‹ Le pilote américain [microforme]Chapitre 37 sur 54 · PES CA · texte numérisé non relu

PES CA

étant revenue à sa première température, qui s’arrêtait à Îa soixante-cinquième division de l'instrument. Bien que, dans

| cette circonstance, nous n'eussions pas croisé le courant,

nous l’avions cependant rencontré et traversé obliquement

| sur son côté de l’O., ce qui nous avait portés dans fa di-

rection qui lui est propre, et plus encore quand le vent avait mollr.

Ces observations ayant été faites à 3° au N. des précédentes, il est intéressant de remarquer qu'elles ont aftri-

| bué au gulf-stream 2° de chaleur de moins qu’en premier

lieu. Les saisons correspondantes aux unes et aux autres étaient à la vérité fort difiérentes ; mais peut-être, eu

| gard aux circonstances environnantes, leurs effets devaient-

fe se balancer! Lors des dernières, le soleil était moins

élevé, mais un été très-chrud les avait devancées ; tandis que, si, à l’époque des premières, l'influence de cet astre était déjà très-grande, elle avait été naguère précédée des rigueurs de l'hiver. Partant de cette supposition; nous pouvons être conduits à penser que Îe courant, parvenu par kr latitude de 27°, ce qui arrive immédiatement après sa sortie du golfe de [a Floride, commence à perdre de sa chaleur d'une manière sensible et à {a voir décliner au-dessous de 82°, qui est celle qu'on a cru devoir reconnaître au golfe du Mexique, et se réduire d'environ 2° de la division de Fahrenheit à mesure qu’il s'avance de 3° vers le N.; probablement aussi, avec quelques variations, produites par l'ai et par les mers qui l'enveloppent, lesquels sont exposés eux: mêmes aux changemens que commandent les saisons.

Les faits qu'on vient d'exposer m'avaient rendu desireux d'observer {1 chaleur des eaux du gulf-strexn pendant m traversée de retour ; un vent violent, qui s'éleva deux jours après que nous eûines mis à la voile de Sandy -Hook , du la possibilité de se tenir sur le pont à chacune des personnes susceptibles de faire usage du thermomètre. Toutefois, le master, homme intelligent, auquel j'avais fait part de mes vues , m'assura que le second jour du coup de vent il avait éprouvé que l'eau était d'une chaleur remarquable; nous étions alors par 70° de longitude, ce qui s'accorde trèsbien avec une observation commune aux navigateurs, qui maintiennent avoir fréquemment reconnu le gulf-stream au JR large des bancs de Nantucket, à une distance de la l'loride qui s'élève à plus d'un millier de milles. Conformément à {a supputation que j'ai adoptée de 2° de diminution W dans {a température du gulf-strean par 3° de latitude, elle aurait dû être, en ce parage, de 7j”; celle des eaux de là mér, que j'observai avant et après la bourasque, était de 59°; le master du navire avait donc pu aisément recon: naître la différence, Ceci se passait dans l'arrière-saison , à h fin de décembre,

ancées ; tandi, e de cet dstre précédée des on; nous pou:

>arvenu par f après sa sortie de sa chaleur tu - dessous de aître au golfe la division de rs Je N. 5 Propduites par l'air t'exposés eux:

saisons.

endu desireux n pendant m va deux jour;

1y -Hook , du

des personnes &

Toutefois, le It part de mes e vent il avait quable; nous ’accorde trèsvigateurs, qui rulfstream au ice de la l'lo- . Conforiméde diminution fatitude, elle les eaux de l:

que, était de ément reconre-saison , à

(315) C'est une opiniondominante parmi les gens de mer que les propriétés de l'air se ressentent du voisinage du gulf-stream. Autant que j'en ai pu juger, la chaleur de l'air, ainsi qu’on

aurait pu s’y attendre, s'était ostensiblement accrue ; mais

que ce füt à un degré d’étendue suffisant pour produire dans l'atmosphère des changemens matériels, il n’y a que des ob-

| servations à venir qui puissent en donner l'assurance.

Peut-être serait-il possible de constater l'existence d’autres 4 courans qui, provenant de lieux plus chauds ou plus froids

| que la mer qui les environne, différent assez de tempé-

rature avec elle pour qu’on réussit à les découvrir à laide du thermomètre. S'ils étaient en grand nombre, cet instrument arriverait à prendre son rang parmi ceux qui sont

} les plus appréciés à la mer; car la difficulté de s'assurer de

pichet 0 LE

ce qui a trait aux courans n'est que trop reconnue pour lune des plus grandes imperfections de l'art actuel de la

navigation.

Cependant, je conçois l'espérance que les observations dont on vient de rendre compte suffiront pour donner ja preuve des avantages essentiels que l'on peut tirer de l'usage du thermomètre lorsqu'on traverse le gulf-stream : car, si le capitaine d’un bâtiment destiné pour l’une des provinces du sud de l'Amérique septentrionale veut être attentif à mesurer fréquemment Ia chaleur de l’eau, il sera exactement averti de de son entrée dans le gulfstream par l'accroissement soudain qu’elle acquerra; et la continuité de ces expériences lui montrera également , avec une égale rectitude, combien de temps il aura demeuré dans ce courant. Par [à , il se maintiendra toujours en position de faire une évaluation raisonnable du nombre de milles dont le bâtiment aura été porté vers le N., sur-tout, en multipliant les intervalles pendant lesquels il aura été exposé à [a rapidité de ce mouvement. Quoique jusqu'ici la vitesse du gulf-stream ait été très-1mparfaitement appréciée, à défaut dun procédé satisfaisant pour mesurer la durée de son action sur le navire, cepencant,

toute incertitude à cet égard devra bientôt cesser, attendu qu'un moyen nombre d'observations faites sur la chaleur qui est propre à ce courant, comparées avec la route qu’on: tenue, et rectifiées à l’aide des latitudes observées, doivent donner sur sa marche des renseignemens d’une précision suffisante.

Il est probable que des variations dans {a rapidité +:: cou. à rant doivent découler de Ia mobilité qui caractérise les vents, ainsi que de circonstances accessoires qu’il est difficile d'ap. précier. IT serait curieux d'étudier ces variations, pour reconnaître si elles ne pourraient point être indiquées par les dif. férences qu'éprouve Îa température du gulf-stream. Partant de ce principe, que Îa conservation de {a chaleur de ce courantesten raison directe de sa vitesse, et que, par conséquent, plus il se meut avec promptitude et plus aussi ses eaux sont chaudes. Dans ces expériences, toutefois, il serait indispensable de faire entrer la s:isoh de l’année en considération: en partie, parce qu’elle est susceptible d'apporter quelque changement dans Ja température des eaux du Mexique; mais, principalement, parce que la chaleur actuelle du courant peut être plus ou moins grande en proportion de celle des eaux qu’il a dû traverser. Je supposerais volontiers que, dans lhiver, la chaleur qui est propre au courant doit être sensiblement moindre que pendant l'été ; mais aussi, que la diflérence qui existe entre celle et la température de la mer avoisinante doit devenir beaucoup plus grande; de plus, je croirais que, dans le milieu de l'été, bien que le gulf -stream ait fort peu perdu de sa chaleur primitive, celle des eaux de la mer s'étant élevée à un degré très-rapproché du sien, il soit à peine possible de reconnaîrre à l’aide du thermomètre l'instant auquel un bâtiment entre dans ce courant.

Nonobstant l'importance attachée à la correction des routes du navire, rectification que l’on obtient en appréciant avec méthode et connaissance de cause la quantité dont on à été porté vers le N ; la méthode qui sert à déterminer avec

esser, attendu sur {a chalew route qu’on:

rvées, doivent une précision

idité 2: cou.

rise les vents, difficile d’ap- S, pour recones par les dif.

eain. Partant eur de ce cour conséquent,

ses eaux sont trait indispenonsidération :

orter quelque exique; mais, | Courant peut elle des eaux dans l’hiver, sensiblement liflérence qui isinante doit "ais que, dans rt peu perdu r s'étant éle-

peine possistant auquel

rrection des n appréciant té dont on 1 riminer avec

(317) certitude quand on eñtre dans le gulf-stream est suivie en outre du plus précieux avantage, celui de connaître Ia position que l'on occupe sur l'Océan, alors même que l'on se trouve dans Îa situation la plus critique : car, le courant prolongeant les côtes d'Amérique et confinant aux sondes, le | navigateur est averti de leur approche par l'augmentation soudaine de [a chaleur de l’eau, et se trouve ainsi prévenu à temps pour qu'il puisse recourir aux précautions qu’exige de lui la sûreté de son bâtiment. À mesure que la marche du gulf-stream sera mieux connue, par suite des observations répétées que l’on pourra faire concurremment sur Ia chaleur qui lui est propre et sur les latitudes, le procédé que l'on a décrit pour fixer la situation du navire deviendra proportion.

| nellement plus applicable. L'importance de ce courant s’accroît en raison des localités particulières à a côte d'Amérique,

qui, à partir de la Deliware jusqu’à la pointe Ia plus au S. de | la Floride, est basse en son entier , et embarrassée de bancs | nombreux qui s’avancent tellement vers le large, qu’on peut s'échouer en plusieurs endroits trop éloignés de la terre pour

! qu'on la puisse voir du haut des mäâts. C’est pourquoi le gulf- | stream, qui , jusqu’à présent , n’a servi qu'à accroître les per- | plexités des navigateurs, est susceptible main’2nant, si les | observations qu’on vient d'exposer peuvent ètre mises en | pratique et devenir usuelles, est susceptible, dis-je, de prenh dre rang parmi les moyens principaux qui servent à les pré- | server des accidens auxquels cette côte dangereuse ne donne | lieu que trop souvent. (La direction et la vitesse du gulf- À stream sont plus explicitement tracées sur la carte de l'océan

Atlantique, publiée par E, M. Blunt.)

Extrait d'une lettre de D. F, Mason, esq., au colonel Jon, Wil liams, commandant du corps du génie et auteur de la Navi.

gation thermométrique, adressée a New-York et datée 4 Cliffton ( Angleterre), le 20 juin 1 810.

Nous essuyâmes de si mauvais temps Jors de mon voyag de New-Yockà Halifax, à bord du paquebot anglais /'Eliza qui eut le malheur de perdre son mât de mizaine, que je nh

pus me livrer à aucune observation thermométrique, Mais, lorsque , le 22 avril, nous eùmes mis à fa voile et

quitté Halifax, je les commençaï, et les continuai jusqu’à cl que j'eus le malheur de briser mes deux instrumens. Bien que

Ja durée de ces expériences aît été fort courte, vous pourra vous convaincre de leur importance, à l'aide des résultats que je vous adresse. Vous apercevrez avec quelle fidélité le thermomètre indiquait les bancs et les approches des îles de glace. Le capitaine avait une telle confiance dans ses indica.

tions, qu'il faisait des remarques régulières et les inséraït dans

son journal. Je lui ai donné l'un de vos livres, pensant qu'il

vous serait agréable que j'étendisse la connaissance d’unel

découverte aussi utile que la vôtre, connaissance que je desi-R

rerais voir plus généralement répandue,

Nous sommes arrivés à Plÿmouth le 22 mai 1810, apré

avoir échappé miraculeusement aux îles de glace et à plu: |

sieurs coups de vent très-sévères.

RÉ E TEE

put

TE Tes Be fo nt COR

Page 1