‹ Le Pifferaro, comédie-vaudeville en 1 acteChapitre 10 sur 16 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

CASCARIN, BONSORBET, puis ANTONIO.

CASCARIN. *

Dis-uioi donc... ta fille n’a pas l’air enchantée... de cette union projetée...

BONSORBET. ,

Bon ! bon !

CASCARIN.

Alors... ce mariage... tient toujours?...

BONSORBET.

Plus que jamais!...

CASCARIN.

Et les cinquante mille francs de dot?...

BONSORBET.

- J’en donne soixante mille francs...

CASCARIN.

Très-bien!...

* Bans. Case.

LE PIFFEHARO.

BONSORBET.

Mais voyons !... où est donc mon professeur ?...

CASCARIN, voyant venir Antonio do la gauche.

Tiens !... vois...

ANTONIO, semble tout sérieux et soupire, il a quitté son tablier et mis une veste à la plaee do sa peau de mouton. *

Ah!...

BONSORBET.

Quel soupir !...

Oui., ze soupire !...

ANTONIO

BONSORBET.

Et pourquoi?... et pourquoi?... n’est- tu pas satisfait?...

Si... si... mais il manque un chose... à mon bonheur !...

CASCARIN.

Là !...

BONSORBET.

AUends-donc!... Si ce n’est qu’une chose!... (AAntonio.) Laquelle?... tu as peut-être cassé tes bretelles... parle...

ANTONIO

Je Viens de voir le cabinet qua vous m’avez donné...

Eh bien!...

BONSORBET.

ANTONIO

Eh bien... le lit est douillet... Zene dis pas non... mais la pièce... elle est trop exigue... petite... et ça me gêne pour respirer... oh! j’ai besoin de respirer... (Avec explosion.) Oh ! j’ai besoin de l’air pur de mes montagnes...

CASCARIN.

Bon ! attrape !

BONSORBET.

L’air pur de tes montagnes, on fait bien venir de l’eau de mer, mais l’air des montagnes, on n’a pas encore essayé...

CASCARIN.

Tire-toi de là!...

ANTONIO, tristement.

C'est fâcheux... ça me tue tout mon bonheur.

CASCARIN, h Bonsorbet.

Tu as perdu... donne-moi mes dix francs !

BONSORBET.

Pas encore, j’ai vingt-quatre heures... ah! une idée... tu veux l’air des montagnes, tu en auras...** Cascarin... tu vas lui donner ta chambre...

* Bons. Ant. Case.

** Ant. Bous. Case.

CASCAàlN.

Moi îi»«

BONSORBET.

El tu prendras la sienne...

CASCARIN.

Ah ! mais... j’y serai très-mal...

BONSORBET.

Oui... mais dans la tienne... Il sera très-bien !... Ecoutemoi 1... ta chambre est placée... là... en ligne droite... vis-àvis du Panthéon... Je la lui donne... (A Antonio J Et là, au moins, tu pourras respirer l’air pur de la montagne Sainte- Geneviève...

ANTONIO

Oui, mon ami'! (avec transport.) Mio caro amico !... mio... Carol... Caro.. .‘mio...

BONSORBET, attendri.

Il m’appelle son Carol...

CASCARIN.

Oh 1 mais sais'. tu que je ne la trouve pas plaisante du tout...

BONSORBET.

Mon cher Cascarin, le sage a dit : On n’est jamais heureux qu’aux dépens de quelqu’un !...

CASCARIN.

Tu m’ennuies!...

BONSORBET.

Vois-tu... suis bien mon raisonnement... (A Antonio.) Tu n’es pas de trop !... une somme de bonheur est accordée aux humains... chacun pige dans le tas... celui qui en prend trop vole son voisin... il t’a volé... (Montrant Antonio.) Tu es vexé, mais il est content ! l’équilibre se retrouve !...

CARCARIN.

Tiens, veux-tu que je te dise... avec tes philosophes et ton bonheur... va te promener!.,, va te promener!... (il sort furieux.)

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