CHAPITRE TREIZIÈME
Trois brochureB poUtiquei : poubquoi »ks ioubualistis? — L*nrA€ini BT SES DBBiiiEBs év)toicHBim, pv H. Gabriel Hugelmaim. ~ lb •SPBCTBB BOiJ€B BB 1852, {MF M. A. Romioa. — Uo Diot tur la brochure NAfoiiUM m bt l*ab«lbtbbbb.
Voici, mes enfants, trois brochures politiques que nous trouvons dans le coin de Tautre jour ; jetons-y un coup d*œil ; au surplus, quoique le terrain de la politique soit quelque peu volcanique, ne serons-nous pas fâchés d'examiner la partie littéraire de ces pages, écrites par des hommes politiques.
La première de ces brochures, que nous devons à fauteur de la Prophétie, ce qui n'est pas un renseignement très-utile pour plus d'un lecteur, se vend chez Ledoyen, au Palais-Royal. Ce livre, imprimé en 4857, semble à première vue un libelle contre le journalisme ; le style en est vigoureux et assez bien châtié, pourtant nous remarquons tout d'abord un contre-sens qui nous arrête dans nos travaux de critique. Le titre de l'ouvrage est tellement en contradiction avec la division et la matière des chapitres qu'on y voit, que le désappointement que nous cause une telle remarque nous oblige à passer à la seconde brochure. En effet, conçoit-on que celle que nous avons sous les yeux, qui s'annonce comme une terrible diatribe contre les journalistes et que l'on a divisé en trois parties, ne contienne, sur les 80 pages qui composent le livre, que 82 pages à l'adresse des journalistes ? Le reste est une histoire assez longue de choses passées en Pologne, qu'assurément on ne s'attendait guère à voir en cette affaire. Ainsi, la deuxième partie est intitulée la Pologne, -et la troisième.
Oration funèbre cTAdam Mickietctcz. Si c'est une réclame eh faveur de Tindépendance polonaise, pourquoi ne pas le dire? Mais alors n'annoncez pas que vous allez foudroyer dans votre écrit ces pauvres journalistes qui figurent en si grosses lettres à la première page.
Voilà une contradiction qui nous indispose contre l'auteur, au point que nous laissons là cette Pologne qui n'en peut mais» pour voir un peu si rEspagne et ses derniers événements ne serait pas une relation* de la guerre d'Orient,
Nous sommes en droit d'être méfiants après ce qui vient de nous arriver.
L'Espagne et ses derniers événements est un livre imprimé à Paris, avec M. Ledoyen pour éditeur, et M. Hugelmann pour auteur.
« Cette brochure, écrite en 1856, en deux jours, à la descente du wagon qui a pris l'auteur à Bayonne au sortir de la diligence de Madrid (ainsi qu'on lit à la page 212), sera (c'est toujours l'auteur qui parle) certainement
loin d*être parfaite sous le rapport du style» et loin d*être complète sous le rapport des idées (1). •
Examinons Touvrage et cherchons à nous rendre compte si Ton a eu raison d*employer le futur dans la phrase qui précède.
Si nous voulions diviser notre travail d'une façon irréprochable au point de vue de la logique, noas passerions successivement en revue les idées et le style de l'auteur; mais ce dernier se déclarant hautement l'avocat des idées napoléoniennes, nous sommes dès lors incompétents pour porter notre critique sur un pareil terrain ; nous nous contenterons donc de jeter quelques regards à la dérobée, nous préoccupant surtout, dans la lecture du livre en question, de critiquer les expressions et les phrases employées, puisque nous ne pouvons nous permettre d'attaquer une opinion aussi respectable que celle que proclame l'auteur.
(i) L* Espagne et ses derniers événements, par M. G. Ho^lmaon.
D*abord, nous regrettons de voir traiter avec une certaine sévérité un homme honorable que ses malheurs auraient dû mettre à Tabri des reproches : nous parlons du général Espartero. S'il a commis des fautes politiques, il les a expiées par ses nombreux revers de fortune ; une chose pourtant doit le consoler dans le silence de sa retraite, c'est que son nom est resté sans tache. Si Ton trouvait dans les malheurs d'autrui une compensation aux maux dont on a été frappé, le général Espartero pourrait reprocher une chute pareille k la sienne à plus d'un héros de la veille auquel on ne reproche pas comme à lui de regrettables erreurs.
Nous noterons sans commentaires cette phrase de la page 196 du livre : • Artiste couronné, c'est lui que tout naturellement l'avenir désigne comme le Mécène de cette jeunesse nationale dont les efforts vont être enfin compris et récompensés (1 ) . » Il s'agit ici du mari de la reine ;
(1) L'Espagne et ses derniers événements, par M. G. Hugel-
le jovnmàl anglais le Times ne parait pas (diaprés l'iiuteur) partager cette manière de voir ; quanta nous, nous ne faisons que la signaler à ceux des lecteurs du Times qui ne la connattraient pas.
: L*auteuF/ après avoir encensé de la sorte le prince-roi, passe en revue tous les généraux de la fameuse union libérale et fait leurs portraits dans des termes qu'il croit probablement trèsflatteurs et pleins d'exactitude. Pourtant nous remarquons dans ces pages quelques phrases qui ne plairaient peut-être que médiocrement aux héros mis en scène, et avant de nous livrer à notre petit travail de critique grammaticale, nous réunirons ces phrases pour vous montrer, mes enfants, qu'un écrivain, au risque d'offenser ses propres amis, doit tout sacrifier à l'impartialité.
Page 198, il est dit de M. Rios-Rosas :
« Impitoyable envers les démocrates et les progressistes, on l'a vu écraser les modérés du reproche d'impuissance. Ce que voulait Rios^
I Hdsas^ c'était une situation comme celle dans la-
quelle il a trouvé place aujourd'hui. On s'attend généralement à de grandes choses de sa part ; on craint seulement qu'un peu trop (F orgueil ne nuise à ses nombreuses qualités (1). >
Les mots que nous avons pris la liberté de souligner figureront assez bien auprès des suivants de la page 20/i qui concernent le général Dulce :
« Bravoure aveugle , âme de fer^ patriotisme capable de tout sacrifier, ju^quà sa propre I renommée (2). n
Terminons par ce passage à l'adresse du général Prim. On lit, page 208 : « Le comte de Reus est arrivé très-jeune à la position qu'il occupe; il a été servi par les circonstances et a su se. ménager lovjours; possesseur aujour-' d'hui d'une immense fortune, qu'il doit à un
' (1) L'Espagne et ses derniers événements, par H. G. Hugelmano, page 108.
(2) /(/em, pa{^ 20^,