‹ Le photographisteChapitre 78 sur 92 · INGÉNIOSITÉS PRATIQUES · texte numérisé non relu

INGÉNIOSITÉS PRATIQUES

LE COPlEUn., JIGJ{AMDJSSE14J{,

J{EDJ{ESSEUJ{, TiÉDUCTEUTi UmVET{SEL

fu cours de ma carrière, déjà longue, de photographe, j’ai eu souvent l’occasion de constater que l’amateur est privé d’un instrument pratique, et pas coûteux, lui permettant d’exécuter, dans l’atelier, la majeure partie des travaux secondaires, dont l’énumération figure en tête de cet article. Cet appareil permettrait, pour les formats petits et moyens tout au moins, de réaliser le travail voulu sans perte de temps employé au choix de l’emplacement, à l’installation, etc. C’est avec l’espoir de combler cette lacune que nous avons imaginé l’appareil dont voici la description.

Disons tout d’abord que notre appareil universel est construit pour la dimension 24 X 3o qui permet un maximum pour les travaux d’amateur. 11 sert à la reproduction des plans, gravures, tableaux, etc., qui, installés contre le panneau, sont copiés à l’aide de la chambre noire. 11 peut être utilisé pour l’agrandissement d’une photocopie sur papier ou sur verre et, principalement pour l’agrandissement partiel d’un négatif; d’un groupe dont on voudrait, par exemple, reproduire, en l’agrandissant, l’un des sujets. Ce travail pourrait être effectué à l’aide de la lanterne à projection ou de l’agrandisseur automatique, mais ce serait une complication bien inutile, j’en parle après expérience, et qui nécessiterait, dans tous les cas, l’emploi d’un matériel beaucoup plus onéreux que celui qui vous est proposé.

Vous savez que, bien souvent, les négatifs de monuments présentent des déformations; ce défaut est très fréquent lorsqu’on emploie des détectives ou des jumelles. Vous connaissez le moyen d’y remédier par une copie du négatif ou de l’épreuve, prise en inclinant inversement le négatif copié et l’arrière delà chambre noire. Notre appareil, grâce au montage à pivot de son panneau, nous fournit le moyen de réaliser l’inclinaison du sujet à redresser et le mouvement de bascule de

tîg'ïvs. 1 y 2

LE PHOTOGT{APH'lSTB

LE COPIEUR, AGRANDISSEUR, REDRESSEUR, RÉDUCTEUR UNIVERSEL

l’arrière de la chambre à soufflet nous donnera la contre-partie de cette inclinaison. Enfin, nous pouvons effectuer quelques opérations de réduction, soit d’après des diapositives, soit d’après des photocopies; nous serons ainsi en mesure de transformer facilement nos phototypes en diapositives pour projection. Vous voyez que l’appareil universel, malgré sa simplicité de construction,

réalise bien le programme que je

lui ai impose.

L’appareil universel se compose d’une base R formée d’une planche dans le milieu de laquelle on a pratiqué une rainure qui règne sur presque toute sa longueur.

Deux ou trois contreforts en métal, placés sous la planche, assureront la solidité de celle-ci.

A une des extrémités s’élève une planche à dessin P de 3o X 35

environ, pivotant, en E, sur deux écrous à oreilles qui la joignent aux montants B, B. Ces montants peuvent avoir une largeur égale à l’épaisseur de la planche; leur base est entaillée, comme le montre, en 1 , la figure secondaire. Cette entaille nous fournira un point d’appui sur une goupille G afin d’empêcher les montants de basculer en arrière ; pour éviter tout mouvement en avant nous disposerons en H, H, deux verrous ou deux crochets. L’intérieur de la planche P est muni d’une ouverture mesurant 9 X i 2 ou i 3 X 1 8 (la première de ces dimensions nous semble suffisante) destinée à recevoir un négatif ou une diapositive et un verre dépoli. Ce dernier est destiné, comme vous le savez, à isoler la diapositive afin d’empêcher la reproduction des objets extérieurs.

Vous savez aussi que, pour éviter la reproduction du grain, il faut tenir le verre douci d’autant plus éloigné de l’image à reproduire que ce grain est plus gros. Après avoir déterminé l’épaisseur d’un négatif et celle du verre dépoli, on prépare une série de baguettes L que l’on colle ou fixe à l’aide de quelques pointes sur les côtés intérieurs de l’ouverture (voir la figure représentant un arrachement de la planche). Ces baguettes ayant été calculées d’une épaisseur telle qu’elles rempliront l’espace vide inutilisé, le verre dépoli trouvera juste sa place en D tandis que le négatif sera posé en N. Des tourillons T et des triangles O, O, en métal, empêcheront tout glissement des verres.

Pour la seconde partie de l’appareil voici comme nous procéderons. La chambre noire sera montée sur un supportée hauteur telle que l’axe de l’objectif coïncide avec le centre de la planche P. Le support se compose d’un caisson S, posé sur une planche J , soutenant elle-même une glissière M. Le

LE PTIOTOGT^JIPUJST'E

LE COPIEUR, AGRANDISSEUR, REDRESSEUR, RÉDUCTEUR UNIVERSEL

support a deux de ses faces latérales libres, afin de donner accès aux mains de l’opérateur pour la manoeuvre de la vis de pied V qui joindra la chambre à son support. Des écrous à oreilles assureront la fixité de la planche J en un point quelconque de la rainure.

On comprend, sans qu’il soit besoin de l’expliquer, le fonctionnement de l’appareil. Si vous montez sur la chambre noire un objectif 6,5 X 9 ou 9 X i 2 vous obtiendrez des copies dont l’agrandissement pourra, dans certains cas, atteindre cinq fois les dimensions originelles.

Si vous avez à traiter des images de format inférieur au 9 X i 2 vous préparerez un intermédiaire qui s’installera sur la face de la planche P tournée vers l’objectif. Vous pourriez aussi tenir plus grande l’ouverture pratiquée dans la planche P, lui donner par exemple les dimensions 1 8 X 24 ; cela semble inutile puisque la majeure partie des appareils photographiques adoptés par les amateurs ne dépasse pas le format 9X12. Cela pourrait nous obliger, au surplus, à munir la planche P d une glissière supplémentaire dans laquelle on introduirait les images opaques dont on veut prendre une copie, un agrandissement ou une réduction.

En conservant les mesures que j’ai indiquées, ces images seront simplement fixées sur la planche P à l’aide de quelques punaises.

L’appareil se place sur une table, mais on peut aussi le monter sur un pied photographique en mettant, au-dessous, une planche transversale assez éloignée pour ne pas gêner le fonctionnement de la rainure. L’appareil universel peut être employé en plein air ou à l’intérieur, à la lumière du jour ou à la lumière artificielle. En le complétant par un abri de lumière que nous étudierons peut-être quelque jour, il pourrait même servir à la petite projection ou à l’agrandissement par la lumière artificielle.

Une bonne Pipe

^ Ahl cette pipe, comme elle joue un grand râle dans nos sociétés modernes! Tous les efforts du cigare élégant et de bon ton ne parviennent pas à la détrôner. C’est quelle ne date pas d'hier. Les érudits la proclament de très haute antiquité. On y fumait alors des plantes enivrantes . Le tabac l’a régénérée et fortifiée. Trédéric 1”, roi de Prusse, l’a même immortalisée en fondant sa célèbre Académie de la Pipe. o o o c o

JlLBETiT ^EYME7{.

La Propriété ^ Artistique

^ des Œuvres Photographiques

RÈs différente est la situation juridique faite aux, œuvres photographiques, selon qu’on leur reconnaît ou non le caractère de productions artistiques. Leur dénie-t-on ce caractère? la protection que peut leur offrir notre législation actuelle est des plus insuffisantes ; le leur concède-t-on? elles y trouvent des armes pour parer à toutes les atteintes. La jurisprudence, nous l’avons dit, incline de plus en plus à admettre que la photographie est un art, mais elle a manifesté longtemps des hésitations qui, malgré les efforts de la doctrine, ne sont peut-être pas encore définitivement vaincues et qui l’avaient conduit à adopter un système mixte établissant une distinction entre les photographies industrielles et les photographies vraiment artistiques. Voyons donc les conséquences du débat.

Admettons pour un instant que la photographie ne constitue qu’une industrie, et non un art, que l’épreuve, en d’autres termes, soit une production industrielle, à quoi pourra prétendre son auteur?

11 sera impossible de le faire bénéficier de la loi du 5 juillet 1844, sur les brevets d’invention, qui n’accorde sa protection qu’aux inventions brevetées. Or, aux termes de cette loi, sont brevetables :

« L’invention de nouveaux moyens ou l’application nouvelle de moyens connus pour l’obtention d’un résultat ou d’un produit industriel. »

Une condition essentielle est donc exigée, la nouveauté. On peut assurément photographier une personne qui ne l’a jamais été, prendre un site pour la première fois et même, comme cela arrive souvent aux explorateurs, dans des pays qui n’avaient jamais été visités auparavant par des hommes civilisés, mais dans ces divers cas, ce qui est nouveau c’est le sujet reproduit, il n’y a pas d’application nouvelle de la photographie; donc pas de brevet possible.

On ne pourra pas songer davantage à appliquer aux œuvres photographiques la loi du ]8 mars 1 806 sur les dessins de fabrique.

Ces dessins ne sont pas destinés à exister seuls; ils servent à revêtir une marchandise d’une apparence extérieure qui la différencie de toute autre. Les productions photographiques, au contraire, semblables en cela à tout autre dessin artistique, ont pour but de représenter quelque chose par elles-mêmes et ont, par conséquent, leur existence propre et indépendante. 11 n’y a donc aucune similitude entre les deux cas.

Le photographe n’a alors pour lui que l’article i382 du Code Civil :

« Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé, à le réparer. »

Ce serait donc l’application du droit commun, sans aucune sanction particulière.

Les conséquences mêmes du système le condamnent et on ne peut s’empêcher de reconnaître combien il est pratiquement nécessaire de considérer la photographie comme une œuvre d’art.

Alors, en effet, les œuvres photographiques, jouissant du même traitement que les œuvres artistiques, constituent, comme elles, une propriété spéciale protégée par la loi des 19-24 juillet 1 ygS et placée sous la sauvegarde des lois pénales. Toute reproduction indue d’une œuvre photographique

LE PTiOTOGT^JlPmSTE

Page 1