‹ Le pie bas-bleuChapitre 24 sur 33 · SOI · texte numérisé non relu

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Il y a là une évidente contradiction ; Tone de ces deux croyances étant la négation de Fautre, il faut choisir entre elles deux, ou déclarer que le protestantisme, bien loin d'être une religion, n'est qu'une école de sophistes en révolte contre réglise de Dieu.

On voit clairement, parleli\Tede M"«MicheIet, que le dernier terme de la logique protestante est la destruction du dogme absolu de la foi, par la liberté de penser, et la déification de rhomme par Tinfaillibilité accordée à la raison humaine.

L'orgueil et l'esprit de rébellion qui en est la conséquence ont pu seulement inspirer de pareilles doctrines. Qu'il y a loin de là à cette sublime résignation et à cette profonde humilité de la pensée catholique!

Les catholiques ne cherchent point à sortir Dieu de ses œuvres, en le réduisant à rien, comme on les en accuse page 20. Pour sortir Dieu de ses œuvres, il faudrait qu'il existât nécessai-

rement dans ses œuvres, ce qui impliquerait un état de dépendance du Créateur par rapport à la création. Les œuvres de Dieu sont en dehors de Dieu, car si elles étaient en Dieu, elles seraient Dieu, puisque Dieu est indivisible. Elles ne sont rien sans Dieu, et tout ce qu'elles sont, elles le sont nécessairement par Dieu; mais elles ne seraient jamais sorties du néant s'il avait plu à Dieu de les y laisser. Elles ont eu un commencement et Dieu n'en a jamais eu. Donc s'il pouvait être réduit à rien étant sorti de ses œuvres, avant l'existence de ces œuvres Dieu n'eût été autre chose que le chaos, ce qui nous jette en plein panthéisme.

On trouve, au reste, dans le cours de cet ouvrage, d'étranges assertions qu'il est du devoir de tout catholique sérieux de chercher à détruire, afin qu'elles ne puissent égarer les esprits facilement hallucinés par des mots vides de sens.

Nous lisons page 23, ligne 7 :

■ Le jeu étemel entre le moteur et le mû,

voilà la vie ; la vérité est de chercher toujours I §

so

Le jeu dont il s'agit n'est autre chose que la grande loi du mouvement qui, dans Tordre physique, est la vie de la matière ; on peut, par extension, l'appliquer à Tordre moral et en tirer la vie des âmes ; mais en tous cas il ne peut Ctre question ici que de la vie des choses créées et nullement de la vie absolue qui n'est qu'en Dieu. Si la vérité consiste à chercher toujours, Dieu a condamné bien injustement l'homme à ne jamais sortir de Terreur, et puisque Tauteur aime tant les syllogismes de la haute philosophie, nous allons lui en offrir des plus serrés, pour lui prouver que sa définition de la vérité n'a aucun sens, même au point de vue de la raison humaine.

Le raisonnement suivant le démontre clairement:

La vérité est de chercher toujours; or une chose que Von cherche toujours nécessairement ne se trouve jamais ; une chose quon ne trouve jamais n'existe pas pour celui qui la cherche : donc la vérité vl existe pas pour F homme.

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