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CHAPITRE XIII

Fleurs de Vallées

La première visite du Pilote à Gwen avait été un triomphe. Mais personne ne savait mieux que lui que le combat restait encore à venir, car tout au fond de Gwen se cachaïent des pensées dont l’amertume lui faisait oublier ses autres souffrances.

— Est-ce Dieu qui m’a laissé tomber? demanda-t-elle un jour à brâle-pourpoint au Pilote.

Celui-ci se dit que l’heure de la lutte avait sonné, mais il lui répondit simplement :

— Oui, ma chère Gwen.

— Pourquoi m’a-t-il laissé tomber ? continua-t-elle d’un ton toujours plus délibéré.

— Je ne le sais pas, Gwen chérie, mais Lui le sait, dit-il tranquillement.

— Sait-Il que je ne monterai plus jamais à cheval ? Sait-Il combien les jours et les nuits sont longs, quand je ne puis pas dormir ? Le sait-Il ?

— Oui, Gwen chérie, répéta le Pilote.

Il avait les larmes aux yeux, mais sa voix restait ferme.

— Êtes-vous sûr qu’Il le sache ?

Son ton avait une intensité douloureuse.

—— Écoutez-moi, Gwen, commença le Pilote d’un air navré, mais elle lui coupa la parole en criant avec la violence impérieuse des anciens jours :

— Êtes-vous tout à fait sûr qu’Il le sache ?

Répondez-moi |

— Oui, Gwen. Il sait tout ce qui vous concerne.

— Alors, que pensez-vous de Lui, qui, justement parce qu'Il est grand et fort, traite une petite fille de cette façon ?

Elle s’arrêta, puis ajouta d’un air méchant : — Je le hais ! Cela m'est égal qu’Il l’entende ! Je le hais!

Le Pilote ne sourcilla pas. Je me demandais comment il résoudrait le problème qui ne hantait pas Gwen seule, mais son père et le Duc et nous tous, le pourquoi de la souffrance humaine.

— Gwen, dit-il, comme sil cherchait à détourner son esprit de cette préoccupation, avezvous beaucoup souffert quand on vous a mis le corset de plâtre dans lequel vous êtes enfermée ?

— Comment pouvez-vous me le demander ?

s’écria-t-elle, c'était pire que tout le reste, épouvantable ! Ils ont été obligés de redresser mes os, de les étendre, vous savez !

Au souvenir de cette chose horrible, un frisson la secoua.

— Quelle pitié que votre père ou le Duc ne fussent pas là ! fit le Pilote.

— Mais, ils étaient là tous les deux !

— Quelle honte, en ce cas, de penser qu’ils ont été assez cruels pour permettre une chose pareille ! Ne vous aiment-ils donc plus ?

— Bien sûr qu’ils m’aiment toujours ! s’écria Gwen, indignée d’une supposition pareille.

— Alors, pourquoi n’ont-ils pas empêché les docteurs de vous causer une pareille souffrance ?

— Pourquoi ils les ont laissé faire ? Mais, parce que cet appareil me permettra de m’asseoir et peut-être même de faire quelques pas, répondit Gwen en ouvrant tout grands ses yeux gris-bleus.

— Cela n’empêche pas qu’ils aient été fameusement lâches de vous laisser martyriser ainsi.

— Étes-vous donc trop stupide pour com- BIEOTE — 1

prendre qu’ils désirent par dessus tout me voir redevenir droite et forte ? répliqua-t-elle avec impatience.

— Oh! ce n’est donc pas pour leur plaisir ou par indifférence qu’ils ont agi ainsi ? dit le Pilote, innocemment.

Gwen le regarda, muette d’étonnement et de colère, et il continua :

— Ce que je veux dire, c’est qu'ils vous aiment, bien qu’ils aient permis qu’on vous fît mal ; ou plutôt, ils ont permis aux docteurs de vous faire souffrir, parce qu'ils vous aimaient et désiraient vous voir aller mieux.

Gwen continuait à fixer sur lui un regard à la fois curieux et sérieux. Peu à peu, la lumière commençait à poindre devant elle.

— Voulez-vous dire que, bien qu’'Il m'’ait laissée tomber, Dieu m’aime ?

Le Pilote fit un signe de tête affirmatif. Il n'aurait pu se fier à sa voix.

— Je me demande si cela peut être vrai?

dit-elle, comme se parlant à elle-même.

Peu d’instants plus tard, nous prenions congé d’elle et nous repartions.

Le Pilote semblait être à bout de force et gardait le silence; quant à moi, j'étais triomphant, car je commençais à croire à une éclaircie dans le sombre ciel de Gwen.

Pourtant, la lutte n’était pas terminée; par le fait, elle avait à peine commencé.

Quand vint l’automne, avec ses matinées de brouillard et ses journées aux teintes éclatantes, les plus glorieuses des journées dans la contrée aux grands troupeaux, elle se reprit à s’agiter et à refuser, avec cris et avec larmes, d’accepter son sort. Puis arriva le jour du rassemblement général du bétail, et elle demanda avec passion pourquoi donc elle devait rester à la maison, alors que chacun se rendait dans les pâturages ? Le Duc serait volontiers resté auprès d’elle, mais elle le renvoya avec impatience. Elle était fatiguée et malade jusqu’au fond du cœur, et ce qu'il y avait de pire, c’est qu’elle commençait à sentir peser sur elle le plus terrible de tous les fardeaux : celui qui consiste à constater que sa propre vie en est un pour les autres.

Je fus fort soulagé lorsque je vis paraître le Pilote, l'air gai et en train, brandissant un gros bouquet de fleurs des champs qu’il tenait dans sa main.

— Je croyais qu’elles étaient toutes fanées, s’écria-t-il en entrant. Où croyez-vous que je les aie trouvées ? Tout au fond de la vallée, sous le grand ormeau.

Et, bien qu’il comprit que le visage sombre de Gwen annonçait une tempête prête à éclater,

il continua bravement à lui dépeindre le défilé dans toute la splendeur de sa parure automnale. Mais cette fois, le charme n’opérait pas. Son cœur était bien loin, sur les collines où les bœufs se rassemblaient en levant la tête au vent et en heurtant leurs cornes les unes contre les autres, et ce fut d’une voix pleine d’amertume et d’impatience qu’elle s’écria enfin :

— Oh! que j'en ai assez de tout cela ! Ce qu'il me faudrait, ce serait de monter à cheval! Je voudrais voir les bêtes et les gens et... et... et toutes les choses qui sont là-bas.

Le Pilote était assez cow-boy pour comprendre qu’elle eût le cœur dévoré du désir de pouvoir se livrer à une course effrénée, à la poursuite des veaux et des bœufs disséminés dans les pâturages, mais il ne put lui dire que ces mots :

— Attendez, Gwen. Essayez d’être patiente !

— Je suis patiente, tout au moins je l’ai été pendant deux longs mois, mais cela ne sert de rien, et je suis sûre que Dieu ne s’en soucie pas le moins du monde!

— Oui, Gwen, Il s’en soucie, plus qu’aucun de nous, répondit le Pilote, de sa voix sérieuse.

— Non, Il ne s'inquiète pas de moi, lui

répondit-elle avec une telle irritation que le Pilote ne répliqua rien.

Elle continua, en hésitant :

— Peut-être qu’Il est fâché contre moi, parce que j'ai dit que je ne L’aimais pas. Vous vous en souvenez ? C'était très mal à moi. Mais ne pensez-vous pas que je ne suis pas loin d’en être assez punie ? Vous m'’aviez mise fort en colère, et je ne pensais pas sérieusement ce que je disais.

Pauvre Gwen! Pendant ces semaines de souffrance, Dieu était devenu pour elle très réel et très terrible. Le Pilote attacha pendant un moment son regard sur les yeux gris-bleus, devenus si grands et si tristes, puis il se laissa tout à coup glisser sur ses genoux, à côté du lit, et s’écria, d’une voix mal assurée :

— Oh! Gwen, Gwen, Il n’est pas tel que vous vous le figurez. Ne vous rappelez-vous pas comment Jésus était vis-à-vis des pauvres malades? C’est ainsi qu’Il est encore aujourd’hui.

— Jésus pourrait-il me guérir?

— Oui, Gwen.

— Alors pourquoi ne le fait-Il pas ? demanda-t-elle, et il n’y avait plus d’impatience dans sa question, mais seulement une anxiété qui la faisait trembler.

Elle continua timidement : — Je le lui ai

demandé bien des fois. Je lui avais dit que j’attendrais deux mois, et maintenant il y en a plus de trois que j'attends. Êtes-vous parfaitement sûr qu’il puisse encore nous entendre ?

Elle se souleva sur son coude et fixa sur le Pilote un regard inquisiteur. J'étais heureux que ce regard ne s’adressât pas à moi, car à l'entendre répéter : « En êtes-vous parfaitement sûr ? » on sentait que des choses graves dépendaient de la réponse qui lui serait faite. Je ne pouvais m'empêcher d’éprouver une angoisse intense. Qu’allait répondre le Pilote ? Il resta pendant un moment plongé dans la contemplation des collines lointaines. Comme le silence me paraissait long ! Puis, il se tourna, et en face des yeux qui l’interrogeaient si ardemment, il dit simplement :

— Oui, Gwen, j’en suis absolument certain.

Puis, obéissant à une inspiration soudaine, il prit la Bible de la mère de la jeune fille, en disant : — Maintenant, Gwen, essayez de voir ce que je vais vous lire.

Mais avant de commencer sa lecture, il créa autour d’elle, avec l'intuition d’un vrai artiste, l'atmosphère la plus favorable à l’impression qu’il désirait produire. Quelques mots lui suffirent pour nous placer en face du pathétique isolement de l'Homme de douleur pendant les der-

niers jours, si pleins de tristesse, qu’il passa sur Ja terre. Ensuite, il nous lut ce tragique chefd'œuvre : l’histoire de Gethsémané. Et pendant qu’il lisait, nous voyions toute la scène se dessiner devant nos yeux: le jardin et les arbres, et l’homme accablé de tristesse, seul avec sa mystérieuse agonie. Nous entendions sa prière, si touchante dans sa soumission, et nous assistions à cette arrivée de la populace exaspérée et du traître qui en fut l’exaucement immédiat.

Gwen était trop intelligente pour avoir besoin d’une explication, aussi le Pilote lui dit-il seulement, pour tout commentaire :

— Vous comprenez bien, Gwen, que Dieu ne pouvait donner que ce qu’il y avait de meilleur à son Fils Unique, — seulement ce qu’il y avait de meilleur.

— De meilleur ? Ils lontemmené, n’est-ce pas ?

Elle connaissait bien cette histoire.

— Oui, mais écoutez: Il tourna rapidement les pages et reprit : — Celui qui a souffert la mort, nous le voyons couronné de gloire et d’honneur. C’est ainsi qu’Il a conquis son Royaume.

Gwen écoutait, ‘attentive, mais non convaincue. Enfin, elle dit lentement :

— Comment cela peut-il être ce qu’il y a de meilleur pour moi? Cela n’est utile à personne.

Tout ce que je puis faire, c'est de rester couchée et de les obliger tous à me soigner, et... et j'aurais tant voulu aider père, et... oh! je sais qu’à la longue ils se fatigueront tous de moi! Ils commencent déjà à être las — parce que... je... je ne puis m'empêcher d’être détestable.

Elle éclata en sanglots passionnés et désespérés. Jamais encore je ne l’avais entendue pleurer ainsi. Alors, de nouveau, le Pilote eut une inspiration.

— Comment pouvez-vous dire une bêtise pareille, Gwen? lui dit-il sévèrement. Vous savez parfaitement qu’il n’en est rien, et qu'aucun de nous ne pourrait avoir une pensée aussi vile. Maintenant, je vais brosser vos cheveux rouges pour vous rafraîchir, et en même temps, je vous raconterai une histoire.

— Ils ne sont pas rouges ! cria-t-elle au travers de ses sanglots, car la nuance de ses cheveux était son point le plus vulnérable.

— Ils sont rouges, aussi rouges que possible, d’un magnifique rouge, tirant sur le pourpre, dit le Pilote avec emphase, tout en faisant passer la brosse sur les longs cheveux épars autour d’elle.

— Pourpre, pourpre ! s’écria Gwen, indignée.

— Oui, je les ai vus dans la prairie, éclairés par le soleil, ils étaient pourpre. — Ne l’avez-

vous pas remarqué comme moi ? fit le Pilote en se tournant vers moi, puis il ajouta : — Quant à mon histoire, elle se rapporte à la vallée, — la vôtre — qui s’étend là, tout proche.

— Est-ce un histoire vraie ? demanda-t-elle, déjà calmée par la main fraîche et douce qui passait et repassait sur ses cheveux.

— Vraie ? elle est aussi vraie que... que.

Il regarda tout autour de la chambre, comme pour chercher un terme de comparaison, et conclut en affirmant qu’elle était aussi vraie que le Voyage du chrétien.

Cette explication parut assez satisfaisante pour qu'il pât commencer son récit :

« Au commencement, il n’y avait pas de vallée, mais seulement la grande Prairie, toute plane. Un jour, le Maître de la Prairie, se promenant dans son domaine où ne croissait que de l’herbe, demanda à la Prairie : « Où sont donctes fleurs ? » Et la Prairie répondit : « Maître, personne n’en a semé dans mon sein. »

«Alors, il parla aux oiseaux, et ils apportèrent des graines de toutes les espèces de fleurs et les éparpillèrent au près et au loin, et bientôt la Prairie se mit à fleurir et à se couvrir de crocus et de roses, de tournesols sauvages et de lys rouges, tout le long de l'été. Alors, le Maître revint, et ce qu'il vit lui plut ; mais les fleurs

qu'il aimait par dessus tout lui manquaient, et il dit à la Prairie: « Où sont les clématites et les colombines, les doux cyclamens, les violettes et les muguets, et toutes les fougères, et les buissons fleuris ? »

« Et de nouveau il parla aux oiseaux, et de nouveau ceux-ci apportèrent toutes les graines et les semèrent au près et au loin. Mais quand le Maître revint pour la seconde fois, il ne trouva pas davantage les fleurs qu’il aimait plus que toutes les autres, et il s’écria : « Où sont-elles, mes fleurs les plus aimées ? — Oh ! Maître, répondit tristement la Prairie, je ne puis pas garder ces fleurs, parce que les vents soufflent trop forts, le soleil brûle ma poitrine et les graines s’envolent et sèchent. »

«Alors le Maître parla à la foudre, et avec un éclat violent, la foudre frappa la Prairie jusqu’au cœur, et la déchira. Et la Prairie se tordait et gémissait, comme si elle agonisait, et pendant de longs jours elle souffrit cruellement de la blessure qui restait béante, toute noire et pantelante. Mais la petite Swan se mit à couler au fond de cette déchirure, et à transporter de la terre qu’elle déposait contre ses parois de pierre. Puis les oiseaux vinrent semer des graines dans la vallée ainsi formée. Et après que beaucoup de temps eut passé, les gros blocs de pierre se trou-

vèrent recouverts de mousses délicates et de vignes-vierges retombantes, dans les coins ombreux fleurissaient des colombines et des ancolies, des grands ormes dressaient bien haut leurs cimes à la rencontre du soleil, plus bas croissaient des cèdres et des buissons toujours verts, et partout foisonnaient les cyclamens, les violettes, les muguets. La vallée était ainsi devenue l’endroit où le Maître venait chercher le repos, la paix et la joie. »

L'étrange histoire était terminée, Gwen resta toute tranquille pendant un moment, puis elle dit doucement :

— Oui, les fleurs de la vallée sont les meilleures. Dites-moi ce que cela signifie.

Alors le Pilote se remit à lire : «Les fruits — appelons-les des fleurs — de l'Esprit sont lamour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance.…. » Puis il ajouta : — Quelques-unes de ces fleurs ne fleurissent que dans les vallées que la foudre a creusées.

— Quelles sont les fleurs de ma vallée ? demanda Gwen à demi-voix.

Et le Pilote lui répondit :

— La douceur, l'humilité, empire sur soimême ; mais bien que les autres fleurs, l'amour, la joie, la paix, puissent fleurir aussi dans les

terrains unis, elles ne s’épanouissent jamais avec autant de splendeur, et ne répandent jamais un parfum aussi doux que dans les vallées.

Gwen se tut longtemps. Enfin, elle murmura, les lèvres tremblantes :

— Il n’y a pas de fleurs dans ma vallée, mais seulement des rochers tout déchiquetés.

— Un jour, elles fleuriront, Gwen chérie, Il saura bien les découvrir, et nous aussi nous les verrons.

Après cela, il prit congé d’elle et m’emmena. Il avait terminé son œuvre pour ce jour-là.

Nous passâmes par le large portail et nous descendîmes la pente douce d’où lon voyait scintiller le petit lac souriant, puis nous descendîmes encore, et quittant le grand soleil, nous nous enfonçâmes dans l’ombre fraîche de la vallée étroite. Nous suivions la piste qui serpente sous les ormes et les pins. L'air lui-même était plein de silence, et tout en avançant, il nous semblait sentir l’attouchement léger de mains qui se posaient tendrement sur nous. Chaque fleur, chaque arbre, les longues lianes retombantes, les buissons, les mousses délicates et les touffes épaisses des fougères murmuraient sur notre passage des paroles d’amour, de paix et de joie.

A mesure que les jours se raccourcissaient au

dehors, ils s’éclairaient au dedans, tellement que la chambre de Gwen devenait l'endroit le plus gai de la maison de l'Ancien Temps. Le Duc ne s’expliquait pas ce miracle.

— Qu’avez-vous fait à notre petite princesse, demanda-t-il un jour au Pilote, et que signifie toute cette histoire de vallée et de fleurs ?

Le Pilote répondit, en fixant sur le Duc un regard pensif :

— Les fruits de l'Esprit sont l’amour, la joie, la paix, la patience, la douceur, la bonté, la fidélité, humilité, Pempire sur soi-même, et on ne trouve quelques-uns d’entre eux que dans les vallées.

Le Duc ne m'avait jamais paru si grand, si beau et si fort que lorsqu'il tendit la main au Pilote, en disant :

— Savez-vous que je crois bien que vous avez raison ?

— Oui, j'en suis certain, répondit simplement le Pilote.

Puis après, avoir gardé la main du Duc dans la sienne, aussi longtemps qu’un homme peut se risquer à retenir la main d’un autre homme, il ajouta : — Quand vous arriverez à votre propre vallée, souvenez-vous de cela.

— Quand j'y arriverai ! dit le Duc, tandis qu'un spasme convulsait son beau visage. Que

Dieu me vienne en aide, elle n’est plus éloignée de moi maintenant.

Puis il sourit de nouveau de son sourire d’autrefois et ajouta : — Oui, vous avez raison, car de toutes les fleurs que j’aie jamais vues, il n’en est pas de plus belles ou de plus tendres que celles qui balancent leurs calices dans la vallée de Gwen.

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