SCÈNE XII
ANTONIO, puis EMMELINE.
ANTONIO, se jetant sur le canapé.
Ah ! j’ai des idées riantes!... Il me semble qu’à travers ce vin... j’aperçois mon pays!... Florence...
EMMELINE ***, entrant de droite.
Que. vient de me dire monsieur Cascarin !... ce pifferaro que mon père veut rendre heureux.... serait-ce celui que j’ai aperçu ce matin r
ANTONIO
Per Bacco !
EMMELINE
Mon Dieu !...
ANTONIO
Mais c’est elle!...
EMMELINE
C’est lui!... Antonio !...
* Bons. Ant. Pol. .
** Ant. Bons. Pol.
*** Anl. Ëmm.
ANTONIO
Oh! laissez-moi vous regarder!.... depuis deux ans êtesvous devenu belle et jolie....
EMMELINE
Oh!
ANTONIO
Oh ! voyez-vous . nous autres.... du midi , fils du soleil.... quand une chose est belle... nous ne pouvons cacher notre admiration.
EMMELINE
Monsieur Antonio.
ANTONIO
Monsieur... signor, moi?... mais non... pas signor, pifferaro... tout simplement...
EMMELINE
Je vous avais presque reconnu ce matin par cette fenêtre., mais je n’étais pas bien sûre....
ANTONIO
C’était moi... avec ma musette.... ma zampogna.... (avec tristesse.) car j’ai quitté... l’ttalie... pour venir à Paris....
EMMELINE
Ah !... vous allez à Paris ?...
ANTONIO
Oui , des recherches à taire !... mais peu m’importe... vous voilà... je vous revois.
EMMELINE
Vous ne m’avez donc pas oubliée?...
ANTONIO
Vous oublier?... oh ! non !... parlons du pays, de nos bons rires... de nos chansons d’autrefois !
CANZONNETTA Air de Tagliafico.
Tic et tic et toc ! Le cœur bat plus vite Lorsque le plaisir Vient le saisir.
Tic et tic et toc ! notre àme palpite.
Le bonheur , Enivre le cœur.
EMMELINE
Le parfum des fleurs, la brise odorante,
La chanson du pâtre et du gondolier ANTONIO.
' Tout vient rappeler la patrie absente Que rien ici-bas ne fait oublier.