‹ Le pilote côtier des Etats-Unis [microforme]Chapitre 4 sur 61 · ÉCOSSE · texte numérisé non relu

ÉCOSSE

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DES ÉTATS-UNIS. ÿ leur jaunâtre. De mauvais temps, la barre du N. E. brise jusqu'à 8 ou 40 lieues de l'ile, et celle du N. O. jusqu’à 20 milles.

Extrait d'une lettre adressée aux éditeurs par le capitaine Joseph Derby, surintendant de l'ile de Sable,

e J'ai connu l'île de Sable pendant les 28 dernières années, et, dans cet intervalle de temps, son extrémité Ouest a diminué d'environ 7 milles en longueur, sans que pour cela les brisants extérieurs de la barre du N. O. aient en rien changé de position par rapport à cette extrémité ; c’est-à-dire qu'ils lui restent toujours à peu près au N. O0. du compas, à 10 milles environ. Cette particularité montre clairement que la totalité du banc et de la barre se déplace vers l'Est. *

« En dehors des brisants, le fond est haut et le brassiege peu considérable jusqu’à 7 ou 8 milles dans le N. O. Le flot traverse la, barre en portant vers le Nord et vers l'Est avec une grande force, et le jusant court en sens contraire ; l’un et l’autre changent alternativement de direction à mi-marée. Le fond est trèsuniforme dans le Sud et dans l'Ouest de la barre, et les sondes y augmentent fort lentement jusqu’à une très-grande distance; dans le Nord et dans l'Est, au contraire, l’accore est très-escarpé, et, en quittant les brisants ou les basses qui sont en dehors des brisants, on perd fond tout d'un coup. La partie N. O0. du banc de Sable Island est d’un fond très-inégal, et tourne vers le Nord en formant une chaîne d'accores : ainsi, à 35 milles environ dans le N. O. de l'ile, on trouve 18,3 d'eau , et, à l'O. N. O. ou à l'E. S. E. de cet endroit, la sonde indique soudainement des brassiages considérables. La chaine en question rejoint Middle Ground, et s'étend dans les directions de l'E. et du N. E. jusqu’à une très-grande distance, en offrant peu d’eau: le fond y est composé de petits accidents sur lesquels on constate 20,1, 22", 90,4, 93",8 de profondeur, et ainsi dans toute son étendue. Entre le banc Middle Ground et la barre ou l'ile , les sondes sont grandes et atteignent jusqu'à 146 et 464 mètres : le banc s’avance dans l'Est jusque vis-à-vis de Sable Island , et sa partie la plus Sud git à 20 ou 25 milles dans le Nord de l’île.

Extrémité Ouest de l’île

de Sable,

Extrémité Est de l’ilede Sable,

Forts courants au voisinage du banc de Sable Island,

6 PILOTE COTIER

« L'extrémité Est de cette dernière s’est très-pou altérée depuis que je la connais; toutefois, s4 hauteur est beaucoup plus grande, et l'ile entière semble chaque année s'exhausser en devenant plus étroite. La terre élevée de sa partie orientale projette à 3 milles environ dans le N. E. une barre de sable basse et découverte. Cette barre est prolongée par un haut-fond qui <’étend d'environ 2 milles dans l'E. N. E., et sur lequel la mer brise toujours. En dehors de ce haut-fond , vient un passage d'à peu près six milles de largeur, qui traverse la barre, et dans lequel on trouve de 4°,6 à 5", 5 d’eau. Enfin, en dehors de ce passage , il y a de nouveau une portion de hauts-fnds qui brisent toujours, et qui sont quelquefois à sec : ils s’avancent de 2 à 3 milles dans l'E. N. E., et les sondes du banc continuent ensuite dans la même direction jusqu’à quelques milles plus loin. Le flot traverse la barre du N.E. en charriant au Nord avec une grande vitesse; le jusi 1t porte en sens contraire, mais avec moins de force. Dans le Sud et dans l'Est de la barre, on a des brassiages réguliers et des fonds plats jusqu'à une distance considérable.

« Au Nord et à l'Ouest , les accores sont très-escarpés : ainsi, les sondes, qui sont, à toucher les brisants , de 18",3, deviennent tout à coup de 128 , 446 ou 183 mètres, et même plus grandes. Je crois qu'en général il règne, entre le banc de l'ile de Sable etle courant du golfe du Mexique, un très-fort courant portant à l'O. S. O., et qu'il en existe un autre , trèsfort aussi, qui porte au S. S. O., en descendant le long de la partie Ouest de celui du golfe Saint-Lawrence. En rangeant le côté Sud de l'ile, le courant passe sur de petits fonds ; il charrie à l'Est et à l'Ouest, et est principalement influencé par les vents.

«La plus grande partie des naufrages qui ont lieu dans ces parages proviennent d'erreurs dans la longitude : c'est ainsi que les navires destinés pour l'Est croient avoir doublé Sable 1s/and quand ils donnent dessus, et qu'au contraire, ceux déstinés pour l'Ouest, c'est-à-dire venant d'Europe, ne s'estiment pas aussi loin dans l'Ouest quand ils font côte. J'ai connu divers cas de bâtiments venant d'Europe, qui n’avaient pas plus d'un demidegré d'erreur en longitude au moment où ils arrivaient sur les

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DES ÉTATS-UNIS. 7 bancs de Newfound Land (Terre-Neuve), et qui, de là à l'ile de Sable, par.un, temps modéré et de petits vents, en trouvaient une de.60 à 400,milles. Ce fait tend, je pense , à prouver l’existence d'un.courant portant à l'Ouest et au; Sud, entre le grand. bano et l'ile; il prouve aussi celle d'un courant portant à l'Ouest, entre le banc de l'ile de Sable et le courant du golfe du Mexique, avec une vitesse plus ou moins grande , suivant Ja distance de ce dernier aux bancs.

«Si un accident arrive, et si on se trouve à la côte sur l'ile de Sable, je recommande de ne rien couper des mâts ni du gréement du navire, à moins qu'il ne soit de faible échantillon, auquel cas on peut le faire pour le soulager; mais s'il est d'une solidité ordinaire , il doit supporter sa mâture jusqu’à ce qu'il soit à sec ou qu'il ait fait son lit dans le sable et demeure tranquille, Les équipages et les chargements ont souvent dû leur salut à cette précaution de conserver tout haut; précaution qui permettait d’abord d'envoyer du sommet des mâts une ligne à terre, lorsque toute communication était impossible par c4nots; puis, à l'aide d’une bonne aussière amarrée sur l'ile, d'y transporter en.sûreté, par-dessus Jes. brisants, à l’aide d’une

chaise ou de tout autre ustensile, les passagers et les-objets de -valeur. Le fond étant, en cet endroit, de sable mou, un navire n'y-est.pas mis en pièces aussi vite que s'il était sur des so-

chers. Si.donc on a le soin de laisser les agrès intacte, an conserve la chance de les sauver plus tard; tandis que, si on coupe les.mâts, le gréement s'embrouille avec eux, et le tout arrive à terre pour s'enfouir et se perdre dans le sable. Quand, au lieu de faire tête sur l'île, on. échoue. sur l'une des deux barres , le premier soin doit être. de mettre les canots en süraté.et. d’alléger le navire, puis de l’abandonner dès qu’on a perdu l'espérance de le déhaler. Dans ce dernier cas, il faut s’efforcer de gagner la partie sous le vent des récifs, et débarquer sur Je point

de l'ile que les circonstances permettent de choisir, au Nord de

préférer.ce, si.on.peut. Il. n’y a ras de temps à perdre, attendu que les. navires naufragés sur les barres disparaissent très-vite totalement, soit. qu'ils s'en aillent en pièces sous l'action d’une mer irrégulière et de. forts courants, soit qu'ils roulent jusqu'à l'accore Nord de la barre pour s'epgloutir ensuite dans une eau

Recommanda- :

tions importantes pour le cas de naufrage sur l’île de Sable.

8 PILOTE COTIER

profonde, Quand il y a possibilité d’arracher quelque chose à la mer, on doit, avec l'équipage, faire tout pour opérer le sauvetage soi-même; on peut, au besoin, recourir à l'assistance des habitants de l'ile, et en obtenir des canots et des attelages de chevaux; mais ces services sont intéressés et nor de location, parce que le personnel en question est à la &'sposition exclusive du gouvernement, et que l'ile tire de tout ce qui se recueille sur ses côtes un droit d'épaves proportionnel fixé par les magistrats d'Halifax. Plus donc on peut sauver de choses par ses propres moyens , moins ce droit est fort. Il arrive très-souvent que les équipages ne veulent pas aider aux opérations , et que celles-ci sont faites exclusivement par l’établissement, auquel cas le droit en question est passablement élevé, Il existe sur l'ile des constructions destinées à abriter les naufragés, et pourvues de provisions pour ceux qui n'ont pu en sauver ; il en existe aussi quelques-unes spécialement affectées aux marchandises susceptibies de se détériorer : les unes et les autres , ainsi que ce que l’on peut y mettre, sont sous la suiveillance du surintendant. Tous les objets arrachés à la mer doivent être , par la première occasion, expédiés à Halifax, Le capitaine: a la faculté d'en conserver l'inventaire ou de les accompagner ; mais il n’a aucun contrôle à exercer sur la destination qui leur est donnée : toutefois, je pense qu'en adressant

‘une pétition au gouverneur d’Halifaæ, il pourrait obtenir d’em-

porter ces objets où bon lui plairait, à la condition de payer le droit d’épaves. Quand un envoi semblable a lieu, l'annonce; ainsi que la vente, en sont faites à Halifax , par ordre des commissaires, ét le produit est versé entre leurs mains. Ils en tirent les impôts de la couronne, le droit proportionnel fixé par les ma-

“gistrats, les frais de transport et autres menues dépenses, et re-

mettent le reste au capitaine ou à tout autre agent autorisé pour le compte des assureurs et des intéressés. Le surintendant de l'ile est sous le contrôle du gouverneur et des commissaires , et ne peut prendre aucune mesure nouvelle sans leurs ordres. La

“coutume dont je viens de parler ‘est vieille: et depuis long-

temps ‘en pratique ; elle est maintenue par plusieurs actes du parlement de la province, et plus particulièrement par celui promulgué le 4 avril 1836, dans la sixième année du règne de

hose à érer le l’assiset des et nor “la d'sde tout rtionnel aver de . Il ar ler aux ar l’établement riter les it pu en ffectées set les la surla mer ifaæ. Le les acdestinadressant ir d’empayer le e, ainsi ommisrent les les mas, et reisé pour dant de aires , et drés. La s longctes du ar celui

ègne de

Sa Majesté Georges IV. Ce dernier acte explique et fait connaître plus catégoriquement les règles qui régissent l'établissement de Sable Island.

«La partie Nord de l’île est très-sûre, et accessible partout à parties Nord moins d’un mille de distance. Les bâtiments qui ont besoin de quelque chose peuvent, en se tenunt de ce côté et près de l’extrémité Ouest où se trouve le princip s1 établissement, s’y procurer des seeours d'eau et de combustible, ou bien un approvisionnement partiel de vivres frais , à moins que la brise ne soit très-forte et la mer mauvaise à terre : il r’y a aucune difficulté pour le batelage dans cette partie de l'ile, Celle du S.E. est également d’un accès très-sain par un temps clair; mais la grosse mer qui:y brise constamment rend la communication extrêémement difficile avec les navires , excepté après une série de vents de la partie du Nord, auquel cas la mer devient unie et le batelage possible, »

Comme i’ est de la plus grande importance pour les marins Marques pour de connaître exactement l'endroit où ils ont fait côte par un Te rw temps de brume, afin de sauver leurs navires ou leurs équi- de l'ile ou em

pages, il leur est recommandé d’avoir égard aux indications sui- er pr il vantes :

et Sud de l'île de sable.

S'ils voient les brisants s'étendre N. O. et S. E., ils sont sur la

barre du N. ©. ; S'ils les voient s'étendre O. S. 0. etE, N. E., ils sont sur la

barre du N. E. ;

S'ils les voient dans le Nord et s'étendant de l'Est à l'Ouest, ils sont dans la partie Sud de l'ile;

S'ils les voient dans le Sud et s'étendant de l'Est à l'Ouest, ils sont dans le Nord de l'ile,

L’ extrémité orientale de Sable Island est située par 43°59/ de latitude Nord et par 62°8'.de longitude Ouest ; l'extrémité occidentale par 43°57’ de latitude et 62°34’ de longitude.

Le brick-packet de Sa Majesté Britannique « Express » a ren- Glaces. contré le 7 juillet 1836 par 82 mètres d’eau . et sur le banc de Sable Island, deux îles de glace, estimées avoir, l’une 54 mètres et l’autre 45 mètres de hauteur. Il se trouvait alors par 45°43'

mr

Observations générales sur les bancs de la Nouvelle- Écosse.

où banc Quero.

Remarques importantes.

40 PILOTE COTIER de latitude et 27°37 Ouest (4). La températurs de l'air était de 46° Farenheit , et celle de l'eau de 42°,

Les bancs de la Nouvelle-Écosse s'étendent à près de 70 lieues dans l'Ouest de l'ile de Sable; ils ont de 20 à 25 lieues de largeur , et leurs accores d'en dedans se trouvent entre 44 et 48 lieues de terre; ils sont entrecoupés de canaux étroits et sinus ux, dont le fond est de vase, et le gisement N. O, et S. E. Entre eux et la terre, il existe plusieurs petits bancs intérieurs, sur lesquels ie fond est de vase et le brassiage considérable, À partir de l'ile, l’eau augmente graduellement jusqu’à 22 lieues de distance, où l’on trouve 94",5, gravier fin, De là, en avançant vers l'Ouest , le gravier devient plus gros;eten continuant dans la même direction jusqu'à l'extrémité occidentale des bancs, les fonds sont de roche et diminuent jusqu'à 33" et 27,4 : on est alors à 15 lieues dans le S.4S. E. du cap Sable.

L'extrémité S. O. de Banquereau git à 17 lieues dans l'E. N. E. +E, de la partie orientale de Sable Island : ce banc s'étend dans l'E. 4 N. E. et a 35 lieues de longueur sur près de 8 de largeur; sa partie la moins profonde est à à lieues en’ iron de son extrémité Est et porte de 29",3 à 33",0 d’eau, fond de sable fluant. De là, le brassiage augmente régulièrement dans toutes ies directions jusqu'aux limites du banc. Banguereau est accore : dans sa partie Nord, on passe immédiatement des sondes du banc à celles de 464 ou 183 mètres, et à celles de 220 mètres dans sa partie Sud.

On peut observer généralement que tout le long de la côte de la Nouvelle-Écosse, entre le cap Canso à l'E. N: E, et le cap Sable à l'O. S. O., les sondes sont très-irrégulières et varient de 46 à 73 et à 92 mètres. C’est pourquoi il est recommandé, dans les temps de brume, de ne pas approcher de la côte par moins de 64 mètres, de peur de s’exposer à tomber sur quelque récif, On ne doit, sous aucun prétexte, attaquer trop hardiment la terre dans de semblables circonstances de temps, à moins

(1) Le texte présente éridemment yne faute d'impression dans le chiffre de

celte longiinde, mais il ne nous est pas possible de la corriger. sie lé Vi (Traducteur.

était de

10 lieues s de lar- A4 et 138 sinuc ax, E. Entre uré, sur rable, À 2a lieues on avanntinuant tale des qu'à 39" du cap

ns l'E.N.

ce s'étend 8 de larn de son de sable ans toutes u est acs sondes

DES ÉTATS-UNIS. 41 que l'on ne soit sûr des parages dans lesquels on est; sans cela on peut, étant destiné pour Halifax , tomber inopinément dans la baie Mahone ou dans celle de Mecklenburgh, et s’y trouver souqué.et compromis par des vents de S, E.

Le temps est fréquemment brumeux sur cette côte pendant le printemps et pendant quelques parties de l'hiver, particulièrement à 4 ou 5 lieues de distance; mais, en approchant davantage, on trouve une atmosphère plus dégagée. Quand le vent est de terre, le temps est parfaitement clair et beau.

——mt———

DESCRIPTION DES COTES OUEST ET NORD DE LA NOU- VELLE-ÉCOSSE, DE LA COTE DE NEW-BRUN3WICK, DE LA BAIE DE FUNDY, DES ILES MANAN, ETC.

Remarques génériles.

Quiconque examine et étudie avec soin la situation des côtes S. O0. de la Nouvelle - Écosse, de la baie de Fundy et des îles

- Manan, ne tarde pas à remarquer les dangers attachés à la navi-

gation de ces parages, leur exposition naturelle à la mer de l'Océan Atlantique, l'inconstance de leurs marées et de leurs vents, enfin , les nombreuses roches dont ils sont environnés. Aussi les marins doivent-ils s'attendre à y rencontrer de ces difficultés occasionnelles qui les appellent à déployer la plus. grande énergie, et qui ne peuvent être surmontées sans une sérieuse attention. Quoi qu'il en soit, et bien que le nombre des navires qui se perdent sur ces côtes soit de nature à justifier pleinement l’appréhension du danger, il y a cependant peu d'obstacles qu’une expérience ordinaire et de la résolution ne soient capables de vaincre; et nous craignons qu'il ne faille plutôt attribuer les sinistres en question à l'absence de ces qualités dans les navigateurs , qu'aux périls réels de la navigation.

« Il est essentiel » — dit M. Lockwood — « à la sûreté des marins qui fréquentent la baie de Fundy de bien comprendre que, dans un cas pressant, ils y ont un grand nombre de points de

Ile Seal, roche Blo: ie et dénivellements (overfalls) d’eau au voisinage (1).

12 PILOTE COTIER refuge dont l'entrée n'exige pas mâme de pilote , quoique l'économie d'un druit de pilotage ne soit jamais justifiable dans de semblables parages , où les courants, les brumes et les changements de temps peuvent confondre le meilleur jugement. »

Dans le but d'atténuer ces inconvénients, sinon d'empêcher dans l'avenir d'aussi terribles accidents , les marins doivent se pénétrer de la nécessité de sonder fréquemment avec le grand plomb, et d'avoir leurs ancres et câbles toujours prêts à un usage immédiat. Ils ne sauraient trop fortement se graver cette recommandation dans l'esprit : il est. arrivé à des navires bien équipés et parfaitement armés, du reste, de faire naufrage par un temps ordinaire, parce qu'ils avaient leurs ancres amarrées comme en pléin Océan ; et cela si fréquemment, qu'une semblable négligence ne saurait être trop blämée. D’aussi déplorables sinistres seront, nous en avons la confiance, d'autant moins fréquents dans l'avenir, qu'il dépend surtout des capitaines de les conjurer, et que, dans la plupart des cas, ils peuvent les empêcher en sondant àtemps et en faisant constamment appel aux indications du plomb.

Un autre sujet d'une importance toute particulière pour les marins est la connaissance des marées ; aussi le recommandonsnous à leur sé euse attention.

Du cap Sable au feu de l'ile Brier’s,

Avant de donner une description de la partie de la grande terre comprise entre le cap Sable et l'entrée de la baie Fundy, il est convenable de signaler les îles et les rochers qui gisent au voisinage et dans l'Ouest de ce cap. Ce sont : la roche Bionde; l'ile Seal, sur laquelle s'élève un phare à feu fixe peint en blanc; les iles Mud et les Îles Tusket ; la roche Gannet ; l'ile Green, etc. Seal Island a un peu plus de 2 milles de long du Nord au Sud; sa partie méridionale est couverte d'arbres chétifs , hauts

oo oo

(1) Overfalls. — Le sens de ce mot-est, suivant Romme: « inégalités considérables et rapides dans les profondeurs ; » mais nous avons des raisons pour pénser qu'il indique plutôt ici les chutes d’eau que le jeu des courants de marée occasionne parfois sur les inégalités en question.

(Traducteur.)

l'écoins de ange-

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our Îles andons-

d'environ 9 mètres au-dessus de la mer, et son extrémité Sud git 16 milles dans le O.1N, O. 8°N. du cap Sable. À 2 milles 54 au Sud de cette extrémité, on aperçoit, de mer basse, une roche appelée la Blonde, Eu nom d’un ravire qui y a fait naufrage en 1777. La sonde accuse 16",5 et 18",3 d’eau tout autour de cette roche, et on remarque à un mille d’elle environ dans l'Ouest des dénivellements d'eau très-dangereux, dont l’apparence est vraiment alarmante. Le navire le Waterloo, en passant entre la Blonde et l'ile Seal, toucha deux fois sur un banc de roches, qui n'avait que 5",4 d’eau, et y démonta son gouvernail : on a supposé que ce banc devait être une partie du récif qui s'étend au large et dans le Sud de l'ile. Blonde Rock est particulièrement redoutable, parce qu‘ le jusant porte dessus avec une grande violence, et que le peu d'élévation de Seal Island au-dessus de l’eau donne souvent lieu à des erreurs, même de beau temps. La marée charrie aussi avec beaucoup de vitesse au delà desiles Sea/ et Mud, etoccasionne sur les bancs du voisinage desbrisants qui les font paraître plus étendus qu'ils ne le sont peut-être en réalité. C'est pourquoi il est recommandé, quand on fait route entre ces deux groupes d’iles avec un grand navire, de se tenir toujours à un mille au large des dernières; on évite ainsi les dénivellements d'eau, en passant sur des fonds de 5",5. Il existe, à un mille en dehors de la partie occidentale de l'ile Sea/, deux-petits îlots de roches, nommés Dev,s's Limb et Limb’s Limb : le premier se voit toujours, le second ne découvre qu … mi-marée. C'est à mi-chemin entre eux et Seal Island, par 6",4 à 7°,3, sable fin, que se trouve le fond le plus uni pour jeter l'ancre. On rencontre ‘avec: abondance, en’ cet endroit, du gibier et du poisson , et les pêcheurs abordent souvent à l'ile pour y prendre du bois ou de l’eau : les débris des naufrages leur procurent l’un; un marais situé près du centre de l'ile leur fournit l’autre.

Mud Islands, nommées aussi North Seals, sont 5 ou 6 îles bachées. La plus grande gît à 3 milles! dansleN. E, 4 N. de l’île Sea/ duSud, et peut avoir 4mille-et L de longueur : on voit au large de sa pointe méridionale un petit ilot bas nommé Noddy, et dans le Sud de celui-ci des chutes d’eau qui ont 5",4 de hauteur. Nous avons déjà dit tout à l'heure que les grands navires qui passent

Ilots Devils Limb et Limb's Limb.

Iles Mud, tlot nas et cites 'eau.

Récif Soldier,

iles Tusket Balds.

Banc Actéon.

Rivière Tusket,

Havre Pubnico.

14 PILOTE COTIER

entre les iles #ud et Seal, doivent avoir soin de tenir la dernière à moins d'un mille de distance, parce que les chutes en question s'étendent à 4 de mille pleins dans le sud de Noddy. Les pétrels ou (suivant l'expression anglaise) poulets de la mère Carey

se réfugient chaque année en grande quantité sur cet lot pour y couver leurs œufs, et voltigent autour en bandes innombrakl*s.

Il existe, à 2 milles enviro1 dans le N. O: 4 N. de la plus grande des Mud, une chaîne de roches connue sous le nom de récif Soldier, qui est ordinairement découverte à mi-jusant. La route qui conduit du travers du cap Sable au canal compris entre les îles Seal et Mud est le N. O. + 0. : on rencontre quelques chutes ou dénivellements d'eau dans cette direction, mais aucun denger.

Les Tuskets Balds sont un amas d'îles éparses au Nord des Mud et au S. O. de l'entrée de la rivière Tusket, et dont quelques-unes sont de grande dimension. Elles sont parsemées d'une quantité de bancs et de dangers; et, bien qu'il puisse s'y trouver des passes navigables, aucun étranger'ne doit essayer de les pratiquer. Dans le canal qui sépare les Tusket des Mud, la sonde accuse un banc de roches, nommé par M. Des Barres « Actéon » : il gît à 4 milles dans le N. N. O. de la plus grande des Mud, mais M. Lockwood le place à un mille £ plus en dehors. Malgré la divergence de ces assertions et l'incertitude qui règne sur la position de ce banc, on s’accorde généralement à admettre que les deux observateurs ont exploré le même danger : il paraît porter de 3",7 à 7°,3 d'eau; c’est pourquoi on doit le veiller avec soin ét éviter de s'en apzrocher si l’on s'engage dans le canal en question. La rivière Tusket, au N. E. des ties du même nom, est l’un des quelques cours d’eau navigables de cetie partie de la côte : on voit plusieurs établissements sur ses bords, mais elle n’est pour le présent que peu connue ou peu fréquentée.

Au dire de M. Lockwood , le havre Pubnico est excellent, d'un accès facile, et bien placé pour recevoir les navires qui, en allant à la baie Fundy, ont besoin sur leur route , soit d’un abri, soit de vivres; son entrée gît à 42 ou 13 milles dans le N. E. 4 E. de l'extrémité Sud de Seal Fsland, Les profondeurs sont entre ces deux points de 29,3 à 36",C; au delà de l'entrée, en ré-

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DES ÉTATS-UNIS. 45 montant jusque par le travers de la plage, on les trouve de 22 à 43 mètres : c'est là que les étrangers ont l'habitude de mouiller. Au-dessus de cette plage, sur le côté Ouest du havre, il existo un récif qui découvre en partie à mer basse. Deux ou trois milles environ avant qr'e d'arriver à l'entrée de Pub- #ico, on rencontre sur tribord Saint-JoÂn's Island : il y a bon abri contre les grands “ents de S. E, sous la partie Nord de cette lle, et les petits navires mouillent fréquemment autour de la plage qui forme son côté Est. Quant aux caboteurs , ils passent ordinairemont dans le canal situé à terre des îles Saint-Jokn, Mution et Bon Portage, rallient Cockewit et gagnent ensuite la baie Barrington, en rangeant le havre Shag; mais il y a peu d’eau dans la plupart de ces endroits , et leur fréquentation est tout à fait interdite aux grands bâtiments.

De l'entrée du havre Pubnico, vous avez 4 lieues à faire au O.N,0, 6° O. pour parer l'extrémité Sud du groupe T'usket : chemin faisant , ayez grand soin d'éviter les récifs Soldier et Actéon, qui tous deux ont déjà été décrits. Quand vous êtés à l'Ouest des îles Mud et Tusket, vous rencontrez sur votre passage, en montant vers le Nord, la roche Gannet, placée à près de 6 milles dans le N. 0. 4 0. de l'ile Southern Bad et à 10 milles dans le S. 6° O0. du cap Fourche : elle a 40®;8 de hauteur au-dessus de l’eau , et paraît toujours blanchie par la flente des oiseaux de mer. À 2 milles environ dans le S, O, de cette

position que l’on attribuait autrefois à ce danger à 4 milles dans l'O. 4 N; O. de Gannet Rock, doit avoir mis en péril la vie de bien des navigateurs. M. Des Barres l'a placé par 43° 40' 40” de latitude et 68° 29’ de longitude.

Green Island git à 3 milles } dans le N. EN. E, 3° R. du phare de la roche Gannet, et projette un récif à près de 4 de mille dans le S. O0. La sonde accuse 44 : et 9° ,4 d’eau autour de ce récif, et de 22 à 31 mètres entre lui et l'ile. À 4 mille 4 environ dans l'Ouest de celle-ci, il existe aussi un banc couvert placé droit

sinueux et peu profond est le refuge ordinaire des pêcheurs et des caboteurs ; les terres qui l’avoisinent ont une médiorre élévation, et sont à la fois bien cultivées et bien peuplées, L'étranger

lle St-Johns.

Passage pour les . pou

StJohn, Mut- , ton etBon , Portage.

De l'entrée de Pubnico au canal des îles Tusket.

Roche Gannet,

roche se trouve le récif Opossum, visible à mi-marée : la fausse Récif Opossum.

Ile Green, et dangers qui l’avoisinent.

dans le milieu du canal qui conduit à Jebogue Harbour, Ce havre 91e Jébogue,

Dragon,

Havre Yarmouth et roche Bagshot, :

Ville de Yarmouth.

PILOTE COTIHR

qui s'aventure vers ce port, doit no1-seulement éviter les dangers déjà décrits, mais encore un bunc de roches nommé le Dragon : il git, par rapport au cap Jebogue, un peu au Sud du 8, O., à la distance de 4 mille, et à 4 mille à dans le N. N.E. de Green Island, La sonde accuse 14",6, 18,3 et. 22",0 entre lui et l'ile, et 9",4, 414",0 et 12,8 entre lui et le cap Jebogue. 1 y a aussi, à l'entrée du havre, un haut-fond de b",5 qui présente peu d'eau au large de sa partie nrientale.

Sur le cap Fourchu s'élève un phare à feu tournant, visible pendant une minute #, et invisible pendant une 4 minute; sa bâtisse est peinte verticalement en rouge et en blanc, et a 40",5 de hauteur au-dessus de la mer, Le cap doit son nom à l'île qui le forme, et dont la partie méridionale projette dans le Sud comme deux branches de fourche effilées, Il faut faire attention à ne pas prendre l'espèce de canal compris entre ces branches pour le port de Farmouth, qui est à Est des deux. Le cap Fourchu est reconnaissable dans ces parages à son élévation et à son aspect rocailleux et nu ; il reste à 4 milles £au N. 4N. 0.3° 0. du cap Jebogue. Si vous avez l'intention d'attaquer le cap Fourchu ou le havre Yarmouth, le plus sùr est de passer à l'Ouest des îles Seal, de la roche Gannet et de Green Island, en donnant à Gannet 2 milles de tour environ; vous n'avez ensuite rien à redouter, et les sondes varient de 36",6 à 55" tout le long de votre route. Une fois Green Island doublée, le N. N. E. 6° N. vous conduit près de Yarmouth : chemin faisant vous rencontrez Bagshot, roche dangereuse qui découvre à mer basse et dont le voisinage est peu profond jusqu’à un bon demi-mille dans le Sud ; elle git à près de 2 milles 4 dans le N. O. du cap Jabogue, et à 2 milles ? environ dans leS. +8. O, du cap Fourchu; vous pouvez en passer d'un côté ou de l’autre, puis, vous gouvernez au N. N. E, 6° N. sur l'embouchure de Yarmouth. Ce havre est petit, mais regardé comme sûr. Quand vous y entrez, suivez la côte orientale jusqu'à la pointe Est; donner lui du tour, et en continuant votre route à mi-chenal, vous ne tardez pas à apercevoir l'isthme sur lequel il y a une batterie : le mouillage est sous le vent, dans le Nord de ce point, par 9°,1 ou 44",0, fond de bonne tenue.

A un mille au-dessus environ s'élève la ville de Farmouth : les

; elle git

DES ÉTATS-UNIS, 17 habitants y sont nombreux ; les maisons grandes, quoique écartées ; les terres avoisinantes bien cultivées, et la population généralement aisée, À partir du cap Fourchu, la grarde terre se dirige au N. 4 N.0,, jusqu'au cap St-Mary ; et, de là, au N.N, O., jusqu'au phare de Brier's Island, distent de 13 milles, Presque en face du cap Fourchu, on trouve le banc des roches Lurcher ; et entre ce dernier et le cap St-Mary on aperçoit, de basse mer, le récif Trinity : ce sont les deux seuls dangers que présente cette partie de la côte.

Le banc Lurcher est à près de 13 milles dans l'O. N. O, du cap Fourchu; il occupe une superficie. d'environ 120 ares de basses, dont la moindre profondeur est de 3",6. Autour de ses bords, la sonde accuse 18",3, 20",1 et 22"; et un peu plus loin, au large, de 36",6 à 55",

Le récif Trinity occupe une étendue plus petite que Lurcher ; il n'a guère que 30 ares de surface, et on y distingue, de basse mer, les sommets de trois petites roches. Il gît à 14 milles dans le N.N. 0. du cap Fourchu, et à 6 milles et } dans le S. O, 9° O. du cap Saint-Mary : dans le rayon d’un mille, autour de ce récif, on constate de 22" à 27",5 de fond. Le courant porte avec une grande vitesse sur les deux dangers dont nous vencus de parler, mais il existe au voisinage des mouillages passables pour une marée.

Si vous arrondissez le cap Sable avec l'intention de donner dans les canaux desiles Zuskef, gouvernez au N. O.ÆN,., et faites route pour l’un quelconque dé ceux décrits ci-dessus , s:ivant votre convenance; ou bien, dirigez-vous de manière à passer au Sud de l'ile Sea/, l’espace d'environ 35 milles, et, après l'avoir

doublée de 20 milles dans l'Ouest, vous ouvrez la baie de Fundy,

sur laquelle vous pouvez gouverner le cap au N,. N, O. Cette route

vous mène en dehors des roches Lurcher ; mais il faut vous at-

tendre à avoir un quart (1) de différence dans votre estime par

l'effet de la marée, qui court S. E. et N, O. dans les canaux

des îles Mud et Tusket. Près des récifs Manan, le jusant porte

à l'O. S. O., et le flot à l'E. N. E.,.avec une vitesse de 4

nœuds.

(D) Atet5,, (Traducteur.)

Côte entrelecap Fourehu et le cap St-Mury,

Roches Lurcher,

Récif Trinity,

Observations

les sur la route à tenir entre le cap Sable et la baio de Fundy,

au

ile Bricr.

Récif Black Rock et danger qui l'avoisine,

Récif du N. O.

(N. W. Ledge.)

. Récif Belson,

| Deux autres dangers entre l’île et les précédents,

ile Long. +

18 PILOTE COTIER

Depuis les îles Sea jusqu’au cap Saint-Mary, les sondes s'étendent à 20 ou 30 lieues au large; dans l'Ouest de l'ile Brier et près desrécifs Manan, elles sont de 410, 446 et 183 mètres, à 3 et 4 milles de terre. Il est bon, dans ces parages, de conserver toujours le plomb dehors.

Côté Bud de la baie de Fund), entre l'ile Brier ot la baie Chignecto,

L'ile Brier, située au S. 0. de l'entrée de la baie Saint-Mary, peut avoir 4 milles de long sur 1 mille } de large ; sa partie Ouest porte un phare à feu fixe peint en blanc, et haut'de 27" audessus de la mer. Quand on approche de cette ile en venant de l'Ouest, on rencontre, dès les fonds de 60 à 82 mètres, c’està-dire à 8 ou 10 milles au large, de très-forts remous de marée. Sa partie S. E. projette à 2 milles pleins dans le S. O. un récif long et effilé, nommé Black Rock, dont quelques parties sont visibles. À 4 mille À de l’extrémité de ce récif, et dans la direction de son gisement , c’est-à-dire dans le S. O., il existe un petit banc de 5",5 de profondeur, autour duque: et dans l'intervalle qui le sépare de Black Rock la sonde accuse de 27",4 à G2",4 d’eau. En raison de ce haut-fond, il est recommandé, quand on contourne Brier's Island, dans le Sud, de la tenir toujours à grande distance. À 3 milles environ dans le N. 0.40. de l'extrémité Nord de cette île git le récif du N. O. (N.W. Ledge), de 3" de profondeur, petit, mais dangereux; et à 4 de mille au S. O. de celui-là, on rencontre le récif Betson. Entrc l'ile et ces deux dangers s’en trouvent deux autres réputés redoutables comme leurs voisins : ils sont séparés par des canaux profonds, mais dont la position n'est pas encore exactement connue; et nous recommandons d’une façon toute particulière aux marins de ne pas passer à moins de 4 ou 5 milles de la partie Nord de Prier's Island.

Cette tle est séparée de Brier pat un étroit canal nommé le Grand l'assage, qui donne accès dans la baie de Fundy et où l'on trouve de 9,1 à 27",4 d’eau ; elle git N. E. et S. O. sur une longueur de près de 10 milles et sur 4 mille 4 de largeur; ses côtes sont presque sans sinuosités. Un second canal nommé Petit Passage, et débouchant, comme le premier, dans la baie de

des s'é le Brier mètres , de con-

hignecto.

nt-Marv, tie Ouest , 27° aurenant dé es, c'ests de ma- S. O. un ques parf, et dans il existe : et dans e de27",4 »mmandé, tenir tou- N. 0.40.

. Ledge), 4 de mille tre l’île et

nommé le

Fundy, sépare l'extrémité N. E. de l'ile Long de l'extrémité S. O. d'une langue de terre étroite qui appartient à la Nouvelle- Écosse et qui s'étend jusqu'au goulet d'Annapolis. Cette espèce de presqu'ile, l'île Long et l'ile Brier forment la partie Nord de la baie Saint-Mary.

Depuis le cap Saint-Mary jusque dans la baie de ce nom, la côte de tribord ou du Sud est basse et semée de bancs de sable dont quelques-uns s’avancent jusqu'à 4 dé mille au large de terre; la côte de bâbord ou du Nord est, au contraire, formée de hautes falaises sous lesquelles on trouve, à toucher, de grands brassiages. Aux? pleins de la baie, en remontant, et à mi-chenal environ, il existe un banc de roches sur lequel la sonde n'accuse que 7,3, 9,1 et 41,0; tandis que, de chaque côté, elle indique des passes où il n’y a pas moins de 22" et 27,4 d’eau, fond de vase. À bonne distance de là, on voit sur la côte Sud la rivière Sisibou, dont l'entrée n’a qué 3",66 de profondeur, et on aperçoit au fond de la baie une grande plage de sable. Quand on commence à approcher de cette plage, le brassiage diminue de 19,3, 9" et 11", à 3,6; et si on avance davantage, il devient encore moindre. Sur le côté Nord de la baie, et presque en face de la rivière Sisibou , s'ouvre l’anse Sandy, où les navires peuvent, en cas de mauvais temps, s'échouer sur un fond de vase molle, à l'abri de tous les vents.

Nous avons déjà dit que le Grand Passage est un canal formé par l’ile Brier au S. O. et par l'île Long au N. E. : son entrée méridionale git à 29 milles au Nord du cap Fourchu, et à 42 milles au N. ? N. O. du cap Saint-Mary. Dans le trajet de ce dernier cap au canal en question, on passe sur des fonds de 25",6 à B5 mètres sans rencontrer d’empêchement d'aucune sorte. À l'entrée du passage et à mi-chenal, les sondes son‘ de 33 mètres; dès qu'on a pénétré dedans, on aperçoit l’ilot Bif{y, qu'on laisse sur tribord ou sur bâbord, bien qu'au dire de M. Des Barres, le canal de l'Ouest soit à la fois le meilleur et le plus large : en cet endroit, et un peu au Nord de l'ilot, se trouve un des havres les meilleurs et les plus sûrs que l’on puisse rencontrer dans le voisinage. — En continuant vers le Nord, les sondes sont de 7,3, 9, 41" et 12",8; et, en suivant la côte de l’île Brier jusque vis-à-vis la pointe Nord, on a bien-

Baie St-Mary | et ses dangers.

Anse Sandy.

Grand Passaga et ilot Billy.

Petit Passage et anse Eddy.

Goulet et phare d’Annapolis, roche Man of

war, ile Goat.

20 PILOTE COTIER

tôt 23,8 et 25,6 : à ce moment, on est hors du Grand Passage, et on peut rallier la côte de l’île Long, en gouvernant au N. E. ou au ?!. E. 1 N. pour entrer dans la baie de Fundy.

Le Petit Passage est situé entre l'extrémité de l'ile Long et la grande terre, à 3 lieues dans le N. E. du Grand Passage; ila 500 mètres de largeur dans sa partie la plus étroite; ses côtes sont accores, et ses fonds varient de 36",6 à 55", Pour l’enfiler droit, on n’a, en quittant le cap Saint-Mary, qu'à gouverner un peu au Nord du N. N. E. 4 N. Auprès de son entrée Nord, etsur le côté Ouest, se présente l’anse Eddy, mouillage très-commode parce que les navires y sont en dehors du lit de la marée, si forte ordinairement en cet endroit, qu'à moins d’un vent frais et portant il est impossible de la refouler.

De l'île Brier au goulet d'Annapolis la côte présente trèspeu d’inflexions; elle est bordée de hautes falaises rocheuses, au-dessus desquelles apparaît une chaîne de montagnes qui s’é-

lèvent par degrés jusqu’à une hauteur considérable. Les som-

mets de cette chaîne ne sont interrompus qu'aux Grand et Petit Passage, à l’anse Sandy, à Gullivers Hole, où ils s’abaissent en formant des vallées, et auprès du goulet d'Annapolis, où ils se terminent par une pente brusque et escarpce.

Les marins qui naviguent sur cette portion de côte trouvent, à 4 mille ou 4. mille 4 environ de terre, des fonds de 91,5, 13",2, et jamais moins de 55" tout le long de leur route : ce dernier brassiage s'obtient près de l'entrée d'Annapolis, à 4 mille du phare de la pointe Prim. Dans le goulet, la côte est de fer des deux bords sur une étendue de plusieurs lieues ; les marées de flot et celles de jusant y charrient avec une vitesse de 5 nœuds, qui occasionne des remous et des tourbillons. Toutefois , le courant le plus franc est celui que l'on rencontre en face de la côte orientale : cette dernière est si accore, qu'un navire peut mettre son beaupré à terre , en conservant 18",3 de profondeur.

Il y a, sur la pointe Prim, un phare dont le feu se place à une fenêtre élevée de 36 mètres au-dessus de la mer. Cet éclairage, d’une économie pitoyable et inutile , peut cependant, dans quelques cas, prévenir de fatales erreurs, en aidant à distinguer l'entrée réelle d’Annapolis de celle de Guiliver’s Hole; car, bien

id Pasnant au

# et la La 500 es sent l'enfiler uverner » Nord, ès-commarée , int frais

te trèsheuses , qui s’ées somet Petit s'abaisnapolis ,

vouvent, » 94,5, ute : ce polis, à côte est ues ; les tesse de s, Toutee en face n navire

de pro-

cet éclaiant, dans istinguer car, bien

qu’elles se ressemblent beaucoup uant à l'aspect des terres, le voisinage de la dernière ne préssate cependant aucune construction reconnaissable comme celie dudit phare. On trouve peu d’eau jusqu'à 85 mètres du rivage , près de la pointe Prim; en face d'elle, et au large de la pointe Est, il existe une roche nommée Man of war, située à une encablure de terre environ :.on ne peut passer entre cette roche et la côte. L'entrée d’Annapolis est trèsétroite ; mais, en tenant le milieu du goulet, on voit le havre s'élargir devant soi à mesure qu'on avance. On peut mouiller, soit dans la partie Est, soit dans la partie Ouest du bassin, ou bien remonter jusqu'à Goaf’s Island. Si on adopte ce dernier parti, il faut se rappeler que, quand on est à moins d’un demi-

mille de cette île, on doit serrer la côte de bâbord jusqu'à ce!

qu'on ait doublé l'ile, et, de là, prendre le milieu du chenal en se dirigeant vers la ville. Goat’s Island est toute ronde.

A ces observations M. Lockwood ajoute : « Les falaises abruptes des hautes terres qui forment le goulet d’Annapolis occasionnent des rafales impétueuses qui tombent soudainement des montagnes. La marée est aussi à prendre en sérieuse considération, parce qu'elle entraine les {navires avec une grande violence. Il n'y a mouillage à l'entrée qu’à toucher terre, auprès de la pointe occidentale; en quelques endroits, la profondeur est de 73",2 à 446 mètres (4). »

Côté Nord de la baie de Fundy, entre le port Saint-John et la baie Passamaquoddy. "

L'entrée du port Saint-John gît à 41 lieues au N. +0. environ du goulet d’Annapolis; elle est reconnaissable à un phare bâti sur l’île Partridge, et dont nous parlerons plus loir. Quand vous venez du large attaquer Saint-John, ayez soin, dès que vous distinguez bien ie phere, d'appeler un pilote; mais si vous re-

(1) Nous n'avons pas jugé nécessaire de traduire plusieurs paragraphes qui viennent ici dans le texte, parce qu’ils concernent des points très-éloignés de la route que suivent lés navires allant aux Éfats-Unis. Ces paragraphes ont pour titre : «D’Annapolis au Bassin des mines, » « Ile haute, » « Baie Chignecto, » « Quaco Ledge » etc. (Traducteur)

Observations sur le goulct d’Anna/olis.

Mouillagedel'fle . Meogenes.

Phare de Saint-John; ou de l'île Partridge.

Balise au Nord du phare, digue, entrée du port

Saint-John.

er PILOTE COTIER connaissez l'impossibilité de gagner le port à la marée, faites des efforts pour atteindre le mouillage entre Meogenes Island et la grande terre : vous trouvez en cet endroit au moins 7",3 9,1 et 414" d'eau, soit au N., soit au S. de l'ile; la meilleure marque pour y jeter l'ancre eët de mettre trois montagnes que vous voyez à l'intérieur du pays, vers le N. E., dans l'alignement de l'ile Rocky Point, et de relever la maison de Meogenes au S, E. ES.

La ville de Saint-John est bâtie sur un versant irrégulier qui fait face au Sud; elle offre un aspect imposant aux navires donnant dans la rivière. Partridge Island, située à 2 milles environ dans le Sud du port, a le double avantage de la protéger, et

| de guider, à l’aide de son phare, les navires qui y entrent, Ce

phare est peint verticalement en rouge et en blanc, et sa lanterne a 49",8 de hauteur au-dessus de la mer; son feu est bon et bien entretenu. En s’éloignant de l’île de plusieurs milles vers le Sud, on voit les sondes augmenter graduellement depuis 49»,8 jusqu'à 36,6 fond de vase, et on a bon mouillage sur toute la route. La passe à l'Ouest de l'ile a 3 mètres de profondeur, et celle à l'Est 4",8; vis-à-vis de la ville, le fond est de 19",8 à 40",3.

A 3 de mille dans le Nord du phare, on aperçoit une balise, peinte verticalement en noir et en blanc; elle indique le bord d’un banc de roches qui forme le côté Ouest de la passe, et près duquel la sonde accuse beaucoup d’eau à toucher, Plus loin, sur le côté Est et au-dessous de la ville, s'élève la digue qui diminue de beaucoup la violence des lames que les coups de vent de Sud occasionnent ordinairement. Les navires trouvent à Saint-John tous les moyens possibles de se réparer; ils y échouent sur des tins, où on peut les examiner à fond, sans qu'ils aient à souffrir ni la dépense, ni le donimage, ni la perte de temps qu’entraine un déchargement.

Si vous avez connaissance du port et que vous soyiez en position d'y entrer, vous pouvez, après avoir doublé Meogenes Island, rallier la côte dans la direction de Rocky Point, jusqu'à ce que vous releviez la pointe Meogenes par l'angle N. O. de l'ile de ce nom; puis, vous faites route entre Rocky Point et l'ile Pare tridge en conservant ce. alignement, et vous arrivez sur l'en-

faites and et 7,3, illeure es que ligne- 0genes

ier qui es dons enviger, et ent, Ce sa lanest bon les vers depuis age sur profonest de

balise, le bord et près in, Sur liminue de Sud niJohn sur des à soufqu’en-

en posimes Isqu'à ce de l'ile île Parur l'en-

droit le plus profond de la barre, Continuez jusqu'à ce que vous voyiez la pointe Maspect ouverte au Nord de la pointe basse de l'ile Partridge ; mettez la barre à tribord , et poursuivez vers la pointe Thompson jusqu'à ce que vous mettiez l’un par l’autre le magasin rouge de l'extrémité Sud de Saint-John et la balise; gardez cet

” alignement jusqu’à ce que vous ayez doublé la balise d’une lon-

gueur de navire, et gouvernez au N, N. O. sur le port, en ayant soin de conserver la fortification du fond ouverte dans l'Quest des magasins royaux bâtis à côté de la mer. Cette marque vous conduit, par le milieu de la passe, jusqu'aux quais, où vous pouvez échouer et profiter de l’abaissement de la marée pour nettoyer vos fonds. Si cette dernière opération ne vous est pas nécessaire, vous avez la faculté de rester à flot sur une ancre dans la rivière, avec une amarre sur les quais. Le flot est faible, mais le jusant porte rapidement vers la baie de Fundy, en passant près de Meogenes,

Si le jusant vous surprend près de la balise, il est tout à fait inutile d'essayer de gagner le port à la marée. Le mieux est alors d'attendre la mi-flot suivante pour donner sur la barre, parce que les deux côtés de l'entrée sont formés de roches aiguës qui assèchent à mer basse, et parce que le jusant est si rapide, surtout au printemps, lors de la fonte des glaces et des neiges, que toutes les amarres ne suffiraient pas à empêcher de chasser.

Il existe dans l'O. S. 0. de l'ile Meogenes un enfoncement connu sous le nom de Flat Bay ou Visarinkum: c'est un petit havre où se réfugient quelquefois les caboteurs, et dont le fond est de 7",3 à 9,1. A partir de ce point, la côte court à peu près à l'O. S. O.,.entre les caps Negro et Musquash ; elle est de fer et accore dans toute cette étendue. En dehors du cap Musquash , et à le toucher, se trouve la roche Split, distante de 8 milles à de l'ile Partridge, et tout près de laquelle il y a 44",6 d’eau,

Le havre Musquask est à un mille environ dans l'Ouest de Split Rock et peut avoir un demi-mille de largeur à l'entrée : le mouillage. y est bon à quelque distance en dedans, par 7",3 de profondeur ; mais, quand on ‘pénètre plus avant, on rencontre une barre qui va d'un côté à l’autre du havre , et sur laquelle il ne reste que 2",7 d'eau. Les petits navires passent quelquefois

Cas où l'on est pe t ar le jusan Pate sine * de Saint-John,

Bale Flat ou Visarinkum,

Havre Musquæh.

Phare de la pointe Lepreau.

petite anse à l'Ouest de Musquasa.

Havre Chance.

Havre Little Dipper.

Havre Great Dipper.

Havre Carriage.

Baie Mace et Pok Logan.

à l'Ouest des îles et remontent la rivière ; ils trouvent au delà de la barre 3",7, 4",6 et 5",5 de fond. Ce havre est ouvert au Sud.

A partir de Musquash, la côte se dirige un peu à l'Ouest du O. S. O. jusqu’à la pointe Lepreau, distante de 40 milles. Sur cette pointe s'élève un phare dont la tour est peinte horizon! 1lement en rouge et en blanc, et porte deux feux fixes élevés l’un au-dessus de l’autre de 5",4. On remarque, sur la portion du littoral que nous venons de signaler, 4 ou 5 énfoncements susceptibles d’abriter seulement de très-petits navires : le premier est à 4 mille 4 environ dans l'Ouest de la pointe occidentale de Musquash et ne mérite aucune mention ; toutefois, quand on se dirige dessus , il faut avoir soin de tenir la terre à quelque distance, surtout dans le voisinage de la pointe Musquash , afin d'éviter quelques roches éparses en dehors de cette partie de la côte. Il existe des canaux entre ces roches , mais peu de navires osent s’y aventurer.

À un mille plus loin vient le havre Chunce : ce n’est autre chose qu'une anse obstruée de hauts-fonds, où l’on trouve 3",7 d'eau.

Plus à l'Ouest, et à 3 milles 4 de la pointe Musquash, s'ouvre le havre Little Dipper, qui a aussi 3",7 de profondeur, et qui peut tout au plus recevoir des bateaux.

Great Dipper est séparé de Little Dipper par une pointe de terre basse , autour de laquelle sont éparses plusieurs roches; il peut convenir à de petits navires qui s'y réfugient de temps en temps, mais nous ne saurions le recominander sous aucun prétexte, excepté dans un cas d'urgence. Une petite calanque d'eau douce, connue sous le nom de #Hoose Creek, vient s'y jeter.

Plus loin, dans l'Ouest, et à 4 mille 4 environ de la pointe Lepreau, se trouve le havre Carriage, qui ouvre à l'Est : on peut mouiller. à l’entrée par des fonds de 5°,5 à 12",8. De Musquash à la pointe Lepreau, la côte est haute, accidentée, et semée de roches au large : il est recommandé aux navires de la tenir soigneusement à bonne distance.

Mace’s Bay est située dans l'Ouest du cap Lepreau, entre lui et le cap Red : ces deux promontoires gisent N. O. 3° N.O. et S.E, 3° S., à 5 milles l’un de l’autre. Il existe dans cette baie un grand nombre de roches, de bancs et de petits enfoncements,

u delà est ou-

nest du es. Sur izon!às élevés la pornfonceires : le cciden- , quand quelque sh, afin ie de la navires

re chose 7 d'eau.

DES ÉTATS-UNIS. 25 qui en rendent la navigation dangereuse, M. Zockwood appuie fortement sur les observations suivantes : « La pointe Lepreau doit être mise au nombre des dangers de la baie de Fundy, car plusieurs accidents sérieux sont dernièrément arrivés dans son voisinage. » 11 appelle la baie Mace une « méchante et profonde coupure dans la côte; » il ajoute que « des marins destinés pour la rivière St-John , redoutant d'en dépasser l'entrée, sont souvent entrés dans cette baie , et que plusieurs bâtiments de valeur se sont ainsi perdus. « Toutefois, poursuit-il, il existé au fond un endroit appelé Pok Logan, où l'on trouve bon abri. Plusieurs rivières semblent se jeter dans la baie Mace , et peut-être qu'une connaissance plus complète des localités contribuerait beaucoup à la dépouiller de ses dangers imaginaires. »

On suppose qu’il y a un banc dangereux à 3 milles } ou 4 milles dans l'O. } S. O. de la pointe Lepreau; mais sa situation n'est pas connue. S'il existe réellement, il doit être entouré d’eau très-profonde ; car, à petite distance de sa position prétendue, la sonde rapporte 47,6, 50",2 et 56",8, fond de vase, de vase et de sable, et de gravier. :

Le havre “eaver est placé à 4 milles environ dans l'Est de l'ile Bliss; sa largeur est d’un peu plus d’un milie; sa profondeur de 18%,3 sur les côtés, et de 36",6 au milieu de l'entrée. Pour donner dedans , serrez la côte Ouest jusqu’à ce que vous releviez la roche Goal à 4 mille environ dans l'Est, et mouillez par 7°,3 à 9,1, fond de bonne tenue. Il n'y a pas de pilotes réguliers pour ra havre, mais tous les pêcheurs de la côte sont capables d'en tenir lieu. Bien que, de temps clair, ils ne soient pas absolument nécessaires, les marins étrangers à ces parages feront bien de recourir à leur assistance. Plusieurs petits ruisseaux se jettent dans lehavre; mais il n’y a pas d’endroit convenable pour faire de l’eau.

Le port Étang est situé dans le Sud de la rivière Magagadawe et dans le N. E. de l'ile Campo Bello; plusieurs îles en défendent l'entrée ; on y pénètre par trois passes différentes, de sorte que les navires peuvent donner dedans ou en sortir quand ils veulent : l'entrée de l'Ouest conduit au port a Téte, où l'on mouille par 9",4 à 48°,3, mais où il n'y a pas passage pour des navires autour de la partié Nord de Payne’s Island; celle du milieu qui’ sépare l'ile Payne de l'ile Bliss est généralement

Danger sup à quatre milles dans

pointe Le eau.

Havre Beaver.

Port Étang, trois entrées,

Port Saint-Andrew, deux passes.

les Wolf,

26 PILOTE COTIER

considérée comme la meilleure, parce que les navires peuvent y louvoyer; quant à celle de l'Est, elle n’est praticable que par un vent portant et avec un pilote, à cause des nombreuses sinuosités du chenal, On se procure aisément un pilote sur tous les points de la côte voisine, et de l'eau douce en divers endroits dn havre,

Le port Éfang est spacieux, sûr et bien abrité; il offre bon mouillage dans toute son étendue,

Le port Saint-Andrew, situé sur la côte Est de l'entrée de la rivière Sevodio ou Suinte-Croixz, est accessible par deux passes. Celle de l'Est, quoique étroite et difficile, est plus profonde que l'autre, et présente de 4°,2 à 1",5 d'eau de mcr basse. Les dangcrs à redouter, quand on donne dedans, sont : un banc de roches signalé par une balise, lequel s'étend à près de 4 de mille en dehors de l'ile Navy ; et un banc de sable et de grosses pierres signalé par une perche, lequel s'avance à près de 2 milles au large du fort de la grande terre. La partie la plus étroite de la passe formée par ces deux récifs n'a pas plus d’une encablure de longueur; la meilleure marque pour donner dedans est de tenir la ville Saint-Andrew ouverte, et de gouverner droit sur le port, Il y a, en général, de 31 à 46 mètres d’eau dans la baie. La passe de l'Ouest est moins difficile que celle.de l'Est, mais elle assèche au dernier quart du jusant. Faites attention, si vous y entrez, à un banc de pierres dangereux situé au large de l'extrémité Ouest de l'ile Navy, et qui porte une balise flottante. Le mieux, ‘our l'éviter, est de passer au Nord et à toucher les deux perches placées sur la barre : vous avez ainsi de 5",6 à 6" d'eau à ner haute.

La ville de Saint-Andrew possède un maître de port et des pilotes de localité, sans le secours desquels il est imprudent à un grand navire d'essayer de donner dans les passes en question. Le mer est haute, les jours de nouvelle et de pleine lune, à 40" 45; elle monte de 7",5, dans les marées ordinaires, et de 9" dans les grandes.

On peut passer sans crainte de chaque côté des îles Woif, sûr de rencontrer beaucoup d’eau à les toucher; mais on y cherche vainement un mouillage abrité , si ce n'est dans l'été et pour.de petits navires de pêche. Ce groupe a de 18 à 30 mètres de hauteur :

DES ÉTATS-UNIS. 27 vent y par de petits vents et avec marée contraire, ou bien par un temps par un de brume, on peut jeter l'ancre où l'on veut, par 36 à 46 mèsinuo- tres, fond de bonne tenue, entre lui et ie havre Beaver. ous les oits dn Bles ot réoifs Manan, iles Seal, ete. fre bon L'ile Grand Manan est située dans le N. O. de l'entrée de la Rens baie de Fundy; elle appartient à la province de New-Bruns- nr l'ile de la ri- wick , et forme une partie du comté Charlotte; sa longueur est Grand Manan. passes. de 14 milles 4, et sa largeur de 7 milles, Selon la carte, sa partie ide que N. O. gît à 7 milles environ du cap Quoddy; sa pointe N. E,, es dan- connue sous le nom de Bishop’s Head, à près de 40 lieues dans c de ro- l'O. S. O, du cap Maspeck, à 44 lieues dans l'O. N. O, de l'enmille en trée du goulet d’Annapolis, et à 32 milles au N, O0. £N. du s pierres Petit Passage; son extrémité S. O. à 28 milles environ au illes au ; .. N, 0. #N, du phare de l'ile Brter, et à 30 milles au N. 0.1 O. te de la de l'entrée du Petit Passage. Cette ile est, comme on le voit, la acablure sentinelle inévitable devant laquelle doivent passer tous les nais est de ' vires qui entrent dans la baie de Fundy ou qui en sortent; elle it sur le est fortifiée par la nature et possède des ports où les plus grands la baie. navires peuvent se mettre en parfaite sûreté, Ses pêcheries jouismais elle sent d'une grande réputation, Sa côte Ouest est bordée de falaisi VOUS y ses presque à pic, hautes de 180 mètres au-dessus de la mer, et l'extré- ne présente, dans toute sa longueur, qu'un seul petit enfonceante. Le ment, capable tout au plus d'abriter des canots : on le nomme les deux communément anse Dark; il est à À milles environ de la pointe Anses Dark "6 à 6" Nord de l'ile. 11 existe bien encore, à 5 ou 6 milles plus vers le. *f Bradford sur Sud, un endroit nommé anse Bradford; mais il ne mérite pas de des d'autre mention, Grand Manan.

udent à D'un bout à l’autre de la partie occidentale de Grand Manan, en ques- depuis je cap Bishop jusqu'au cap South-West, on trouve , à e lune, à toucher terre, des fonds de 5°,5, 7,3, 9®,1 et 414", Ces ; et de sondes augmentent jusqu'à 23,8, 36,6, 38",4 et 40,3, quand on s'éloigne d'un demi-mille de la côte; elles atteignent of, sûr 55, 73 et92 mètres à un + mille plus au large , et deviennent encherche core plus considérables si on s'écarte davantage. L pour. de ; Le cap Nord de l'ile, Bishop's Head, est accore et escarpé, et

hauteur : offre, dans sa partie Est, le mouillage de WAale Cove : c’est une

Ause Whale, au N.E,

de Grand Manan,

Baie de Long Island, à l'Est de Grand Manau,

Iles Duck, Ross, Che

ney, White, etc., à l'Est de Grand Manan.

Grand Port

Great Harbour)

ns le S. E. d

28 PILOTE COTIER

anse formée par le cap et par la presqu'ile Swallow's Tail, Les navires y jettent souvent un pied d'ancre dans les vents de Sud, pour attendre le renversement de la marée; mais ils y seraient compromis avec de grands vents de la partie du Nord ; le fond y est de 27",5 à 30",6.

Cette baie, située dans le S. E. de #'hale Cove, est formée par la presqu'ile Swallow's Tail, terre accore , haute et accidentée, par une pointe de roches découvertes, et par l'ile Long qui git à peu près à 4 mille 4 au Sud de cette pointe ; elle est d'un accès facile et possède tous les avantages d’un port; le fond y est généralement mou , excepté sur une chaîne de roches et de graviers que projette le récif découvert de Swallow's Tail, et sur un amas de roches couvertes placé à un demi-mille dans le N. N. E. de la pointe de l'ile Long : la sonde accuse sur ces dernières 1",5 d'eau, de mer basse, dans les grandes marées. Dans la partie Nord de la baie, le fond est d'argile dure, etles . navires mal pourvus d'amarres y étalent souvent les plus forts coups de vent. Sous Long Island, vis-à-vis la plage, le mouillage est bon, même en fermant l'extrémité Nord de l'ile avec Swatlow’s Tail : le fond est, en cet endroit, de vase dure, et on y est à l'abri de la mer et du vent, de quelque direction qu'ils soient.

Plus loin, vers le Sud, et toujours sur la côte orientale de Grand Manan, viennent les îles Duck : un pilote est nécessaire dans ces parages; car, bien que le fond soit de bonne tenue au voisinage des îles, il s’y trouve cependant des dangers complétement couverts à mer haute. — Dans le S. O. des Duck s'élèvent l’île Ross, dont la pointe Nord est à peine détachée de la côte de Grand Manan, l'ile Cheney et l'ile White Head : toutes sont réunies par un récif de sable et de roches dont le fond est de mauvaise nature, et qui va rejoindre, en se dirigeant au S, & O., les roches Diamond. Il sera question de ces dernières ci-après. On rencontre sur l'ile White Head un pilote actif et capable; l'anse située en face de sa maison est ordinairement très-fréquentée par les navires employés à la pêche, mais elle n'est pas commode par des vents de l'Est,

Il existe dans la partie Ouest de l'ile Ross un port connu sous le nom de Great Harbour : c'est un bassin vaseux et d’une pe-

Grand Manan. tite profondeur d'eau, où les navires peuvent entrer et s’échouer

il, Les de Sud, seraient fond y

mée par identée, qui git in accès id y est de gral, et sur dans le ces dermarées.

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DES ÉTATS-UNIS. 2 en sûreté sur la vase; avantage qui n'est pas sans prix, surtout s'ils ont perdu leurs câbles ou leurs ancres surlesrécifsextérieurs, La sonde accuse 7,3, 9",4, 41" et 43", fond d'argile, à l’entrée de Great Harbour; le chenal est étroit, mais abrité de la mer.

Un peu à l'Ouest de White /sland viennent les Îles Green, et, à 1 mille environ dans le Sud de ces dernières, les trois les Kent. Les Kent sont basses ct d'une approche dangereuse; toutefois, la plus grande des trois, celle de l'Est, est accessible jusqu'aux roches éparses dans sa partie orientale, lesquelles sont constamment visibles : au N. O. de ces roches git le récif Constable, qui assèche de basse mer. On peut, au besoin, mouiller momentanément sous le vent des îles Green et Kent par des fonds de 12",8 à 25,6.

L'ile Wood est située au large de la partie méridionale de Grand Manan; elle s'étend parallèlement au cap du S. O. sur une longueur de 4 mille 4 et forme avec lui un excellent havre : c'est dans le Nord, et au fond de ce havre, que se trouve le meilleur mouillage. Les environs de Sea{ Cove et de Red Head sont bien cultivés , et les habitants de ces villages peuvent fournir aux navires qui en ont besoin des rafraichissements de toutes sortes.

On désigne sous le nom de récifs de Grand Manan des tlots plus éloignés de terre que les précédents , ainsi que des roches et des dangers placés dans le Sud de l'ile Grand Manan. Le plus en dehors et le plus redoutable de tous ces récifs est Old Proprietor, qui embrasse au bas de l'eau une étendue de 20 ares, et qui paraît àini-jusant : quand il est couvert, la marée porte droit dessus avec une vitesse de 4 milles à l'heure. Les relèvements le placent ;

A 9 milles 4 dans le S. 6° E. de l'ile Great Duck ;

À près de 7 milles dans le S. £S. E. de la partie N. E. de l'ile White Head;

À 6 milles à dans l'E. 2°.47’ Sud de la roche Gannet ;

A 4 lieues dans le S.E. } E. du cap S. O. de Grand Manan;

A 18 milles 4 dans le N. N. O. 6° N. du phare de l'ile Rrier ;

À 18 milles dans le N. N. 0. 3° O. de l'entrée N. du Grand 2)assage ;

Iles Green, Kent,Wood, | et récit Constable, au 8. E. de Grand Manan,

Récifs de Grand Monan,

Danger old Proprietor.

Hauts-fonds Clerk

Crawley, Rans,

Roaring Bull,

! Marqne pour parer les dangers de Grand Manan,

Roches Tinker, Diamonds, Kent, elc.

Danger douteux.

30 PILOTR COTIER

A 18 milles 4 dans le N. O. 9° O. du Petit Passage ;

À 35 milles dans l'Ouest du goulet d'Annapoits ;

A 15 lieues dans le S. O, du phare de l'ile Partridge (po*t St-John).

À 2 milles £ environ dans le N, E, 6° N, de Old Proprietor, on rencontre le haut-fond Clerk, banc de roches de 8,9 de profondeur (1); et, à 4 mille 4 dans le N, O, + N, du même point, le banc Crawley, sur lequel il n'y a que 2,1 d'eau. Le danger Rans git à à mille } dans l'Ouest de ce dernier banc, et ne porte que 1,5 d'eau. Roaring Bull est situé à 4 milles dans le N. LE. de Old Proprietor; bien que profond de 114 mètres, il occasionne ordinairement un clapotis dangereux, La marque pour passer dans l'E, de tous ces récifs est la haute terre le plus au N, E. de Grand Manan, bien ouverte avec les îles Long et Duck; et la marque pour passer dans le Sud , le cap $. O. de Grand Manan ouvert avec les trois îles A'ent, Quand les vents soufflent de la partie de l'Est, il est impossible de refouler les remous de marée,

Il existe d’autres roches en dedans de celles que nous venons de mentionner; on en rencontre une rangée dans le Sud de la vointe S, O, de l'ile White Head, Quelques-unes de ces dernières, inker, Three Diamonds, Rans, sont séparées par des canaux profonds, et occasionnent à trois milles de terre un remous continuel qui s'étend jusqu'à Long Point. Il y en a encore plusieurs qui ne portent pas de nom; les unes sont visibles, les autres n'ont que 0",9 et 1",2 d'eau.

A 3 de mille environ dans le S. 8. E, 6» S, de la pointe méridionale des trois îles A'enf, la sonde accuse un haut-fond dangereux qui leur emprunte son nom , et sur lequel on ne trouve que 2",1 de brassiage : il git à peu près au O. N, O. 6 0. de Rans, et n’est pas compris dans la marque que nous avons donnée ci-dessus pour passer au Sud des dm,,.83; marque qui, on se le rappelle, est le cap S. 0. de Grand Manan ouvert avec toutes les îles.

On parle aussi d’un danger situé à 4 milles dans le 8. E. 6°.

(1) Le texte dit 4 brasses 1/2 (8m,20) ; mais la carte à grand point et une autre édition de Blunt disent 1 brasse 1/2 (27,75), (Traducteur)

DES ÉTATS-UNIS. 5 de la basso Kent, ot à 1 mille et 4 dans l'O. 8.0. 8° 8, do Rans; mais son existence est douteuse.

La roche Gannet so trouve à 3 milles et 4 dans le S. 0,458, de noche Gannet (po®t la pointe méridionale des trois iles Mens et à 6 milles et } dans ‘‘°® phare. le 8. 8, E, du cap S. O. de Grand Manan; elle porte un phare relor, à feu fixe peint verticalement en blanc et en noir, et haut de ",2 de 12 mètres au-dessus de la mer : il existe au voisinage un grand point, nombre de petits récifs et de rochers couverts, sur lesquels la o dan- mer brise constamment. Gannet Rock a ceci de remarquable, , et ne qu'elle se trouve dans le voisinage immédiat de tous les dangers ans p+ cachés par l'eau.

res , À 4 mille & environ dans l'O. S. O, de Gannet Rock, on aper- ‘écifs narque çoit le récif Sé-Mary', dont une partie est hors de la mer; et,h1 “Co? 3 Lr mille dans le Nord de ce éernier, le récif Long. Entre ces deux et douteux, 6 à dangers, et tout autour d'eux, le fond est parsemé d'une mul *" oisinage de , ©, de titude de bancs de roches séparés par des intervalles d’une grande 1 vents profondeur, ce qui rend ces localités particulièrement redoutauler les bles, On suppose qu'il existe d'autres récifs à l'Ouest, entre les bancs Gannet et les îles Seal : leurs positions présumées sont dose portées sur la carte, mais on n'a pas sur eux de renseignements ad dé la circonstanciés.

rnières, Les îles Western Seal sont situées à l'O, S. 0. 6° 0. de Grand 1144 cal rerres: Manan, La plus Ouest porte deux phares à feux fixes, qui gisent ét phares ral E. 8. E, et O0. N, O. à 42 mètres l'un de l'autre, et qui s'élèvent ; lusieurs de 15 mètres au-dessus de la pleine mer : cette disposition les autres rend reconnaissables de tous ceux de la côte. Voici les relèveéri ments pris du plus Ouest des deux :

te dr d Le plus Sud des récifs Murr, dans l'E. S. E. ; mr Le phare de la roche Gannef, à 12 milles environ dans l'E. DO: de JS.E. 8.; be D * : + du N. E. (N. E. Rock), à 4 mille # environ dans le , E.LN,; qui, on Le cap Sud de Grand Manan, dans V'É. N. E. 6° E.; em ne Le phare du cap Quoddy, dans le N. N.E.; E. 68. Le cap de Little River, dans le N. 4 N. O.;

Le phare de l'ile Libby, dans le N. 0.4 0.; La partie Sud des trois îles Kenf, dans l'Est,

une autre )

Entrée de la baie de Fundy par l'Ouest de Manan,

Entrée par l'Est de Manon, et conduite à tenir en cas de brume.

32 PILOTE COTIER

Indications et observations générales à l'usage des navires qui attaquent la baie de Fundy, ou qui ont à y naviguer (1).

Les capitaines qui fréquentent la baie de Fundy doivent s'attendre à y rencontrer une atmosphère presque constamment chargée de brumes épaisses, des courants de marée portant avec une grande violence sur les roches et sur les bancs dont la baie est semée , et quelques difficultés de mouillage provenant de la grande profondeur de l’eau. 1ls ne sauraient donc, au milien de circonstances si défavorables , apporter une attention trop soutenue à la conduite de leur navire, s'ils veulent éviter les conséquences désastreuses qui accompagnent nécessairement le manque de précaution et d'expérience.

Si, étant au large du cap Sable avec des vents de la partie de l'Ouest, vous voulez donner dans la baie de Fundy, ce que vous avez de mieux à faire est d’aller reconnaître la .côte des États- Unis, aux environs des montagnes Shuélock ou du phare de Petit Manan.. Vous vous ménagez ainsi la faculté d'entrer dans la

baie par l'Ouest de Grand Manan, ce qui est plus sûr que par

l'Est, et vous avez de plus, en cas de besoin, les refuges de Zéttle River, Machias, Passamaquoddy, Étany, Beaver, ete.

Vous n’avez aucun danger à redouter entre Grand Manan et la côte de l'État du Maine ; la marée y est forte et régulière ; et, si vous louvoyez dans ce canal, par un temps de brume, vous pouvez sans crainte prolonger vos bordées jusqu’à toucher terre, attendu que la côte est accore et la profordeur de 22 à 128 mètres de chaque bord.

Si vous passez entre Grand Manan et l'île Brier, vous ne pouvez prendre trop de précautions, surtout quand il y a de la brume ; vous êtes sans cela entraîné souvent au milieu des iles et des récifs Sud de Grand Manan par le flot qui porte droit dessus : le plus redoutable de tous ces .écifs est, comme nous l'avons déjà dit, Old Proprietor, qui assèche de mer basse sur une étendue de 20 &res. Nous vous conseillons, en conséquence, pour peu que le vent tourne au Sud, de faire le plus de chemin

(1} Voir leparagraphe ci-dessus, intitulé Le Côtes Nord ef Ouest de ia Nouvelle- Écosse et de New-Brunswick, » etc. (iradacteur.)

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