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Mais tous nos produits s’écoulent cependant, grâce à leur qualité supérieure. Le danger pourrait être dans un avenir prochain, car les Américains sont venus dernièrement dans les Landes étudier notre façon d'extraire la résine, qui donne de bien meilleurs résullats comme qualité et comme quantité, que la leur qui est encore un peu primitive. Mais les applications si nombreuses que nous venons d'étudier, et le relèvement des prix de 1910, nous permettent, d'être optimistes (1). |
D'ailleurs, les Américains tuent leurs bois en leur faisant trop donner de résine. Les Landais au contraire sont modérés, car, une fois coupé, le pin a encore une valeur, celle qu’on lui a longtemps déniée, c’est-
à-dire, d’être un excellent bois d'industrie.
SECTION Il Les pins de place
En effet, nous savons que vers la soixantième année on rase la forêt; or les pins sont vendus à des industriels qui vont les transformer en traverses de chemins de fer, ou en planches.
Les traverses de chemins de fer donnent lieu à un très grand commerce. En 1885, 1.885.000 traver-
ses ont été expédiées (2). Depuis ce chiffre a plus que
(1) A Saint-Symphorien, les 4 usines qui y fonctionnent, distilla'ent en 1895, 5.000 barriques de gemme. Ce chiffre est passé aujourd’hui à 8.000.
(2) Chambrelent. « Les landes de : Gascogne », chap. VIT.
doublé, Comme pour les poteaux télégraphiques, nos clients sont, outre la France: la Grèce, l’Algérie, la Tunisie, le Sénégal, l'Amérique du Sud, l’île Maurice.
Quant aux planches, leur industrie, d’un développement considérable, à cause des diverses et nouvelles transformations qu'on leur fait subir, a donné lieu au mouvement des scieries mécaniques que nous allons étudier dans notre troisième partie.
Mais il nous faut signaler encore comme produits du pin :
Le goudron que l’on extrait des souches et des racines de pins, et qui sert surtout à enduire la carène et les cordages des navires.,
La sève de pin qui s’obtient en forçant par ‘une forte pression l’eau à travers le tronc d’un pin; cest un liquide incolore et d’une forte odeur de térébenthine qui est recommandé en médecine dans les affections des voies respiratoires.
Mais ces applications n’ont pas tendance à se généraliser; elles sont de trop petite importance à côté des revenus magnifiques que nous avons signalés (1).
On a essayé aussi, à l'exemple de la Norvège, de fabriquer de la pâte à papier ou cellulose. Une usine à été installée à Mios; mais l’entreprise n’a pas réussi; le pin maritime des Landes est trop riche en résine, et cela ne lui permet ‘pas de se prêter fa-
cilement à sa transformation en pâte. Nous avons
(1) Presque tout le goudron apporté sur le marché vient
deNorroc
appris qu’une autre tentative devait être essayée à Mazères. Nous lui souhaitons du succès.
Ajoutons que les copeaux du pin que l’on fait sauter en le saignant, sont vendus dans le commerce seus le nom d’allume-feux.
Enfin rappelons que les cimes et le branchage des arbres abattus font d’excellent bois «de mètre ».
En somme le pin est d’une féconde générosité. Aussi un journal de Bazas, «le Glaneur », a--il pu écrire éenm007:
« Le bois de nos forêts de pins a acquis un taux » très élevé. Que ce taux doive hausser encore, ce- » Iæ parait improbable. II y a limite à tout, et nous » paraissons avoir atteint le sommet des prix. Que » le taux soit menacé de dépression, nous n’y croyons » pas non plus. Nous croyons au maintien à cause du » besoin de la consommation. Les bescins vont gran- » dissant, et sont excités par la réalisation même des » bénéfices opérés dans l’industrie mondiale dont l’ac- » tivité depuis quatre ou cinq ans à pris un formi- : dable essor.
» Toutes les sortes débitées de nos bois trouvent » acheteurs et sont enlevées. Devant l’empressement » de la demande, elles sont en bonne siluation pour » se défendre. Ce n’est pas seulement le marché inté- » rieur qui leur donne un débouché; du dehors aus- » Si, d’au-delà des frontières se pressent et se bous- » culent les demandes. Et tout part, tout s'en va » pour le plus grand profit de notre région.
» Les poteaux bruts disparaissent et s’engouffrent
dans les mines dans des proportions jusqu'ici inusi-
tées. Notre exportation s'accroît. Elle s’accroîtrait
davantage si la production naturelle pouvait suf-
fire aux exigences de la consommation. Quant aux planches et aux traverses, elles ne se moisissent plus sur les chantiers ou dans les usines, et sont rapidement enlevées.
» En résumé la situation nous paraît bonne, très
bonne et nous croyons que, sans complications
» imprévues, la région peut envisager l'avenir d’un
œil serein. »
Nous pouvons, en effet, évaluer le chiffre global
annuel] des affaires des Landes à 50 millions de francs.
SOÏE :
8 millions pour le commerce des poteaux de mine,
des pcteaux télégraphiques du bois de chauffage, etc.
17 millions peur la gemme.
25 millions (le chiffre le plus gros), pour les scie-
ries mécaniques dont nous allons commencer l'étude.