblement à un nouveau venu ; le sulfite d’acétone.

Ceci constaté, le professeur R. Namias s’est demandé si, parmi les composés de l’acide sulfureux avec les métaux alcalins, il n’y en avait pas offrant une meilleure conservation et pouvant être utilisés. Il a reconnu que le bisulfite de potassium déshydraté, c’est-à-dire le métabisulfite, rentrait dans cet ordre.

(1) Voir )cs formules dans mon ouvrage “Les J\ouveautes photographiques, année 1893, page 78.

LE PHOTOGT^JlPTilSTE

LE PLUS RADICAL DE NOS AGENTS CONSERVATEURS

Ce produit, en beaux cristaux, ne peut varier par son contenu d’eau, puisqu’il n’en contient pas; déplus l’acide sulfureux qu’il dégage, et que nos nerfs olfactifs perçoivent très bien, enveloppe pour ainsi dire ses molécules et les soustrait au contact oxydant de l’air. Dans des flacons bouchés et non remplis, il se conserve des années.

Or, à quoi les agents conservateurs doivent-ils leurs qualités conservatrices? A l’acide sulfureux

Trois Fleurs w"* blondin

—— Trois fleurs! trois roses! épanouies au jour, épanouies à ta vie. C'est te bouquet des jolies carnations. Car, quelle fleur, plus que la rose, a des feintes carnees Pooooccorooooooo

qu’ils introduisent dans les solutions développatrices. Par conséquent, et en principe, plus ils contiendront et dégageront d’acide sulfureux, plus radicaux ils seront. Pourquoi alors ne pas employer le métabisulfite de potassium qui contient environ 55 pour i oo d’acide sulfureux, alors que le meilleur sulfite de sodium n’en renferme guère plus de 22 pour 100? Une question de prix ne saurait nous arrêter. Valût-il deux fois plus cher, il serait encore économique, puisque sa teneur en acide sulfureux est plus du double. Or, commercialement, son prix n’est pas sensiblement plus élevé que celui du sulfite anhydre.

LE PHOTOGTiJlPmSTE

LE PLUS RADICAL DE NOS AGENTS CONSERVATEURS

On ne l’emploie pas, parce qu’on ne le préconise pas assez, et que ceux qui en ont fait usage, ont sans doute agi comme moi, autrefois, un peu à l’aveuglette, c’est-à-dire sans être bien certains du vrai dosage à utiliser, et peut-être aussi, parce que, comme moi également, ils ont constaté une sensible diminution d’énergie du bain se traduisant par un affaiblissement de l’intensité générale, affaiblissement qui peut atteindre à un manque complet de contrastes et à une utilisation problématique du négatif.

Comme conclusion de son étude, le professeur R. Namias lève la difficulté en indiquant que le métabisulfite de potassium peut être employé, sans distinction, dans tous les bains de développement sous la double condition : i° de n’en mettre à peu près que les 2/5 de la quantité demandée pour le sulfite de sodium cristallisé ; 2° de neutraliser l’acidité résultant par l’addition d’une certaine quantité de soude ou de potasse caustique (hydrate de sodium ou de potassium). On neutraliserait également par une augmentation, dans le bain, du carbonate alcalin utilisé, car il y aurait une mise en liberté d’acide carbonique donc une formation de bicarbonate qui retarderait l’action du bain, surtout avec certains révélateurs comme l’hydroquinone, par exemple. Les proportions sont, environ, de 3 g. 5 de soude caustique ou de 5 g. de potasse caustique pour chaque 10 g. de métabisulfite. Dans les bains à révélateurs à action énergique, genre métol, ou mieux ceux ayant la constitution chimique nécessaire pour pouvoir développer en liqueur acide, on peut se contenter simplement d’augmenter la quantité de carbonate alcalin.

Quant au bisulfite, de sodium ou de potassium, qui contient théoriquement plus d’acide sulfureux que le métabisulfite, il en contient beaucoup moins pratiquement et le perd d’ailleurs avec une très grande facilité pour se transformer en sulfite anhydre.

Tel est l’état de la question fort intéressante de la conservation du bain de développement. Tout n’est vraisemblablement pas dit. Mais voilà les points acquis, marqués, et nous sommes en mesure de compter les nouveaux. En faveur du métabisulfite le professeur R. Namias a aussi constaté, dans une autre étude, le résultat que je relate plus haut au point de vue de la correction de l’excès de pose. Reste à savoir si les fournisseurs voudront bien ne pas nous livrer du bisulfite quand on leur demande du métabisulfite. Je vous mets en garde. J’y ai été pris

FRÉDÉRIC DILLAYE.

Légumes m. whitehead

Dans noire vieille langue française, nous avions végctablc au sens (^'un végétal. C est de cet emploi de végetable que les Anglais ont tire vcgctables au sens de légumes. 11 est à regretter pour nous que le mot ait passé, et ne soit plus employé qu adjectivement. 11 indiquai! si bien l'etat végétant i/e ces incomparables sujets de nature morte! oocooooooo ocoor

ous avons vu que la lumière se propageait en ligne droite, selon un mouvement ondulatoire, avec une vitesse d’environ 400.000 kilomètres à la seconde; dans cette présente causerie, nous étudierons la structure des lumières solaire et artificielles, la mesure de leur intensité et quelles conséquences pratiques on peut en déduire pour la détermination du temps de pose en photographie.

Lorsque la lumière solaire traverse un prisme de verre, elle subit une déviation dans sa trajectoire, donnant, sur un écran, une magnifique étendue colorée de teintes variant du rouge au violet, c’est le spectre solaire paré des plus vives couleurs; ce phénomène s’explique par ce fait que la radiation primitive était un ensemble de lumières simples ayant chacune une longueur d’onde propre et une marche ^particulière. A la traversée du prisme, les unes ont passé sous un certain angle, les autres ont suivi une direction plus oblique, si bien que le prisme a décomposé le rayon primitif, en ses éléments, en éparpillant ceux-ci — telle en campagne, une section de soldats se déployant en tirailleurs — chaque vibration se montre avec sa couleur prouvant la composition de la lumière blanche en une infinité d’ondes groupées autour de sept teintes générales : rouge, orangé, jaune, vert, bleu, indigo, violet sans transition brusque d’un groupe à un autre.

En prenant les lumières émises par un appareil d’éclairage quelconque, à l’œil elles apparaissent jaunes ou bleues, et de fait décomposées par le prisme, leurs divers éléments se peignent en autant de spectres différents chargés de couleurs variables, dans l’un les radiations bleues ou violettes domineront, dans un autre, les jaunes seront en excès.

De même, la couleur des corps étant formée par la lumière réfléchie par ces matières, après absorption d’un certain nombre de radiations, on comprend très bien qu’une substance puisse avoir des colorations différentes selon l’éclairage, les éléments restant dans le rayon coloré réfléchi étant variables. Les arbres présentent parleur feuillage ce phénomène très marqué, selon qu’ils sont vus sous la lumière directe du soleil ou sous celle-ci diffusée par le ciel.

Les lumières naturelles ou artificielles étant un assemblage très complet de radiations simples caractérisées par des constantes physiques (longueur d’onde), la force, l’intensité, l’éclat de ces groupes peuvent se mesurer de deux façons, soit prise en bloc : comme on évalue la force d’une armée au choc qu’elle peut donner par la somme de ses bataillons; soit par analyse ; en calculant les éléments radiants, étudiant leur puissance lumineuse à laquelle, nous l’avons déjà laissé entrevoir, doivent se joindre une action calorifique et une puissance chimique ; dans ce cas la force de l’armée se détermine par la valeur personnelle de chaque individu.

La photométrie, ou mesure de la lumière globale, peut se faire par l’œil directement. Mais quel instrument imparfait que ce superbe organe! Dès qu’il s’agit de comparaisons exactes, il est dit que l’homme est entouré d’erreurs; les faits qui lui semblent les plus probants ne sont souvent que pures illusions.

L’œil est très bien impressionné par des éclats lumineux plus ou moins intenses, il remarquera

LE PTiOTOGT^JlPTnSTE

LA PHOTOMETRIE

parfaitement les différences d’éclairement d’une surface, mais il faut, pour pouvoir déduire quelques lois précises des comparaisons, que les surfaces opposées soient juxtaposées de façon à être aperçues en même temps; de plus il est rigoureusement nécessaire que leurs teintes soient semblables; de là la nécessité d’imaginer quelques appareils simples, désignés sous le nom de photomètres, appareils que tout amateur peut à la rigueur installer aisément.

Le plus simple de ces instruments est dû à Rumford. Il se compose d’une tige verticale de deux centimètres de diamètre placée devant un écran; une lumière disposée de telle sorte que la tige soit entre elle et l’écran fera porter sur ce dernier l’ombre de la tige; cette ombre sera plus ou moins opaque selon la distance et la valeur de la source lumineuse. Une seconde lumière parallèlement à la première formera de même une seconde ombre. Avec quelques tâtonnements, l’opérateur pourra, en faisant varier les distances, amener les ombres à avoir la même opacité : à ce moment les deux sources lumineuses sont photométriquement égales.

Cet appareil a été perfectionné par Bouguer et par Foucault. Un écran, divisé en deux, est éclairé

par derrière à l’aide des sources à comparer — chaque appareil lumineux ayant une zone de l’écran sous son éclairage — en les déplaçant, on arrive à donner un éclairage égal aux deux parties de l’écran. Bunsen a imaginé encore un autre procédé assez original : une tache d’huile sur un papier paraît par réflexion plus noire que le papier, par transparence au contraire elle semble plus claire; si l’on éclaire des deux côtés une feuille ainsi tachée, la tache disparaîtra lorsqu’il y aura égalité d’éclairage. Dans tous ces appareils, on procède par comparaison. Il faut déterminer ce que nous désignerons par intensité lumineuse et quelle sera la source type à laquelle nous rapporterons tous les chiffres déduits de l’expérience.

L’intensité d’une source lumineuse est la quantité de lumière envoyée normalement, c’est-à-dire à angle droit, sur l’unité de surface placée à l’unité de distance; comme typeétalon, le premier proposé fut la bougie, bougie stéarique brûlant dix grammes à l’heure. Plusieurs inconvénients ayant été reconnus, cet étalon, désigné sous le vocable anglais de candie, un mot n’étant vraiment scientifique que s’il emprunte comme le langage sportif, son origine en outre-Manche, fut abandonné pour la Carcel, éclat donné par une lampe Carcel brûlant, à l’heure, 42 grammes d’huile de colza épurée avec un bec de trois centimètres de diamètre de mèche. Cette unité de 8 à 10 fois plus grande que la candie offrait l’avantage d’être assez constante. Ces étalons étant jaunâtres offrent l’avantage d’être comparables à un grand nombre de flammes éclairantes.

M. Violle, pour établir un type à l’abri de toute critique, a choisi l’éclat donné par un centimètre carré d’un bain de platine en fusion. L’installation d’un tel étalon nécessitant un laboratoire bien outillé, la Carcel demeure encore l’étalon usuel.

En pratique, beaucoup de mesures sont rapportées à la bougie décimale, vingtième de l’étalon Violle, sensiblement égale à la candie.

Le Chât2au ducal d'Uzès e. borrelly

— On le nomme communément te Duché. V se compose de constructions militaires des xii*, xîv* et xv' siècles et de bâtiments d'habitation dont le plus remarquable offre une façade de la Renaissance attribuée à Philibert Delorme et en tous cas digne de lui. 'La chapelle du x\u‘ siècle, renferme les tombeaux de plusieurs ducs d'Vzès et même du dernier, mort en i8^3. ooooooooo

[Jï suivre.)

MARCEL MOUMJE.

LES MOTEMS D’AT{T

Nouvelles Instructions relatives à rOzotypie

CJ9

Incessu patuit dca, dit Virgile :

sa démarche annonce une déesse. Or, la "Fierté qui s'enorgueillit de ses avantages réels ou supposés ne vise-t-elle pas toujours un peu à la déification? Tout geste n'est-il pas déifiahle au point de vue plastique

MPRESSION DE l’iMAGE INITIALE. U fl négatif pluS

léger que celui jugé utile pour le procédé au charbon serait le mieux indiqué pour l’ozotypie. Le négatif bon pour l’impression au platine est le meilleur.

Les négatifs propres au tirage sur papiers à image directement visible donnent également de bons résultats. Au demeurant l’on obtient des images excellentes avec des négatifs de différentes qualités en variant la dose d’acide du bain dans lequel se fait l’application du papier au charbon contre l’image initiale.

Exposez à la lumière du jour (aussi intense que possible).

A l’examen, après trois minutes environ de pose, vous verrez une image distincte. Attendez que les détails se dessinent dans les parties claires, avant de retirer l’épreuve du châssis. L’appréciation sûre du temps de pose nécessaire est un point capital.

Ceux qui ont l’habitude de l’impression sur papier au platine jugent facilement de la valeur de l’image ozotypique, celle-ci étant d’une coloration bien plus intense. Ils savent que l’image est plate et pauvre quand la lumière pénètre à travers les parties les plus opaques d’un négatif, partie devant représenter les blancs. Dans l’ozotypie cependant, on prévient ces mécomptes, dans une certaine mesure, par la surveillance dans l’application du papier au charbon sur l’image et dans le dépouillement.

Plongez d’abord l’épreuve dans l’eau froide et immergez ensuite la feuille de papier au charbon dans la cuvette contenant la solution acidifiante. Commencez aussitôt à compter trente secondes (ou contrôlez la durée de l’immersion montre en main). Au bout de trente secondes (voyez le chapitre 11 « Contrôle » pour les variations de la durée de l’immersion), retirez l’épreuve de l’eau froide et portez-la dans le bain acidifiant. Mettez-la immédiatement en contact avec la feuille de papier charbon, image contre couche pigmentée, sous la surface du liquide; retirez les deux feuilles adhérant ensemble et pressez-les sur une plaque lisse, de zinc, de verre ou avec du papier

(j) Voir le n* lo du Photographisle.

LE PH0T0GT{JIPT11STE

NOUVELLES INSTRUCTIONS RELATIVES A L’OZOTYPIE

mâché. La pression doit être légère; juste suffisante pour que les deux faces adhèrent. Placez l’épreuve garnie de son emplâtre dans du papier buvard, sur lequel vous pressez légèrement pour enlever tout excès d’humidité, et abandonnez ainsi cette sorte de bloc à lui-même, jusqu’au moment du dépouillement, qui doit s’effectuer au bout d’une demi-heure ou de trois quarts d’heure au plus.

Le bain acidifiant doit être tenu à la température de 24 à 25° C. si l’on se sert de papiers à gros grain ou de papiers non encollés. La gélatine n’a pas autant de tendances à couler dans ce bain que dans l’ancienne solution, attendu qu’il ne contient pas d’acide acétique.

Dépouillement. — En employant un bain au sulfate ferreux, il faut commencer à dépouiller, avons-nous dit, une demi-heure ou trois quarts d’heure après la compression de l’image initiale contre la feuille de charbon. On ne fera usage du ramollissement préalable dans un bain d’eau froide, comme dans l’ancienne méthode, qu’autant que l’épreuve aura été abandonnée pendant plus d’une heure dans le papier buvard.

Prenez dans le papier buvard une épreuve garnie de l’emplâtre et plongez-la dans de l’eau chaude à la température de 43 à 48° C. Ecornez l’emplâtre légèrement, quelques secondes après, pour voir s’il vient facilement ; dans ce cas retirez le papier supportant la couche pigmentaire sous la surface de l’eau sans vous arrêter.

Si le papier support ne peut pas être enlevé aisément avec les doigts, laissez le bloc plus longtemps dans l’eau chaude. Le support retiré, vous le jetez. Ayez soin de ne pas jeter l’épreuve au lieu du support.

Laissez l’épreuve pendant quelques minutes sous l’eau, jusqu’à ce que la gélatine inutile soit molle et dissoute. Mettez alors sous l’épreuve une planche de zinc d’une dimension un peu plus grande, pour lui servir de support rigide contre lequel vous la presserez par un angle. L’image pourra ensuite être dépouillée rapidement en l’aspergeant d’eau chaude avec un gobelet d’étain.

Quand le dépouillement sera jugé suffisant, on pourra mettre l’image dans le bain d’alun, mais il ne faut pas recourir immédiatement à ce bain, car l’image, quand elle est sèche, peut nécessiter ultérieurement un dépouillement partiel.

Le bain d’alun. — Puisqu’on afaitijusage d’un sel de fer pour construire l’image on ajoutera un peu d’acide chlorhydrique aulbain d’alun. Un bonSbain est le suivant :

Eau : Q. S. pour 1000 cm'; Alun pulvérisé : 5o g.; Acide chlorhydrique : 2 cm*.

Plongez l’image pendant dix minutes dans ce bain, puis lavez-la bien dans de l’eau froide. Ce bain sera utile égalementjdans les circonstances suivantes : Si le papier sensibilisé a été éprouvé par une longue conservation et si les bords du papier et les blancs ne sont pas parfaitement purs, le voile sera souvent dissipé immédiatement par l’immersion dans le bain. L’effet est si prompt qu’il vaut peut-être mieux employer un bain moitié moins énergique pour ce cas.

Préparation des papiers a dessin et a écrire. — Pour des 'travaux délicats on se servira de préférence du papier spécialement encollé, préparé par la Compagnie Ozotype, mais on peut employer n’importe quel papier à dessin ou à écrire pour les effets larges et artistiques en les encollant avec une solution très simple.

La colle de pâte, préparée avec de la farine de blé ou de froment, encollera parfaitement les gros papiers et les papiers faits à la main et elle peut être employée pour tous les papiers à dessin et à écrire :

Eau : Q. S. pour 3oo cm' ; Farine de blé : 20 g.

Versez une très petite partie de l’eau dans un bol, ajoutez la farine et mélangez en agitant vigoureusement avec une cuiller ou une baguette de verre. Chauffez le restant de l’eau ; versez le contenu du bol dans l’eau chaude que vous porterez ensuite au point d’ébullition en agitant toujours jusqu’à ce qu’une masse visqueuse soit constituée.

Badigeonnez avec un blaireau au poil dur; rendez la surface aussi lisse que possible en croisant les couches et, s’il le faut, adoucissez avec un morceau de drap sec. Si la pâte est étendue à chaud (pas trop chaude) l’opération sera plus commode que si elle est étendue froide. Surtout séchez bien avant de sensibiliser. Les papiers W^hatman et Arnold à très gros grains demandent deux couches d’encollage.

La dose d’acide et de sulfate ferreux du bain acidifiant [sera la même que pour les papiers doux ;

'îgsNi’ 1 68

Gélatino-Bromure

LETANG

Z-E PHOTOGJ{JlPHJSTE

NOUVELLES INSTRUCTIONS RELATIVES A L’OZOTYPIE

mais il est préférable de substituer du sulfate de magnésie à l’alcool, surtout dans les travaux importants. La formule suivante constituera un bon bain acidifiant dans ce cas ; Eau : Q. S. pour i .000 cm';

Solution d’acide sulfurique à I O pour 1 00 : 5 cm" ;

Sulfate ferreux : 5 g. ;

Sulfate de magnésie : 1 g. 5

Augmentez la quantité d’acide, ou diminuez la quantité de sulfate ferreux, pour obtenir des tons vigoureux et pour les épreuves tirées d’après des négatifs faibles.

La température de ce bain acidifiant sera entre 24 et 25° C.

Procédez comme pour les autres papiers, mais pressez plus fort lors de la compression. Pour les papiers épais et à très gros grain, effectuez la compression dans un châssis-presse à glace forte ou même sous une presse à copier.

La difficulté, avec des papiers extraforts et grenus, est d’obtenir un contact parfait. A cet effet, procédez de la manière suivante : Donnez deux couches de colle de pâte comme il est indiqué ci-dessus. Toutefois il ne faut jamais laisser la lumière traverser les parties opaques du négatif. Ne cherchez pas à obtenir des parties foncées avec un négatif faible ou mou.

L’image sera suffisamment venue lorsque les détails les plus fins s’accentueront dans les parties claires. Les nuages très légers n’y seront probablement pas perceptibles.

La durée de la pose est à peu près égale à celle qu’exige une impression sur papier au platine.

Mettez vos épreuves aussitôt retirées du châssis dans un tiroir, et lavez-les dès que sera tiré le lot d’épreuves que vous avez à faire.

Lavage de la première épreuve. — Plongez les épreuves dans une cuvette d’eau froide coulant d’un robinet sur un angle de la cuvette pendant dix ou quinze minutes; retournez les épreuves de temps à autre et séparez celles qui colleraient ensemble. 11 est bon de changer complètement l’eau de la cuvette au bout de cinq minutes et de laisser ensuite arriver l’eau courante pendant cinq ou dix autres minutes. Les bords des épreuves doivent être tout à fait blancs avant d’être retirés de la cuvette. Si, en raison de l’ancienneté du papier, ou pour une autre cause, les bords n’étaient pas d’un blanc pur après un lavage de quinze minutes, il faudrait remettre les épreuves dans de l’eau acidulée dont voici la formule :

Eau : Q. S. pour 1.000 cm"; Solution d’acide sulfurique à 10 pour cent : 2 cm", jusqu’à récupération complète de la pureté des blancs.

Pont des Belles-Fontaines

-- — Les bicycîistes-pholographes qui vont se promener du côté de Juvisy, ne manquent point de s'arrêter aux 'Beiles-Tontaines surtout après la montée du retour. Tontaines il y a et fontaines distribuanj de Veau fraîche. Mais le plus curieux est le pont monumental qui permet de franchir la rivière de l’Orge. 7/ fut construit sous Louis XV pour l'etablissement de la route de terre de Paris à Fontainebleau. oooocooooo

LE PH0T0G7{/lPTilSTE

NOUVELLES INSTRUCTIONS RELATIVES A LOZOTYPIE

Les épreuves sont insensibles à la lumière après le lavage. Il n’est donc pas nécessaire de les préserver du jour dans les opérations suivantes.

On peut appliquer le papier au charbon, c’est-à-dire le pigment, immédiatement après le lavage, ou bien sécher les épreuves et pigmenter plus tard.

Après le lavage l’épreuve initiale peut être conservée pendant deux mois environ.

Application du pigment sur la première image. — On plonge l’épreuve initiale et une feuille de papier au charbon dans une solution d’acide sulfurique, de sulfate fureux et d’alcool, dite bain acidifiant sous la surface duquel on les fait adhérer ensemble par compression. L’ancien bain acidifiant se composait d’acide acétique et d’hydroquinone. Il présentait des inconvénients pour les débutants, surtout parce qu’il fallait que la gélatine du papier au charbon fût sèche avant de procéder au dépouillement.

Il n’en est plus de même avec le sulfate ferreux. Aussi le développement est-il plus commode, les taches et les défauts sont-ils plus rares et le ramollissement préalable dans le bain d’eau froide n’est-il plus nécessaire couramment.

Voici une bonne formule de bain acidifiant pour des épreuves convenablement exposées et d’après de bons négatifs :

Eau : Q. S. pour looo cm‘. — Solution à lo pour loo d’acide sulfurique ; 3 cm-'.

Sulfate ferreux :5 g. — Alcool : 5 cm'.

La quantité d’acide peut varier dans ce bain. (Voir plus loin le chapitre intitulé « Contrôle ».)

Versez la solution ci-dessus dans une cuvette de porcelaine et, le long de celle-ci, placez une autre cuvette contenant de l’eau froide.

Tirez, lavez et séchez, mais avant d’appliquer le pigment, frottez la face de l’épreuve avec un peu de colle de pâte dosée à la moitié (il n’en faut qu’un peu). On peut se servir d’une éponge ou d’un morceau de drap. Laissez la surface sécher partiellement et plongez-la directement dans le bain acidifiant aussitôt que l’emplâtre est prêt à la recevoir sans la plonger préalablement dans l’eau froide.

Effectuez ensuite la compression comme il vient d’être dit.

On obtiendra les plus beaux effets si l’on exécute soigneusement ces instructions des plus simples. Vos images auront une grande pureté dans les blancs, des demi-teintes légères et du brillant dans les ombres.

(J[ suivre) THOMAS MANLY.

A Étretat c. berroux

line station balnéaire, comme tant d'autres, découverte par tes peintres. Isabey en fut le Christophe Colomb. Il garda sa découverte pour lui. T^inrenf ensuite Lepoittevin et Jffauzin, puis un peintre anglais Stflnfield. Les œuvres faites décelèrent "Etretat. Alphonse T^arr l’fi bavarda dans ses romans. On y vint, on s‘y trouva bien, on y resta. ooooocoooo ooo oc o 9000

Sut le Boulevard alfred stieglitz

7/ n'y a point comme les etrangers pour saisir la vie chez nous ! M. Alfred Stieglitz, un des plus artistes parmi les photographes américains, excelle à saisir Paris sur le vif. Est-il rien de plus charmant, de plus ctimatériciue en même temps, que ce coin de boulevard, sous une ondée de printemps? oooooooooooooooooooo

Page 1